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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 11:52

Festival Dames des Aulnes : la magnificence du classique.



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Fier de sa 16ème édition, le Festival de La Dame des Aulnes s’enorgueillit d’avoir acquis grâce à l’association Kliho, une solide renommée. Et le lieu emblématique de ce festival demeure l’église de Notre-Dame d’Halsou datant du XVIe siècle. Un festival où nul autre pareil qui réunit tous les mélomanes avertis, aficionados et profanes, qu’ils soient jeunes ou moins jeunes. 16 années d’un beau partage musical et le faste du classique. Un rendez-vous incontournable. C’est le cas pour Raphaël Pidoux violoncelliste et Emmanuel Strosser, pianiste que j'ai interviewé.

 

APP : Raphaël, quel a été ton éducation musicale ?
RP: De parents musiciens, j’ai choisi le violon puis le violoncelle. Mon père m’a appris à jouer de cet instrument, car j’étais son seul « débutant ». Ma mère avait une oreille qui traînait sur mon travail quotidien, je n’en ai pas souffert, c’était motivant. Puis l’apprentissage avec mes professeurs comme Philippe Muller, Christophe Coin, Janos Starker, Menahem Pressler et le Quatuor Amadeus.
APP : Tu enseignes au CRR de Paris, mais comment abordes-tu ton rôle de transmission et celui de professeur ?
RP : On ne peut pas jouer sans enseigner. Une transmission réussie, c’est amener l’élève à l’autonomie. Qu’il puisse vite se détacher de son professeur est un gage de réussite. Pour autant, l’exigence et une certaine forme de liberté sont nécessaires. Former le goût musical est important de nos jours, tous les styles de musique sur plus de trois siècles sont joués. Dans notre métier, c’est le compositeur que l’on met en valeur, pas forcément l’artiste.
APP : La musique de chambre tient une place importante dans ta carrière. Pourquoi ?
RP : Parce que l’égo n’a pas de place dans un Trio ou une Sonate. N’est-il pas plus difficile de travailler en équipe qu’en solo ? Le partage et le respect n’est pas forcément le plus naturel chez l’homme ?
APP : Quel sera le programme à l’église d’Halsou le 26 Juillet ?
RP : Quatre chefs-d’œuvre ! La musique de chambre, c’est souvent là où les compositeurs mettaient le meilleur d’eux-mêmes. Ils jouaient aussi leurs propres œuvres en concert, ils ne pouvaient donc supporter une maladresse ! Beethoven, c’est la bible, les premières sonates importantes pour le violoncelle et un chef d’œuvre absolu. Debussy évoquait l’exception française, les couleurs, les parfums et la grâce. Zoltan Kodaly, rarement joué, c’est du parfait, à la fois nostalgique et délicieusement, fiers comme aiment l’être les Hongrois. Brahms, c’est la puissance et la passion. Le violoncelle ressemble ici aux cuivres et se déchaîne dans toute sa tessiture.
APP : Selon toi, que faut-il faire pour rendre la musique classique accessible à un public plus large et aux jeunes en particulier ?
RP : Ne pas leur mentir ! Et une rigueur pour en jouer ! Mais la partager est si simple dès lors qu’on écoute, visualise et perçoit le travail d’un musicien. Ouvrir les salles de concert à un format plus court, créer l’événement. Mais aussi faire chanter et battre la mesure resterait finalement le meilleur des apprentissages si les rénovateurs des hautes sphères n’en décidaient pas autrement !

APP : Et toi Emmanuel, quelle a été ton éducation musicale ?
ES : Pas des plus classiques. Le conservatoire de Strasbourg, ma ville natale, et le CSNM de Paris où j’ai poursuivi mes études dans les classes de Jean-Claude Pennetier (piano) et Christian Ivaldi (musique de chambre), deux personnalités que j’ai beaucoup admiré en tant qu’étudiant et heureux aujourd’hui de les avoir pour amis.
APP : La musique de chambre tient une place importante dans ta carrière : pourquoi ?
ES : Tout simplement parce que je ne peux passer ma vie seul devant un piano. J’aime le partage musical, me nourrir du talent de mes partenaires. Le piano est un instrument de solitaire donc absolument nécessaire de faire le plus possible de musique de chambre pour goûter pleinement le plaisir absolu. Je pense aussi que cela me fait progresser dans la pratique solo du piano.
APP : Et ta relation quotidienne avec le piano ?
ES : Prendre beaucoup de plaisir à jouer avec lui. Il fut un temps où cela m’ennuyer de me lever tôt le matin et d’être au piano toute la journée. A présent, je me sens incroyablement privilégié de pouvoir faire ce que j’aime et en vivre.
APP : Tu joues dans des Formations de structure très différentes : orchestre, duo, quintette, solo… Pourquoi autant de diversité ?
ES : Parce que le piano le permet, donc pourquoi s’en priver ? Je pense d’abord aux œuvres que j’ai envie de jouer, peut importe la Formation. Quelle chance de pouvoir passer d’un concerto de Ravel à un lied de Schubert, d’un trio de Beethoven à un prélude de Chopin. Le piano n’est peut-être pas le plus « bel » instrument comme peuvent l’être le violoncelle ou le violon par exemple, mais c’est assurément le plus riche quant aux possibilités de répertoire, de formation. Je suis heureux de cela, même si la tâche est immense et qu’une vie ne suffirait pas pour jouer tous nos trésors musicaux.

16ème Festival de Musique Classique La Dame des Aulnes - 26 juillet à 21h - église d’Halsou

Tarifs : 20 € / 5 € Places numérotées

Réservations : 05 59 93 23 37 ou ventre des billets 1h avant le concert

 

Article paru dans 'la Semaine du Pays Basque' du 19 au 25 juillet 2013.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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