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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 22:51

AIDA : une femme maîtresse de son destin !

 

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Le 21 novembre à 20h30 à la Gare du Midi à Biarritz, la toute nouvelle production de l’Opéra Verdi Teatro Di Pisa est fière de présenter la soprano Maud Darizcuren qui prêtera sa voix magistrale au timbre velouté dans le médium et délicieusement tonnant dans l’aigu à la Nubienne Aïda, entourée du ténor Ignacio Encinas et de la mezzo Claudia Marchi.

Les amateurs pourront aussi apprécier toute la richesse de la mise en scène pour cet opéra pharaonique et la brillante direction orchestrale et chorale.

J’ai voulu rencontrer cette diva née au Pays basque qui spontanément et en toute gentillesse m’a accordé cette interview.

 

(Voir interviews vidéos, par Alicia Snicker ci-dessous, et également par Fabrice Doré sur Aquitaine TV)

 

APP : Bonjour chère Maud. Comment t’es-tu préparée pour cette Aïda que tu incarneras à la Gare du Midi le 21 novembre ?

MD : Tout d’abord par la mise en scène musicale de Sylvain Souret l’un des meilleurs chefs de chant de la jeune génération et cette belle opportunité d’avoir été dirigée par celui qui a œuvré pour l’Opéra d’Avignon, les Chorégies d’Orange et l’Opéra de Paris. Un savoir-faire qu’il doit au chef d’orchestre Georges Prêtre que j’apprécie également. Pour être dans la peau d’Aïda, j’ai visionné et écouté maintes versions comme celle, rare, d’une Aïda entregistrée par la Tebaldi sur microsillon et celle aux Arènes de Vérone par la sublime cantatrice Leila Gencer. Nous avons cette chance, nous chanteurs lyriques du siècle de la technologie, d’exploiter des documents inestimables de nos pères qui nous ont transmis leur art et leur talent à travers les âges. Ce qui nous permet d’avoir une idée de la manière dont on doit s’inspirer pour donner de l’ampleur à la musique et au génie du compositeur tout en respectant des temps plus concis qu’à l’époque. Quant au contexte historique, Antoine Selva, véritable puits science, a su adroitement me guider. Comment, à cette époque, une princesse, esclave de surcroît, faisait sa toilette, mangeait-elle, dormait-elle, s’exprimait-elle. Imaginer son enlèvement par les armées égyptiennes et par quel stratagème a-t-elle réussi à s’élever au plus haut niveau à la cour d’un maître ? Quels étaient les rapports entre Amneris, fille du pharaon et Ramadès qui aimait en secret Aïda ? Depuis combien de temps se connaissaient-ils ? Des détails importants qui permettent d’incarner en profondeur un personnage complexe.

APP : As-tu proposé une vision de cette princesse éthiopienne captive bien différente de celle du metteur en scène ?

MD : Vraiment non. Sitôt le sujet abordé nous avons constaté que nous avions la même conception sur le caractère et le comportement de l’héroïne. La vision partagée, c’est de penser qu’Aïda est princesse autant qu’Amneris, et de ce fait a reçu pareille éducation, voire même des notions de politique militaire qui font d’elle un être non résigné. Jamais elle ne s’avoue vaincue et pour ne rien te cacher, c’est cette personnalité qui me plaît en elle. Et quelle joie suprême dans cet opéra d’être soutenue par les voix exceptionnelles du ténor Ignacio Encinas et de la mezzo Claudia Marchi, des artistes lyriques émérites qui ont fait les plus grandes scènes nationales et internationales. Qu’ils en soient ici remerciés. Sans oublier les autres chanteurs, le chœur et l’orchestre.

APP : Ta voix est d’une magistrale portée, au timbre velouté dans le médium et délicieusement tonnant dans l’aigu. Comment ressens-tu son amplitude au fil des années ? Quand t’es-tu rendu compte que tu possédais la voix d’une soprano ?

MD : L’amplitude vient avec le travail et la maturité. J’ai fait mon apprentissage vers l’âge de 16 ans avec un professeur amoureux du bel canto et ce, après quelques années de piano, et de harpe au Conservatoire. A ma première leçon, je suis parvenue au Si Bémol aigu et dès cet instant, j’ai su que j’étais soprano. Pour la tessiture, elle est venue plus tard, car la voix change au fil des années. J’étais plutôt à l’aise dans le registre allemand alors que j’en étais eu répertoire français et italien. D’où cette diversité.

