Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 15:20

festival-saint-jean-luz-jeunes-realisateurs-9-L-c1n59D.jpeg« Ce Festival est celui des Luziens. » Le message de Patrick Fabre, délégué artistique du festival est clair. La 17ème édition du Festival des Jeunes Réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz commencera, dès mardi 9 octobre, par une cérémonie d’ouverture réservée au public dans deux salles différentes du cinéma Le Select. Soucieux de pallier au manque de places constaté les années précédentes, les organisateurs ont programmé deux diffusions pour chacun des dix films en compétition. La sélection, qui compte sept premiers et trois seconds longs métrages, accueille plusieurs films étrangers, tout en continuant à laisser une part importante à la production française. Pour les départager, un jury « jeune et glamour », selon les termes de Patrick Fabre. Il sera composé des comédiens Thierry Neuvic, Pauline Etienne, Elodie Navarre, Julien Courbey, Michael Cohen et du réalisateur Cyril Mennegun. Anne Fleurot, révélée ces dernières années par Engrenages et Intouchables, présidera majestueusement cette assemblée de jeunes talents. Les organisateurs, qui espèrent défaire les barrières entre les stars et le public, promettent chaque soir des rencontres, ouvertes à tous, au Café du Select. Un atelier public de formation d’acteur, animé par Fanny Vallon, leur sera également proposé. Enfin, samedi, Mais qui a tué Pamela Rose, avec Audrey Fleurot et Omar Sy, présenté en avant-première mondiale, viendra clôturer cette intense semaine de projections.

 

Paroles de jury.

 

La 17ème édition sera lancée du 9 au 13 octobre – La ville de Saint-Jean-de-Luz vivra au rythme de l’ambiance 7ème Art. Cette année c’est la comédienne Audrey Fleurot, rousse incendiaire et charme vénitien (remarquée dans l’excellent film Intouchables) qui aura la lourde charge d’être la présidente du jury. A l’occasion de cette belle manifestation cinématographique, je l’ai interviewée ainsi qu’un des membres du jury, beau mec, belle gueule, vedette du petit écran, mais qui se fait une place au soleil au cinéma, le talentueux et charismatique et bienveillant en diable Thierry Neuvic.

 

AUDREY FLEUROT

 

APP : Audrey, vous êtes la présidente du 17ème festival des jeunes réalisateurs à Saint-Jean-de-Luz, aviez-vous entendu parler de cette manifestation auparavant ?

97057.jpgAF : Non malheureusement pas. Je dois dire que j’ai été très touchée, je dirais même honorée, lorsque l’organisateur de ce festival m’a proposé d’en être la présidente. Et dès cet instant, je me suis renseignée sur le passé de cette manifestation luzienne. C’est un nouveau rôle intéressant pour moi, actrice, d’en être la présidente. Je ne peux que me réjouir de répondre présente pour découvrir les œuvres de jeunes réalisateurs, des cinéastes en herbe qui valorisent le cinéma français en lui donnant du sang neuf. De pouvoir mettre en commun avec les autres membres du jury, toute notre énergie et qu’ensemble nous défendions le cinéma de demain et de faire battre, par la même occasion, le cœur de la cité luzienne, pendant quelques jours au rythme des émotions du cinéma.

APP : A quoi ressemblera cette première expérience ?

AF : Intéressante parce que moi, actrice, je serai ailleurs que sur un plateau de cinéma. Un honneur de pouvoir participer et donner mon avis sur une compétition du 7ème Art. Je pense que ce sera très choral. D’apprécier et de juger des premières œuvres de réalisations avec les membres du jury qui m’accompagneront tout au long de ce festival : Elodie Navarre comédienne, Pauline Etienne comédienne, Thierry Neuvic comédien, Michaëol Cohen comédien et réalisateur, Julien Courbey comédien, Cyril Mennegun réalisateur. J’espère également qu’il y aura des débats, qu’on ne sera pas tous d’accord ou toujours unanimes. Avoir différents points de vue. Celle aussi de créer une alchimie entre nous. Par contre, cette expérience là en solo, j’aurai refusé. Ce qui m’intéresse, c’est de m’intégrer à une équipe. Je souhaite en tout cas que cette expérience là ne soit pas douloureuse.

APP : Donc vous vous préparez aux projections en étant vraiment vierge de toute émotion ?

AF : Bien sûr. C’est vraiment une première pour moi, car je n’ai jamais été membre d’un jury dans quelque festival que ce soit. C’est vraiment une aventure très neuve pour moi, et j’y vais vraiment en me disant que cela va m’enrichir considérablement.

