Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 16:49

Malandain Ballet Biarritz : du talent sans faille.

 

Image1-copie-7.jpg Image2-copie-2.jpg

Photos © Olivier Houeix.

 

L’esprit chorégraphique de Thierry Malandain demeure dans le corps de ses danseurs, car il leur offre des mouvements sans retenue respiratoire, mais porteurs de liberté. Il est la délicatesse et la précision des pas de deux qui se muent en des duos aux allures de parade amoureuse. Ses créations sont d’une profonde inspiration. Ses gestuelles limpides comme de l’eau de roche sont magnifiquement exécutées par des danseurs doués, qui montrent de bien enviables qualités techniques et sensibles, pour des chorégraphies construites avec goût. Malandain Ballet Biarritz, c’est le talent sans faille. C’est la rigueur classique qui se met au service du contemporain. A l’occasion de trois soirées spéciales à la Gare du Midi, je suis allé à la rencontre de deux solistes de la compagnie : Miyuki Kanei et Arnaud Mahouy.

 

APP : Hello Miyuki, hello Arnaud. Commençons cette interview par une petite présentation de vous deux…

MK : Née à Hiroshima (Japon) en 1982. C’est à l’âge de sept ans que j’ai commencé la danse, suite au désir de ma mère qui m’avait inscrite, parce qu’une voisine en faisait. Après un stage de danse au Japon avec un professeur de Lyon, celui-ci m’a conseillé de passer des auditions et notamment présenter le concours d’entrée au Conservatoire National Supérieur de Lyon. A dix huit ans, en 2006, j’entre au Malandain Ballet Biarritz qui est ma première compagnie professionnelle. Auparavant, il y a eu mon apprentissage avec Pascale Courdioux à Danse Classique Académie.

AM : Né à Nanterre en 1985. C’est à douze ans que j’ai fait mes premiers pas dans la danse avec Florence Letessier (école de Bois-Colombe) et Juan Giuliano de l’Académie Chaptal à Paris. La danse a toujours été ma passion. D’une famille de musiciens, c’est mon père pianiste qui m’a inscrit dans une école de danse classique. En 2000, j’entre au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris et en 2004, je reçois le 1er prix à l’unanimité du jury. Puis au Junior Ballet du Conservatoire de Paris, avant de rejoindre le Malandain Ballet Biarritz en 2005.

APP : Alors très jeune vous rêviez de faire carrière dans la danse ? C’était pour vous une évidence ou une provocation du destin ?

MK : Quelle est la petite fille qui n’a pas rêvé d’être en tutu, danser sur les pointes, et devenir plus tard une danseuse étoile ?

AM : Danser pour moi était une évidence. J’y ai toujours cru. Je ne me suis pas réveillé un beau matin en me disant : tiens, si je devenais danseur ? Mon destin était tout tracé. Rien n’arrive par hasard, même si parfois Dame la vie nous réserve de belles surprises !

APP : Parlez-moi de votre rôle que vous allez interpréter sur la scène de la Gare du Midi à Biarritz, les 7, 9 et 10 août…

MK : Pas un, mais trois (rires), celui de la Jeune Fille dans le pas de deux du Spectre de la Rose avec Daniel Vizcayo, un spectre qui l’entraînera dans une valse étourdissante, tumultueuse et sanglante. Et qui disparaîtra en un vol. Un cygne dans La Mort du Cygne et l’Amour Sorcier avec Frederik Deberdt.

AM : L’Après-midi d’un Faune, créé en 2001, qui n’est pas la créature mi-homme mi-bête, mais un jeune homme solitaire qui épanche son désir au même souvenir flou de l’amour. Un adolescent qui découvre la sensualité et la sexualité de manière instinctive. Le dix août, je reprendrai mon rôle dans « Magifique » créé en 2009. J’interpréterai Thierry enfant lorsqu’il découvrit la danse. Je pense que cela est très intéressant pour les spectateurs de voir les deux ballets, ce qui lui permettra d’apprécier l’ingéniosité du chorégraphe.

APP : Est-ce difficile de mettre de côté la base classique pour interpréter du néo classique contemporain ?

MK : En danse, l’idéal c’est de posséder la bonne technique classique pour pouvoir danser sur les chorégraphies de Thierry. Ma première année dans la Compagnie a été quelque peu difficile, car je ne parlais pas bien le français. Mais à force d’observation et de travail acharné, j’ai réussi à m’adapter au style et à la technique du néo classique. J’aime danser des rôles forts.

AM : On se sert de sa technique classique pour danser du « Malandain ». C’est aussi une volonté de transformer le son en un mouvement moderne. La technique du classique est aussi une arme pour aller encore plus loin, dépasser le mouvement.

APP : Parlez-moi de votre relation avec Thierry Malandain…

PHOTOS-2012-2-0200_cr.jpgMK : Cela paraîtra flatteur, mais je le dis avec une grande sincérité : c’est un chorégraphe qui est à l’écoute de tous, qui sait nous faire travailler en confiance, partager des réflexions communes sur ses chorégraphies.

AM : Un être tout en discrétion, qui parle peu, mais qui possède un beau langage chorégraphique, qui sait donner de la chair et du sang à la danse. Nous sommes tous deux sur une relation de confiance avec un accent très fort sur la sensibilité. Je tiens ici à le remercier pour avoir cru en moi, car dès mes débuts, il m’a offert de beaux rôles. L’Après-midi d’un Faune est un cadeau royal ! Donc je dois m’impliquer totalement pour ce rôle. Un danseur doit avoir une présence magnétique sur scène et capter le regard du spectateur. (à revoir : interview de Thierry Malandain).(interview vidéo de Thierry Malandain et Sylvia Magalhaes).

APP : Quel est votre ballet préféré et pourquoi ?

MK : Gisèle et La Sylphide. Deux ballets aux souvenirs particuliers. J’aime aussi l’univers de l’Après-midi d’un Faune du chorégraphe belge : Sidi Larbi Cherkaoui. Je n’ai pas vraiment de modèle. Pour moi, c’est l’émotion que transmet le danseur. Cependant, adolescente, lors d’un gala au Japon, Svetlana Zakharova du Théâtre du Bolchoï m’a énormément touchée en interprétant le pas de deux du Cygne dans l’acte II.

AM : Gisèle, le premier ballet que j’ai vu à l’Opéra qui reste gravé dans ma mémoire. Il représente la force, la finesse et la sensibilité. Mon modèle : Cyril Atanasoff qui a été mon professeur à Paris et qui a su me transmettre le goût de « l’instinct », celui de pouvoir dépasser ma technique.

APP : Quel sera votre prochain ballet ?

MK : Cendrillon en 2013 à Versailles, une création de Thierry Malandain. La chance encore une fois d’avoir le rôle principal. Un grand merci à mon maître à danser (rires).

AM : Une création de Thierry Malandain en 2012 Une dernière chanson, en plein air, dans le cadre du Festival du Temps d’Aimer. Une première à Biarritz. Un bel univers à découvrir.

 

Soirées de ballets par Malandain Ballet Biarritz composées de l’Après-midi d’un Faune, le Spectre à la Rose, la Mort du Cygne, Boléro et l’Amour Sorcier. Quatre œuvres emblématiques de Thierry Malandain les 7, 9 et 10 août à 21h – Gare du Midi à Biarritz 2012-05-21 210456 cr

Tarifs : de 12 à 32€

Réservations : 05 59 22 44 66 Informations : 05 59 24 67 19

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 3 au 9 août 2012.


Partager cet article

Repost 0
Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
commenter cet article

commentaires

L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

Sans titre 5

Rechercher

WALL SNICKER

Catégories