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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 22:21

Bernard Giraudeau "Cher Amour" - La passion de la vie !

 

Mardi 30 juin, l'écrivain Bernard Giraudeau, rencontrait ses lecteurs à la librairie Elkar à Bayonne, pour la sortie de son 4ème roman : "CHER AMOUR" (paru aux éditions Métailié mai 2009). Belle opportunité pour moi, Alain-Pierre Pereira, d'interviewer cet ex p'tit gars de la marine, ce fils de La Rochelle. L'homme nouveau qui dit écrire une nouvelle page, plus belle que son existence !

BG livre

 

APP : Le public a sans doute perdu un excellent acteur, mais en revanche, il a gagné un écrivain talentueux. Ton quatrième roman "Cher Amour" vient de paraître. Tes succès littéraires t'ont-ils transfiguré ?

BG : Non, ce ne sont pas eux qui me transfigurent, mais certains évènements importants qui se sont immiscés dans ma vie (ndlr : actuellement il suit une chimiothérapie) et pour cela j'emprunte un chemin particulier, pas toujours facile, certes, mais très riche. L'écriture m'aide beaucoup et c'est aussi une autre façon de voir, d'écouter. Pour en revenir au succès, je me demande s'il n'y a pas une part de chance. Qu'on dise que j'ai une belle plume, j'en suis ravi. Sur le plan médiatique, ça se passe plutôt bien pour moi.

APP : Plus de présence sur les tournages, tu vas donc paresser, tel un serpent ?

BG : Oui et non. Je n'ai pas de privation côté cinéma et théâtre car je refuse d'avoir des manques. J'ai toujours du plaisir à lire des textes, à écrire, c'est ce que je vais faire bientôt à Grignan (Drôme).

APP : Cette nouvelle vie plus sage, plus méditée, ne serait-ce pas une sorte de huis clos, comme au théâtre ? La nostalgie de t'être dépouillé de l'homme d'avant ?

BG : Du tout, je suis plutôt libéré de lui, même s'il a encore une grande empreinte sur l'homme d'aujourd'hui. Mais je n'ai pas envie qu'il disparaisse ! (rires). Il laisse la place à ce que je dois être, plus profondément.


BG 1

(Daniel Mordzinski)


APP : As-tu toujours une bordée de désirs ? Vis-tu actuellement une histoire d'amour ?

BG : Avec "Cher Amour" c'est justement pour rendre hommage à l'amour que j'ai retrouvé et qui me permet de palier à toutes les difficultés qu'on peut croiser sur sa route, qui m'offre un soutien meilleur, un échange, un partage. La maladie sans l'amour, c'est la mort !.

APP : Tu dis que ta maladie a été rédemptrice, que l'écriture est une formidable thérapie qui t'a aidé à être un peu moins sourd et aveugle... Qu'entends-tu par là ?

BG : Là, ça demande un développement qui ferait l'objet d'un livre. "Cher Amour" est tout à fait la réponse à votre question. C'est un autre point de vue, une autre disponibilité et compréhension. Une distance qui s'effectue sans pour autant perdre l'émotion. Tout ça est peut-être complexe, mais en tout cas, c'est formidable.

APP : L'ancien baroudeur que tu es, où puises-tu cette force et cette volonté malgré ton lourd traitement. Serait-ce la foi ?

BG : La foi en la guérison, ça c'est sûr. La foi en elle-même, c'est un autre problème. J'ai la foi en la vie, en la paix, en la joie. L'énergie, je l'ai toujours puisée dans la connaissance des réalités, dans la variété des situations que j'ai pu vivre. J'ai été extrêmement poreux à certaines expériences, même si j'en étais pas tout à fait conscient à l'époque. Mais aujourd'hui, j'en retire le côté positif. J'ai une petite connaissance de la religion bouddhiste, hindouiste, de certains textes chrétiens. Tout en vous parlant je regarde les photos d'Amérique latine qui m'entourent dans ce salon et ça me parle. Et puis, il y a la méditation, l'hypnothérapie (ndlr un centre existe à Biarritz où exerce Frédérique Honoré, dans lequel Bernard y subit quelques séances).

APP : Mataf sur la Royale, tu as fait deux fois le tour du monde, et tu fréquentais avec insolence, les bordels des ports. Parle-nous de ton insatiabilité d'amant envers les belles de nuit à cette époque là ?

BG : Çà, c'est encore le thème de "Cher Amour" et de mes livres précédents. Un port, c'est féminin. La mer malheureusement enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent. Pour certains celui d'y trouver une libido, un désir, pour d'autres la femme idéale qui dort sous ses paupières. Un marin n'a pas de liaison, mais jure de ne jamais oublier la femme qu'il a connu dans un port ! (rires).

APP : Montagne, mer, soleil : qu'évoque pour toi le Pays Basque ?

BG : Hélas, je connais peu cette jolie contrée. Tout au plus les Pyrénées Atlantiques pour y avoir fait des randonnées, du canyoning avec des amis. Biarritz pour venir voir mon amie médecin, pour y avoir joué, assister à des Festivals. Mais j'ai toutefois une tendresse pour cette région de France. Par ouï-dire, vos villages sont d'une incroyable beauté. L'océan est délicieux et j'adore m'y baigner, comme je l'ai fait ce matin après une belle ballade.

 

Au moment de nous séparer, il ajoute ceci : "Je vis l'instant présent et tout va bien. J'ai la joie d'écrire la vie, ma poésie, mes voyages, mes souvenirs, l'amour et je bois du jus de gingembre à notre santé ! (rires). Honnêtement, j'ai une belle vie d'homme !". Et nous, on espère qu'elle soit la plus longue possible !.

 

Article paru dans 'la semaine du pays basque' du 3 au 9 juillet 2009.


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Published by alain-pierre-pereira-journal.over-blog.com - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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