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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 20:41

OHX_7427.JPG©Olivier Houeix.

 

Cendrillon : c’est séducteur, olympien !

Que dis-je ? C’est exceptionnel.

 

Sous l’angle de la simplicité, privilégiant émotions, sentiments et humour, Thierry Malandain fait de sa « Cendrillon » une femme actuelle. Le chorégraphe a réussi à déployer un style dans une harmonie entre modernisme et classicisme, l’histoire et le monde d’aujourd’hui. La féérie toujours au rendez-vous. Ce ballet conte de fée avant-gardiste, mêle avec une verve rassise et appliquée, une écriture chorégraphique musicale et narratrice. Sur la musique de Prokofiev, la Cendrillon de cette version se révolte plutôt qu’elle ne subit : le chorégraphe s’interroge ainsi sur la part d’enfance en chacun de nous. L’héroïne, définitivement contemporaine, a, depuis sa création, conquis le monde et subjuguera sans nul doute, le public de Biarritz à la Gare du Midi du 20 au 22 décembre. Thierry Malandain, chevronné et inventif chorégraphe de son époque, (mais aussi le plus captivant et fascinant), redonne en 2013, une nouvelle couleur à ce ballet initialement chorégraphié par Frederick Ashton en 1948 avec Moira Shearer (danseuse et actrice) et en 1965 avec Margot Fonteyn pour le rôle titre. Un bel hommage aux jeunes filles et au mythe de Cendrillon, qui se veut drôle et romantique à la fois. « Ce n’est pas seulement un personnage de conte de fée, c’est aussi un être vivant qui ressent des choses et dont le sort nous émeut », avait dit Prokofiev. Malandain joue le naturel pour nous dévoiler ce superbe conte. Sa Cendrillon nous ouvre son univers, à la recherche de reconnaissance et d’amour.

Entretien avec le prolifique chorégraphe.

 

APP : Thierry, sous quel angle as-tu souhaité révéler ta chorégraphie pour « Cendrillon », ta dernière création ?

TM : Principalement sous l’angle de la simplicité en privilégiant toutefois les émotions, les sentiments, l’humour aussi. Ma Cendrillon est une féérie, elle appelle le spectaculaire, mais parfois un rien suffit.

APP : Quelle est ta version du conte par rapport à celles de Rudolf Noureev, Maguy Marin, Jean-Christophe Maillot et de Philippe Lafeuille avec sa Cendrillon ballet recyclable ?

TM : J’ai eu l’occasion en 1988 de chorégraphier les divertissements de la Cendrillon de Jules Massenet. Dans cet opéra, la fée est sans cesse entourée d’elfes. Elle apparait également comme l’esprit de la mère de Cendrillon. J’ai utilisé ces aspects, ce qui fait que je démarque complètement des références connues et applaudies.

APP : Pourquoi ton choix des interprètes s’est-il penché sur Miyuki Kanei et Daniel Vizcayo ?

TM : Ils dansent l’un avec l’autre depuis Lucifer et Le Spectre de la Rose, ce qui signifie qu’ils se connaissent bien dans le travail. Par ailleurs, non seulement physiquement, mais du point de vue sensibilité, je trouve qu’ils se ressemblent. Bref, ils vont très bien ensemble (rires) et sont très authentiques.

APP : Avec ce conte de Perrault, t’es-tu interrogé sur la part d’enfance qui est enracinée dans chacun d’entre nous ?

TM : Non, pas vraiment. J’ai écouté la musique, puis réalisé la chorégraphie très rapidement, avec un esprit d’enfance sans doute, mais tout naturellement.

APP : Tu restes fidèle à la composition théâtrale de Cendrillon, en explorant certains thèmes qui te sont chers. Lesquels par exemple ?

TM : Oui, certainement, je reste fidèle à l’histoire de Cendrillon de la manière dont Prokofiev la raconte, la traduit musicalement. En fait, Il n’y a pas plus de messages que dans le conte. C’est pourquoi, à la fin, les deux méchantes sœurs, devenues bonnes, je ne sais pas pourquoi, reviennent avec un livre ouvert sur le texte de Perrault. Car cette histoire que tout le monde connait par cœur est dans l’esprit de tout le monde. Cendrillon, c’est le parcours d’une étoile, une étoile qui danse. Je vous emmène sur le chemine de l’Accomplissement. Celui qui passe par le doute, le rejet, la souffrance, l’espoir, pour atteindre enfin la lumière. Par cette vision faite de cendres et de merveilleux, tantôt tragique, tantôt comique, s’écrit quelque chose d’universel.

 

Du 20 au 22 décembre à 17h, 19h et 20h30 – Cendrillon par le Malandain Ballet Biarritz – Gare du Midi à Biarritz

Tarifs : de 10 à 36€

Réservations : 05 59 22 44 66  et points de vente habituels

Informations : 05 59 24 67 19

 

Cendrillon----Olivier-Houeix.JPG©Olivier Houeix.

 

Au regard du succès rencontré, une soirée supplémentaire est proposée au public le jeudi 19 décembre à 19h à la Gare du Midi à Biarritz.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 13 au 19 décembre 2013.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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