APP : Qu’attendez-vous d’un film et que regardez-vous en premier ?

AF : Un film est surtout une bonne histoire avec laquelle j’ai envie d’être embarquée, oublier que je suis sur un fauteuil de cinéma. D’être une simple spectatrice pendant le temps de la projection qui me fera tout oublier de l’extérieur et qu’il me transmettra quelque chose. Ce que je regarde, en premier, dans un film, c’est l’univers du réalisateur.

APP : Vous me disiez que vous n’aimiez pas être seule, mais si vous l’étiez, quel type de film aimeriez-vous défendre et récompenser : celui engagé, esthétique, dérangeant… ?

AF : Peu importe, j’ai simplement envie qu’un film m’étonne, qu’il vienne me chercher. Donc aucun apriori de ce côté-là.

APP : Que s’est-il passé dans votre vie d’actrice après l’immense succès de « Intouchables » ?

AF : De m’avoir fait gagner du temps. Que du jour au lendemain, beaucoup de scénarii sont envoyés à mon agent. D’avoir le luxe de faire des choix. Mais je suis très heureuse de faire ce métier et de rester humble, quoi qu’il arrive. Le théâtre que je pratique depuis de nombreuses années, ne me faisait pas penser au cinéma. J’ai commencé à faire de la télé qui me mettait du beurre dans les épinards, et je trouvais cela très bien. Oui, le film m’a fait faire un pas de géant auprès des professionnels.

APP : Des projets pour Audrey Fleurot en 2013 ?

AF : La prochaine sortie des « Reines du Ring » réalisé par Jean-Marc Rudnicki avec Nathalie Baye et Marilou Berry où j’interprèterai une catcheuse. Et «  La vraie vie des profs » réalisé par Emmanuel Klotz et Albert Pereira-Lazaro avec Lucien Jean-Baptiste, acteur et réalisateur du film « La première étoile ».

APP : Audrey, connaissez-vous le Pays basque ?

AF : Hélas, non. Mais je vais me rattraper, car c’est aussi l’autre raison de mon acceptation. Découvrir enfin la Côte basque, avec ses montagnes verdoyantes, son bel océan, et ses bons plats régionaux dont on m’a vanté la succulence. Je sais que Isabelle Huppert et Isabelle Carré y résident, donc il ne manque plus que moi (rires).

 

THIERRY NEUVIC.

 

APP : Thierry, pourquoi avoir accepté d’être membre du jury du 17ème festival des jeunes réalisateurs à Saint-Jean-de-Luz ?

2299_14.jpgTN : Parce que je suis acteur et parce que je rêve de devenir réalisateur. Et que j’aime aussi tenir un rôle en dehors des plateaux. De découvrir les autres membres du jury que je ne connais pas personnellement, avec lesquels j’aurai la lourde tâche de juger les premières œuvres de jeunes réalisateurs, dont la sève créatrice coule dans les veines, et qui seront peut-être demain, de futurs nominés à la Palme d’Or ! (rires). Le rêve est donc permis. Egalement le plaisir de découvrir Saint-Jean-de-Luz et son océan merveilleux, tout en espérant un été indien durant ce festival (rires).

APP : Le fait que ce festival se passe dans la petite station balnéaire basque, ne le condamne-t-il pas à rester plus confidentiel ?

TN : Non, ce n’est pas parce qu’un festival se déroule dans une station balnéaire que cela l’empêche de s’épanouir et de rester confidentiel. Je cite par exemple, sans parler de Cannes et Deauville, ceux de Cognac, Avoriaz, Salon de Provence, Aix en Provence, Valenciennes, Hyères, et bien d’autres encore. L’intérêt d’un festival n’est pas le lieu où il se passe, mais les films qui s’y projettent, sur l’évènement répété depuis de nombreuses années.

APP : Les rencontres semblent avoir une grande importance pour vous ?

TN : Oui ! J’aime les contacts. Notre métier est avant tout un métier de relations humaines. Hélas, aujourd’hui, les échanges se font de plus en plus via internet, texto, mail, Je trouve cela vraiment dommage. Toutefois, je fais une petite exception à la Semaine du Pays basque par l’intermédiaire de son sympathique journaliste, car je refuse les interviews par téléphone (rires). C’est tellement plus agréable de pouvoir se rencontrer. J’espère vous voir au festival n’est-ce pas ? APP : Promis, juré !

