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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 00:43

Catalina Gommès… flamenco, légitimité du « Moi » !

 

Le flamenco est une danse d’expression et de ferveur propre à l’histoire andalouse. Elle ne cesse de palper l’âme et attiser les sens. Depuis 1978, Catalina Gomès fait partie du paysage flamenco de Saint-Jean-de-Luz. Je suis allé à la rencontre de celle qui a pour devise « Ser Feliz » (tâchez d’être heureux) et qui entretient ce goût artistique avec flamme et sans cesse renouvelé pour cet art qui aide à vivre.

 

APP : Bonjour Catalina. Voudrais-tu nous parler de ta rencontre avec le flamenco ?

CG : Bonjour Alain-Pierre. Le flamenco n’a pas été mon point de départ, mais la danse classique espagnole enseignée par Elvira Vina Soto, et ce dès mon plus jeune âge. Il y a eu également le folklore de Valencia, de la Galice. Ce n’est que plus tard, lors d’un voyage en Espagne, que je suis allée à la rencontre du flamenco. Mon professeur, première danseuse au ballet national d’Espagne, puis plus tard avec mon maître Raphaël Aguilar.

APP : Quelles ont été les difficultés rencontrées dans l’apprentissage de la danse flamenca et comment as-tu intégré cette discipline à ta propre culture ?

catalina-gommes.jpgCG : Lorsqu’on est française de naissance, intégrer le flamenco, ce n’est pas évident. Celui-ci est un art d’expression personnelle, je l’ai connu au travers de la danse et non la danse au travers du flamenco. Il faut aller sur place, là où il est né : l’Espagne, respirer son air, toucher sa terre, aller à la rencontre de ses habitants, déambuler dans les rues. Lorsque je le danse, cela vient de mon travail et de l’œuvre du destin. J’y ai passé de longues heures, seule, face à un miroir, à tenter de me contrôler et de connaître mon corps par cœur. Disons que je suis une self made woman de la flamenca (rires).

APP : Toujours danseuse ou uniquement prof de danse ?

CG : De temps à autres en duo avec mon pianiste Philippe Biros. C’est sûr que je préfère que ce soient mes élèves qui symbolisent les spectacles présentés. Je suis ce professeur qui communique, qui apprend le partage d’un instant magique sur scène. Je veux de la générosité et du tempérament, car on ne danse pas que pour soi. Le spectacle, c’est mon identité et mon regard au niveau musical et chorégraphique. Toujours l’envie de transmettre mon savoir.

APP : Justement en parlant de tes élèves, que penses-tu de leur niveau et de leurs connaissances en flamenco ?

CG : Ce n’est jamais assez (rires). Leurs connaissances sont basiques, car ne l’oublions pas, ce sont des amateurs. Je ne peux leur en demander plus. Mais je veux percevoir en eux cette passion, c’est là le grand intérêt. Moi, Catalina, je leur inocule l’énergie, les encourage et leur donne de bons conseils. Je ne suis pas de nature à enseigner de nombreux pas, mais faire en sorte qu’ils comprennent bien ce qu’ils sont en train de faire. Ma manière à moi de faciliter leurs rapports avec la danse, les cours. Parfois, je suis un Don Quichotte qui se bat contre les moulins à vent (rires). Heureusement, il y a des côtés positifs dus au fait qu’ils décident de se perfectionner dans une danse dont ils ne savent que les rudiments. La plupart répondent à mes désirs. Dans l’ensemble, ils me donnent satisfaction.

APP : Avant de nous séparer, quels sont tes projets en lien avec le flamenco ?

CG : Avant toute chose, je souhaite continuer à travailler avec des gens différents, également avec des artistes qui ont un bon niveau et qui m’apportent une joie et qu’en retour, je puisse éveiller un genre nouveau. Je souhaite que mon spectacle « Un Cajon para Dos » poursuive une longue route à Saint-Jean-de-Luz et ailleurs. Nous serons en banlieue parisienne à Montfort-l’Amaury en octobre 2011 et à Marcoussy en janvier 2012 avec mon nouveau spectacle « Récital Espagnol » avec mes deux filles aînées et mon fidèle pianiste. Et pourquoi pas, revenir au Colisée à Biarritz. De dire que le flamenco, c’est la liberté, la passion et tout l’amour exprimé pour la danse et pour la vie.

 

Un Cajon para Dos – 19 juin à 19h15 – Jaï Alaï de Saint-Jean-de-Luz

Tarifs : 10 et 6€

Infos et vente sur place à l’Office du Tourisme de Saint-Jean-de-Luz

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 17 au 23 juin 2011.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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