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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 20:19

Comme s’il en pleuvait, ou la folie de l’argent !

 

Image2.jpgPierre Arditi dit de la pièce : « Le problème dans cette pièce, c’est ce que le fric fait de vous. Quand on parle fric, ce sont des tonnes d’argent. C’est un peu comme de l’alcool ou de la drogue, c’est-à-dire qu’à un moment donné on perd les repères… qui sont ceux de la vie. ».

Evelyne Buyle dit de la pièce : « L’argent, c’est une énergie, et cette énergie, il faut qu’elle circule, qu’elle circule bien. Qu’on en ait pas peur, ni même culpabiliser. »

« Comme s’il en pleuvait » présenté sur la scène de la Gare du Midi à Biarritz le 28 janvier à 20h30 raconte l’histoire de Bruno, anesthésiste et de Laurence, directrice d’école, un couple sans histoire, qui découvre un soir de l’argent dans leur salon. Et tous les jours des billets de banque apparaissent, de plus en plus nombreux. Mais d’où provient cet argent ? Pourquoi ces billets arrivent chez eux ? Cette fortune soudaine est-elle une aubaine ou une condamnation ? Mais certainement une comédie cocasse et inénarrable sur la folie de l’argent.

C’est un Pierre Arditi au plus haut de sa forme, sans pour cela tirer la couverture à lui, car sa partenaire Evelyne Buyle lui fait largement contrepartie, avec l’effet ping-pong et des répliques qui atteignent leur but et… comme s’il en pleuvait ! L’auteur, Sébastien Thiéry ne s’est pas lancé dans une pièce démonstrative, satirique, traçant son texte vers l’insolite et l’inaccoutumé, mais également dans la folie de l’argent. On est dans une ambiance complètement irréelle, car comment résister à ces millions d’euros tombés d’on ne sait où ? Ce n’est pas chose facile à admettre et à comprendre. C’est disons-le féroce. Ce couple qui s’intercepte et qui se lâche est magistral, réjouissant et fait pleurer … de rire. Dès le départ de l’écriture de la pièce, l’auteur a pensé à Pierre Arditi. Il a pris un malin plaisir à le faire maltraiter sa femme de ménage espagnole ou dire des pires horreurs à son épouse lorsque celle-ci lui propose de donner l’argent à de bonnes œuvres. C’est un beau cadeau à son acteur qui peut passer en un fragment de seconde de la parfaite mauvaise foi (sa marque de fabrique) à l’angoisse la plus absolue. L’acteur est comme un poisson dans l’eau dans l’univers de l’auteur. Un vrai régal pour lui d’incarner ce personnage très politiquement incorrect. Et dans ce délire, sa partenaire lui donne la main. Tellement vraie et naturelle, qu’elle nous fait tout avaler. On rit beaucoup, mais on rit jaune aussi, car le spectateur a comme un sentiment d’inconfort. Mais comme toute pièce de boulevard, cela se terminera par un coup… de théâtre qui en dit long sur notre société. L’auteur malin lâche ses personnages dans des volutes de peur et de panique pour notre plus grand plaisir. C’est une pièce qui fait pleuvoir les rires et ça fonctionne ! Le couple haut en couleurs est entouré avec panache par les deux autres partenaires, Véronique Boulanger et Gilles-Gaston Dreyfus, dans une mise en scène efficace de Bernard Murat. Le public prendra plaisir à s’amuser et rire, d’un regard à la fois étranger et normal. C’est une comédie coup de cœur, une véritable découverte. Une satire sociale menée dans un train d’enfer et diaboliquement troussée. Mais prenez garde tout de même à la folie de l’argent !

 

Comme s’il en pleuvait avec Pierre Arditi et Evelyne Buyle – 28 janvier à 20h30 – Gare du Midi Biarritz

Tarifs : 50 et 45€

Réservations : 05 59 22 44 66 et www.entractes-organisations.com

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 24 au 30 janvier 2014.

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Published by alain-pierre-pereira - dans THEATRE
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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