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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 22:37

Cocorico ou les pantomimes de M. Gentil !

 

Cocorico, c’est la joyeuseté, de la succulence et de la légèreté communiquées par les duettistes, Patrice Thibaud et Philippe Leygnac qui s’entendent comme larrons en foire et qui font merveille par l’humour qu’ils dispensent et le comique qui les anime dans « Cocorico » présenté sur la scène du Théâtre de Bayonne, les 16 et 17 mars à 20h30. Et qui redonnent au mime ses lettres de noblesse. Je me devais de rencontrer son auteur : Patrice Thibaud. Entretien avec un mime très… Cocorico !

 

cocorico_cy-line-aubertain.1268497209.jpgAPP : Bonjour Patrice Thibaud. Deux sempiternelles questions : qui es-tu et comment a démarré ta carrière de comédien ?

PT : Un mime pas mort ! (rires) qui est né dans la seconde moitié du vingtième siècle. Une carrière qui a démarré au Théâtre Job à Bordeaux, puis cinq ans à la Comédie de Reims avec Christian Schiaretti (l’actuel directeur du TNP). Bien avant ces deux pensionnats théâtraux, je me produisais avec Michèle Guigon pour des spectacles de cabaret. En 2002 et 2003, je suis de la création de « La Cour des Grands » de Jérôme Deschamps et Macha Makeïff au Théâtre National de Chaillot à Paris. Et puis du cinéma, de la télévision. Le vrai parcours du combattant comédien ! (rires).

APP : Pourquoi as-tu titré ton spectacle « Cocorico » que tu as écrit et a assuré la mise en scène avec Susy Firth et Michèle Guigon ?

PT : Pour faire référence à un drôle d’oiseau qui fait con coquelinement sur scène. Aussi parce que je voulais créer un personnage made in France, tout comme l’avait fait Jacques Tati avec Monsieur Hulot ou Mister Bean par les anglais. Ayant puisé dans mes souvenirs de gosse, j’ai fait remonter à la surface les images que le gamin que j’étais avait imprimé dans sa mémoire, cow boys et indiens, défilé de majorettes, cérémonie du 11 novembre, feu d’artifice du 14 juillet, dresseur de fauves, Tour de France, défilé de Haute Couture… Partant de ces souvenirs, Cocorico était un titre tout trouvé et facile à retenir, surtout pour les enfants puisque c’est un spectacle qui s’adresse également à eux, mais aussi parce qu’il s’exporte bien à l’étranger !

APP : N’est-il pas périlleux de travailler sans filet en proposant un spectacle soutenu par une approche très gestuelle et quasi-muette ?

PT : Je dis qu’avec rien on peut tout faire. Si l’on sait revenir à l’essentiel : le mime, le geste avant la parole ou le retour avant la parole, c’est le moyen de communication originel compris de tous. Il est universel. Ce qui est risqué, c’est à la création, car on ne sait pas où l’on met les pieds. Je ne pouvais pas m’appuyer sur un texte, car rien n’était écrit, mais c’est ma façon de travailler. Il est vrai que c’est périlleux de travailler sans filet, tel un fildefériste en équilibre au-dessus d’un vide immense. Tout est ouvert, je ne mets aucune barrière, aucune frontière, je suis en abîme. Je ne pars de rien et j’invente. En fait, je travaille avec du vent ! (rires) et le jeu en vaut la chandelle.

APP : Quelques mots sur Philippe Leygnac qui s’est joint à toi musicalement ?

PT : C’est un génie de musicien. Un véritable homme-orchestre puisque acteur, pianiste, arrangeur et acrobate sur scène. Un musicien explosif qui fait la part belle au mime. Je l’appelle mon « Cortopianiste » parce qu’il se contorsionne lorsqu’il joue du piano. Nous nous sommes rencontrés chez Deschamps et Makïeff et de là sont nées nos affinités artistiques. Nous sommes comme frères jumeaux, qui ont le même âge, le même sens du comique à gogo, mais que tout oppose physiquement (rires). Oui, des Laurel et Hardy, Abbott et Costello, duos de comiques américains et plus près de nous, les belges Les Frères Taloche.

APP : Y-a-t-il une influence Deschamps/Makeïff dans ton spectacle ?

PT : Pas vraiment. Mais celle de Patrice Thébaud oui ! (rires). Des proches qui ont vu le spectacle me disent qu’il y a de leur influence. Moi je dirais influencé par le comique d’un Jacques Tati, d’un Louis de Funès, d’un burlesque comme Buster Keaton et d’un Jerry Lewis, parce qu’ils ont bercé mon enfance. Le souvenir d’être allé voir avec mon grand-père les films de Chaplin, partageant nos éclats de rire et nos émotions au même moment. Certes, dans ma carrière, Jérôme Deschamps a été le premier à me pousser, et chez lui j’y ai apporté mon univers, celui de pouvoir exprimer sur ce que je savais faire depuis tout petit.

APP : Comment réagissent les 7 à 77 ans à ton Cocorico ?

PT : Avec un immense plaisir au fond du cœur. Moi je dirais un public de 4 à 98 ans (rires). Je peux te certifier que l’enfant de quatre ans tient le coup jusqu’à la fin du spectacle qui dure 1h30. Et là, c’est ma plus grande fierté. Entendre ces rires, c’est fabuleux, ce n’est que du bonheur. Avoir cette communion entre tous les âges, cela fait chaud au cœur et me conforte dans mon état d’artiste. Il faut dire aussi que le spectacle, je l’ai fait pour mes deux enfants qui à l’époque avaient neuf et cinq ans, afin de les faire rire et éduquer leur regard, pour qu’ils voient le monde avec humour et philosophie comme ont su si bien le faire mes grand-pères envers moi.

APP : Certains peuvent être dubitatifs par spectacle sans paroles. Que voudrais-tu leur dire pour les convaincre à venir le voir ?

PT : C’est un spectacle pour rire et s’émouvoir, où l’on fait la connaissance d’un petit garçon qui a trop vite grandi et qui enchaîne les bêtises. C’est riche de poésie, de tendresse et d’humour. Cocorico réhabilite le rire franc et universel avec des saynètes généreusement loufoques. Deux personnages muets, l’un facétieux débordant d’inventivité et l’autre, musicien multi instrumentiste, explosif, qui avec ses airs de souffre-douleur terrorise l’autre. Cocorico, c’est la musicalité du corps, un hommage au burlesque ancien qui remonte à l’origine du cinéma muet.

 

Cocorico de et par Patrice Thibaud et Philippe Leygnac – 16 et 17 mars à 20h30 – Théâtre de Bayonne 2D7D2AC6-531E-45BD-B225-48AA9717A9CC[3]

Tarifs : 24, 20 et 15€

Réservations : 05 59 59 07 27 et www.snbsa.fr

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 16 au 22 mars 2012.

 

 

 

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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