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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 23:53

Isabelle Carré,

un naturel de simplicité et le talent en plus !


Image1-copie-13.jpgDiscrète, se disant même transparente, Isabelle Carré sait admirablement habiter l’espace par sa douce présence, tout comme vous ravir par ses paroles gentilles. Sa citation bonheur est « Saisis ta chance, sers ton bonheur et va vers ton risque » du poète René Char qui montre qu’elle est une belle leçon d’humanisme. J'ai rencontré l’actrice au cinéma Le Sélect à Saint Jean-de-Luz, dirigé par l’ami Xabi Garat. Très diserte, la future maman d’un troisième enfant m’a parlé de son interprétation dans le second long métrage de Carine Tardieu « Du vent sur mes mollets », sorti le 22 août dans les salles obscures. Une rencontre avec un naturel de simplicité et le talent en plus.

APP : Bonjour Isabelle. Vous êtes à l’affiche du deuxième film de Carine Tardieu « Du vent dans mes mollets ». En quelques mots, parlez-moi de l’univers de ce film et de votre rôle.
IC : Bonjour Alain-Pierre. C’est une histoire où s’entrecroisent l’histoire des adultes avec celle des enfants. Je dirais deux visions de vie qui nous montrent par instants que les enfants sont plus adultes que les adultes. Celui d’un couple en perte de vitesse où s’est installé le ronronnement, et qui n’essaie même pas de se remettre en question. Un couple qui tourne un peu à vide et qui vieillit trop vite. Une sorte d’interrogation de l’amour et de ce qu’il en reste. Mon personnage est celui de Catherine, la maman de Valérie 9 ans, une petite gosse effrontée qui harcèle l’intrépide Rachel pour qu’elle devienne sa copine. Je suis une femme divorcée et cool, un rien délurée et mangeuse de vie. Pas didactique, ni prétentieuse, je souffre pourtant de solitude et je recherche un peu d’affection et de tendresse. Mais je reste quelqu’un de très vivant et positif. J’apprécie ces êtres qui ont cette force, cette dignité, et qui ne sont pas dans la plainte ou l’apitoiement, et toujours partants pour que la vie soit belle. Comme dit la réalisatrice, je suis une victime offerte à la reconstruction de cette famille, celle par qui les liens se retissent et faire que l’amour circule à nouveau. Je suis une donneuse de vie sentimentale (rires)...

APP : Qu’est-ce qui vous a décidé à accepter ce rôle ?

IC : J’avais apprécié son film avec Karine Viard « La tête de maman » et cela m’avait beaucoup impressionnée. D’ailleurs on retrouve un peu dans son deuxième long métrage, l’atmosphère psychologique du précédent. J’aime son univers poétique et pourtant qui ne dissimule en rien les blessures liées à l’enfance. J’aime le regard qu’elle porte sur l’enfance, un beau regard qui nous permet, nous adultes, de nous libérer peu à peu du poids de notre cynisme. Lorsque j’ai reçu le scénario, j’ai tout de suite accroché et j’ai dit oui, car il y avait cette tendresse qui circulait entre tous les protagonistes.

APP : A-t-il été facile pour vous de travailler sous sa direction ? Et votre complicité avec vos partenaires ?

IC : Merveilleuse ! Nous avons quasiment le même âge, elle est très présente dans ses relations avec les autres, très passionnée et confiante. Elle s’est surtout entourée d’une équipe bienveillante pour les enfants. Toujours pleine d’attention. Toujours joyeuse et lumineuse sur le plateau, malgré des sujets très profonds comme, la sexualité, le non désir, la vieillesse, la mort, mais également la Shoah (le père de Rachel a connu les camps à l’âge de sa fille). Et tout au long du film, on voit les enfants et les parents se transformer, évoluer. C’est la vie qui passe en eux. Malgré une certaine nostalgie, on rit et sourit beaucoup, parfois même une petite larme perle sur les joues. Cette histoire est une échappée sympathique. Carine est une très bonne directrice d’acteurs, car très sincère et douce. Et jamais d’excès autoritaire. Agnès Jaoui marque un grand retour au cinéma avec un rôle émouvant, bien différent de ceux qu’elle interprète d’habitude. Elle est émouvante dans son rôle de maman merveilleusement étouffante. Une réelle complicité avec Agnès sur le plateau. Quant à Denis Podalydès, j’avais joué avec lui il y a une dizaine d’années dans un film qui n’a pas très bien marché hélas « La mort du chinois ». Donc très heureuse de le retrouver, car c’est un homme délicieux et un bosseur insensé, car il était outre le film, sur plusieurs fronts. Un être simple, sincère, qui m’a fait attraper des fous rires sur le tournage. Judith Magre est la douceur même, une belle présence artistique. Et petite anecdote, toutes les deux étions de la première partie du tournage, et nous avions eu notre petite larme lorsqu’il a fallu quitter nos partenaires. Quant aux deux petites Juliette et Anna, des comédiennes spontanées, amusantes, attachantes. Un bonheur ressenti de jouer avec elles.

APP : Le film parle des relations parents/enfants. Connaissant votre discrétion légendaire, voudriez-vous toutefois me parler de vos « ré-enchantements » du dimanche en famille ?

IC : En devenant maman, j’ai su redéfinir mes priorités. Ce n’est pas simple avec le métier que je fais, mais c’est une question d’organisation, pas de rendez-vous, pas de coupure dans l’emploi du temps. A quarante ans, je suis aux anges avec ma petite famille. Et donc j’apprécie les « ré-enchantements » du dimanche. Ma famille, c’est mon oasis, mon havre de paix. J’aime me promener avec ma petite fille et mon petit garçon aux jardins du Luxembourg et celui d’Albert Khan. Voir aussi des expos, et partager avec eux mon plus beau rôle, celui de maman.

APP : Comment vous êtes-vous construite au cinéma ?

IC : Par des petits rôles et j’aime beaucoup l’idée du second rôle. J’ai ce côté « caméléonisme », comme m’a baptisée le réalisateur Michel Ribes, car avec les seconds rôles, il y a moins de pression, et les metteurs en scène audacieux vous confient davantage des rôles de composition, des choses différentes, ce qui évite d’être dans la répétition. Pour ma part, j’adore apprendre et continuer à apprendre. Au théâtre, cela a été plus vite avec des rôles importants. J’ai été accueillie plus rapidement. Au cinéma, ça a été plus progressif, mais ça me convient bien.

APP : Sachant que vous venez régulièrement sur la Côte basque, quels sont vos endroits de flânerie et vos adresses gourmandes ?

IC : Ici, à Saint-Jean-de-Luz, j’aime beaucoup aller chez Maya, chez Pablo, au Zoco Moko. J’apprécie me promener tout en haut de la colline de Sainte-barbe et regarder l’océan. Me balader au bord de la Nivelle, flâné sur le port, sentir les bonnes odeurs de fruits et légumes aux Halles. Et petite confidence : au petit déjeuner, je lis La Semaine du Pays basque (rires). entete-cineluz.jpg

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 24 au 30 août 2012.


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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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