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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 14:22

L’Homme qui rit… Il symbolise l’amour absolu.

 

63711.jpgDe l’héroïsme, une belle philosophie et beaucoup d’instants de poésie, le film « L’homme qui rit » adapté et réalisé par Jean-Pierre Améris (Poids léger, je m’appelle Élisabeth, les Emotifs anonymes) est de toutes les œuvres de Victor Hugo, la plus singulière et la plus baroque. Un grand conte qui interroge les vertiges et les mystères de l’esprit humain, et qui ranime le lumineux et le noir de l’imagination. Cette histoire qui symbolise l’amour absolu et les reflets d’une vie, sera projetée sur grand écran le 26 décembre prochain. Pour cette occasion, je me suis entretenu avec le cinéaste.

 

APP : Bonjour Jean-Pierre. L’homme qui rit est votre dernier film qui sortira sur les écrans le 26 décembre prochain. Qu’est-ce qui a été le moteur pour le réaliser ? Et l’élément qui a tout déclenché ?

JPA : Au départ, il y a le souvenir d’enfance du feuilleton télé adapté de L’homme qui rit. J’avais dix ans en 1971, et cela m’avait impressionné. Cinq ans plus tard, j’ai lu le roman, et, adolescent, complexé par ma haute taille, je me suis reconnu dans le portrait du héros, ce jeune homme qui se sent différent des autres à cause de la cicatrice sur son visage. Doutant de son identité, il trouve sa place sur une scène de théâtre, comme moi, j’ai trouvé la mienne en faisant des films. À partir de là, c’est devenu mon rêve d’adapter ce roman et il m’a fallu plus de vingt ans pour y parvenir.

APP : Vous en êtes également l’adaptateur du roman éponyme de Victor Hugo (près de 800 pages). Je présume que vous vous êtes autorisé à quelques libertés ?

JPA : En effet, ce roman est très long et foisonnant, plein de digressions historiques et philosophiques. Avec le scénariste Guillaume Laurant nous avons choisi de tout ramener au personnage du héros, auquel je m’identifiais et de concentrer le récit autour de sa trajectoire. Mon choix était de ne pas faire une reconstitution historique, le roman se passe au XVIIe siècle en Angleterre, mais plutôt une sorte de conte intemporel et moderne, auquel les jeunes d’aujourd’hui puissent s’identifier.

APP : La comédie romantique, histoire d’amour déchirante et le destin tragique marquent  souvent le cinéma français. Quelle a donc été votre approche pour cette histoire ?

JPA : Mon désir avec ce film était de faire un grand spectacle populaire qui mêle une histoire pleine de rebondissement, une réflexion sur la différence, une grande histoire d’amour à la Roméo et Juliette, ainsi qu’une vision de la société qui est d’une étonnante actualité, dans sa dénonciation des inégalités.

APP : Vous montrez toujours l’émotion à l’état pur, pour les sentiments violents, on dit même que vous êtes proches des gens qu’on a laissés sur le bas-côté de la route, des marginaux, voire même des inadaptés… Peut-on se hasarder à en trouver les causes ?

JPA : Pour moi, faire des films, c’est mettre au centre de l’écran des personnages que l’on met de côté dans la société. J’ai fait des films sur les prisonniers, sur des malades dans  « C’est la vie », les clandestins dans « Maman est folle », voire même les émotifs dans « Emotifs anonymes ». Tous des personnages rejetés par les autres ou qui se sentent inadaptés à la vie sociale. C’est à eux que vas ma tendresse. Cela vient sans doute de mon expérience de la différence physique quand j’étais adolescent. 220px-Jean-Pierre_Ameris_Cabourg_2011.jpg

APP : Voudriez-vous en quelques mots, dresser le portrait de vos deux interprètes Marc- André Grondin, acteur québécois peu connu en France et Crista Theret (Déa) remarquée dans « le Couperet » de Costa-Gavras et « le Bruit des glaçons » de Bertrand Blier ? Et pourquoi avoir choisi Gérard Depardieu dans le rôle d’Ursus le forain et Emmanuelle Seigner dans le rôle de la Duchesse ?

JPA : Marc- André Grondin (Gwynplaine), découvert dans « C.R.A.Z.Y. » et « le Premier jour du reste de ma vie » et Crista Theret (Déa), que j’ai découverte dans « Lol » avaient à la fois la beauté, la jeunesse, la modernité que je cherchais pour ces deux personnages de jeunes gens amoureux, confrontés aux côtés de la société. Je suis heureux, car les spectateurs, lors des premières, s’identifient à eux. Je ne voyais personne d’autre que Gérard Depardieu pour incarner le rôle du père adoptif, cet homme bon qui ne peut empêcher le malheur de ses enfants. Gérard a mis beaucoup de lui-même dans ce personnage, ce qui le rend bouleversant de sobriété et d’humanité. Quant à Emmanuelle Seigner, je pensais qu’elle pouvait offrir à son personnage toute l’intensité et une fêlure touchantes. Et à la fois une belle et cruelle Duchesse.

APP : Que peut-on vous souhaiter Jean-Pierre Améris à quelques jours de la nouvelle année ?

JPA : Que les spectateurs aiment cet Homme qui rit, qu’ils soient émus par cette histoire. Et qu’ils soient encore plus nombreux que pour « les Emotifs anonymes ».

 

Crédit photo : Thierry Valletoux pour Incognita/Europacorp.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 14 au 20 décembre 2012.


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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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