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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 21:23

MORIARTY… entre espoir et désespoir sur la route du succès !

 

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The Missing Room est le deuxième album de Moriarty, un sextuor qui démarre fort avec ses compos ludiques et innovantes, entre blues folk, country coriaces et sans faille, qui annoncent tout de suite la couleur ! L’harmonica est bien en place, guitares, piano, contrebasse et percussions sont subtiles et trempées : un vrai régal ! Un groupe qui monte en force, tant musicalement que par la voix de Rosemary Standley, enveloppante et chaude prenant des couleurs et des rondeurs exceptionnelles. Celle qui vous emporte, avec son timbre particulier, éraillé, magnifique. Disons que cet album marque un tournant infrangible dans la vie de Moriarty qui sera à la Gare du Midi samedi 18 février à 20h30. Leur nouveau CD enregistré comme si les musiciens avaient joué sur une grande route qui mène nulle part, simplement, sans prouesses techniques autres que la spontanéité. Cela donne un son quasi aérien, une légèreté brutale où l’on prend les chansons comme elles viennent, en pleine tronche, sans recul. L’émotion contenue dans nombre d’entre elles fait dresser l’oreille et l’on tombe sous la force et l’attrait de « I will do », « Beasty Jane », « How many tides », « Decat », « Mah Jong », et pour l’harmonica de Thomas dit Kid The Dark Line. Des musiciens qui ont une personnalité si hors normes et asymétrique qu’il est difficile de classer leur style, mais en les écoutant on est groggy ! Interview à cœur ouvert et authentique avec le contrebassiste Stephan, alias Zim Moriarty.

 

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"Zim" Moriarty lit "la Semaine du Pays basque" dans le hall de la Gare du Midi à Biarritz...


APP : Hello Zim. Alors qui sont Rosemary, Thomas, Charles, Arthur et Vincent du groupe Moriarty ?

Z : Bonjour à toi également. Six têtes d’une hydre schizophrène et bi-nationale ! (rires).

APP : Entrons dans le vif du sujet veux-tu… Qu’est-ce qui différencie votre 2ème album d’avec le 1er « Gee Whiz but this is a lonesome town ?

Z : Gee Whiz a été enfanté plus ou moins douloureusement dans le grenier d’une ferme près de la tombe de Merlin l’Enchanteur. C’est une collection de lettres perdues, histoires d’exils volontaires ou forcés, c’est un CD du matin. Quant à The Missing Room, lui a été enfanté sans douleur ou presque dans une grande caverne au fond d’une cour de Pigalle. Il représente une série de scènes échappées d’un film noir, dont les personnages sont prisonniers d’un mécanisme tragique et absurde. Lui, c’est un CD de nuit.

APP : Peut-on dire qu’avec ce deuxième opus Moriarty a acquis plus de maturité, que ses tonalités sont plus électriques, qu’il s’est éloigné des ballades d’antan ?

Z : Ses chansons restent des ballades, des histoires comme avant. On peut toujours les chanter avec une guitare acoustique, et un harmonica. Mais le son du groupe s’est hérissé sans doute à force de tourner de concerts en festivals et de se charger d’électricité statique. Alors est-ce une preuve de maturité ou d’immaturité salutaire … ?

APP : Penses-tu que le groupe a donné un second souffle à la musique folk en France ?

Z : Un souffle au cœur peut-être ! (rires).

APP : Serais-tu d’accord avec moi si je dis que vos chansons sont intemporelles et contemporaines ?

Z : Le temps est une illusion, donc tu as raison.

APP : Qu’a voulu accomplir Moriarty avec ce deuxième album ?

Z : Survivre à un naufrage. Construire un radeau de fortune. S’imposer des règles de survivance. Et naviguer à vue.

APP : Vos chansons sont du domaine du ressenti, des notes sur des choses complexes, le désert de la vie, l’espoir et le désespoir, une chambre qui n’existe pas… Pourquoi ces choix ?

Z : Les thèmes ne sont pas choisis, mais ils s’imposent. C’est ce qu’il reste lorsque la mémoire décante les expériences accumulées en trois ans sur les routes. Tout ce qui n’est pas résolu. Dans les hôtels au Japon et en Chine, il manque les chambres dont les numéros finissent par 4 et 9. Pourquoi ?

APP : Mais dans tout cela, quel serait le message d’espoir de Moriarty ?

Z : Chi vive sperando muore cantando (qui vit dans l’espoir meurt en chantant) qui est un proverbe italien.

 

Moriarty c’est la force brutale et sombre d’où émergent des compos à la fois vivantes et nostalgiques, nous cédant un folk concis, sobre et élaboré à la fois. On se laisse dériver allègrement sur des accords qui sonnent justes. Ca cogne en diable ! Certes, un concert marqué du sceau du talent, alors pourquoi ne pas … CD à la tentation ?

 

Moriarty – Gare du Midi – 18 février à 20h30 avec Maialen Errotabehere accompagnée de Philippe Albor et David Usabiaga. Biarritz Gare du Midi

Tarifs : 29,60 et 27,60€

Réservations : 05 59 22 44 66

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 17 au 23 février 2012.


© Alicia Snicker.



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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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