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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 00:08

Philippe Lellouche… Le rire sucre les larmes !

(citation de Robert Sabatier)

 

boirefumerconduirevite-1.jpg

Les trois garnements et la bimbo. © Pascalito.

 

Une conversation très agréable au téléphone avec Philippe Lellouche quelques jours avant sa venue à la Gare du Midi à Biarritz pour la pièce dont il est l’auteur et l’interprète « Boire, fumer et conduire vite ».

Un être surprenant de naturel, d’authenticité et de caractère. Tel un feu qui vous réchauffe !

 

APP : Bonjour Philippe. Pour commencer, j’aimerais que tu nous fasses un petit speech sur ta 3e pièce « Boire, fumer et conduire vite ».

PL : La pièce est une variété de vérités pas… toujours bonnes à dire, et en toile de fond, un humour affectif et ravageur qui véhicule une vraie morale. Trois garçons qui, à la Saint-Sylvestre, se retrouvent en garde à vue. Le 1er pour avoir conduit vite, le 2e pour avoir fumé dans un lieu public, et le 3e d’être en état d’ivresse. Surexcités, ils tancent cette société qu’ils trouvent des plus liberticide, face au regain d’interdits, au pouvoir et aux dérives. Or c’est soir de fête, et pour détendre ces subversifs, on fait appel à une avocate… commise d’office. L’objectif de cette comédie : le rire. Les réparties fusent, dérident et dopent les zygomatiques.

APP : On dit que ta pièce est tirée d’une histoire personnelle…

PL : Oui. Il y a trois ans, venant de Russie où j’avais joué « Le Jeu de la Vérité ». En transit à l’aéroport, je m’étais caché pour fumer. Hélas je me suis fait gauler par un flic trop zélé et… une garde à vue de 7 heures ! David Brécourt, lui, a passé 12 heures parce qu’il conduisait son vélo en état d’ébriété dans son petit village. Même mon épouse Vanessa a fait un passage pour avoir pris ma défense parce qu’un policier m’avait filé 4 contredanses sur ma voiture mal garée. On croit « rêver » ! (rires).

APP : Une équipe soudée et complice avec les fringants et (presque quinquas) Christian Vadim et David Brécourt. On sent que vous vous connaissez très bien…

PL : Oh que oui ! On s’aime beaucoup et ce, depuis sept ans. Nous formons une joviale équipe tant sur scène qu’à la ville, tels des « affranchis de l’amitié ». Pour moi, ce sentiment sans confiance, c’est comme une fleur sans fragrance. Je sais où est mon essentiel et tout en jouant les funambules, je reste toujours en équilibre. L’amour et l’amitié sont mes deux éléments culminants.

APP : Pourquoi ton choix pour Marion Sarraut à la mise en scène et Marie Fugain à la comédie ?

PL : Avec Marion, c’est une grande et belle histoire d’amour professionnelle. J’ai débuté dans la carrière grâce à elle. À cette époque, j’étais un journaliste qui ne connaissait rien à l’art dramatique. J’ai tourné 7 ou 8 fois sous sa direction. Mais il lui manquait un petit plus : la mise en scène de théâtre. Aussitôt j’ai pensé à elle, histoire de lui renvoyer l’ascenseur. Mon père me disait toujours : « Ne mange jamais la main qui t’a nourri ! » Pour Marie, son papa Michel est mon pote que j’affectionne beaucoup. D’ailleurs je termine toujours mes spectacles avec sa musique. Un soir elle est venue voir la pièce avec lui. Je ne connaissais pas trop son parcours. Lors du dîner qui a suivi, j’ai découvert une jeune femme spontanée, vive, agréable, jolie et gentille. Je lui ai proposé de remplacer au pied levé Vanessa alors en stand-by pour grossesse. (Bébé montrera le bout de son nez bientôt, un attachant bélier comme sa maman et son papa). Je dois dire que Marie est le 4e garçon de la bande, qui plus est fort douée ! (rires).

APP : La pièce rencontre un vif succès. T’y attendais-tu ?

PL : Ah ! Mon éternelle interrogation. Pourtant preuve en est, à Genève où nous avons joué deux soirs devant 1300 personnes, le directeur a fait ce bel éloge : « Vous êtes ma plus belle programmation de la saison, passant devant Delon et Arditi ». Petite anecdote, la veille de la première à Carpentras, je m’étais excusé auprès de mes camarades, persuadé d’avoir écrit une balourdise. Ils n’en n’étaient pas persuadés et pour preuve : la pièce fut bien reçue.

APP : Deux questions sans rapport avec la pièce : énervé que Luc Besson n’adapte pas « Le Jeu de la Vérité » au cinéma ? Quelques mots sur ton livre « J’en ai marre d’être juif, j’ai envie d’arrêter » ?

PL : Je vais être bref. Pas énervé, mais soulagé ! Ce n’est pas Besson mais son associé Pierre-Ange Le Pogam (avec lequel il s’est fâché) qui a lancé le projet. J’ai vite compris qu’on ne devenait pas partenaire du jour au lendemain et qu’on ne pouvait monter des affaires comme ça. Ce type a confondu art avec business ! EuropaCorp fait des films qui filent comme des voitures, tels : Taxi 1, 2, 3, 4. Désolé, ça n’est pas ma tasse de thé ! Je n’en veux pas à Luc. À présent je connais les pièges ! Quant au livre, il y a ce folklore antisémite : juif, c’est un radin qui possède beaucoup d’argent et qui vole la réussite. À sept ans, à l’école on m’a traité de sale juif et ça m’a marqué. Mais l’important, c’est ma fierté d’être français et posséder une double culture. Ma confession est, de cœur et d’âme, juive et catholique. Doc Gynéco m’a dit : « Tu verras, c’est super de connaître les avantages et les inconvénients des deux parties. Tu es comme moi, mec, un métis ».

APP : Avant de nous séparer, quel message adresserais-tu au public pour lui donner envie de voir la pièce ?

PL : (il rit). Celle d’une chantilly réussie grâce à ma bande de « joyeux rentre-dedans ». Celle qui possède une maousse rigolade et des répliques aux petits oignons. Des moments enjoués où l’on remarque le délicieux jeu de massacre des comédiens et cette « garde à vue » rayonnante sur scène. Tout simplement, c’est irrésistible de drôlerie !.

 

Boire, fumer et conduire vite – 7 avril à 20h30 – Gare du Midi à Biarritz

Tarifs : 50 et 45€

Réservations : 05 59 59 23 79 et www.entractes-organisations.com

 

La pièce se jouera également au Zénith de Pau le 9 avril 2011.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 1er au 7 avril 2011.

 

Prochainement : vidéo de l'interview d'avant spectacle.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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