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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 23:55

Gianmarco Toto … Véritable entremetteur culturel !

 

Scaramuccia, vingt ans d’initiation théâtrale, de pédagogie pour tous âges. Un théâtre vivant qui cultive générosité et fraternité, avec pour devise : « Que le théâtre demeure ! ». C’est du spectacle de bout en bout et tous azimuts. Pas d’étiquette, que des facettes ! Et son fondateur Gianmarco Toto en forme le noyau. Entretien avec celui qui a conçu ce lieu pour tous ceux qui partagent l’amour des tréteaux.

 

APP : Bonjour Gianmarco. Pour commencer, j’aimerais que tu te présentes et nous dises qu’elle a été ta formation de départ ?

GT : Un italien né à Casablanca, vivant au Pays basque depuis sa plus tendre enfance à Ascain. J’ai appris le piano au CNR de Bayonne et le théâtre dès mes quinze ans à Saint-Jean-de-Luz. Entre-temps, un passage au Conservatoire de Toulouse, et au sein de la 3BC Cie pour une formation complémentaire sur les auteurs contemporains. Diplômé d’Etat en enseignement théâtral, intervenant dans plusieurs structures ou paysages socio-professionnels. J’ai été formateur à l’AFPA de Bayonne pendant quinze ans et auteur, professeur, metteur en scène, musicien et chanteur.

gianmarcototo.jpgAPP : Quand est né Scaramuccia Théâtre ?

GT : Mon association a vu le jour à Saint-Jean-de-Luz en 1990. « Scaramuccia » veut dire scaramouche en italien célèbre héros de la comedia dell’arte que j’ai incarné au Capitole de Toulouse et qui restera toujours mon personnage fétiche. Son objectif est de léguer aux jeunes l’idée de ce qu’est le théâtre et de toujours défendre ses principes. Des « ateliers théâtre » sont proposés aux enfants, ados et adultes. Nous préparons des jeunes bacheliers à l’épreuve d’option théâtre ainsi que des candidats aux écoles nationales et CNR. Pour tout te dire, mon idée n’était pas de fonder une Compagnie, mais d’être « l’indépendant » de service, qui répondrait aux différentes propositions artistiques. C’est ainsi que j’ai collaboré bon nombre d’années avec la « Cie des Lézards qui bougent », et le festival des « Rencontres improbables ». Egalement assistant auprès de metteurs en scène et créateurs.

APP : Qu’est-ce qui t’a attiré vers ce milieu où rien n’est facile, celui qu’on qualifie de « panier à crabes » ?

GT : Ah ! Quelle curieuse définition ! Cet engouement pour l’enseignement théâtral s’est déclaré aux côtés de Maurice Sarazin (élève de Louis Jouvet). Je trouvais que cet homme avait l’art et la manière de rassurer et d’encourager les comédiens débutants que nous étions. Une rencontre importante qui a chasé une période de doute et qui m’a énormément conforté sur mon désir d’être comédien. J’ai le même réflexe et la même passion aujourd’hui pour inciter les jeunes à s’adonner aux plaisirs de la scène. Cela m’a permis de revoir et exprimer mon engagement envers le théâtre. Un regret et une amertume qui me poursuivent depuis fort longtemps : celui de constater que le théâtre ne s’intègre pas plus fortement dans la scolarité de nos enfants ! Nous avons trop d’années de retard par rapport à d’autres pays. Cela m’indigne et c’est pourquoi je réagis et j’agis. D’ailleurs je suis souvent appelé à la table de la Communauté des communes Sud Pays basque, car Scaramuccia est soutenu par la ville de Saint-Jean-de-Luz. La culture ne doit pas être le « parent pauvre » de notre société ! Je suis intimement convaincu que c’est par les enfants que l’on peut sensibiliser les adultes à l’art théâtral. En France nous avons tellement joué la carte de « l’élitisme » culturel que la majeure partie de la population ne se sent plus concernée par le théâtre.

APP : Quelques mots sur les spectacles que tu vas présenter le 26 juin « Entretien avec Dieu » et « Les Planches Pourries » ?

GT : Deux des ateliers d’adultes de Saint-Jean-de-Luz et Espelette les interprèteront. « Entretien avec Dieu » adapté du recueil de Jean-Louis Fournier est l’histoire douce amère sur fond de réality show qui évoque le profond désespoir de Dieu qui descend parmi nous, car il s’ennuie autant que nous l’ennuyons. Il sera mitraillé de questions par un présentateur peu scrupuleux ! Mais Dieu ne mâche pas ses mots et n’hésite pas à changer d’apparence pour nous confirmer son existence en toutes choses. « Les Planches Pourries » de Jean-Paul Allègre, où l’on se pose la question « la mort du théâtre est-elle vraiment proche ? » c’est bien la question qu’il faut se poser quand on subit les assauts impatients d’un metteur en scène plus attiré par l’appât du gain que l’art en lui-même ou qu’on assiste à la préparation absurde su tournage suicidaire d’un désespéré ou qu’on est victime d’une comédienne refusant de jouer le jeu du théâtre ! Bel hommage rendu par cet auteur aux comédiens et au théâtre.

APP : Avant de nous quitter, quels sont tes projets pour 2012 ? Mais aussi un petit message…

GT : Il est un peu tôt pour en parler, mais des choses se sont mises en place et c’est en bonne voie de réalisation. Pour 2011, les élèves de Scaramuccia seront présents au festival « Passons aux actes » du 20 juin au 3 juillet au cinéma Itsas-Mendi d’Urugne. Fin 2011, la mise en scène d’une ballade théâtrale dans le cadre des journées du patrimoine de Saint-Jean-de-Luz, et des tournées de spectacles pour enfants. Mon message : c’est important d’avoir un but dans sa vie et de travailler tous les jours un peu, sans angoisse et sans urgence, car si tu veux, tu peux, et tout vient à point à qui sait attendre ! A chacun sa chance, qu’on soit amateur ou professionnel.

 

Scaramuccia Théâtre – dimanche 26 juin à 19h – Salle du Patronage à Espelette.scaramuccia-theatre.jpeg

Entrée libre

Renseignements au 05 59 51 24 17 et http://theatre-scaramuccia.blogspot.com

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 24 au 30 juin 2011.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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