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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 22:54

Fanny Vallon,

corps et âme pour sa passion !

 

Image1.jpgFanny Vallon a été comédienne et ancienne fondatrice du Prix Arletty et a eu comme professeur la grande Tania Balachova, qui elle-même fut l’élève du metteur en scène et professeur d’art dramatique russe, Constantin Stanislavski, (et la seule élève qui soit passée en Europe). Fanny Vallon dirige depuis plus de vingt ans un cours de formation d’acteurs de cinéma et de théâtre portant son nom. Elle a des amis prestigieux comme le réalisateur Pedro Almodovar et le metteur en scène Robert Hossein. Amoureuse de la ville d’Hendaye, elle s’y installe voilà maintenant six ans, tout en continuant d’enseigner à Paris, deux jours par semaine. Ce mois d’août, elle a mis en place dans la citée hendayaise, le traditionnel stage de formation d’acteurs au cinéma au Casino jusqu’au lundi 27 août de 14h à 17h. Cette formation unique en Aquitaine, réunit chaque année 24 participants venus de toute la France. 24 à écouter les conseils de cette touchante et intéressante dame dont la voix rauque rappelle la merveilleuse Jeanne Moreau. Je suis allé à la rencontre de celle qui corps et âme, enseigne sa passion.

 

APP : Fanny Vallon, parlez-moi un peu de votre métier d’enseignante en art dramatique et de la formation d’acteurs…

FV : C’est parfois long et douloureux, mais fabuleusement libérateur que d’enseigner l’art dramatique. C’est un cheminement intérieur, une sorte de psychanalyse comme le dit la talentueuse Juliette Binoche, car l’on va exprimer ses contradictions, lever les non-dits, sortir de la morale sociale pour atteindre une vérité humaine. Chaque séance d’enseignement est faite d’imprévisibles, d’inattendus qui vont du recueillement absolu aux fous rires les plus intenses. Le cinéma apporte une exigence de vérité, car avec la caméra on ne peut pas tricher, une seconde de « faux-semblant » et tout s’effondre.

APP : Depuis combien de temps enseignez-vous ?

FV : Cela fait plus de 25 ans que j’enseigne à Paris et trois années dans la belle ville d’Hendaye. Sans oublier le stage d’été qui réunit les stagiaires venus de toute la France.

APP : Comment vous est venue l’idée d’enseigner alors que vous étiez comédienne ?

FV : Parce que j’ai eu de graves problèmes de santé et que j’ai du abandonner le métier d’actrice. Mais je ne pouvais pas vivre sans ce métier, pas même un seul jour. Et sans cesse je me disais : Mon Dieu, que vais-je faire de moi ? Et l’idée géniale est venue à moi, pourquoi ne pas ouvrir une école de théâtre ? Un paradoxe, moi qui avait une sainte horreur de l’école, et de me dire, que jamais de ma vie, j’enseignerai. Jamais, oh grand jamais ! Je me suis menti à moi-même (rires).

APP : Ne pensez-vous pas qu’une des qualités essentielles de l’acteur, c’est la générosité ?

FV : Absolument. Encore qu’il faille se méfier du lexique, parce que la générosité peut être aussi une façon de s’ouvrir tellement qu’on ne fait plus rien, qu’on n’aime plus rien, qu’on est transparent, ami de tout le monde. Encore plus que la générosité, je dirais qu’il faut avoir de l’écoute. L’écoute, c’est être attentif à ce qui se fait autour de soir.

APP : Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le théâtre et le cinéma ?

FV : Je trouve qu’il y a davantage de « produits bien faits » que de créations pures. Peut-être à cause des impératifs budgétaires.  

 

En effet, le théâtre et le cinéma sont deux disciplines difficiles, mais tout aussi gratifiantes. Construire encore et toujours, comme un architecte du 7ème art, qui graverait dans la mémoire de ses élèves, l’enseignement qu’il pratique, faisant naître chez quelques uns une véritable vocation. Semer dans leur tête et dans leur cœur, le bonheur et la joie de jouer, de divertir et d’aiguiser une curiosité sur les valeurs théâtrales et cinématographiques. Mais aussi, pourquoi ne pas le dire, être connu et reconnu. Comment il faut travailler l’art dramatique pour être naturel reste une énigme, une chose spirituelle. L’art dramatique, c’est un culte de l’esprit ou des esprits. Et qu’est-ce qu’enseigner l’art de jouer au cinéma, de donner le contact sur des choses expérimentées ? Plusieurs réponses possibles. L’acteur crée le personnage avec ses entrailles, ses propres sentiments et toute son âme, mais il ne devient pas entièrement celui-ci.

 

Je terminerai mon article par ces deux citations :

« Tous les hommes sont des comédiens, sauf quelques acteurs » Sacha Guitry.

« Faire l’acteur, faut pas déconner, c’est quand même mieux que d’aller à l’usine ! » Coluche.

 

Pour assister à une « master class » gratuite, ce samedi 25 août de 17h à 19h30 à l’Espace Culturel Mendi Zolan Hendaye

Tél : 05 59 48 30 49

Fanny Vallon renouvellera son stage l’année prochaine. Pour y participer, il faut s’inscrire dès janvier : www.fannyvallon.com

 

Article paru dans ‘La Semaine du Pays Basque’ du 24 au 30 août 2012.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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