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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 14:57

Parce que je la vole bien !... ou la veuve Shampooing et son gig !

 

« Parce que je la vole bien ! » irrésistible et shampouinante comédie de l’insolent et sagace Laurent Ruquier qui a pastiché l’affaire Bettencourt, dénaturant le fameux slogan « Parce que je le vaux bien ». Sa pièce possède une fieffée dosette d’espièglerie et de rudesse, mais sans une once de méchanceté, enfouissant le sordide et le trivial au fond d’une poche et un mouchoir par-dessus ! Une pièce mordante qui détient tous les ingrédients pour déclencher les rires ! Chose inaccoutumée, la bande à Ruquier n’est pas au casting, hormis Arnaud Gidoin. Le rôle titre de la couguar platonique et complètement à l’ouest est attribué à Catherine Arditi, comédienne spirituelle et douée. A ses côtés, Armelle, connue pour son rôle de secrétaire déjantée dans « Caméra Café » sur M6, longiligne à souhait et voix nasillarde distinctive. Et d’autres partenaires tout aussi exercés. La mise en scène est signée par le brillant Jean-Luc Moreau. Ce spectacle sera à la Gare du Midi, lundi 6 février à 20h30. Pour cela, nous valons bien une interview !


catherine arditi

© DR.

 

APP : Bonjour Catherine, Armelle et Arnaud. Pensez-vous que ceux qui ne connaissent pas l’affaire Bettencourt puissent s’amuser en regardant ce pastiche de la veuve Shampooing et de son gig ?

CA : Absolument, c’est une pièce divertissante, très amusante, et ce n’est pas grave de ne pas vraiment connaître l’affaire Bettencourt. Le public se divertit en faisant la connaissance d’une vieille dame milliardaire qui s’autorise à flamber son pactole pour un dandy mondain qui la distrait follement, lui qui n’en veut qu’à ses pépettes ! (rires).

A : Oui, car Laurent Ruquier annonce très clairement la couleur de l’histoire, en parodiant les mésaventures de la troisième fortune féminine mondiale sans prendre de gants.

AG : Bien sûr, c’est drôle parce qu’il y a un mec qui joue avec une vieille et son pognon. Une mère Duchnoque qui se fait rouler par un Jean Profite, muscadin opportuniste à souhait, mais qui possède l’arme redoutable : faire rire. Dès les premières minutes, le public adhère à l’escobarderie du micheton envers la couguar Shampooing, et le rire se fait la part belle avec cette réplique : « Vous avez raison Viviane, pourquoi remettre à demain ce que l’on peut se faire remettre le jour même ! ».

APP : Peut-on savoir Catherine pourquoi vous avez été choisie par Laurent Ruquier pour le rôle titre ? Et vous Armelle, Arnaud ?

CA : Par sympathie mais aussi parce que j’avais joué dans l’une de ses pièces « Grosse chaleur ». Une collaboration fort concluante. Je ne vous cache pas qu’il avait pensé à des comédiennes plus âgées pour le rôle, mais il a eu des difficultés à la distribuer, parce que certaines n’étaient pas libres ou avaient des ennuis de santé. En ce qui me concerne, bien que je ne sois pas vieille… d’occasion (rires), il me l’a offert et j’en suis heureuse, car le personnage de Viviane Caquencourt me colle bien à la peau, et parce que je le vaux bien ! Une veuve coquette et coquettement friquée, portant tenues haute couture ! Mais entre nous, même si elle perd un peu la boule, elle mène le jeu avec son peu de lucidité. Alors, qui est manipulé dans cette histoire… ?

A : Parce qu’il s’est dit que je pouvais camper avec panache et autoritarisme cette future héritière psychorigide, frustrée de l’amour de sa mère, cette vieille dame indigne que la vente considérable de shampooings a rendu milliardaire. Cette fille mal aimée qui n’apprécie pas de voir son héritage fondre comme neige au soleil ! Mais aussi, parce que je le vaux bien !

