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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 23:48

Didier Lockwood… Un musicien libre !

 

Vrai fou du violon, Didier Lockwood nous transmet sa véritable émotion dans des styles où il donne toute la force et la maturité de son talent, principalement pour la musique jazz.

Le Théâtre du Casino Municipal de Biarritz mettra ce musicien prodige et digne héritier du grand Stéphane Grappelli sous les feux des projecteurs ce vendredi 26 août à 21h.

 

APP : Bonjour Didier. Que penses-tu de ton évolution musicale depuis les années 1972/1973 où tu jouais dans le big band de Michel Colombier et le groupe de jazz rock Magma ?

DL : Ce furent des expériences providentielles qui m’ont permises de me lancer dans la carrière de violoniste de jazz d’une part, et d’heureuses rencontres avec Christian Vander et Magma. Puis celle du prestigieux violoniste Stéphane Grappelli qui lui aussi était au cœur du big band de Michel Colombier et qui m’a offert l’opportunité de l’accompagner dans ses tournées. Une fierté ! Et en toute modestie, d’afficher au compteur mes 3 600 concerts, 35 CDs et ce pendant 35 années. Je suis heureux et comblé du chemin parcouru.

Libre-de-droit-Thomas-Dorn---copie.jpgAPP : À 21 ans une belle consécration, puisqu’invité par le célèbre pianiste Dave Brubeck, tu es sur la scène mythique du Carnegie Hall de New-York. Un souvenir inoubliable ?

DL : Hum ! Hum ! (rires). Ah ! Ce maudit trac qui me taquinait. Certes, un souvenir inoubliable parce qu’un lieu où ont défilé de prestigieux artistes, moi qui n’avais que 21 ans ! Et quelle joie d’être aux côtés de Dave Brubeck, remarquable musicien.

APP : Qui t’a donné l’envie de jouer de ce bel instrument ? Quelles furent tes influences ? Comment passe-t-on de la musique classique à celle du jazz ?

DL : C’est mon père, professeur de violon et Jean-Luc Ponty pour le jazz. Ce dernier a ouvert une nouvelle dimension pour le violon et m’a donné le goût de l’instrument électrifié. Également mon frère Francis, pianiste exercé. Oui, inspiré par des compositeurs et grands noms du jazz-blues tels que Jimmy Hendrix, Coltrane, Franck Zappa. Du classique au jazz, c’est un pas de géant et ce n’est pas facile de coordonner les deux. Alors de se poser la question : comment se délier de la partition ? Et je voulais aussi ma propre identité de compositeur européen.

APP : Quel part de ta vie de musicien consacres-tu au « travail » du violon et quelles sont les différentes composantes ?

DL : La pratique de la musique se construit en dehors du travail musical. C’est le lâcher prise et la réflexion philosophique qui souvent se commutent.

APP : Selon toi, quelles sont les bases fondamentales qu’un violoniste de jazz se doit de connaître par rapport à celui d’un violoniste de musique classique ?

DL : D’abord le rythme « pultionnel » puis la connaissance harmonique, sans oublier une technique spécifique du jazz. Le jazzman que je suis ne gomme pas pour autant la musique classique. C’est l’évolution d’un style avec mes touches personnelles.

APP : C’est comment un concert de Didier Lockwood ? Penses-tu avoir réussi à populariser le jazz à travers tes nombreux concerts tant en France qu’à l’Etranger ?

DL : Oh ! Difficile à commenter (rires). Je pense que l’énergie, l’implication et l’amour du jeu musical y sont pour beaucoup. J’explore toujours de nouveaux champs de création. Ce qui compte, c’est de faire ce que j’aime et d’avoir ce plaisir à donner du plaisir.

APP : Dernières questions avant de nous séparer tout en te remerciant : Et ton spectacle « Jazz in Casino » à Biarritz en duo avec le guitariste manouche Bireli Lagrène, rare musicien français reconnu internationalement ? As-tu des projets ? Un prochain album en vue ?

DL : Ah ! Tout un programme ! (rires). Mais qui réserve des surprises. Le bonheur d’avoir à mes côtés mon complice de toujours le talentueux Bireli Lagrène guitariste de jazz manouche. Un spectacle tout en spontanéité et dans l’allégresse. Quant aux projets : un long métrage avec le réalisateur Tony Gatlif sur les violons du monde et la préparation d’un nouvel enregistrement dont je garde secret le contenu. Pas trop contrarié j’espère ? (rires).

 

Didier Lockwood, un magicien violoniste qui sort de son instrument des sons et des rythmes sublimes comme seule une maîtrise instrumentale d’un instrumentiste doué peut les produire ! Son adresse et son enthousiasme se fondent entre passion, virtuosité et talent, dans un récital subtilement composé. On tend une oreille gourmande et on en redemande !

 

Didier Lockwood et Bireli Lagrène – « Jazz in Casino » - vendredi 26 août à 21 – Théâtre du Casino Municipal de Biarritz

Tarifs : de 17 à 27€

Réservations : 05 59 22 77 77

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 26 août au 1er septembre 2011.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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