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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 22:32

Claude Bessy, le symbole d’un art et une belle âme.

 

Image2-copie-1.jpgClaude Bessy est une grande danseuse à la notoriété extraordinaire. Une chorégraphe novatrice du classique et du contemporain, elle a su créer un nouveau langage chorégraphique. Sa créativité ainsi que ses provocations « balleresques » la propulsent au premier rang de la danse, en France et à l’étranger. Cette « diva ballerina » est un véritable roman où se mêlent passion, générosité, et humilité. A l’automne de sa vie, elle reste toujours la femme d’aujourd’hui. Et si la danse devait avoir un visage, elle porterait son nom ! Entretien avec le symbole d’un art et une belle âme !

 

APP : Bonjour Claude Bessy. En 2004 vous avez cessé d’être la directrice de l’école de danse de l’Opéra de Paris après 22 ans de bons et loyaux services. Cela a du être dur pour vous un petit pincement au cœur ?

CB : Petite rectification cher journaliste… 32 ans ! Merci de me rajeunir, malgré mes kilos superflus (rires). Pour être franche, aucun regret. Pourquoi : les contraintes oppressantes auxquelles j’ai été soumise telle la fatigue physique et morale à cause d’une mauvaise organisation, des problèmes administratifs et budgétaires. Préoccupations avec les professeurs, les pianistes répétiteurs, les syndicats qui veulent se mêler de tout, il arrive un moment où l’on sature, où cela devient dur. Sincèrement, pas le petit pincement au cœur, surtout quand on a été victime d’une cabale : accusée d’être une marâtre envers mes élèves. Les gens sont plein d’aberration ! Ah ! Que c’est bon de retrouver une liberté.

APP : Quelle est la marque indélébile que vous avez laissée en tant qu’enseignante ?

CB : Tous les danseurs du corps de ballet à peu près 140, font une belle carrière, sans oublier ceux qui sont à l’étranger. Comme quoi on n’avait pas si peur de Virginia Woolf, et force est de constater que mon enseignement était efficace et opérant ! (rires). J’ai voulu avant tout élargir le champ des possibles, le croisement des arts autre que la danse. C’est très important d’avoir plusieurs cordes à son arc. Discipline que j’ai moi-même pratiquée aux Etats-Unis lorsque j’étais ado, avec le chorégraphe Jérôme Robbins, l’élu de Balanchine. Qui ne se souvient pas d’un de ses grands succès chorégraphiques : West Side Story ?

APP : Pensez-vous que la danse soit une école de la vie ? Quel regard portez-vous aujourd’hui sur cet art ?

CB : Absolument. C’est aussi une constante importante. Un art de rigueur. Si l’on n’est pas habité par la passion et la persévérance, il vaut mieux abandonner. Quelle petite fille n’a pas rêvé d’être en tutu et de danser sur les pointes. La danse est une passion qui nécessite un don de soi. Danser, c’est l’art d’allier force et souplesse en musique.

APP : Sans faire de jaloux, citez-moi deux ou trois danseurs qui ont marqué l’école par leur don et leur personnalité…

CB : Il n’y aura pas de jaloux (rires) : Sylvie Guillem, Eric Vu-An, Manuel Legris, Wilfried Romoli, ce danseur avait beaucoup de mal au début et qui a force de travail fait une belle carrière dans la danse contemporaine, Elisabeth Maurin, et Marie-Agnès Gillot aussi à l’aise dans le classique que le contemporain. Une danseuse de caractère et une belle ambassadrice de la danse. Je l’ai choisie pour danser Phèdre, car pour moi c’est une des dernières tragédiennes du Palais Garnier. Je voulais reprendre ce ballet un peu oublié, que j’avais moi-même créé. J’adore cette danseuse qui a cette dramaturgie, des positions sur scène, passionnée de son art, accomplie, et qui s’enrichit de tout. Oui, je considère mes anciens élèves un peu comme mes enfants que je regarde grandir avec fierté.

APP : Le 27 juillet de 14h à 17h vous serez entourée par les élèves du Conservatoire de Biarritz du stage Bournonville. A 18h à la Médiathèque où vous présentez un film sur votre travail au sein de l’école de l’Opéra. Qui a eu cette heureuse initiative ?

CB : Les représentants du stage Auguste Bournonville, mais aussi le soutien du Malandain Ballet Biarritz et de la ville. De 14h à 17h ce sera l’occasion pour ces jeunes élèves du Conservatoire de poser toutes les questions. Et à 18h à la Médiathèque le visionnage d’un film tourné en 1975 sur le travail au sein de l’école de l’Opéra de Paris.Image1-copie-6.jpg

APP : Quelle a été votre discipline ?

CB : Travail et le respect envers les professeurs. Je voulais une motivation intérieure. Que mon enseignement nourrisse et aide à développer les compétences. Que mes élèves soient encouragés et respectés. La discipline est un moyen d’atteindre son but, mais pas une fin en soi. Enhardir leurs initiatives et tolérer les différents rythmes d’assimilation. Faire preuve d’humour au bon moment, c’est une façon de capter leur attention.

APP : Quel serait le résumé de votre parcours et un souvenir marquant de vos premières scènes ?

CB : Oh ! Cher journaliste, le passé est loin derrière moi. Je vis le présent, le futur, avec mes prochaines collaborations à Saint-Pétersbourg, Prague. Très active malgré l’automne de ma vie (rires). Heureuse de vivre ce que je suis aujourd’hui. Faire ce que j’ai envie, et d’avoir une force de caractère malgré les aléas de la vie. Un de mes beaux souvenirs : le petit rôle offert dans le premier ballet de George Balanchine « Sérénade » alors que je n’avais que quatorze ans. C’est avec lui que j’ai chopé le virus de la danse. Par la suite, le grand Serge Lifar m’a prise sous son aile.

APP : Quelle sera la conclusion de ce sympathique entretien chère Claude Bessy ?

CB : Le destin aime s’emparer de nous, et c’est à nous de savoir en tirer le meilleur parti, tout en gardant en tête les objectifs initialement fixés. Accepter bon gré mal gré, tous les évènements qui vous arrivent.

 

Rencontre avec Claude Bessy au Conservatoire de Biarritz le 27 juillet de 14h à 17h en privé et Médiathèque de Biarritz à 18h avec le soutien du Malandain Ballet Biarritz et de la ville.2012-05-21 210456 cr

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 27 juillet au 2 août 2012.


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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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