Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 20:14

Les liaisons dangereuses de Malkovich séduisent hautement !

 

43be0c04-3c74-11e1-9ebd-eaf60b90cb37.jpg  © Cosimo Mirco Magliocca.

 

Pas de têtes d’affiche, mais de jeunes comédiens au talent prometteur qui servent fort bien l’œuvre de Choderlos de Laclos : « Les Liaisons dangereuses ». John Malkovich, le metteur en scène a respecté la beauté de la langue française du XVIIIème siècle tout en restant fidèle à la tradition romanesque. Il a choisi Yannik Landrein pour être Valmont et Sophie Barjac pour Madame de Rosemonde. Je suis allé à la rencontre du libertin cynique et séducteur dont le cœur n’a jamais été conquis et de sa généreuse tante. Entretien.

 

APP : Bonjour Sophie. C’est donc à nouveau ton retour sur les planches avec le rôle de Madame de Rosemonde, la très officielle tante du libertin séduisant, le vicomte de Valmont des « Liaisons dangereuses ». Un grand bonheur pour toi en somme ?

SB : Oui, un vrai bonheur ! Une belle aventure qui a débuté en novembre 2010 par les auditions et répétitions. On a réellement joué toute la saison 2012 au Théâtre de l’Atelier à Paris. Egalement une semaine à Washington. Actuellement nous sommes en tournée dans toute la France et la Suisse, avec une halte à Biarritz, et une semaine à New-York dès le 14 juillet.

APP : Après d’étroites et fidèles collaborations avec Roger Planchon qui était le directeur du TNP Jean Villar à Villeurbanne et de Marcel Maréchal directeur de théâtres à Lyon, Marseille et Paris, c’était comment avec John Malkovich ? Sa mise en scène ? Son regard sur les comédiens ?

SB : Deux remarquables directeurs de théâtre et l’immense plaisir d’avoir été dirigée par eux. John Malkovich a un vif enthousiasme et une maestria incontestable. J’adore écouter et lire ses notes. Il est magnifique ! C’est gênant de parler de lui en ces termes, mais je ne lui trouve que des qualités (rires). Un homme érudit, généreux, qui porte toujours un regard bienveillant sur les autres. Il connait bien les comédiens, puisque lui-même acteur. Il nous a laissé une totale liberté tout en nous guidant. Beaucoup de points communs avec Planchon et Maréchal, qui sont de vrais gens de scène. Un bienfait pour la comédienne que je suis.

 

APP : Yannik, comment as-tu été choisi pour interpréter le débauché Comte de Valmont ?

YL : J’ai passé comme toute l’équipe de longues auditions, étendus sur de longs mois ! Pour la petite anecdote, c’est qu’au départ, j’étais simplement venu donner la réplique à une amie qui passait pour le rôle de Madame de Merteuil. Justine Heynemann qui était en charge du casting et Fanette Baraya, l’assistante de John m’ont fait revenir. Et cinq mois plus tard, après avoir auditionné quelques 300 comédiens, d’après ce que l’on m’a dit, on me confiait le rôle de Valmont.

APP : Est-ce jubilatoire mais aussi un peu casse-gueule de recréer ce personnage après les inoubliables Gérard Philippe, Colin Firth et ton metteur en scène John Malkovich ?

YL : Je dirais jubilatoire, excitant, extraordinaire. Casse-gueule, pas tant que ça ! Je crois qu’il est plus casse-gueule d’avoir à s’auto-présenter. Plus sérieusement, c’est vrai que la pression fut forte, pas parce que de grands noms ont interprété ce rôle avant moi, mais davantage de ce que le personnage de Valmont est aussi formidable que difficile à cerner, à comprendre, et donc à jouer. Le fait que de grands acteurs l’aient joué avant moi prouve simplement qu’il s’agit d’un grand rôle. Je pense que le poids du risque reposait surtout sur les épaules de John, puisque c’est lui qui a choisi de confier ce rôle et cette pièce à de jeunes comédiens inconnus, excepté Sophie Barjac. J’ai aussi envie de dire que Philippe, Malkovich et Firth ont immortalisé Valmont au cinéma. Mais aucun acteur ne s’est démarqué dans ce rôle au théâtre, donc le Panthéon est encore vierge. Je n’avais pas évidemment le sentiment de recréer le personnage.

APP : Que penses-tu de l’adaptation pour le moins atypique et inattendue, avec une mise en scène décalée et saupoudrée d’astucieuses touches de technologie ? Quel directeur d’acteurs est John Malkovich ?

YL : On nous parle souvent de cela, et d’une certaine manière ça nous surprend toujours. En réalité, on utilise les téléphones peut-être 5 à 10 mn pour 2h30 de spectacle (public, je vous invite à regarder l’affiche) et c’est un peu dommage qu’on se souvienne surtout de ça comme étant l’idée de John. Ce qu’il voulait raconter, c’est que le monde n’a pas changé depuis 1782, et peut-être même depuis bien avant. L’utilisation de la technologie moderne n’est qu’un signe pour souligner que l’amour et la guerre, la passion et la mort sont intimement liés depuis toujours et pour toujours. Et c’est une volonté de dire que ce qui est beau dans cette œuvre, c’est bien sur la forme, c’est-à-dire, les lettres, mais aussi le fond, qui est aussi infiniment riche, danse et intense. Ce qui a choqué les lecteurs du XVIIIème siècle, ce n’était pas la forme épistolaire, c’est qu’on parlait d’eux comme ça n’avait jamais été fait auparavant. Ces aristocrates aux mœurs plus que libertines. John nous a invités à nous approprier l’œuvre et nous a accompagnés avec douceur, délicatesse et une intelligence rare.

 

Les Liaisons Dangereuses – 25 mars à 20h30 – Gare du Midi Biarritz  gareBiarritz-e751c

Tarifs : de 34 à 48€

Réservations : 05 59 22 44 66  et www.entractes-organisations.com

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 22 au 28 mars 2013.


Partager cet article

Repost 0
Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
commenter cet article

commentaires

Alan 26/03/2013 17:10


Article partagé sur la page Facebook de Sophie Barjac ! Merci !
http://www.facebook.com/pages/Sophie-Barjac-comédienne/103538843117985


 

L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

Sans titre 5

Rechercher

WALL SNICKER

Catégories