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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 23:37

CARMEN

Du rouge passion au noir orage.

 

Image1-copie-20.jpgToujours à la recherche de nouveaux talents, Marie-Ange et Luis Miguel Lainz d’Opéra 2001 ont choisi de séduire les spectateurs par la qualité de leurs productions. Dans chacun des théâtres d’une tournée, une attention particulière est apportée afin que chacun des spectacles soit unique. Ils se sont fixés pour mission de faire vivre sur scène, les œuvres les plus célèbres du répertoire de l’opéra français et étranger, afin que les générations futures apprennent à les aimer et à les découvrir. C’est ça le théâtre vivant !

Le 8 novembre à 20h30, l’opéra de Bizet « Carmen » sera sur la scène de la Gare du Midi. J’ai interviewé les deux héros de cet opéra le plus joué dans le monde : Liliana Matteï et Juan Carlos Valls.

 

APP : Liliana, Juan Carlos, en quelques mots quels ont été vos parcours ?

LM : Etude du violon et du piano à six ans au Lycée Musical de Cluj. A l’université et à l’académie de musique de Cluj, ce fut le chant ainsi qu’u Luxembourg et à Vienne. 1997, chanteuse lyrique à la Staatsoper de Vienne. J’ai chanté Carmen pour la Compagnie Nationale d’Opéra de Mexico au Mexique, en Grèce à l’Opéra de Thessalonique, ainsi qu’Aïda à Munich, Gratz et Sanson et Dalila à l’Opéra de Bucarest.

JCV : Des études musicales dans ma ville natale de Montevideo, puis Buenos Aires au Théâtre Colon. Le perfectionnement en Italie avec le Maestro Vittorio Terranova. Premier rôle, Alfredo dans La Traviata au Théâtre Municipal de Santiago du Chili, Manon de Massenet à Bogota.

APP : Pourquoi avoir choisi l’opéra de Bizet ? Qu’est-ce qui t’a attiré dans l’approche des deux amants terribles ?

LM : Carmen est mon personnage préféré, tant vocalement que scéniquement. Très à l’aise dans sa psychologie et sa musicalité. J’ai toujours aimé les compositeurs français et ce rôle est exceptionnel. Ma voix s’y prête d’ailleurs très bien. C’est une histoire d’amour avec une intrigue actuelle et un argument rare pour l’époque.

JCV : Parce que c’est un rôle qui va crescendo vocalement depuis le premier acte, et qui correspond bien à mes possibilités vocales. Son histoire commence par un amour fou, continue par un conflit dans sa relation amoureuse, mais aussi avec lui-même. C’est intéressant de découvrir les facettes psychologiques de ce personnage. Très heureux d’être dans la peau de Don José.

APP : Pensez-vous que la subtilité de l’interprétation qui est demandée à un interprète lyrique diffère de celle d’un acteur ?

LM : L’interprétation lyrique doit être aussi exigeante que la théâtrale. Aujourd’hui, le côté scénique et le jeu de la comédie sont une part importante dans le monde de l’opéra. L’époque où il suffisait de bien chanter est révolue. A Vienne, le metteur en scène Jean-François Sivadier m’a fait comprendre qu’être une bonne comédienne est un aspect fondamental de notre art.

JCV : Théâtre et opéra sont deux disciplines différentes d’interprétation. Au théâtre, on peut jouer de façon naturelle car on utilise la parole. L’opéra, lui, c’est la communication par le chant. Ce n’est ni plus facile, ni plus difficile, c’est différent. Aujourd’hui il est important de bien jouer et de bien chanter. Cela me convient, car j’ai une veine d’acteur depuis l’enfance (rires).

APP : N’est-ce pas cliché de dire que le chant lyrique est lié à l’émotion ? N’est-ce pas plutôt la précision et la maîtrise technique vocale qui assurent la qualité de l’interprétation ?

LM : A mon avis, l’émotion est très importante. Certes, il faut posséder une technique vocale, mais si l’émotion n’est pas là, le spectateur le ressent et il ne le pardonne pas.

JCV : L’émotion est très importante, mais s’il n’y a pas derrière une bonne technique vocale, l’interprétation se perd. L’une est indissociable de l’autre.

APP : La mezzo-soprano se voit souvent confier des rôles sombres, voire cruels, par les compositeurs d’opéra. Carmen est-elle en accord avec ta propre sensibilité ?

LM : Ce n’est qu’une fiction. Carmen est mon défi, mon rêve, ma chance ! En vérité, tous les rôles à l’opéra possèdent un côté sombre, mais aussi un côté très humain auquel on peut toujours s’identifier. D’ajouter, qu’avec un peu plus de maturité, je parviendrai à chanter Azucena dans le Trouvère, un personnage pervers.

APP : Selon toi, comment vis-tu ton rôle d’artiste lyrique dans le monde actuel ? Est-ce difficile de l’exercer face aux nombreuses retransmissions sur grand écran, ce qui risque de tuer à petit feu le théâtre vivant ?

LM : Avec sérénité, une réelle foi. J’essaie d’exploiter tous les genres. Quant à la difficulté d’exercer ce métier, une projection sur grand écran, aussi excellente soit-elle, n’égalera jamais l’émotion sur une vraie scène. Quel avenir prépare-t-on aux générations futures ? Comment les jeunes chanteurs vont-ils se faire connaître et appréciés si on les compare à des enregistrements facilement manipulables. Je dis qu’actuellement le théâtre vivant est en danger et qu’on va l’étouffer rapidement si on ne réagit pas.

JCV : Chaque jour de travail, je me sens soutenu par quelque chose qui me dépasse. En ce qui concerne la place de la musique classique et de l’opéra à notre époque, je crois que moi-même, comme ceux de ma génération, nous sommes désireux d’agir sur ce merveilleux héritage avec toute la modernité qui nous anime.

APP : Des projets ? Et que peut-on vous souhaiter ?

LM : Je chanterai Aïda à l’Opéra de Timisoara en Roumanie, Traviata à l’Opéra de Monte-Carlo. Me souhaiter ? Chanter la Princesse d’Eboli de Don Carlo. Un rôle très difficile pour une mezzo-soprano.

JCV : Rigoletto et la Traviata à Bogota, Montevideo, Buenos Aires. Me souhaiter ? Edgardo dans Lucia Di Lammermoor.

 

Opéra 2001 présente « CARMEN » - 8 novembre à 20h30 – Gare du Midi Biarritz

Tarifs : de 34 à 55€

Réservations : 05 59 22 44 66 et www.entractes-organisations.com

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 26 octobre au 1er novembre 2012.


 

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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