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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 22:05

Pascale Daniel-Lacombe… Bâtisseuse du rêve.

 

235057_14793828_460x306.jpgC’est une novatrice et metteure en scène puissante, au registre large, mais aussi un bon chef de troupe ! On devine chez Pascale Daniel-Lacombe de la poigne, une réputation et un sens du mouvement. Elle sait mêler l’intime à sa démarche de création totale et d’égalité sur le choix de ses comédiens… une méthode qui a fait ses preuves ! Le théâtre lui est apparu prétexte à aider certains à être acteurs de leur vie. Bâtisseuse du rêve, elle a eu à cœur de donner toute son expérience théâtrale et humaine. Entretien.

 

APP : Qui est Pascale Daniel-Lacombe ?

PDL : Metteure en scène et directrice de la Cie du Théâtre du Rivage à Saint-Jean-de-Luz. Je fais un travail de création de spectacle à rayonnement national, ainsi que sur le territoire proche, par la formation et la sensibilisation au théâtre. Egalement à l’écriture contemporaine pour transmettre l’enthousiasme de la culture théâtrale.

mongol.jpgAPP : Tu présentes le 12 mai au Colisée à Biarritz « Mongol » d’après le roman de Karin Serres. Pourquoi ce choix ?

PDL : Je connais les œuvres de Karin Serres (elle sera à Biarritz le 11 mai pour une représentation scolaire, et rencontrera les enfants dans le partage d’un projet réunissant Le Rivage, Biarritz Culture et les collèges Piares Larzabal de Ciboure et X.Ikastegia de Cambo), depuis plusieurs années que j’avais rencontrée lors d’une création au TEP à Paris. L’envie de créer « Mongol » (réécrit et adapté pour le théâtre) a donc été nourrie par la complicité et le partage continu qui a suivi notre rencontre. Bien évidemment par le texte lui-même qui me semblait être par sa thématique, une proposition à la fois nécessaire et jubilatoire pour des enfants.

APP : Qu’est-ce qui t’as frappé dans son écriture et qu’exprime cette pièce ?

PDL : C’est la force qu’elle donne à « l’imaginaire » et qui devient pour ses personnages une arme miraculeuse, dès lors que l’on sait s’en servir. Une pièce qui s’adresse aux petits et aux grands. L’histoire de Ludo qui souffre à l’école des sarcasmes de ses camarades et l’agacement de sa maîtresse et qu’il subit avec fatalité. Son tort (s’il en a un), est d’être lent… Ce qui ne le place pas en première position. Un matin, Fabrice, le caïd de la classe, le traite de ‘mongol’, il n’a jamais entendu ce mot qui le terrorise et qu’il ne comprend pas. Se référent au dictionnaire, geste pour le moins inhabituel et maladroit, lui qui déteste l’école et tout ce qui s’y rattache, il va découvrir la signification de ‘mongol’ : descendant de Mongolie et guerrier très fort… Evidemment, cela change tout. Et ce changement chamboule tout le monde autour de lui. Karin Serres fait là une proposition jubilatoire sur le thème de l’incivilité à l’école et interroge la puissance évocatrice des mots. Plutôt que de s’apitoyer sur son petit personnage, elle lui offre un voyage vers une autre culture et un pan du monde à connaître et à rêver. Ce qui lui permettra de s’affranchir de toute la cruauté de ses camarades et qui l’aguerrira au moment du retour sur la rive de la vie réelle et sur la nature de l’invective.

APP : Comment a été conçue ta scénographie ?

PDL : Nous sommes parties de l’envie de croiser de manière lisible toutes les composantes des métiers de la scène, de l’auteur, en passant par les acteurs et pour finir par la technique dans tout le terme du mot. Je me suis appuyée sur deux axes : l’espace de la vie réelle de Ludo, que j’ai imaginée comme un couloir qu’il lui faudrait traverser pour aller vers quelque part, ou vers quelque chose, ou quelqu’un. Ensuite, l’espace moins tangible de l’imaginaire de Ludo. Pour lui, je me suis inspirée de la culture Mongole qui s’attache, dans nombre de ses espaces et ses rites, à la notion du « circulaire ». Il faut donc imaginer une ligne de murs ( d’école, de chambre et tous ces murs qui jalonnent notre vie !) Ludo pousse jusqu’à les faire tourner et tourner encore, jusqu’à créer de l’air : comme si l’on déplaçait murs et montagnes pour atteindre ses rêves. On peut y voir là un livre d’images dont on tournerait les pages à l’envers et à l’endroit pour laisser naître l’histoire et la rythmer à loisir.

APP : Quels sont les comédiens qui jouent dans le spectacle ?

bergeries3.jpgPDL : Karin Serres ne s’était pas embarrassée du nombre de personnages ou de lieux puisque le livre n’était pas destiné à la scène. Au moment de la réécriture, je lui ai demandé de garder cette folle contrainte du nombre. Nous avons néanmoins arrêté une distribution de quatre comédiens qui jouent tour à tour tous les personnages de l’histoire. Eux, c’est Sophie Kastelnik, Sophie Tzvetan, Marlène Bouniort et Marek Kastelnik. Des comédiens de valeur et polyvalents (danse, chant, jeu) qui accompagnent régulièrement mon travail. Aujourd’hui nous sommes proches de la centième et leur complicité sans faille se rajoute au plaisir, ce qui nous permet d’aller sereinement vers une troisième saison.

APP : Quels sont tes projets ?

PDL : Une nouvelle création, pour un public adulte, avec l’auteur Sylvain Levey qui écrit une pièce encore en chantier et dont le titre est « Comme du sable ». La première représentation est prévue pour mars 2013 sur la Scène Nationale de Bayonne coproducteur du projet, et partenaire privilégié de la Cie. Une étape des répétitions du 20 mai au 1er juin au Théâtre de Bayonne dans le cadre des « Maimorables ». La Cie de danse Ex Nihilo de Marseille nous accompagne dans le processus des quinze jours à venir. Ensuite un nouveau projet avec Karin Serres sur un texte à bâtir avec des acteurs-danseurs. J’ai également obtenu les droits pour une pièce suédoise. Et avec la ville de Saint-Jean-de-Luz, de développer des actions d’envergure. A suivre donc, plein d’espoir…

 

Mongol – Cie du Théâtre du Rivage – 12 mai à 18h – Colisée à Biarritz

Tarif plein : 12€ - enfants et autres : 8€

Réservations : 05 59 22 44 66

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 11 au 17 mai 2012.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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