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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 23:54

François-Régis Bastide

         L’homme qui avait le goût   Francois-Regis-Bastide.jpg

          du savoir partagé !

 

 

Je l’avoue, lire un roman de cinq cents pages où l’auteur raconte, dans un style « balzacien », ses souvenirs d’enfance d’un passé qui m’est si éloigné, ne me fut pas tâche aisée. Ne pas réussir à entrer rapidement au cœur de cette histoire amphigourique me contrariait d’autant plus que je n’arrivais pas à prendre le pas sur l’intérêt de ce livre où j’ai supporté quelques images fondues. Il m’a fallu une considérable persévérance à dévorer les petits caractères de cette collection « Livre de Poche ». J’étais sacrifié à l’autel de mon travail journalistique ! (rassurez-vous, je ne tire pas à boulets rouges !). Mais un agacement tout de même, parce que je me désolais de ne pouvoir m’infiltrer plus rapidement au plus fort du sujet. A chaque page tournée, c’était toujours un « rester sur place » ! Je me suis risqué à aller plus avant dans cette relation littéraire avec l’auteur en m’immergeant avec plus d’attention. Entre la poire et le fromage, la cause était entendue et je fus piégé ! François-Régis Bastide a réussi à me convier à son pèlerinage du « temps passé », parfois drôle, doté d’une bouffée d’amour filial chaude et douce à la fois et ces destins d’amour qui font penser à Tristan et Iseult, Titus et Bérénice ou Chimène et Rodrigue dans une parenthèse théâtrale. J’ai survolé sur la cime du rêve cette enfance passée à Biarritz, auprès d’un père médecin et musicien et d’une mère aimante et possessive, toujours inquiète, et douée pour le violon. Avec Habileté et humour, l’auteur déploie sa galerie de sentiments nés parfois d’actes manqués, entre ruses et prétextes forgés, de pulsions et d’un ailleurs. La vie rêvée, c’est la traduction d’une nostalgie, celle qui recueille les émotions, d’une virginité liée à l’enfance et ces petites trahisons que l’on peut commettre l’âge adulte venant. Ce n’est pas un livre impudique, mais un jeu mené avec l’astucieuse candeur d’un talent maitrisé ! D’un poète de dimension planétaire qui manie avec panache sa poésie caustique et généreuse ! Un être animé qui a sa propre histoire !

 

François-Régis (dont le vrai prénom est Edouard) Bastide a vu le jour le 1er juillet 1926 dans une chambre d’une première villa, à l’ombre du Jardin Public à Biarritz. Décédé prématurément à Paris le 17 avril 1996 des suites d’un cancer des poumons, il repose au cimetière de La Garde Freinet (Var). L’homme était écrivain, ambassadeur de France au Danemark, conseiller municipal de Biarritz, éditeur, producteur et animateur radio. Il grandit dans une famille aisée et aimante entre son père Edouard, médecin et remarquable organiste, et sa mère Suzanne, femme aimante et conquise, quoi qu’intimidée par son époux. François-Régis est l’aîné d’une fratrie (Jean-Claude, surnommé Caco, naîtra deux ans plus tard). Son éducation est faite par des précepteurs dans la très jolie villa rose aux volets bleus baptisée Villa Bastide. Dès son plus jeune âge, François-Régis fit des études musicales, principalement le piano où il excelle, et composa même une symphonie. Mais la guerre éclate et après avoir écrit « une messe pour le général Koenig », il s’engage à 18 ans dans les spahis de la 2ème division blindée du Général Leclerc avec laquelle il entre en Allemagne. Mais la musique et les lettres l’électrisent toujours. Son premier roman Lettres de Bavière est publié en 1947. En 1956, après avoir reçu le prix Fémina pour son roman Les Adieux, il entre comme conseiller littéraire aux Editions du Seuil où il crée la collection musicale « Solfège » et fait paraître Le dernier des Justes d’André Schwartz Bart, un des prix Goncourt les plus courus et vendus. En 1968, il fait partie du comité de lecture, puis est conférencier à la Comédie-Française et, en 1976, il devient membre du jury du Prix Médicis. Il publie également de nombreux auteurs dont Katherine Pancol et Anny Duperey. Il est l’auteur d’une vingtaine de romans, mais ses détracteurs lui font un lynchage médiatique, lui reprochant légèreté et vanité, d’être un « Cocteau moins chevronné » ou un « Giraudoux moins profond ». Mais qu’importe, l’écrivain est réhabilité par Jérôme Garcin : « Il est probablement plus réel que le lévrier du boulevard Saint-Germain ! ». Et même sa folie zodiacale prend une allure de conversation détournée, presque tranquille avec le ciel. Homme de radio, il dirige à la fin de la guerre des émissions musicales sur « Radio Sarrebruck ». Des désirs d’ailleurs l’amènent à voyager et il entreprend toute une série de conférences sur tous les continents. Dès la première publication de son livre en 1947, il anime, dans le cadre du Club d’essai, l’émission littéraire « Une idée pour une autre » dirigée par Jean Tardieu. Il crée et produit en 1955, avec son complice Michel Polac, la cultissime émission hebdomadaire sur France Inter « Le Masque et la Plume » qu’il anime seul de 1971 à 1981. C’est également un auteur de télévision avec « Le troisième concerto » et dramaturge avec « Siegfried 78 ».

 

/.../ suite de l'article page : Dossier spécial : François-Régis Bastide.


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Published by alain-pierre-pereira
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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