APP : Qu’attendez-vous d’un film, et que regardez-vous en premier ?

TN : Quand je regarde un film, je suis vraiment spectateur. Je m’installe dans la salle comme les autres cinéphiles, même si je connais presque toutes les ficelles par rapport à un néophyte. J’attends d’un film qu’il me raconte une histoire, qu’il me prenne, après peu importe sa forme, même s’il a des défauts. Je veux avoir de l’émotion, du ressenti, de la sensation. En temps que spectateur, je veux être récompensé de m’être déplacé dans une salle obscure.

APP : Pour ce festival, vous préparez-vous aux projections ? Irez-vous vraiment vierge de toute émotion ?

TN : Bien sûr. J’essaie de ne pas trop me renseigner avant tel ou tel film, de ne pas écouter les commentaires, même si parfois c’est difficile. Oui, on peut dire comme ça, vierge de toute émotion (rires).

APP : Si vous étiez seul à décider, quel type de film aimeriez-vous défendre et récompenser, celui engagé, celui de l’esthétisme, celui dérangeant… ?

TN : C’est très variable, un film esthétique peut me toucher très fort, voire très profondément. Je n’ai pas d’apriori. Celui de la surprise aussi. Peut-être un film engagé qui me touchera le plus, mais pas forcément. Je suis pour la découverte et pas de genre précis. Par contre, s’il y a un film ancré dans le social et son histoire intéressante, il y a des chances que je le défende. En conclusion, il faut que le film soit bon, qu’il parle aux gens.

APP : De part le fait que vous ayez joué pour Clint Eastwood, peut-on vous considérer comme « bankable » ? Une carrière hollywoodienne vous tenterait-elle ?

TN : Alors j’en sais foutre rien, excusez-moi du terme (rires). Vraiment, je ne sais pas. Je sais que l’on me propose plus de choses, mais je ne pense pas que l’on puisse monter un projet sur moi. Tourner encore pour les américains, pourquoi pas. Bien sûr que ce cinéma là est porteur de grosses machines, très regardées, très appréciées. Mais je ne suis pas ébloui par ça. Ce qui m’interpelle, ce sont de bons scénarios, un bon réalisateur et de bons partenaires. Peu importe le pays dans lequel je tourne. Bien sûr il y a le côté rêve américain qui règne, qui est là malgré tout. La carrière hollywoodienne n’est pas ma priorité absolue.

APP : Puis-je vous demander sur quoi vous travaillez actuellement ?

TN : Je vais tourner un film sur la Guerre d’Algérie avec le réalisateur algérien Lakhdar Hamina (Palme d’Or en 1975 pour son film « Chronique des années de braise ». J’interprèterai un soldat français, un peu tordu, un peu abîmé, perdu dans le désert. Et puis l’année prochaine, un projet : un biopic sur Yves Montand dans lequel j’interprèterai le célèbre crooner, qui sera réalisé par Christophe Ruggia et produit par le neveu d’Yves Montand. Céline Sallette (remarquée dans « L’Apollonide ») sera la merveilleuse Simone Signoret. Et puis je suis sur l’écriture d’un long métrage.

APP : Le mot de la fin de Thierry Neuvic ?

TN : Celui de rester frais, curieux le plus possible, aimant et bienveillant envers l’autre. Et ce ne sont pas que des mots, je le pense très sincèrement et du fond du cœur.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 5 au 11 octobre 2012. entete-cineluz.jpg

 

 

 

 

 

 

LES DIX FILMS EN COMPETITION.

 

Mardi 9 octobre :

22h30 « Rue Mandar » d’Idit Cebula

Mercredi 10 octobre :

11h « Le voyage de Monsieur Crullic » d’Anca Damian

15h « Syngue Sabour » d’Atiq Rahimi

17h15 « Vole comme un papillon » de Jérôme malhde (hors compétition)

20h « Ouf » de Yann Coridian

Jeudi 11 octobre :

11h « Now is good » d’Oi Parker

15h « Soongava » de Subarna Thapa

20h « Dead man talking » de Patrick Ridremont

Vendredi 12 octobre :

11h « Les voisins de Dieu » de Meni Yaesh

15h « Une estonienne à Paris » d’Ilmar Raag

20h « J’enrage de son absence » de Sandrine Bonnaire (complet)

Samedi 13 octobre : 10h30 Projection des courts métrages.

Partager cet article

Repost 0
Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
commenter cet article

commentaires

L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

Sans titre 5

Rechercher

WALL SNICKER

Catégories