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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 00:13

Don Quichotte - Un anti-héros allégorique

 

21-don-quichotte-gro-byyb35Quel personnage romanesque ce Don Quichotte. Et même si certains d’entre vous non pas le roman de Cervantès, beaucoup connaissent la longue silhouette maigre, juchée sur le dos de son vieux cheval tout aussi squelettique que lui, et à ses côtés la silhouette pansue et placide de Sancho sur son âne. Des personnages sur une scène remplie d’objets hétéroclites nous font revivre une heure trente  ce Don Quichotte le 17 janvier à 20 h 30 au Théâtre de Bayonne. Ils nous plongent au cœur des visions de ce fou utopiste hidalgo et nous invitent à traverser le monde cocasse de Cervantès.

Entretien avec le metteur en scène Laurent Rogero.

 

APP : Bonjour Laurent. Une petite présentation de toi ?

LR : J’ai tout d’abord subi une formation de comédiens aux Conservatoires Nationaux de région à Bordeaux et celui de Paris dans la classe de Daniel Mesguisch, Jean-Louis Thiamine et Jean-Luc Terrage, avant de fonder le groupe Anamorphose à Bordeaux en 1994. Je rêvais d’avoir un théâtre populaire moderne. La compagnie sort du théâtre, tourne dans des communes rurales, se dote d’un théâtre itinérant. J’ai écrit plusieurs spectacles, j’ai travaillé sur le mythe, le conte, les marionnettes, le masque, l’objet, envisagés comme des outils donnés à l’acteur pour enrichir son lien avec le public. Egalement des compagnonnages ruraux et périurbains. Je revisite des grands textes de la littérature pour départager, par le théâtre, avec le plus grand nombre. Depuis ma responsabilité au sein d’Anamorphose j’ai décidé de laisser de côté le comédien que j’étais.

APP : Qu’est-ce qui t’a motivé à mettre en scène Don Quichotte de Miguel de Cervantès ?

LR : Parce que la pièce Don Quichotte me parlait assez intimement, de l’idéalisme et d’aller parfois contre la réalité. Pour moi, mettre en scène Don Quichotte, ce n’est pas de proposer une thèse personnelle qui enfermerait ce vieux fou dans une lecture définitive. C’est aussi essentiellement travailler à faire circuler par les acteurs la formidable vitalité d’une écriture qui n’a pas d’autres règles de la créativité. Je voulais faire revivre avec mes interprètes l’œuvre magistrale de Cervantès : quatre comédiens et une comédienne, des marionnettes et extraordinaires aventures aussi. Don Quichotte est resté un personnage vraiment d’actualité, paradoxalement un personnage populaire, mais qu’on connaît très peu.

APP : Dans sa mise en scène as-tu pris des libertés en ce qui concerne la scénographie ?

LR : Oui bien sûr, car pour faire du théâtre on est obligé d’en passer par là. Je travaille avec des objets contemporains, notamment avec un vide grenier sur scène et de jouer avec ceux-ci, de les monter, de les démonter, pour ensuite les assembler pour créer des formes imaginaires dont parle Don Quichotte, dont il s’imagine être un magicien, un géant.

APP : Comment s’organise une mise en scène de toi ? Comment fais-tu travailler la gestuelle à des comédiens ?

LR : Il n’y a pas de règle. Souvent au départ d’un spectacle il y a une certaine utilisation de l’objet. Je travaille avec des marionnettes et je crée une dynamique particulière entre l’acteur et l’objet. Qu’ils aient un certain rapport avec celui-ci, originale et ludique, assez technique, assez physique. Qu’ils se mélangent avec les marionnettes. J’ai fait travailler mes cinq acteurs en parallèle sur le texte et pour le montage, j’ai proposé des textes de Cervantès. Une fois celui-ci appris, il faut trouver le maximum de liberté totale, être à la source du texte, c’est-à-dire dans l’imaginaire, se mettre à la place de l’auteur, et non pas à le raconter et à illustrer.

APP : Après avoir mis en scène des pièces avec des personnages de forte personnalité comme Don Juan, le Cid, Mangeront-ils, de Victor Hugo, et bien d’autres, comment choisis-tu tes pièces ?

LR : Pas de personnage déterminant, mais un monstre. Ce qui m’intéresse dans une pièce, c’est justement ce monstre qui entraîne les autres personnages. Un monstre différent des gens. Celui qui sort de la norme et qui bouscule notre société. Forcément, un Don Quichotte avec sa folie, dérange l’ordre établi, le monde, il le réinterroge, et c’est ça qui est intéressant. Face à lui, peut-on se demander si ce monde est aussi censé, aussi généreux finalement que ce fou qui s’avance avec le projet de transformer le monde.

APP : En conclusion de cette interview, que voudrais-tu que nos lecteurs retiennent de toi ?

LR : Oh ! Pas grand-chose. Par contre, je souhaiterais qu’il retienne l’expérience qu’ils vont faire s’ils viennent au spectacle rencontrer un Don Quichotte éphémère, occasionnel. J’espère surtout qu’ils partageront pendant 1 h 30, le même rêve, la même émotion, mais aussi le rire. Oui c’est ça que je voudrais qu’ils retiennent l’expérience théâtrale « Don Quichonesque » que je leur propose.

 

Don Quichotte par le groupe Anamorphose – 17 et 18 janvier à 20 h 30 – Théâtre de Bayonne 2D7D2AC6-531E-45BD-B225-48AA9717A9CC[3]

Tarifs : 25, 22 et 15€

Réservations : 05 59 59 07 27 et www.snbsa.fr

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 11 au 17 janvier 2013.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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