© Alicia Snicker.
Comédienne et humoriste promise à un bel avenir, Fanny Mermet nous a enchanté par sa jovialité et son enthousiasme.
© Alicia Snicker.
Comédienne et humoriste promise à un bel avenir, Fanny Mermet nous a enchanté par sa jovialité et son enthousiasme.
© Alicia Snicker.
Pascale Daniel-Lacombe… Bâtisseuse du rêve.
C’est une novatrice et metteure en scène puissante, au registre large, mais aussi un bon chef de troupe ! On devine
chez Pascale Daniel-Lacombe de la poigne, une réputation et un sens du mouvement. Elle sait mêler l’intime à sa démarche de création totale et d’égalité sur le choix de ses comédiens… une méthode
qui a fait ses preuves ! Le théâtre lui est apparu prétexte à aider certains à être acteurs de leur vie. Bâtisseuse du rêve, elle a eu à cœur de donner toute son expérience théâtrale et
humaine. Entretien.
APP : Qui est Pascale Daniel-Lacombe ?
PDL : Metteure en scène et directrice de la Cie du Théâtre du Rivage à Saint-Jean-de-Luz. Je fais un travail de création de spectacle à rayonnement national, ainsi que sur le territoire proche, par la formation et la sensibilisation au théâtre. Egalement à l’écriture contemporaine pour transmettre l’enthousiasme de la culture théâtrale.
APP : Tu présentes le 12 mai au Colisée à Biarritz « Mongol » d’après le roman de Karin Serres. Pourquoi ce choix ?
PDL : Je connais les œuvres de Karin Serres (elle sera à Biarritz le 11 mai pour une représentation scolaire, et rencontrera les enfants dans le partage d’un projet réunissant Le Rivage, Biarritz Culture et les collèges Piares Larzabal de Ciboure et X.Ikastegia de Cambo), depuis plusieurs années que j’avais rencontrée lors d’une création au TEP à Paris. L’envie de créer « Mongol » (réécrit et adapté pour le théâtre) a donc été nourrie par la complicité et le partage continu qui a suivi notre rencontre. Bien évidemment par le texte lui-même qui me semblait être par sa thématique, une proposition à la fois nécessaire et jubilatoire pour des enfants.
APP : Qu’est-ce qui t’as frappé dans son écriture et qu’exprime cette pièce ?
PDL : C’est la force qu’elle donne à « l’imaginaire » et qui devient pour ses personnages une arme miraculeuse, dès lors que l’on sait s’en servir. Une pièce qui s’adresse aux petits et aux grands. L’histoire de Ludo qui souffre à l’école des sarcasmes de ses camarades et l’agacement de sa maîtresse et qu’il subit avec fatalité. Son tort (s’il en a un), est d’être lent… Ce qui ne le place pas en première position. Un matin, Fabrice, le caïd de la classe, le traite de ‘mongol’, il n’a jamais entendu ce mot qui le terrorise et qu’il ne comprend pas. Se référent au dictionnaire, geste pour le moins inhabituel et maladroit, lui qui déteste l’école et tout ce qui s’y rattache, il va découvrir la signification de ‘mongol’ : descendant de Mongolie et guerrier très fort… Evidemment, cela change tout. Et ce changement chamboule tout le monde autour de lui. Karin Serres fait là une proposition jubilatoire sur le thème de l’incivilité à l’école et interroge la puissance évocatrice des mots. Plutôt que de s’apitoyer sur son petit personnage, elle lui offre un voyage vers une autre culture et un pan du monde à connaître et à rêver. Ce qui lui permettra de s’affranchir de toute la cruauté de ses camarades et qui l’aguerrira au moment du retour sur la rive de la vie réelle et sur la nature de l’invective.
APP : Comment a été conçue ta scénographie ?
PDL : Nous sommes parties de l’envie de croiser de manière lisible toutes les composantes des métiers de la scène, de l’auteur, en passant par les acteurs et pour finir par la technique dans tout le terme du mot. Je me suis appuyée sur deux axes : l’espace de la vie réelle de Ludo, que j’ai imaginée comme un couloir qu’il lui faudrait traverser pour aller vers quelque part, ou vers quelque chose, ou quelqu’un. Ensuite, l’espace moins tangible de l’imaginaire de Ludo. Pour lui, je me suis inspirée de la culture Mongole qui s’attache, dans nombre de ses espaces et ses rites, à la notion du « circulaire ». Il faut donc imaginer une ligne de murs ( d’école, de chambre et tous ces murs qui jalonnent notre vie !) Ludo pousse jusqu’à les faire tourner et tourner encore, jusqu’à créer de l’air : comme si l’on déplaçait murs et montagnes pour atteindre ses rêves. On peut y voir là un livre d’images dont on tournerait les pages à l’envers et à l’endroit pour laisser naître l’histoire et la rythmer à loisir.