APP : Justement ton répertoire est vaste et ne cesse de s’étendre. Tu peux chanter Verdi, Puccini, Mozart, Wagner, Bizet, Massenet, Tchaïkovski… mais quels sont les compositeurs que tu aimes le mieux servir ?

MD : Ah ! Cette chance inouïe de posséder la voix des rôles que j’aime et que j’affectionne. Ma tendance à ce jour reste pour les mêmes compositeurs mais varie sur les œuvres. Pour te citer quelques exemples, il y a quelques années mes opéras favoris étaient Roméo et Juliette de Gounod, Traviata de Verdi… à présent, c’est Tannhaüser et Le Vaisseau Fantôme de Wagner, André Chénier de Giordano, Aïda, Nabucco, Le Trouvère, Don Carlo et le Requiem de Verdi. Les Dialogues des Carmélites de Poulenc dans le rôle de Mme Lidoine que j’ai chanté la semaine dernière en Autriche, un petit bijou lyrique.

APP : Quels souvenirs notre diva née à Bayonne garde-t-elle de sa belle région ?

MD : Oh ! Le beau compliment ! Mais une soprano tout simplement (rires). Le Pays basque est la région où il fait on vivre, que j’ai hélas très peu connue du fait que mon papa Francis, qui était le musicien de Claude François, de Sacha Distel, violon jazz aux côtés de Stéphane Grappelli et Didier Lockwood, le régisseur de l’orchestre de Michel Legrand, a emmené très tôt sa petite famille en région parisienne. Mais mon grand-père Alfred Darizcuren y a vécu longtemps, lui qui fut le fondateur de l’Estudiantina de Bayonne avec Luis Mariano pour parrain et chef d’orchestre au Casino de Biarritz. Grand-mère Maï était chanteuse et artiste peintre très connue. Petite anecdote, De Gaulle et Pompidou possédaient certaines de ses toiles. Pour en revenir à papa, il a aussi dirigé les 60 musiciens de l’Ensemble de Bayonne dès l’âge de 8 ans ! C’est dire si on commence très tôt dans la famille ! (rires).

APP : Malgré ton planning chargé, viens-tu parfois au Pays basque ? Et peut-on connaître tes endroits préférés ?

MD : Comme tu le dis si justement, un planning très chargé m’empêche hélas d’y venir souvent. Mais à chaque fois, c’est le retour aux sources. Un lieu qui me permet de me vivifier, c’est la grande plage de Biarritz au printemps ou à l’automne lorsque la lumière conserve encore ses teintes automnales et printanières, et je musarde sur celle-ci désertée par les vacanciers et j’hume avec délice l’air iodé, et la Cathédrale de Bayonne avec sa jolie place, la rue d’Espagne et ses magasins, le typique Petit Bayonne. Certes, j’ai quitté mon cher pays mais j’y ai laissé une petite partie de mon cœur (rires).

APP : Peut-on connaître tes projets ? Et quel serait ton rêve ?

MD : Aïda que je chante un peu partout. En préparation Norma qui tournera en région parisienne. Abigaïl dans Nabucco de Verdi en France, Italie et Espagne prévu en 2013. Je reprends Le Dialogue des Carmélites à Innsbruck. Mon rêve ? Que de nombreuses portes d’Opéras s’ouvrent pour moi (rires) et faire connaître l’art lyrique aux plus jeunes qui assureront la pérennité du bel canto.

 

Inconditionnels de l’art lyrique ne manquez pas cet opéra pharaonique et découvrez ce drame passionnel où s’entrecroisent l’amour et la jalousie, le devoir, l’honneur et la trahison. Vous aimerez c’est certain, Aïda la belle princesse captive… une femme maîtresse de son destin !

 

maud-darizcuren-une.jpgAïda de Verdi – lundi 21 novembre à 20h30 – Gare du Midi à Biarritz

Tarifs : 57 et 52€

Réservations : 05 59 22 44 66 et www.entractes-organisations.com

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 18 au 24 novembre 2011.

 

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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