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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 22:57

Festival Opéra… Ou les délices de l’art lyrique !

 

Biarritz fait son « Festival Opéra » !

L’âme de sa création ? Michel Loupien et Jean-Marc BiskupJean Marc Biskup habitués à nous offrir des œuvres lyriques de qualité. Un tremplin qui met ce festival sur les rails du succès et dynamise sa perfection artistique. L’option des dates du 17 au 20 août attirera voisins et touristes aficionados du bel canto. Ce festival bénéficie également de l’aide artistique et du soutien d’organismes internationaux réputés : La Fondation de l’Opéra de Grosseto (Toscane), Spazio Musica de Gênes et du Centre Français de l’Opéra. Et cet éclat dans son programme, puisqu’il offrira trois opéras parmi les plus fameux du répertoire. Donc trois soirées constellées !

La Bohême, le plus frais des opéras de Puccini, œuvre forte soutenue par les lauréats de l’un des plus drastiques concours d’opéra d’Italie. Rigoletto de Verdi, inspiré du « Roi s’amuse » de Victor Hugo et son air fameux « La Donna é mobile », Carmen de Bizet, qui séduit, aime, trompe et meurt ! Insaisissable, brûlante, vénéneuse, elle embrase les scènes d’opéra depuis 1785 !

En marge de ce Festival, une rencontre récital cocktail au château d’Arcangues le 18 août à 19h avec les principaux interprètes. En matière d’opéra, Paris n’a pas l’exclusivité. En province, l’art lyrique jouit de places fortes et ne redoute pas forcément la comparaison avec la capitale !

Petit plus, la mezzo-soprano Gosha Kowalinska et le ténor Eric Salha, les deux interprètes de Carmen, se sont aimablement prêtés au jeu de l’entretien…

 

eric.jpgAPP : Bonjour Eric. Comment as-tu découvert le chant lyrique ?

ES : Lors de mon service militaire au sein du Chœur de l’armée française. Fasciné par les ténors, j’ai décidé de l’être moi-même. Etudes musicales à Tarbes, Paris et le Centre de formation lyrique de l’Opéra Bastille.

APP : Quelques mots sur ce Don José et Gosha Kowalinska qui sera Carmen …

ES : C’est mon personnage de prédilection, donc ravi de l’interpréter à Biarritz. Son tempérament me correspond un peu puisque basque comme moi. Il vient de Navarre. J’ai tenu ce rôle également à l’étranger. Avoir à mes côtés Gosha Kowalinska sera une première, car nous n’avons jamais été partenaires. Je m’en réjouis d’avance parce qu’elle possède une belle voix et c’est une belle indomptable ! (rires).

APP : Opéra et récitals, qu’est-ce qui t’attire dans l’un et l’autre ? Quel est ton répertoire de prédilection ? Quel rôle rêves-tu d’interpréter ?

ES : L’opéra, c’est l’incarnation de divers héros sur une longue période que couvre préparation, répétitions et représentations. Le récital, c’est de chanter des personnages successifs, d’une mélodie à un air d’opéra en un filet de temps. Mais les deux genres sont complémentaires. J’apprécie Carmen, Tosca, La Traviata. Mon rêve ? Incarner Werther ou Hoffmann des « Contes d’Hoffmann ».

APP : Tu as été Mario Caravadossi dans Tosca à Rabat (Maroc), que tu viendras présenter en mars 2012 ici. Quelques mots sur ce personnage ?

ES : Merci à Jean-Marc Biskup de m’avoir offert ce beau rôle du peintre idéaliste amoureux de Tosca. Une joie aussi d’avoir partagé la scène avec Jean-Philippe Lafont (Scarpia). Et ce réel plaisir d’avoir chanté ce drame lyrique sur fond d’amour, de pouvoir et de mort.

 

gosha.jpgAPP : Bonjour Gosha. Après tes études d’ingénieur du son et soliste à la chorale nationale de Pologne, tu te diriges vers l’art lyrique. Depuis, as-tu constaté un changement, une évolution dans ta voix ?

GK : Le constat fut frappant, d’une voix d’enfant que j’ai eu est sorti un son « autre ». Je ne peux le définir. Je n’avais plus cette voix aiguë et légère, mais un son plutôt grave et sombre, alors un long apprentissage vocal a commencé.

APP : Quand as-tu pris conscience que tu possédais la tessiture d’une mezzo-soprano pour réaliser ton rêve, celui de devenir chanteuse d’opéra ? Et quelles sont tes héroïnes ?

GK : Ma rencontre avec Gabriella Ravazzi a tout changé. Sous son oreille exercée et sa technique exigeante, je me réalisais. Je me comparais à  un instrument à vent dont les muscles qui le soutiennent ont besoin du temps pour se développer  et s’assouplir. Chanteuse lyrique, c’est comme être un sportif de haut niveau, donc de la rigueur et une très bonne technique. Pour moi, c’est la sublime Carmen et Lady Macbeth (Verdi) qui possède ce caractère noir. J’apprécie beaucoup l’œuvre de Shakespeare et la musique du maestro.

APP : Comment t’es-tu imprégnée de Carmen ? Qu’éprouvais-tu pour cette héroïne ? As-tu rencontré des difficultés pour ce rôle ? Et comment te sens-tu (moralement et physiquement) après avoir chanté ?

GK : Carmen, c’est « Et Dieu créa la femme ! » (rires). Ce sont toutes les femmes en une. Ce qu’elle ne possèdera pas, ne pourra jamais connaître, c’est le côté « maternel » représenté selon Bizet par Micaëla, la fiancée de Don José. Sa quête utopique de liberté, de la vie, de l’amour ne peut se terminer que dans la mort. C’est une tigresse ! (rires). Un très beau personnage, mais aussi très difficile de le rendre humain, car il représente l’excès en tout. La Diva s’efface pour laisser la place à Mademoiselle tout le monde (rires). Mais avec de l’énergie et prête à recommencer immédiatement ! Merci à Jean-Marc Biskup de m’avoir mise dans la peau de cette divine chasseresse ! (rires).

 

La Bohême 17 août à 21h

Rigoletto 19 août à 21

Carmen 20 août à 21h

Gare du Midi à BiarritzBiarritz Gare du Midi

Tarifs : de 50 à 60€

Réservations : 05 59 22 44 66  et 05 59 59 23 79 ou www.entractes-organisations.com

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 12 au 18 août 2011.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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