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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 00:03

Chambres d’hôtels Une attraction magistrale du geste et du récit !

 

Des espaces dans un univers singulier, des êtres aimants et se détestant. La solitude pesante, un vent de polar, une chorégraphie qui travaille dans les mots et l’énergie dans l’émotion. La chambre d’hôtel peut devenir le lieu parfait pour retrouver son souffle. Dans « Chambres d’hôtels » la chorégraphe Valérie Rivière a conçu un ballet composé de trois pièces courtes qui offre différents regards sur la vie de trois femmes en un thriller amoureux. Liberté dans l’imaginaire, dans l’amour et la solitude, avec la sensualité comme moteur de survie.

Ce spectacle sera au Théâtre de Bayonne, le 4 juin à 20h30, interprété par des danseurs de tempérament !

Entretien avec Valérie Rivière.

 

Ch-4.4-PP.jpgAPP : Qui est Valérie Rivière ?

VR : Je suis chorégraphe pour la Compagnie Paul les Oiseaux qui a fêté ses 25 ans d’existence en 2012. J’ai commencé mes études de danse au Conservatoire National de Région de Bordeaux de 1974 à 1978. Puis d’autres études de danse à Monte-Carlo, ensuite Bruxelles. Et là est né un attachement particulier pour la chorégraphie. En toute modestie, j’ai signé seize pièces chorégraphiques.

APP : Que se passe-t-il dans les chambres d’hôtels : 26 à Berlin, 360 à Vancouver et 4 à Hanoï ?

VR : J’ai souhaité aborder l’univers du polar, raconter une histoire en évitant le piège de la narration. J’ai pensé que la danse pouvait amener une lecture émotionnelle qui contrerait cet écueil. Il y a donc l’univers singulier des chambres d’hôtels réalisé par Claudia Jenatsch. Un intérieur cerné par un extérieur, un lieu frontière, anonyme, où le temps et l’espace sont les liens invisibles des personnages. Les évènements glissent les uns dans les autres, éclatent les rêves de chacun, l’amour, la mort, la solitude de tous. La chambre 26 se trouve dans une pension de famille, habitée par la présence d’une femme au bord d’elle-même. Elle s’appelle Clarisse. Seul le fil du téléphone la relie au monde. Lentement, le doute et l’illusion enveloppe son histoire. La chambre 26 est la clé de ce drame engagé. La chambre 360 abrite un couple infiniment amoureux. Mais plus tard, la fatigue et l’ivresse ne laissent entre eux que le fil tendu de la vérité. Le téléphone sonne… la violence succède à la passion. A 6 726 miles de là, dans la moiteur d’une fin d’après-midi, il pleut sur Hanoï. Rangée du monde, Wendy, seule, se languit pour une autre femme. Elle a dégoupillé ses grenades et pense tirer les ficelles du bout de ses doigts. Mais soudain, tout explose… sans un bruit.

APP : Comment est née ta rencontre avec l’auteur Timothée de Fombelle ?

VR : Lors d’une représentation d’un spectacle jeune public que j’avais écrit en 2055 « Game Over ». Cette rencontre nous a mené vers une première collaboration pour l’écriture de monologues sur le spectacle « Ocean Air ». Ensuite, je lui ai demandé de m’accompagner pour les Chambres d’Hôtels. Je me suis retournée… il était là ! Tous deux, nous avons un véritable échange artistique. J’ai beaucoup de respect pour cet auteur qui est tellement à l’écoute et il est si magnanime.

APP : Dans tes gestuelles, joues-tu sur des oppositions, des explorations sensorielles, des gestuelles abstraites qui attirent vers le haut ou celles concrètes qui attirent vers le sol ? Tes danseurs trouvent-ils un mode ludique à leur état ?

VR : Je dirai plutôt que la pensée chorégraphique s’inscrit dans une logique cinématographique. Les textes de l’auteur sont ma musique. La danse travaille dans les mots, l’énergie dans l’émotion. La scénographie impose un espace mental à la danse. L’éblouissement des sentiments, plus forts que tout, asservissent l’intime. Je considère mes danseurs aussi comme des acteurs et en ce sens, nous avons exploré l’idée qu’ils étaient par leur corps, les voix off de leur personnage. Mais c’est vrai, j’affectionne une danse d’atmosphère, d’humeur, où l’intime et la sensualité ont la part belle.

APP : Que dire de ces six voix off, dont celle de la talentueuse actrice Cécile de France et de la composition musicale qui accompagnent « Chambres d’Hôtels » ?

VR : Au même titre que la danse, avec Guillaume Siron, à qui j’ai confié l’univers musical de « Chambre d’Hôtels », nous avons fait le choix d’une ambiance sonore cinématographique. Nous avons travaillé dans une forme d’hyper réalisme, tant sur les évènements qui se passaient dans les chambres qu’à l’extérieur. Il y a aussi une grande application sur les enregistrements des voix et c’est vrai que la distribution est plus que prestigieuse. Il y a évidemment Cécile de France pour le personnage de Clarisse, mais aussi Stephan Wojtowicz pour l’interprétation du « privé », Laetitia de Fombelle jouant Wendy. Il a fallu faire exister les huit personnages qui traversent ce polar chorégraphique sans oublier le supplément d’âme que nous livre Bashung, La Callas, Patty Smith…

 

Chambres d’Hôtels – de Timothée de Fombelle – chorégraphie de Valérie Rivière – le 4 juin à 20h30 – Théâtre de Bayonne

Tarifs : 18€ - carte saison : 16€ - moins de trente ans, Maimorables : 12€   2D7D2AC6-531E-45BD-B225-48AA9717A9CC[3]

Réservations et informations : 05 59 59 07 27  ou www.snbsa.fr

Dans le cadre des Maimorables

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 24 au 30 mai 2013.


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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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