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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 21:28

La Compania Nacional de Danza… la danse à l’honneur

 

José Martinez, l’ex étoile du Ballet de l’Opéra de Paris, a pris la direction de la célèbre Compania Nacional de Danza de Madrid, succédant à Nacho Duato qui fut pendant vingt ans directeur de la célèbre troupe.

Veut-on un symbole de changement conduit par le nouveau directeur ? En tous les cas, José Martinez, avec son talent multiforme, a réussi à bien mettre au point les thèmes suggérés de trois pièces réalisées par des moyens artistiques fort différents par toute une dynastie et une jeune garde de danseurs exceptionnels. Ils sont 30 au total, invités par Biarritz Culture, qui évolueront sur la scène de la Gare du Midi le 28 février à 20h30 et qui nous présenteront « Extremely Close », chorégraphié par Alenjandro Cerrudo sur une musique de Philipp Glass et Dustin Ohalloran, « In Transit », chorégraphie d’Annabelle Lopez Ochoa sur une musique de Scanner, Olafur Arnalds, Max Richter, The Durutti Column et Fennesz et « Walking Mad », chorégraphié par Johan Inger sur une musique de Maurice Ravel « Boléro », Arvo Pärt « Für Alina », c’est une ouverture voulue par le nouveau et fringant directeur de cette compagnie espagnole qui, par son style néo classique, brille depuis trois décennies sur les scènes internationales, pour faire de la danse pour toutes les danses ! danza.jpg

Il s’est entouré pour cette soirée unique de trois brillants chorégraphes dont Annabelle Lopez Ochoa, qui après une longue carrière en Belgique à la Royal Académie puis comme soliste au sein du Scapino Ballet de Rotterdam, décide en 2003 de s’appliquer à la chorégraphie, encouragée par une presse dithyrambique du monde professionnel après sa première création. Et l’on parle d’elle comme la brillante étoile de la danse. Son travail partout récompensé lui vaut d’être décrite comme « une véritable maestra de la chorégraphie ». Son ballet « In Transit » explore les sentiments qui habitent les personnes dans une salle d’attente. Vingt danseurs qui montrent dans un tourbillon leurs capacités et leurs faiblesses à communiquer dans cet espace clos partagé, représentant pour chacun un ailleurs ou un devenir.

Autre chorégraphe convoqué par Martinez, Johan Inger. Après une carrière remarquable au sein du Nederlands Dans Theater, dont il fut un interprète charismatique, il passe en 1995 de l’autre côté des coulisses en abordant la chorégraphie. Ses pièces récompensées par de nombreux prix lui valent d’être nommé directeur artistique du prestigieux Cullberg Ballet. Revenu à la maison mère, il est nommé chorégraphe associé du Nederland Dans Theater. Son « Walking Mad » est une reprise époustouflante du Boléro sur les partitions de Maurice Ravel et d’Arvo Part. Inspiré par la force et la théâtralité dans lesquelles le crescendo musical Boléro et la disposition des danseurs marchent à l’unisson. Un voyage circulaire dans la folie dans laquelle le personnage principal erre à travers un réel et un plan fictif, séparés par un mur symbolique. Une chorégraphie qui combine le corporel, le charnel et la musicalité dans la même mesure.

Enfin, Alejandro Cerrudo fut pensionnaire dans diverses compagnies comme le Ballet de Victor Ullate, le Stuttgart Ballet, le Nederlands Dans Theater et le Hubbard Street Dance Chicago dont il devient le chorégraphe résident en 2005. Ses chorégraphies remarquées sont reprises à travers le monde et lui valurent le prestigieux The Boomerang Fund for Artists en 2011. Son « Extremely Close » est une pièce pour huit danseurs qui laisse manifester la grande adresse et l’émouvante sensibilité du chorégraphe et il nous entraîne avec une belle harmonie vers un néo classique visuellement riche.

La Compania Nacional de Danza est emplie d’ardeur et de plaisir de danser, toute en puissance émotionnelle et en justesse. De la danse « émoi » qui crie « viva la danza ! ». L’essentiel de ces pièces dansées est la recherche d’une permutation chorégraphique du caractère des personnages et la mise en jeu des corps, autorisant des variations d’identité. La danse trouve toujours des moments magiques. Elle devient simple, humaine et nous touche par sa simplicité, une simplicité poétique qui donne le ton juste. Sans oublier ces jeunes danseurs pleins d’enthousiasme qui puisent à différentes sources la communication poétique et la sublimation expressive, faisant la part belle à la danse.

 

Biarritz Culture présente la Cie Nacional de Danza – Trois pièces dansées : Extremely Close, In Transit, Walking Mad – 28 février à 20h30 – Gare du Midi Biarritz

Tarifs : de 12 à 38€

Réservations : 05 59 22 44 66 ou www.biarritz-culture.com

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 24 février au 1er mars. 

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Published by alain-pierre-pereira - dans DANSE
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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