APP : Quels sont les comédiens qui jouent dans le spectacle ?
PDL : Karin Serres ne s’était pas embarrassée du nombre de personnages ou de lieux puisque le livre n’était pas destiné à la scène. Au moment de la réécriture, je
lui ai demandé de garder cette folle contrainte du nombre. Nous avons néanmoins arrêté une distribution de quatre comédiens qui jouent tour à tour tous les personnages de l’histoire. Eux, c’est
Sophie Kastelnik, Sophie Tzvetan, Marlène Bouniort et Marek Kastelnik. Des comédiens de valeur et polyvalents (danse, chant, jeu) qui accompagnent régulièrement mon travail. Aujourd’hui nous
sommes proches de la centième et leur complicité sans faille se rajoute au plaisir, ce qui nous permet d’aller sereinement vers une troisième saison.
APP : Quels sont tes projets ?
PDL : Une nouvelle création, pour un public adulte, avec l’auteur Sylvain Levey qui écrit une pièce encore en chantier et dont le titre est « Comme du sable ». La première représentation est prévue pour mars 2013 sur la Scène Nationale de Bayonne coproducteur du projet, et partenaire privilégié de la Cie. Une étape des répétitions du 20 mai au 1er juin au Théâtre de Bayonne dans le cadre des « Maimorables ». La Cie de danse Ex Nihilo de Marseille nous accompagne dans le processus des quinze jours à venir. Ensuite un nouveau projet avec Karin Serres sur un texte à bâtir avec des acteurs-danseurs. J’ai également obtenu les droits pour une pièce suédoise. Et avec la ville de Saint-Jean-de-Luz, de développer des actions d’envergure. A suivre donc, plein d’espoir…
Mongol – Cie du Théâtre du Rivage – 12 mai à 18h – Colisée à Biarritz
Tarif plein : 12€ - enfants et autres : 8€
Réservations : 05 59 22 44 66
Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 11 au 17 mai 2012.
Les voyageurs égarés… divertissement agréable.
Magnifique ! Un mot qui prendra toute sa valeur en ce dimanche 13 mai à 16h sous le Chapiteau-spectacle de Baroja à Anglet. Deux têtes de Pierrot enjoués sont les voyageurs
égarés sur le quai d’une gare déserte. Deux histrions qui cumulent leur dextérité, des artistes appréciables et appréciés pour l’authenticité et la fraîcheur de leur art avec leurs jeux de mime
en harmonie, jonglage, chorégraphie et tours de magie. De la poésie dans un univers enchanteur. Un spectacle qui nous plonge dans un état de doux étonnement et d’attraction enfantine. Des
duettistes dans l’espèce la plus délicieuse qui soit, où l’on part à la rencontre des Buster Keaton et du plus grand maître des arts de la prestidigitation Voronin. Deux visages rieurs et rêveurs
à la fois. Entretien.
APP : Qui es-tu Jérôme Helfeinstein ? Et toi Claude Brun ?
JH : En 1994, découverte de l’école du cirque d’Annecy avec un ami, et ce fut un véritable coup de foudre, et je fonde, avec cinq passionnés, la Cie Eclats de Cirque. De petits spectacles en manifestations plus importantes (Championats du Monde de Free Style, Festival International du Cinéma d’Animation à Annecy…), je me lance en douceur dans la magie. La reconnaissance des professionnels et les nombreux prix sont là. La machine s’est mise en marche ! Adepte du mélange des genres, je fais aujourd’hui partie d’une jeune génération de magiciens qui tendent à faire exploser les cadres traditionnels de la magie. Remarqué par Patrick Sébastien, je participe au Plus Grand Cabaret du Monde avec un numéro Ombres et Lumières, qui mêle la discipline ancestrale des ombres chinoises et les techniques modernes de l’image. 2006, fut l’année de création : la Cie Les Z’enfants Terribles et le spectacle Voyageurs Egarés, en collaboration avec mon complice Claude Brun.
