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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 22:17

Jazz en Mars : parce que le jazz est un cadeau !

 

La Mission d’Action Culturelle de la Ville de Tarnos et Arnaud Labastie, directeur du festival (qui fait toujours preuve de sa compétence pour offrir chaque année un très beau plateau de musique de jazz) créent l’évènement majeur du 9 au 11 mars avec « Jazz en Mars ». Une programmation toujours généreuse et diversifiée qui saura à coup sûr faire la joie des mordus du jazz. Un festival qui depuis sept années s’inscrit dans le rendez-vous immanquable, que ce soit à l’église Notre-Dame des Forges, à la Salle Maurice Thorez, et pour son festival Off dans le Hall de la mairie. Sans jamais faillir à sa tradition élitiste et populaire, il présente du jazz, tous les jazz, où tout est swing. Et toujours son public jeune et moins jeune, plus que jamais à l’affût, curieux et heureux. Pour lui c’est l’essence même de la popularité d’un genre universel qui ne s’est jamais démenti, de la musique de jazz qui offre à la Ville de Tarnos, ses différentes expressions, son éternelle vitalité, se libérant ainsi des carcans dans lesquels certains ont voulu l’enfermer. Contresens total d’une musique née d’un profond espoir de liberté et de diversité. Jazz en Mars, un vrai festival, pas une série de concerts, celui d’une authentique communauté qui se retrouve chaque année à des endroits particuliers, pour un moment précis. Tous sont là, parce que le jazz est un cadeau ! A cette occasion, je suis allé à la rencontre d’un jeune pianiste de 22 ans, doté d’une belle technique et d’une capacité à exceller dans les standards du jazz, Pablo Campos qui fera le festival Off le dimanche 11 mars dans le Hall de la Mairie.

 

pablocampos.jpgAPP : Bonjour Pablo Campos. Ton patronyme sonne comme un air du sud …

PC : Oui, encore plus qu’il n’y paraît, puisque ma mère est bayonnaise et mon père argentin. Ils résident à Bayonne après avoir vécu en Argentine. Quant à moi, après avoir fait Sciences Po à la fac de Bordeaux, je me suis installé à Paris. Aujourd’hui à 22 ans, je me partage entre musique et études.

APP : Quand t’es-tu intéressé à la musique et plus particulièrement au jazz ?

PC : Ma tendre enfance fut baignée dans la musique classique, car mon père chantait dans un Ensemble de Musique Baroque. N’ayant pas fait d’études musicales au Conservatoire, c’est Michel Nespria, accordeur de son état, qui m’a donné le goût du piano. Apprendre à jouer sur un Steinway est un privilège qui n’est pas donné à tout le monde ! (rires). Et c’est relativement tard, vers l’âge de 16 ans, que je me suis vraiment pris de passion pour le jazz, en écoutant l’album « Night Train » d’Oscar Peterson, qui pour moi est un modèle d’élégance musicale.

APP : Quel a donc été ton parcours d’étude musicale ?

PC : Celui d’un autodidacte par excellence. De ma participation avec des musiciens comme le Big Band de Salamanque (Espagne) où j’ai étudié durant une année en Erasmus. Un travail en solitaire aussi, avec ce que je pouvais déchiffrer en musique et surtout avec les pianistes que j’écoutais en concert ou sur des vinyles et Cds. Je dois par exemple beaucoup à Arnaud Labastie, qui, bien qu’il ne m’ait jamais enseigné le piano, m’a beaucoup éduqué sur ce qu’est un vrai pianiste de jazz. Lorsqu’il m’est possible, ponctuellement je prends des cours avec des musiciens chevronnés, comme récemment avec Philippe Duchemin, qui sera également présent au Festival Jazz en Mars avec son Swing & Strings.

APP : Pourquoi un trio ? Quels sont tes musiciens ?

PC : Parce que c’est l’un des plus intéressants en jazz. Cela est dû bien sûr aux pianistes légendaires qui ont donné à cette musique ses lettres de noblesse, tels qu’Oscar Peterson, Bud Powell, Phinéas Newborn Jr. Mais aussi par le fait que c’est une configuration idéale où chacun des trois instruments a tout à la fois un rôle bien déterminé et un dialogue permanent. En musique improvisée, tout particulièrement « l’écoute » entre musiciens et leur bonne « entente » est fondamentale pour arriver à un son soudé et équilibré. Patrick Guillart et Jean Duverdier qui m’accompagnent sont des musiciens très complémentaires et qui affichent une belle personnalité. Patrick est très réfléchi et sensible, il apporte une assise rythmique formidable au trio et Jean a cet enthousiasme et cette maîtrise du son qui en font une bête du swing ! (rires). Tous deux sont très expérimentés par rapport à moi. J’ai appris bien plus à leur contact qu’en lisant des livres ou des revues sur le jazz.

APP : T’arrive-t-il de jouer tes propres compositions sans toujours te replier sur les standards ? Est-ce aussi de ta part une volonté délibérée ?

PC : J’aime beaucoup la place qu’occupent les standards dans le jazz. Ces compositions issues de comédies musicales à succès de grands compositeurs américains comme George Gershwin ou Cole Porter sont au jazz ce que les grands classiques sont à la littérature. Je pense qu’il est primordial de maîtriser ce langage et ces codes afin de créer quelque chose de personnel, fort de cette tradition qui nous précède. C’est pourquoi la musique que je joue repose essentiellement sur un travail d’appropriation et d’un ensemble de références. Oui je compose, mais je ne suis pas encore en mesure de renvoyer ce que j’écris. Je dois acquérir pas à pas ma personnalité musicale, qui peut tout autant s’exprimer dans l’improvisation, le style, le son ou l’arrangement.

