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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 23:58

Daniel Vizcayo… jeunesse et talent !

 

Danseur au Malandain Ballet Biarritz depuis 2008, le lumineux espagnol Daniel Vizcayo se distingue dans le rôle titre « Lucifer », une création du grand chorégraphe Thierry Malandain qui sera donnée les 20, 21 et 22 décembre à la Gare du Midi à 20h30. Par la clémence des cieux, persévérance, grâce, caractère et talent ont su se conjuguer pour révéler l’ascension de ce jeune danseur nourri de passion. Il s’est confié à moi par téléphone depuis l’Allemagne où il était en représentation.

 

daniel-vizcayo.jpg

APP : Bonjour Daniel. Qui es-tu et quel a été ton parcours avant d’intégrer le Malandain Ballet Biarritz en 2008 ?

DV : Je m’appelle Daniel Vizcayo, j’ai 22 ans et je suis né à Madrid où j’ai étudié la danse au Real Conservatoire de Danza dès mes huit ans. En 2006, j’obtiens le 1er prix au concours de Torrelavaga. En 2007, finaliste du concours de Lausanne, j’entre à Europa Danse sous la direction de Jean-Albert Cartier. En 2008, distingué par le chorégraphe Thierry Malandain, qui était venu faire une chorégraphie au sein de ma compagnie, il me demande de rejoindre le Malandain Ballet Biarritz. J’ai accepté très vite. Grâce à lui, je vais profiter de mes jeunes années pour exploiter au maximum ce bel art qu’est la danse.

APP : Qu’a représenté pour toi la collaboration avec le chorégraphe et que t’a-t-elle apporté dans ta vie artistique ?

DV : Une grande joie et une belle opportunité de travailler avec Thierry Malandain que j’admire. C’est une forte personnalité dans le monde de la danse, un chorégraphe très clairvoyant que j’apprécie beaucoup parce qu’il te laisse l’espace pour t’exprimer. Il permet aussi de faire un travail sur soi, de donner et montrer afin que le partenaire qui est en face prenne le relais. Il a un grand savoir et une marquante curiosité chorégraphique. Je le dis très sincèrement, Thierry Malandain est un incroyable et formidable expressif !

2011---2-PHOTOS-0200_cr.jpgAPP : Une fierté pour toi d’avoir été distribué pour le rôle titre du ballet création de Thierry Malandain « Lucifer » ?

DV : Grande fierté et l’honneur, avec un mélange de bonheur d’avoir été l’élu. Lucifer (rires) qui raconte la démesure de l’ange jusqu’à sa chute. C’est pour moi une belle récompense de la part du maître. Je dois dire que je me suis laissé porter par ce vertige du grand rôle sans trop chercher à comprendre ce qui se passait. Une première qui m’a permis de créer et d’interpréter un rôle titre, et pas seulement de montrer et d’exécuter des figures, mais de défendre une œuvre.  Une expérience forte, un choc aussi, car je devais m’investir en tant qu’artiste. Oui, j’avoue avoir pensé ne pas pouvoir être à la hauteur de ce que l’on me demandait. Mais ma passion pour la

danse me tenait très fort la main et le corps. Et puis j’aime jouer la sensualité sur scène, n’est-ce pas digne d’un espagnol ? (rires). Un grand merci à Thierry Malandain de ne pas avoir été « tyrannique » (rires), parce qu’il m’a laissé progresser à mon rythme avec ses idées chorégraphiques très riches où il utilise toujours l’expression et l’émotion. Et je n’oublie pas ma merveilleuse et délicieuse partenaire Miyuki Kanei, la grâce au rendez-vous, superbe danseuse avec laquelle il est facile de danser. Quant au corps de ballet, c’est l’osmose et la maîtrise parfaite de la danse contemporaine. C’est aussi ce beau métissage d’une jeune génération de danseurs.

APP : Parlant de la danse contemporaine, quel regard portes-tu sur celle-ci ? A-t-elle ses propres règles, comme la danse classique ?

DV : La danse contemporaine peut souvent dérouter ceux qui apprécient l’art chorégraphique. Je dirais qu’elle réunit une variété de formes et de styles de création de la danse. Elle évoque le temps présent exprimé à travers un éventail d’expressions et de modes de représentation. Elle s’inspire autant du geste quotidien que des techniques traditionnelles en danse classique. Elle renvoie surtout à l’exercice du corps, de la danse urbaine, de l’improvisation et des formes habituelles. Mais il faut avoir une base classique pour mieux développer la danse contemporaine. Et le classique est plus difficile physiquement, car on est amené à utiliser nos articulations et nos muscles très différemment. Mais je ne pense pas qu’il y ait une grande différence entre ces deux disciplines. Il y a danse, tout simplement ! C’est un art encore trop fragile pour le partager.

APP : Quelle vision as-tu aujourd’hui du métier de danseur ? Envisages-tu plus tard de devenir chorégraphe ?

DV : C’est le plus beau métier du monde, une belle révolution pour le corps et l’esprit. C’est aussi avoir du tempérament, apporter de nouvelles visions dans son travail. Il me permet d’adopter les formes et de les absorber. Pour moi la danse, c’est toujours la recherche de soi, une communion, un art. C’est ma vie de tous les jours. Je suis danseur même lorsque je ne suis pas sur scène (rires). J’aime le contact avec le sol et tout transmettre avec émotion. Cela peut être à travers une performance physique, un saut, un geste délicat. Pouvoir interpréter sur scène mes sentiments que je ne peux exprimer facilement dans ma vie. Chorégraphe non, car je ne possède pas le don de création, mais pourquoi pas prof de danse. Le théâtre me tente, la mode aussi, le stylisme par exemple. Mes jeunes années sont là pour ne pas penser au futur dans l’immédiat.

APP : Avant de nous séparer, quel message voudrais-tu adresser ?

DV : Aucun en particulier, tout simplement pouvoir danser sur scène, exécuter de nouveaux ballets. J’adore innover les rôles, multiplier les expériences. Grâce à Thierry Malandain, je suis de plus en plus ouvert au monde, mais j’ai aussi beaucoup de choses à apprendre et à découvrir. Pour moi la danse, c’est le moment où l’on est sur scène, ce n’est pas demain et pas ailleurs. Je fais tout avec passion. Ma ligne de conduite : accomplir les choses sérieusement, sans diablerie (rires) et rester toujours humble.

 

Lucifer – L’Amour Sorcier – Boléro de Ravel – Gare du Midi à Biarritz les 20, 21 et 22 décembre à 20h30

Tarifs : de 8 à 32€

Réservations : 05 59 22 44 66.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 16 au 22 décembre 2001.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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