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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 23:29

Rukmini Chatterjee, Anne-Marie Porras, Germaine Acogny… des références en danse contemporaine.

 

Biarritz Culture et la Ville de Biarritz invitent des compagnies venues du monde entier pour son deuxième festival ainsi que des femmes chorégraphes qui bousculent les traditions et certitudes : Rukmini Chatterjee, Anne-Marie Porras, Germaine Acogny, des références en danse contemporaine.

 

width_650.height_300.mode_FillAreaWithCrop.pos_Default.colo.jpg« Questionings » de Rukmini Chatterjee qui accorde la danse classique indienne au black metal. Une rencontre entre la danse classique indienne et cette musique extrêmement brutale et violente. Cette remarquable danseuse éprouve le besoin de créer des spectacles pour aborder les différents aspects de ce que l’on appelle « l’universel ». L’essence et l’esprit de sa démarche se nourrissent de la tradition, mais aussi la forme résolument moderne qu’elle recherche. La danse indienne réveillée avec les gestes du corps, les mobilités. Black Metal exalte le vécu, dans un souffle déchaîné et exalté. Confrontant ces deux univers, ces deux « polarités », elle crée un champ de forces, mis en mouvement par la danse et l’image, comprenant ce qu’est l’énergie. L’énergie physique, symbolique, abstraite et idéologique. Rukmini Chatterjee fait ainsi le choix d’univers opposés, précisément pour déconstruire une trop évidente opposition de style et d’époque, au regard du jeu respectif, avec une force universelle et une pensée dominante. L’énergie et la pensée de l’homme d’aujourd’hui. Insolente de beauté et de virtuosité, la chorégraphe joue sur ce savant mélange. Limpide et attentive, les gestes des mains et le mouvement du visage dessinent le paysage chorégraphique mental qui lui convient. Son regard sur la magnificence de la culture indienne, à travers les différentes formes de la danse classique indienne. Elle fait un tour de force par le jeu délicat d’intensification et de relâchement des tensions qui accompagnent la gestuelle, les formes, les caractéristiques, les défis et les changements de danse traditionnelle.

 

NADIR_COMPAGNIE_ANNEMARIE_PORRAS_24012011121906.jpg« Nadir » d’Anne-Marie Porras qui n’a pas conçu son spectacle sur un prénom, mais à l’opposé du Zénith. En fait, elle a exprimé l’opposition du soleil à la nuit. Une envie de parler de cette opposition que nous avons tous en nous. S’entourant de cinq danseurs (quatre garçons, une fille), cinq personnages qui ne se conforment pas aux codes et qui sont en marge, qui évoluent dans un terrain vague tout comme le vague à l’âme. Une histoire qui n’est pas sombre, mais il faut voir dans ce ballet, une belle complicité de jeu, riant d’eux-mêmes et de cette situation là. Des êtres qui se sont retrouvés ou choisis et qui évoluent dans un univers musical rock et lyrique. Un spectacle un peu déjanté, des êtres posés sur l’autre rive, de vivre différemment et savoir ce qui se passe ailleurs.

 

27859.jpg« Affronter l’espoir » de Germaine Acogny. Une interprète appelée professionnellement et affectueusement la « mère de la danse africaine » dans lequel sont traités d’un ton drôle et léger, des sujets de fond sérieux, comme la mondialisation ou l’immigration clandestine. Grande prêtresse de son art, elle allie ses racines africaines, contemporaine à la modernité, réalisant un adroit et harmonieux mélange de danse, de mots, de musiques, avec ses contradictions et ses ondulations. A travers ses pas de danse mûrs et réfléchis, elle cherche à répliquer à ceux qui médisent sur l’Afrique. En créant une succession de pas, elle ouvre l’espace, le libère de toutes contraintes et élargit son horizon. Son ballet est animé par des musiques actuelles, au rythme des percussions et des vidéos, indice de modernité représentant la culture par des danses traditionnelles et autres. Coutumes du berceau de l’humanité, dans lesquelles elle parvient parfois à s’immiscer. Germaine Acogny danse au-delà des mots et des maux, pour affronter l’espoir de ses Afriques.

 

{Anne-Marie Porras – « Nadir » - Théâtre du Casino – 11 septembre à 19h – Tarifs : 28, 25, 12€ - Réservations : Office du Tourisme et billetterie à la caisse

{Rukmini Chatterjee – « Questionings » - Théâtre du Casino – 12 septembre à 21 – Tarifs : 28, 25, 12€ - Réservations : Office du Tourisme et billetterie à la caisse

{Germaine Acogny – « Affronter l’espoir » - Le Colisée – 13 septembre à 19h – Tarifs : 16, 14, 12€ - Réservations : Office du Tourisme et billetterie à la caisse.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 7 au 13 septembre 2012.

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Published by alain-pierre-pereira - dans DANSE
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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