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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 20:11

Comte de Bouderbala : la maestria du stand-up.

 

ComtedeBuderbala.jpg©DR. Comte de Bouderbala : saccades de rires qui rendent heureux durablement.

 

Peut-on rêver meilleur adoubement ? Bouffon royal génial et… complètement lucide, le Comte de Bouderbala est une référence pour la nouvelle génération d’auteurs-interprètes du « Stand-up contemporain ». Et de plus, brillant et prisé. Une véritable graine d’artiste qui sait faire dans la satire sociale. Le messire humoriste d’un nouveau genre qui bouscule facétieusement toutes les règles du one man show, sera à la Gare du Midi à Biarritz le 25 avril à 20h30.

Entretien.

 

APP : Comment toi, Comte de Bouderbala, l’artistocrasseur, figure du petit peuple, es-tu tombé dans l’escarcelle de l’humour ?

CB : L’humour a toujours été autour de moi, grâce à ma famille et au sport. J’ai la chance d’avoir de grands rigolos à mes cotés, dans des styles différents, frère, sœurs et parents très drôles, très piquants, tantes et oncles vanneurs chroniques. La chance d’avoir évolué dans le basket-ball, qui laisse une grande place à la culture de la « chambrette », que ce soit sur le terrain ou dans les vestiaires. Seulement, je ne savais pas comment monter sur scène, car trop timide. C’est grâce à l’enseignement de langues et du slam, que j’ai franchi le pas.

APP : A-t-il été chose aisée de sortir du chemin de banlieue pour atteindre celui du vedettariat ?

CB : Ahahah !!! Devenir une « vedette », c’est ringard ! Si l’on cherche le vedettariat, on fait fausse route, car éphémère. Mieux vaut faire une télé réalité ou un buzz sur internet, mais dans ce cas on risque la dépression, voire le suicide à terme, car c’est pesant. Perso, j’ai voulu faire un spectacle d’humour qui plaise aux gens sans les flouer sur la marchandise. Et l’avantage avec l’humour, c’est que, lorsque c’est drôle, ça ce voit et ça s’entend. Le public est rarement hypocrite et ne rit pas pour vos beaux yeux. J’en avais marre des one man shows d’escrocs à 40€, où tu ne riais que deux fois et demi, avec le goût amer de t’être fait carotté sur le spectacle ! Par ailleurs, je ne vois pas la banlieue comme une faiblesse, au contraire, je préfère penser « France dans le monde » que penser « banlieue en France », ça aide à renverser les barrières mentales et les préjugés que nous avons les uns vis-à-vis des autres.

APP : Ayant séjourné aux Etats-Unis, comment définis-tu l’humour américain en comparaison à l’humour français ?

CB : L’humour américain n’est pas si différent du nôtre, si ce n’est que là-bas ils ont beaucoup d’humoristes au m2 ; 100 000 comiques au km2, et 50 000 en France selon un sondage IPSOS. L’humour US se permet d’aller plus loin, car il n’a pas la même liberté d’expression et surtout pas la même histoire que nous, français, et donc pas les mêmes tabous. Il fait plus facilement des blagues sur la Seconde Guerre Mondiale, sur l’Occupation ou les guerres coloniales que nous. A contrario, il est frileux sur des sujets sensibles, comme les Indiens d’Amérique, l’esclavage ou le 11 septembre.

APP : Y-a-t-il des limites à l’humour ? Si oui, les fixes-tu ?

CB : Il ne devrait pas y avoir de limites. Mais chaque humoriste s’autocensure selon le mode de communication qu’il utilise ou selon sa peur de devoir se retrouver dans un tribunal à « raquer » 10.000€ en dommages et intérêts. Pour moi, on ne peut pas dire les mêmes choses si l’on est sur scène, en radio ou en télé, car la perception et le ressenti des vannes par le spectateur sont différents et peuvent être mal interprétés. Je me permets d’aller beaucoup plus loin sur certains sujets seulement sur scène, dans un espace clos et avec une certaine connivence avec le public, car autrement les personnes touchées, via les associations me tomberaient dessus !

APP : De l’humour, ils ont dit : Jules Renard : « L’humoriste, c’est un homme de mauvaise humeur ». Jacques Brel : « L’humour est la forme la plus simple de la lucidité ». Kirk Douglas : « Si l’on est incapable de rire de soi, on risque de souffrir »… Toi, Comte des guenilles, laquelle de ces trois définitions t’interpelle ?

CB : Celle de Jacques Brel. Déjà, parce que j’admire l’artiste. Il avait raison, l’humour efficace, c’est parfois le simple fait de constater les choses de façon lucide et froide, sans artifice. C’est à ce moment-là qu’on se dit à tort, qu’on est différent de penser ce qu’on pense juste parce qu’on est victime du politiquement correct ambiant.

APP : On dit que l’humour est une arme redoutable, car il est à manier avec précaution. Ton sentiment ?

CB : L’humour permet de passer des messages de vérité avec plus de douceur qu’un discours politique, et donc de plaire aux puissants et aux moins puissants. Vu que la vie en société est un rapport de force continu, on peut avoir une majorité des gens avec soi ou l’inverse. Ensuite, ça dépend du type d’humour que l’on pratique, un humour offensif, inoffensif, inutile… Moi, j’aime l’humour offensif qui relie, qui rit des gens, mais avec les gens, qui tissent des liens les uns aux autres. Je considère le spectacle comme une soirée entre potes, mais qui ne se connaissent ni des lèvres ni des dents… oups, ni d’Eve ni d’Adam ! (rires).

APP : Est-il difficile de rire de soi-même ?

CB : Pour moi, c’est la base pour évoluer et s’améliorer. Après, ça dépend des caractères. On peut avoir un égo gonflé à l’hélium, s’envoler rapidement et oublier de se moquer de soi-même. Dans le métier, on appelle ça « prise de grosse tête » ou « prise de melon » ou simplement « l’embourgeoisement ». Pour éviter cela, je recommande une volée de tarte dans la gueule par série de cinq, administrées par un membre de sa famille qui se contrefiche du show business. Une méthode radicale, mais bien trop souvent oubliée ! (rires).

 

Le Comte de Bouderbala – 25 avril à 20h30 – Gare du Midi Biarritz   gareBiarritz-e751c

Tarif unique : 35€

Réservations : jusqu’au 25 avril : 05 64 11 09 59 et le jour même : 05 59 22 44 66

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 19 au 25 avril 2013.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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