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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 22:52

Dominique Burucoa : l’excellent carburant du théâtre vivant.

 

Dominique-Burucoa.JPGLe Théâtre de Bayonne ne s’adresse pas à un public défini, mais bien à tout le monde.

 

17LaVeritaphotoVivianaCangialosi.jpgCompagnie Daniele Finzi Pasca : spectacle « La Verita ».

 

Grâce à lui et à sa solide équipe de collaborateurs, le théâtre de Bayonne devient le lieu obligé, le havre pour bien des artistes en mal d’écoute, l’aubaine pour de jeunes artistes à la recherche de coproduction, la résidence étoilée pour les metteurs en scène renommés. Dominique Burucoa sait gagner la confiance pour les emmener là où ils n’auraient jamais espérer aller ! Lui, toujours multipliant les projets auprès des artistes de toutes disciplines, connus ou inconnus, dont il aime parrainer pour certains les premiers pas. Plus qu’un directeur de théâtre, c’est l’âme d’un théâtre, un excellent carburant du théâtre vivant, comme il n’y en a guère et comme il y en a peu. Cet homme de spectacles fonctionne à l’utopie, à l’intuition, à la conviction, à l’amitié et à la sincérité. Je voulais le mettre en lumière, voilà, c’est chose faite !

 

APP : Dominique, pour ceux qui ne te connaissent pas, une petite présentation de toi serait la bienvenue…

DB : Un bayonnais de naissance de 61 ans. Après des études de philo à Bordeaux, j’entre dans une association appelée Hot Club de la Côte basque où j’organise des concerts de jazz, une passion pour cette musique depuis mes quatorze ans. Avec Sophie Bonnal, nous avons fait naître la Fédération des ateliers artistiques d’El Hogar à Anglet, ateliers de formations pour adultes pluridisciplinaires. 1978, Délégué départemental à la Musique et à la Danse en Pyrénées-Atlantiques. Directeur de l’ADAMPA. Quatre ans de direction au Centre Culturel du Pays basque où je crée le Festival de chant choral. Puis c’est la naissance du Festival Jazz aux Remparts à Bayonne, qui s’arrêtera après treize éditions mémorables, et le label discographique du même nom qui compte vingt références en 2009. En 1990, je crée la Scène Nationale Bayonne Sud Aquitain, en charge aussi de la Salle Paul Vaillant-Couturier de Boucau et des Ecuries de Baroja à Anglet. Trompettiste, j’ai fait partie des orchestres Happy Feet Jazz Band, Black Spirit et Middle Five. Je joue actuellement au sein de l’orchestre Just Friends Quintet avec lequel j’ai enregistré deux CDs « Just you, just me » et « Hit that jive, Jack » sous le label Jazz aux Remparts.

APP : La Scène Nationale de Bayonne s’enorgueillit d’une programmation très éclectique mais ô combien d’émotion et succès partagés depuis 24 ans ! Pour la saison 2013/2014 quels seront les moments forts ?

DB : Une saison particulièrement riche avec douze spectacles qui font l’objet d’une nouvelle classification : les transdisciplinaires. S’il est permis de penser que le vocable n’est pas particulièrement heureux, il a l’avantage d’exprimer clairement leur caractère éminemment pluridisciplinaire. Des spectacles très divers, foisonnants de créativité, dans lesquels se mêlent théâtre, art du geste, danse, musique, crique, image. De vraies découvertes artistiques dont certaines peuvent être partagées en famille. Le théâtre visuel a une place privilégiée avec des maîtres tels que : Philippe Genty, Daniele Finzy Pasca, Arthur Ribeiro et André Curti. La musique est très présente aux côtés de Maroulotte, Oreka TX, My Laika, Chapi Chapo. La danse s’allie au théâtre et à l’image : Parasite Kolektiboa, Cie Ecrire un mouvement. Bien entendu la Comédie Française, des nouveautés avec Alias, Cie de danse incroyable de Genève. Notamment une série de spectacles avec des artistes dont on ne connaît pas encore le nom, mais certains seront les grandes vedettes de demain : Elisa Jo, les 3Somesisters, les chanteurs Loïc Antoine, Sophie Maurin, Mathieu des Longchamps et Laura Cahen. Du théâtre avec l’Assommoir d’après Emile Zola, la Maîtresse en maillot de bain, et la forte implication d’artistes de la région.