CB : Tout petit, j’excellais dans l’art d’amuser et de surprendre mon entourage (rires). Aujourd’hui pas étonnant que je sois un artiste à plein temps qui jongle entre les arts de la rue, spectacles théâtralisés pour enfants et prestidigitation. Formé également au sein des ateliers de mime et théâtre, je fais partager ma passion dans différents centres culturels. Je participe également à de nombreux évènements en Rhône Alpes avec le célèbre Critérium du Dauphiné auquel je participe depuis déjà cinq ans. En 2001, je crée les apprentis magiciens, spectacle où les enfants, par leur participation active, deviennent de véritables acteurs. 2003, c’est la création d’un conte magique qui narre les aventures d’un naufragé de l’impossible. En parallèle, depuis 2006, je suis au sein de la Cie Les Z’enfants Terribles et le spectacle en duo avec Jérôme.
APP : Alors quels sont les voyageurs égarés que vous allez présenter sous le Chapiteau-Spectacle de Baroja ? A qui s’adressent-il plus particulièrement ?
JH : Deux personnages rencontrés par le plus grand des hasards sur le quai désert d’une gare et qui découvrent, d’une manière inopinée, une drôle de clef. Le passe-droit incontournable pour un voyage dans un autre monde, un lieu imaginaire où tout est possible. Ni clown blanc, ni Auguste, tantôt magiciens, tantôt jongleurs, l’un déjanté et l’autre raisonné, un brin mélancolique mais souvent drolatique. Et les deux comparses improvisés tissent la trame d’un spectacle au cœur de l’univers du cirque, des arts forains, du théâtre d’ombre… de l’illusion et de l’absurdité ! A bord d’une locomotive, d’un bateau, d’un avion et d’une fusée… Embarquement immédiat pour un voyage surréaliste, charmé de candeur.
APP : Quels sont les magiciens et mimes qui vous ont influencés ?
JH : Parmi tant d’autres, nous citerons spontanément Buster Keaton, James Thiérrée (petit-fils de Chaplin), Viktor Kee, Voronin…
APP : Quel est le trait de caractère de Jérôme et celui de Claude ?
JH : Le placide Jérôme ne se lasse pas des pitreries de Claude un brin farceur, et tous deux nous restons rêveurs… !
APP : Et les projets ?
JH : La création d’un numéro visuel magique « Les Chapeaux Blancs », qui utilise les techniques du théâtre noir.
Egarez-vous dans leur univers imaginaire, peuplé de curiosités magiques !
Les Voyageurs Egarés – Cie Les Z’enfants Terribles – dimanche 13 mai à 16h – Chapiteau-spectacle de Baroja Anglet
Dès 4 ans :
Tarifs : de 5 à 6.50€
Réservations : 05 59 58 73 00
Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 11 au 17 mai 2012.
La fille mal gardée… ou l’amour triomphant grâce à la ruse !
Conjuguer cinéma et danse ? Oui pour découvrir des œuvres lyriques ou dansées dans des productions prestigieuses, confortablement installé dans votre fauteuil des salles
CGR de Bayonne et Tarnos et le Sélect à Saint-Jean-de-Luz. Venez voir sur grand écran « La fille mal gardée », ballet d’Egidio Romualdo Duni, mercredi 16 mai à 20h30 en direct du Royal
Opéra House de Londres. Ce ballet a les atouts pour séduire le spectateur, avec ses rôles typés et l’intrigue jouant sur une vitalité traditionnelle de la comédie. Œuvre charnière dans l’histoire
de la danse d’un genre nouveau qui dépeint le monde bucolique où domine le bonheur, l’amour et/ou l’argent n’a que peu d’importance face aux histoires de cœur. Une vision noble de l’univers rural
dans une France de 1789 qui souffre de la faim. Un ballet dansé par des jeunes jouant la comédie sans complexe, tout en étant capables de respecter le style exigeant et difficile des pas.
Générosité du mouvement, visages qui montrent un communicatif sourire, contribuent à créer une force artistique contagieuse. Le rythme endiablé s’apparente au théâtre de boulevard, entraînant une
suite rapide de sensations vives et variées, aux symétries simples et imaginatives qui font plaisir à voir. Aucune visée intellectuelle, c’est aisé et cela relève de la fête, de la joie, de la
vitalité. Les gestuelles se ressemblent tout en développant chacune leur propre langage, démontrant sur scène l’irrésistible envie de danser en une succession de brèves évocations, aussi
originales que chatoyantes. La joie de vivre du corps de ballet contribue également au succès de cette œuvre.
Ciné-ballet – La fille mal gardée – Salles CGR de Bayonne, Tarnos et le Sélect à Saint-Jean-de-Luz – mercredi 16 mai à 20h30 (durée 2h10) en direct du Royal Opéra House de Londres.
Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 11 au 17 mai 2012.

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.
Alain-Pierre Pereira.