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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 00:23

Jean-Christophe Maillot… souveraine figure du néoclassique !


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Jean-Christophe Maillot avant-gardiste de la danse contemporaine est considéré comme l’un des chorégraphes européens les plus prestigieux, aussi exercé que charismatique. 1993 « Les Ballets de Monte-Carlo » le choisissent comme chorégraphe directeur. Bon flair, ils seront internationalement reconnus, dotés d’un répertoire original et moderne ! Il sera à la Gare du Midi dimanche 18 septembre à 21h avec Opus 50 et Altro Canto en soirée de clôture du Festival du Temps d’Aimer la Danse. Rencontre.

 

APP : Bonjour Jean-Christophe. Quelle a été ton implication au sein des Ballets de Monte-Carlo ?

JCM : Celle d’avoir obtenu la crédibilité artistique d’une compagnie qui a l’époque était perçue comme une foucade. Et l’aubaine d’un second souffle et d’une belle impulsion. Je suis lié à la création, à l’échange complet dans le respect, l’attrait, la technique et le mystère avec mes danseurs. Il faut transmettre et avoir un dialogue omniprésent dans un travail en commun et conférer une large part d’humanité à ma chorégraphie. Cette compagnie, c’est ma « vision à moi » de la danse sous toutes ses formes. Je suis heureux qu’elle soit ouvert sur le monde, créant ainsi le lien autour d’un répertoire essentiel et de faire appel à des chorégraphes extérieurs de renommée mondiale comme William Forsythe, Jiri Kylian, Sidi Larbi Cherkaoui, Balanchine. Cette stature d’originalité et d’invention dans le sens où, à mes yeux, la danse classique n’est pas morte dans son écriture, même si elle peut paraître passéiste. Me mettre l’espace d’un instant à la place du danseur en pensant à ces années que je devais passer au sein d’une troupe, et avoir la chance qu’un chorégraphe veuille créer pour moi. Me mesurer aussi à l’écriture de « compositeurs de ballets » reconnus de notre époque, travaillant sur l’outil académique ou contemporain. Je m’enorgueillis de cette fusion additionnelle entre la danse actuelle et conventionnelle, ce qui me permet d’aller au-delà des limites et de faire choir les barrières entre deux univers qui ont du mal à se joindre.

APP : Pourquoi avoir choisi le contemporain ?

JCM : Chez nous le terme « contemporain » n’a pas la même connotation comme dans d’autres pays, parce qu’il est accordé à une harmonie, à un style, d’où l’idée préconçue des années 80. Si j’écarte cette image, le contemporain est la danse d’aujourd’hui, bâtie par des chorégraphes avant-gardistes. Thierry Malandain en est l’un des rares à utiliser l’outil classique dans l’esprit résolument actuel. Traditionnel ou contemporain, je n’appartiens à aucune classification, d’où ma pensée de liberté. On ne crée pas une chorégraphie comme on exécute une peinture ou qu’on écrit un livre. Les ballets doivent être compris par tous. Plaisir et création conjugués. La modernité imaginée dans le cadre d’une chorégraphie raffinée qui s’appuie sur la musique.

APP : Parlons d’Opus 50 et Altro Canto présentés en gala de clôture du Temps d’Aimer la Danse à Biarritz. Quel message délivres-tu ?

JCM : L’Opus 50 une étape de ma vie, le désir d’exprimer sur scène une composition originale de Marc Monnet. À 50 ans, l’inéluctablement bilan ! Ces années envolées. Un quinqua a-t-il encore des rêves, des appétits, des souhaits ? Pour tout cela, je suis représenté sur scène par l’emblématique et expressif danseur, Gaétan Morlotti. Pas de message délivré, car je suis un chorégraphe de communion qui parle de l’instant présent. Un divertimento au petit côté mélancolique, un ressenti d’inquiétude, car il faudrait être insoucieux de croire aujourd’hui à un monde impassible ! Altro Canto, c’est abstrait et poétique. J’aime donner une sensualité à ma chorégraphie, et dans la musique de Monteverdi, il y a une dimension d’androgynie intéressante. J’aime quérir chez le danseur sa part de féminité et celle masculine chez la danseuse.

 

Opus 50 et Altro Canto – 18 septembre à 21h – Gare du Midi à Biarritz

Tarifs : 12 et 18€

Réservations : 05 59 22 44 66 et 05 59 22 20 21

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 16 au 22 septembre 2011.

 

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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