APP : Toujours dans cette programmation, quelle est la part de productions invitées et de tes propres productions ?

DB : L’une des dimensions de la Scène Nationale, outre la diffusion, c’est de participer à des actions de créations, c’est-à-dire, répondre positivement à des projets présentés au niveau national, international et régional. Chaque année, il y a un certain nombre de spectacles que nous n’avons pas vu, mais programmés parce qu’on soutient les créations. Le premier est une création mondiale « Hautsa » par le Parasite Kokektiboa qui sera joué en Euskara, et la traduction sera intégrée dans la conception vidéo. Comme un roman graphique en mouvement, elle devient une ressource visuelle et se marie à l’action, sans obliger le spectateur à décrocher pour lire. Puis une création du Théatre du Rivage de Saint-Jean-de-Luz, associée en compagnonnage avec la Scène Nationale depuis bientôt trois ans avec « A la renverse » de Karen Serres, mise en scène par Pascal Daniel-Lacombe, ou comment aimer vivre au bord de l’océan. Ensuite une coproduction et partenariat avec la Cie Daniele Finzi Pasca, de dimension internationale avec son nouveau projet « La Verita », un petit clin d’œil à Salvador Dali. La Cie implantée à Bayonne, Les Lézards qui bougent, et son adaptation d’Andromaque de Racine où Kristian Fredric fera découvrir son Andromaque 10-43 très contemporaine, en costumes d’époque, servie par Denis Lavant, un grand comédien français. Comme chaque année, c’est une résidence avec un musicien de jazz, puisque cette musique est une des dominantes de la Scène Nationale. C’est le contrebassiste albigeois Pierre Boussaguet qui a accompagné un grand nom du jazz français, Guy Lafitte saxophoniste ténor, à qui il rendra hommage.

APP : Le théatre de Bayonne fait-il preuve d’un engagement social puisque subventionné ?

DB : Nous gérons directement le théatre de Bayonne, mais aussi la Salle Paul Vaillant-Couturier de Boucau, une programmation à Anglet et une autre à Saint-Jean-de-Luz. Au-delà même de la présentation et de l’accueil des spectacles qui font l’objet du programme de cette saison, il y a un grand nombre d’actions, la partie émergée de l’iceberg occupe un temps très important de notre activité, en milieu scolaire, avec des centres sociaux culturels, des comités d’entreprise, toute une trame d’actions qui va se développer cette année, en partenariat avec le Centre Hospitalier de la Côte basque et drainer le plus grand nombre de spectateurs qui aime le théatre vivant.

APP : Justement, qui sont ces spectateurs qui viennent au Théatre de Bayonne ?

DB : Très diversifié, contrairement à ce que l’on peut penser, ce ne sont pas uniquement des Bac+7 ou des intellectuels, mais l’être humain tout simple, qui a la capacité de s’émouvoir et d’apprécier les spectacles de la Scène Nationale, parce notre vocation première, c’est de proposer des spectacles qui ouvrent à l’émotion. Un public assez partagé, puisque nous avons un tiers de 5 à 25 ans, un autre qui va de 25 à 50 ans, et le dernier composé plutôt de personnes retraitées. Il y a aussi une appétence des enseignants pour la culture et c’est plutôt rassurant. Et parmi nos abonnés, il y a la profession médicale et paramédicale, puisque confrontée à la souffrance morale et physique, qui a besoin de divertissement et d’évasion.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 18 au 24 octobre 2013.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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