APP : Pourquoi joues-tu sur un clavier et non sur un piano ?

PC : Pour être honnête, le clavier est le pis-aller. Imagines si je pouvais jouer sur un Steinway grande queue à chaque concert, ce serait le Nirvana pour moi ! (rires). Mais les lieux disposant de ce genre de piano sont rares. C’est sûr qu’il est l’instrument acoustique infiniment plus subtil et exigeant que le clavier numérique, mais celui-ci représente une solution de substitution purement pratique.

APP : A ton avis, un pianiste de jazz est-il plus libre qu’un pianiste de musique classique ?

PC : Non, je ne pense pas. Ces deux univers musicaux ont une relation « attraction/répulsion » très intéressante, mais on les oppose souvent à tord. Un pianiste classique comme Sviatoslav Richter peut être plus libre dans son interprétation d’une partition qu’un mauvais pianiste de jazz qui croit improviser librement. Je crois que la musique bouleverse ou réjouit toujours quand elle a quelque chose à dire, indépendamment de l’étiquette qu’on lui attribue.

APP : Quels sont les musiciens qui t’ont marqués dans le jazz ?

PC : Benny Green et son Quartet lors d’un concert au Théâtre de Bayonne. Je devais avoir 15 ans et j’en suis sorti avec le « choc pianistique ». Je me souviens avoir pris mon courage à deux mains pour aller parler à Benny Green, qui soit dit en passant fera l’ouverture de Jazz en Mars. Ma rencontre avec un tel génie, humble et gentil, m’a encouragé à continuer dans la voie du jazz. Une rencontre ancrée dans ma mémoire. Et celle aussi avec le saxophoniste Alex Golino, aujourd’hui installé à Bordeaux, elle fut inoubliable !

APP : Quel programme proposeras-tu le 11 mars dans le Hall de la Mairie ?

PC : Je parle au nom du Trio, remerciant Arnaud Labastie de l’avoir programmé en festival Off. Nous allons présenter un répertoire de notre 1er et de notre dernier album, qui reprend les standards de jazz que nous interpréterons dans l’esprit du Trio. Mais comme j’aime rendre chaque concert différent, nous réserverons quelques surprises, notamment en interprétant des morceaux moins attendus, comme ceux de Bob Dylan ou des musiques des films de Walt Disney.

APP :Des projets de scène à venir ?

PC : Oui, le 24 mars nous serons au Donibane à Saint-Jean-de-Luz où nous sommes presque tous les mois. Puis au Festival de Jazz de Sauguinet le 21 juillet en première partie du concert de Richard Galliano. Egalement une série de concerts à Paris à l’automne prochain, notamment au Caveau de la Huchette.

 

Jazz en Mars c’est aussi trois scènes : Eglise Notre-Dame des Forges, Salle Maurice Thorez et le Hall de la Mairie, où lors de ce long week-end, la ville de Tarnos swinguera au rythme du jazz. Des musiciens et chanteurs de partout participeront à cette fête, où chacun apportera sa touche personnelle, sa saveur, son identité musicale. Ils donneront au festival toute la dimension universelle que seule cette musique unique peut offrir à ses inconditionnels. Et la ville de Tarnos n’est pas en reste ! Une affiche alléchante. Il y en aura pour tous les goûts, mais toujours dans un souci de qualité et ce, pour la 7ème année !

 

Vendredi 9 mars à 20h30 – Eglise Notre-Dame des Forges : Benny Green, l’un des plus grands pianistes de notre temps ouvrira le festival par un concert en piano solo. A 22h, Gospel Dream qui réunit cinq ténors et six voix féminines (soprano et contre alto), deux chanteurs dans le registre basse, un pianiste et un trompettiste. Sur scène, ce sera joie de vivre et suaves grains gospel.

 

Samedi 10 mars à 20h30 – Salle Maurice Thorez : Philippe Duchemin et son Swing & Strings, un trio exceptionnel à découvrir ! Egalement la participation d’un quatuor à cordes de la région. A 22h, Dany Doriz Big Band et le saxophoniste Manu Di Bango. Une rencontre à ne manquer sous aucun prétexte entre le big band, disciple de Lionel Hampton, et de l’exceptionnel Manu Di Bango. Vingt musiciens seront sur scène pour un spectacle à vous couper le souffle !

 

Dimanche 11 mars à 16h30 – Salle Maurice Thorez : Michel Pastre Quartet et le saxophoniste Nicolas Dary. Des musiciens de qualité qui vous feront vivre une matinée musicale brillante ! A 17h45, Slapscat, un orchestre créé voici trois décennies par le saxophoniste Daniel Huck et le guitariste Patrick Diaz. Des musiciens qui reprennent les grands standards de jazz, chantés en français. Du swing et du rire assurés !

 

En Festival Off : Dimanche 11 mars à 11h30 dans le Hall de la Mairie : Big Band de l’Ecole de Musique de Tarnos et Pablo Campos Trio.

 

Alors ensemble, participez à ce Festival Jazz en Mars si vous aimez la création et l’éclectisme et le jazz à tout va !

 

Festival Jazz en Mars – Tarnos les 9, 10 et 11 mars

Tarifs : 15€ pour une soirée – Pass 2 soirées : 25€ - Pass 3 soirées : 35€ jazz en mars1

Réservations et infos : 05 59 64 49 40

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 9 au 15 mars 2012.


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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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