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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 22:58

Yannick Daguerre… Une personnalité du monde de l’orgue !

 

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Yannick Daguerre, organiste et professeur au Consevatoire de Montmorency, a accdepté cet entretien afin de nous éclairer sur sa passion pour ce magistral instument d’église par excellence. Il sera en concert samedi 20 août à 19h30 à la Cathédrale de Bayonne. Je tiens à le remercier pour sa gentillesse et sa disponibilité.

 

APP : Bonjour Yannick. Tu es l’un des organistes compositeurs français qui monte ! Qui plus est, un descendant de la « dynastie Daguerre » : un père jazzman et un oncle chef d’orchestre… En quelques mots quel est ton parcours musical ?

YD : Mais aussi ma maman Martine Baujoud (hélas trop tôt disparue) qui a eu son succès avec ses chansons « A quoi sert d’aimer », « Hey man » paroles de Jacques Brel, « Mr Charlie Chaplin ». Oui, je suis tombé dans le chaudron musical tout gamin (rires). Grâce à eux, j’ai aimé, écouté et respecté différentes musiques. Alors fatalement, j’ai appris le solfège et le piano dès mes quatre ans. Puis élève dans différents conservatoires jusqu’à mes 28 ans, l’âge où je suis sorti du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Mes doigts ont caressé les touches de l’orgue à 14 ans et obtenu mon premier poste d’organiste à 16. Dans le même temps, j’ai accompagné des artistes de variétés, interprété du jazz et autres musiques. Aujourd’hui titulaire d’une tribune importante à la collégiale de Montmorency et professeur d’orgue au Conservatoire de cette même ville.

APP : L’orgue, magistral instrument d’église par excellence, serait-il l’image de ton goût pour la musique sacrée ou celui d’une croyance religieuse ? En quelle année as-tu été titulaire des orgues de Montmorency ?

YD : En 1998. Ce bel instrument, tant sur le plan sonore que visuel m’a évidemment attiré. J’ai toujours ressenti cette vibration pure côté religion. Il me permet de faire coexister des événements spirituels et essentiels.

APP : Comment as-tu été habité par la passion de l’orgue ?

YD : Par hasard. Mes parents avaient un disque de J.S.Bach par Carl Weinrich, grand organiste des années 60. Une révélation pour moi. Un prêtre d’un village où je passais mes vacances m’a demandé d’accompagner une messe de Noël. Ah ! Ce fut une grande première ! Ce bel et gigantesque instrument devant moi me comblait d’aise, mais quelle frousse ! (rires). Puis la rencontre de personnalités telles que mon mentor Mgr Joseph Roucairol (chanoine, titulaire des orgues de la cathédrale de Montpellier), mes professeurs Charles-Léon Koehlhoeffer, Susan Landale, Michel Chapuis, Michel Bouvard et Olivier Latry. À leur contact, c’est clair que j’étais gagné par la ferveur !

APP : Quel sera ton programme à la Cathédrale de Bayonne, dont tu es l’enfant chéri des rencontres musicales dans ce lieu sacré, samedi 20 août ?

YD : On dialoguera avec le hautbois de Jérôme Curt, la trompette de Marie-Sophie Mathieu et orgue en première partie. Pour la seconde, orgue seul avec le grand prélude et fugue en la mineur BWV 543 de J.S.Bach. Le célèbre canon de Pachelbel, une pièce d’Olivier Messaien extraite de l’Ascencion, les Litanies de Jehan Alain, l’Ave Maria de Gounod, une magnifique méthode composée sur un prélude de Bach et une de mes compositions Miles Davis Variations, écrite en hommage à ce grand musicien.

APP : Devant la partition, es-tu « direct » avec l’écriture ou réfléchis-tu mûrement tes compositions ? Et la sonorité d’un orgue ce serait l’instrument plus une acoustique ?

YD : Une idée qui arrive et qui se développe. Puis la longue réflexion avant l’écriture et l’exécution. Celle-ci peut également surgir d’une improvisation. La composition, c’est manifestement différent, structurée, une forme qui va occuper un espace bien défini et que l’on couche sur la partition. Un peu comme un enfantement. Une fois née, elle devrait vivre dans sa continuité. Tout dépend de l’appréciation du public qui dira si l’œuvre est acceptable ou non ! Pour moi écrire une partition, c’est quelque chose dont je ne pourrais me passer, c’est profond en moi.

APP : On dit que l’orgue contient plusieurs jeux… Alors plus à l’aise sur un petit instrument que sur un géant ?

YD : Bien entendu, l’acoustique de l’édifice y est pour beaucoup dans la sonorité finale de l’instrument. Un orgue de petite dimension peut être aussi surprenant qu’un orgue colossal. L’organiste doit savoir choisir le répertoire approprié à l’instrument, au lieu et à la circonstance. Je suis heureux sur divers orgues. Mais je dirais que pour avoir la sensation d’être à l’aise dans le sens « sûr de soi », il faut considérablement travailler.

APP : Dernière question avant de nous séparer en te remerciant de t’être aimablement prêté à cette interview : quels sont les orgues qui t’ont le plus marqué ?

YD : Mais je te retourne la politesse. L’orgue sur lequel je suis titulaire est rond, puissant, capable d’approcher tous les répertoires avec dignité. Il me convient parfaitement et me donne l’occasion de rendre hommage à mon facteur d’orgue Bernard Dargassies. J’ai une grande admiration pour l’orgue de Notre-Dame de Paris où je dois faire une prestation en janvier 2012. L’orgue par excellence. Récemment, j’ai découvert celui de Baïgorry à l’occasion d’un concert donné en avril dernier, et j’ai demandé à son créateur Rémy Malher qu’il réalise cet instrument pour l’église de l’Isle-Adam (Val d’Oise) où je suis organiste. Ceux de Sainte-Eugénie et Saint Martin à Biarritz, et de la cathédrale de Bayonne qui, une fois restauré, sera sans nul doute l’instrument incontournable de la région.

 

Yannick Daguerre organiste Cathédrale de Bayonne 20 août à 19h30

Entrée libre

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 19 au 25 août 2011.

 

DSCF0186.JPG© Alicia Snicker.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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commentaires

Raphaël Tambyeff 16/09/2011 20:05



Bonjour,

J'écris ce mail à l'attention de Monsieur Alain-Pierre Pereira qui a consacré dans "La semaine du pays basque" du 26 août un article admirablement rédigé, qu'une amie d'Anglet m'a lu, au sujet du
concert de clôture des participants de l'académie d'orgue d'Anglet que j'ai le  bonheur de diriger. Je tiens donc à remercier Monsieur Pereira d'avoir contribué à favoriser l'information
musicale et artistique de la région.

Raphaël Tambyeff.
Je vous prie d'accepter Monsieur, l'expression de mes bien cordiales pensées.



L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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