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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 21:27

Julie Lambert, prêtresse du folk aux textes engagés !

 

Julie Lambert, une chanteuse américaine, mais qui se définit comme une « petite française d’adoption », aimant particulièrement la région du Sud-Ouest qui est chère à son cœur. Une chanteuse nourrie très jeune au bon grain du blues, folk, country, jazz, soul. Une artiste chaleureuse et démonstrative, mais aussi engagée, qui a de la musique au fond de son cœur et une chaleur humaine transcendée en notes. L’interprète qui nous offre une vraie leçon d’authenticité, sera en concert avec Roll Pignault Trio le samedi 12 janvier à 20 h 30 à la Luna Negra. Entretien.

 

julie_lambert.jpgAPP : Merci Julie de tracer en quelques lignes ton parcours de chanteuse…

JL : je suis née dans une famille de musiciens, donc baignée dans la musique de plusieurs styles. Ma mère était passionnée d’Ella Fitzgerald et mes sœurs aînées, de se connaît pas Rickie Lee Jones et Joni Mitchell. J’ai fait des études de pédagogie musicale et depuis, je donne cours et ateliers en chant technique vocale, et d’improvisation. Je suis arrivée en France où j’ai fait plusieurs concerts de jazz et folk. Mais textes sont « engagés » pas politiquement, mais sur une humanité qui développe ma face cachée d’artiste, toujours potentielle si chacun de nous, et en lien avec la nature. La chance aussi d’avoir collaboré avec de grands artistes connus et moins connus sur scène en première partie de Ani D Franco, Murray Head, Catherine Ringer ou sur mon dernier album, Heart Stone (2008).

APP : Profites-en pour nous parler de celui-ci. Quelle est son humeur musicale ?

JL : Un album très intimiste. C’est un univers tellement différent de ce que je peux dégager sur scène. Je suis brut de forme en quelque sorte, j’aime prendre des risques, expérimenter,  me mettre en danger, faire participer le public, et dans cet album, on entend tout le contraire. Je me suis régalée à écrire et interpréter les chœurs et arrangements, pour illustrer les chansons de thèmes plutôt  intériorisés. Je m’interroge, je questionne la vie, je me donne des conseils et me coache. Je cherche toujours à positiver les choses de la vie, à me positiver aussi. Impossible pour moi d’écrire une chanson mélancolique, il y a toujours de l’espoir. Heart Stone signifie « pierre en forme de cœur » où j’explique sur la jaquette que les amérindiens considèrent que les pierres ont des informations transmissibles par le toucher, sans passer par l’intellect. Trouver une pierre en forme de cœur est un cadeau de la nature, qui nous rappelle que l’essentiel de notre intelligence vient donc du cœur.

APP : Quel sera l’univers musical de ton concert à la Luna negra aux côtés de Roll Pignault, compositeur interprète et harmoniciste ?Roll_Pignault.jpg

JL : Avec Roll Pignault, c’est l’émotion. Malgré la similitude de nos instruments vocaux et harmonica, nous arrivons à trouver une complémentarité pour maximiser l’émoi d’une chanson, pour illustrer son essence. J’ai toujours tendance à mettre le cliché « blues » sur cet instrument, et Roll me défend de faire ainsi, il sait mettre en valeur les différents ambiances  dans mes chansons, que ce soit Delta, cajun, jazz, folk et bien sûr, mais également, le blues.

APP : Tu es américaine, née à Buffalo, mais depuis une quinzaine d’années tu t’es installée dans le Béarn… La proximité avec des artistes d’horizons divers a-t-elle nourri ta création ? Et quels sont les chanteurs/musiciens qui t’ont influencé ?

JL : Depuis que je suis en France, j’ai une tendance à évoluer lentement dans mon style, comme si l’effet d’immigrer me fait tenir à mes racines : folk, blues dans la lignée de Tracy Chapman, Suzanne Vega… J’ai eu la chance de jouer avec les musiciens de la région qui ont participé sur mon dernier CD et qui ont embelli ma musique ! Le fait d’être au Pays basque, la richesse musicale m’a fortement nourrie. J’étais très touchée par le travaille de Mikel Laboa et Josean Artze. J’ai intégré quelques-unes de leurs œuvres dans mon répertoire. En partant du Pays basque, j’étais trois ans chef du chœur d’hommes basque Lagun Eta Maita. C’était très important pour moi de garder le lien avec le Sud-Ouest par la musique. Quand j’y retourne maintenant, ce sont les paysages qui me frappent par leur beauté, et de me dire, comment ai-je pu partir ? Cette région est toujours restée chère à mon cœur. La pierre en forme de cœur qui se trouve sur la pochette de mon album, je l’ai trouvée dans la Bidouze. Cette culture basque m’a donné confiance en ma capacité d’être en lien avec la nature, de lui parler, de la laisser parler à travers moi.

APP : As-tu des projets pour 2013 ?

JL : Oui, celui de faire de plus en plus de la scène. J’aimerais faire partager ma musique dans d’autres pays, voire d’autres horizons. J’ai aussi suffisamment de chansons pour faire un nouvel album, mais voilà, à quoi sert un album de nos jours ? Puisqu’on télécharge sans embarras ! Je voudrais plutôt faire des rencontres avec les artistes locaux, des enregistrements informels avec eux à partager sur Internet. Je suis ouverte aux suggestions et tous projets, y compris scéniques. Pour te dire la vérité, je rêve de faire du cinéma, mais je me disperse peut-être ! (rires). Ce qui est sûr pour 2013, c’est des concerts avec différents musiciens.

 

Julie Lambert & Roll Pignault Trio – samedi 12 janvier à 20 h 30 – Luna Negra Bayonne logo luna

Tarifs : 12, 9 et 6 €

Réservations : 05 59 25 78 05 et www.lunanegra.fr

 

Article paru dans ’la Semaine du Pays Basque’ du 21 décembre 2012 au 3 janvier 2013.


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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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