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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 20:47

Matthieu Esnult : un pianiste de style.



EsnultRylander-075.jpgLe 29 juillet à 20h à l’église Saint Jean-Baptiste de Saint Jean-de-Luz, aura lieu un concert exceptionnel du pianiste Matthieu Esnult. Agé de 24 ans, l’enfant du Pays basque est l’un des musiciens les plus prometteurs de sa génération. De l’Ondine de Ravel, aux mazurkas et nocturnes de Chopin à la fameuse Sonate de Liszt, chacun a pu mesurer son talent, son brio et sa sensibilité. Entretien avec pianiste de style !

APP : Matthieu, très tôt tu as étudié le piano : c’était ton vouloir ou celui de tes parents ?
ME : Chez moi, la musique était omniprésente : ma mère a toujours sculpté sur fond de Requiem de Fauré, de concerto de Beethoven. Mon grand-père jouait également du piano et il était l’ami de Samson François. Mes parents ne m’ont jamais poussé à jouer de cet instrument. Je l’ai découvert comme on découvre la lecture ou les mathématiques, assez naturellement. Le piano en lui-même me fascinait, par son aspect et ses sonorités.
APP : Te souviens-tu de ton premier engouement pour un compositeur, un CD, une œuvre précise ?
ME : Vers 11/12 ans, j’ai joué du Chopin, cela a été comme révélation. Je me souviens de ma mère qui, à chaque fois que je m’installais au piano, s’exclamait : Mets-y de l’âme ! Avec ce compositeur, je découvrais une musique qui était au plus proche de mes émotions, et qui l’est toujours. Une musique sincère qui parle au cœur, pour laquelle il est plus facile de « mettre l’âme », de jouer avec magie, de faire oublier les touches, de faire oublier les marteaux.
APP : A quel âge as-tu ressenti le désir de faire une carrière de pianiste et la prise de conscience de la possibilité de le faire ?
ME : A 17 ans, quand j’ai caressé l’idée de devenir pianiste. J’étais passionné par les lettres également, donc j’ai décidé d’étudier en parallèle la littérature, la philo et le piano. Et curieusement la philo m’a rapprochée encore plus de la musique. La philosophie est la plus haute musique écrivait Platon dans son dialogue le « Phédon ». Socrate d’ailleurs, c’était mis à la flûte dans les derniers jours de sa vie. Le désir d’être pianiste s’est transformé peu à peu en possibilité. Je suis donc parti me perfectionner à Londres, au Trinity Laban Conservatoire de Musique et Danse avec un maître russe exceptionnel : Mikhaïl Kazakevich. Aujourd’hui, c’est devenu une nécessité, le piano m’accompagne tous les jours.
APP : Quelles œuvres interprèteras-tu lors de ton concert en solo à l’église Saint Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Luz le 29 Juillet à 20h ?
ME : Du Chopin, du Ravel et du Liszt. Cela me tient à cœur. Chopin, Ravel, des poètes, dans leur manière tout à fait particulière qu’ils ont d’écrire pour le piano. Mazurkas et Nocturnes de Chopin, joyaux intimistes, souvenirs de Pologne. L’Ondine de Ravel, aux mille couleurs aquatiques et sensuelles. Liszt, le visionnaire philosophe. Je vais interpréter sa Sonate en Si mineur, qui est l’un de ses grands chefs-d’œuvre, une véritable fresque métaphysique. On en parle comme d’une représentation du mythe de Faust, mais cette sonate est l’image de tous les mythes, c’est une question : « qu’est-ce que l’Homme ? ».
APP : Ton métier te permet de voyager dans de nombreux pays d’Europe et donc, être en contact avec d’autres cultures. Comment est le public européen ?
ME : Celui qui m’a apporté tant de joie, de surprises. On ne sait jamais à quoi s’attendre. Un concert qui se passe bien, c’est une communion de l’interprète avec son public, une alchimie secrète. Je m’aperçois que la musique transcende les cultures, elle parle à tout un chacun.
APP : Matthieu, un message particulier ?
ME : La musique change la vie, elle change le monde !

Concert piano de Matthieu Esnult - église saint Jean-Baptiste à Saint-Jean-de-Luz - 29 Juillet à 20h

Tarifs : 15 et 12 € - Gratuité pour les moins de 18 ans - Billets dans les Offices de Tourisme de Terre et Côte Basque ou la billetterie en ligne www.saint-jean-de-luz.com

 

Article paru dans 'la Semaine du Pays Basque' du 26 juillet au 1er aout 2013.


EsnultRylander-002.jpg

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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