Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 22:05

Julien Lestel… le néoclassicisme contemporain

 

Le chorégraphe et danseur Julien Lestel possède force, constance, esprit et munificence. Homme de conviction, il représente et marque de son talent l’univers de la danse classique et contemporaine. Il crée sa propre compagnie qui porte son nom. Ce « façonneur » et détenteur de mouvements fluides sans retenue, conquiert ses lettres de noblesse au niveau international. Il sera au théâtre du Casino de Biarritz le 11 juin à 21h pour le Gala d’Etoiles. Au programme également, musiciens, solistes de l’Opéra de Paris et le jeune danseur Etoile, Mathias Heymann. Entretien avec deux beaux caractères de la danse.

 FLYER-Corps-et-Ames-1_cr.jpg

APP : Bonjour Julien. Figure reconnue de la danse contemporaine, quelles furent tes prémices avec la danse classique ?

JL : Malgré des réceptivités contemporaines dans ma chorégraphie, celles-ci restent cependant néoclassiques-modernes du fait de mes études à l’école de danse de l’Opéra et au Conservatoire supérieur de Paris. Ensuite pensionnaire dans différentes compagnies comme les Ballets de Monte-Carlo, de l’Opéra de Paris, de Zurich (où j’ai été nommé danseur principal), Marseille où j’ai été le partenaire de Marie-Claude Piétragalla. Je suis né dans l’amour de la danse et ce réel bonheur de pouvoir vivre de ma passion.

APP : Un chorégraphe qui choisit de s’envelopper corps et âme dans l’expression contemporaine, dont le grand public reste relativement hermétique…

JL : Pas totalement, employant dans ma gestuelle, figures et émotions de la danse classique. J’aspire chaque fois à entraîner le spectateur dans une dynamique où se côtoient puissance, sensualité et poésie. Une recherche centrée sur la création de mouvements fluides sans retenue, mais aussi ceux brisés, où dans la coupure de rythme se conjuguent vigueur et douceur, aspérité et harmonie.

APP : Voudrais-tu nous en dire plus sur ton ballet « Les Ames Frères » ?

JL : Un ballet où j’ai extrait quinze minutes sur une durée normale d’une heure. Je vais l’interpréter avec mon frère d’âme Gilles Porte qui coopère à toutes mes chorégraphies. Un duo qui exprime notre amitié et notre parcours. Deux compagnons de route qui ont partagé le pire comme le meilleur, nous épaulant réciproquement. Tous deux témoignons notre histoire émouvante et puissante. Nous l’avons dansé une quarantaine de fois.

APP : Te considères-tu comme un « instinctif », un « technicien », un « traditionnel » ou un « avant-gardiste » de la chorégraphie ? Comment te vient l’inspiration ?

JL : C’est un mélange de tout cela. Instinctivement par rapport aux sensations que les mouvements apportent et relèvent. Je dénie la danse démonstrative. J’aime absorber toutes formes traditionnelles et les rendre novatrices. L’inspiration ? Une musique, une sculpture, un corps, un lieu, un sentiment, une histoire vécue… Mes chorégraphies s’adressent toujours à un public néophyte ou averti au travers d’une danse physique, émotionnelle, vive et aérienne.

APP : Le rêve de Julien ?

JL : Penser au futur en accomplissant assidûment les choses qui me ressemblent, sans jamais rompre les émotions qui se dégagent de mes chorégraphies, afin de séduire le public qui se dit moderne.

 

APP : Bonjour Mathias. Une succession rapide de nominations dès ton entrée à l’Opéra de Paris en 2001. En 2009, tu es nommé danseur Etoile lors de la représentation de « Onegine » de John Cranko, en même temps qu’Isabelle Ciaravola. Un poids lourd à porter ?

MH : Oui, car tout est allé très vite. Cette nomination n’a pas été facile à accepter au début, malgré l’immense bonheur que j’ai pu ressentir à ce moment-là lors de la représentation d’ « Onegine ». Depuis peu, j’avoue ressentir l’assurance et l’équilibre en moi. En fait, je me suis laissé ankyloser par les évènements, sans chercher à comprendre ce qui se passait. J’en profitais au maximum. Ce nouveau statut m’offrait aussi le privilège d’être débarrassé de toute pression sur scène. Et celui du plaisir de danser ! En répondant à ta question, je pense à mes nombreux camarades et bien sûr à ma directrice Brigitte Lefèvre.

sm-onegin-mathias-heymann-lenski-smile_680.jpgAPP : Lors du spectacle des « Jeunes danseurs de l’Opéra », tu t’étais distingué avec ce pas de deux de l’Oiseau bleu, extrait de « La Belle au Bois Dormant » sous la direction de Noureev. Quel souvenir gardes-tu de l’illustre Maître ?

MH : Celui impérissable d’un chorégraphe et danseur hors du commun. Une forte personnalité dans l’histoire de l’art et de la danse.

APP : Qu’interprèteras-tu au Gala d’Etoiles à Biarritz ?

MH : « Delibes Suite », le pas de deux créé par José Martinez et Agnès Letestu. C’est ma charmante et fidèle partenaire, Mathilde Froustey qui sera à mes côtés. (ndlr:Mathilde est originaire de Vieux-Boucau dans les Landes).

APP : Pur danseur classique, quel regard portes-tu sur la danse contemporaine ? Les projets ?

MH : Curieux, admiratif, refusant de bloquer les portes de la polyvalence. Actuellement je suis sur une œuvre inédite de Wayne McGregor « l’anatomie de la sensation » et je suis aux anges ! C’est pour moi une heureuse rencontre. Et profite de mes années de jeunesse pour exploiter au maximum le répertoire classique. Mais aussi des rêves : danser au Marinsky (Russie), re-danser à New-York et pourquoi pas, créer un ballet marocain.

 

Alexandra Cardinale présente le Gala d’Etoiles samedi 11 juin à 21h au théâtre du Casino de Biarritz.

Tarifs : 40€, 35€ e t 20€

Renseignements sur le programme et réservations : 05 59 22 77 77 .

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 10 au 16 juin 2011.

Partager cet article

Repost 0
Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
commenter cet article

commentaires

L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

Sans titre 5

Rechercher

WALL SNICKER

Catégories