AG : J’ai repris le rôle à Paris en avril, car avec Laurent, c’est une vieille histoire entre nous. Souvenez-vous, je faisais partie de la bande avec « On a tout essayé ». Lorsqu’il écrivait, il y avait toujours un rôle pour moi. Hélas pour lui, j’étais souvent sur d’autres spectacles qui ont très bien marché, dont mon one man show. Jean-Luc Moreau me connaissait aussi puisqu’il m’avait mis en scène dans une pièce qui a duré trois saisons au Théâtre Michel. Et il a fallu remplacer très vite Ariel Wizman… J’étais libre et vous connaissez la suite. Et parce que je le vaux bien !

APP : Personnellement, combien seriez-vous prêts à payer pour ne pas vous emmerder dans la vie ?

CA : Oh ! L’horrible question ! Mais mon cher, je n’ai pas encore l’âge canonique pour le faire ! Sachez que je ne m’ennuie pas dans la vie, et que le fermoir de mon porte-monnaie est bloqué depuis des décennies ! (rires). Quelque soit le statut social, c’est vrai, chacun s’emmerde !

A : Oh, oh ! L’étrange question ! (rires). Même si je ne suis pas sur les plateaux, apprenez que je fréquente des ateliers de broderie, de couture, de cuisine… Je vais même dans des maisons de retraite pour rendre visite à de vieilles dames indignes… très riches ! Quoi que dans la vie on partage toujours les emmerdes, jamais le pognon ! (rires).

AG : Mais ça serait terrible de ne pas s’emmerder dans la vie ! (rires). Et je suis prêt à payer beaucoup pour m’emmerder, excusez-moi d’être un brin impudent parce que la routine, c’est d’un triste ! Ah ! S’emmerder au travail, en amour, en amitié, rien de tel pour se pimenter la vie. Mais le premier et le plus sacré des commandements est : ne te laisse pas emmerder ! (rires).

APP : La solitude et la vulnérabilité de la vieillesse, vous en pensez quoi personnellement ?

CA : je vous répondrai lorsque j’aurai vraiment l’âge du personnage, même si la magie opère en étant perruquée, emperlousée et dorée sur tranches dans des tenues de vieille dame ! (rires). Bon, je vous l’accorde, j’essaie d’apporter à mon personnage humanité et vulnérabilité, mais pour moi la solitude ça n’existe pas, et voyez-vous, j’aime la solitude à deux ! (rires). Laissez-moi rêver d’être une joyeuse milliardaire, la veuve Shampooing qui marivaude au bras de son gig !

APP : Pour vous, c’est quoi la rente du pauvre ?

CA : C’est quoi un pauvre ? Je le sais, ça s’appelle un salaire ! Par contre, je ne sais pas comment s’appelle celle d’un riche… Non, le pauvre n’a pas de rente, mais l’espoir est son million !

A : Ah bon ! Le pauvre est un rentier ? S’il n’a pas de rente, par contre le soleil, c’est de l’or pour lui !

AG : Facile, c’est une de mes répliques, le salaire ! Et parce que lui, contrairement au riche, il connaît le montant du SMIC, le prix de la baguette de pain, et celui du ticket de métro !

APP : Un petit message pour les lecteurs du journal et le public ?

CA : Ah, le bon chocolat du Pays basque ! Je suis heureuse de revenir dans cette belle région où j’ai joué « Grosse chaleur », de Laurent, au Casino Municipal de Biarritz. Et j’étrenne la scène de la Gare du Midi le 6 février. J’espère qu’il ne fera pas trop froid, que le soleil pointera son nez pour que je puisse me promener sur le front de mer.

A : Quelle chance vous avez de vivre dans cette belle région de France, et il ne faut pas être milliardaire pour y passer quelques jours de vacances. Personnellement, je me contenterai de bonnes tranches de jambon de Bayonne et d’un poulet basquaise, arrosé d’un bon vin du pays !

AG : Si vous voulez payer pour nous voir, n’hésitez pas ! Et parce que nous le valons bien aussi ! (rires), surtout quand la vieille consciente et consentante dit du bien de moi, proclamant que je suis son amuseur décoiffant. Là où y a du gel, y a pas d’épis ! (rires).

 

Parce que je la vole bien ! – 6 février à 20h30 – Gare du Midi à Biarritz Biarritz Gare du Midi

Tarifs : 45 et 50€

Réservations : 05 59 22 44 66  et www.entractes-organisations.com

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 3 au 9 février 2012.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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