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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 23:16

La tête ailleurs... ou l'histoire d'un voyageur immobile.

 

"La tête ailleurs" (en salle depuis le 8 décembre 2010) c'est l'histoire d'une vie entière sclérosée dans l'impulsion. Film lucide où son héros asocial et singulier médite sur le désir d'ailleurs, mais le corps cloué au sol !

Premier long métrage de Frédéric Pelle, où s'accolent pensées chagrines et réflexions existentielles. Je souhaitais le rencontrer.

 

APP : Bonjour Frédéric. Quel a été votre parcours jusqu'à la réalisation de votre premier film ?

FP : Après mes études de commerce à Bordeaux, j'ai suivi une formation au Conservatoire libre du Cinéma Français. Très vite, j'ai pourvu des postes tels que machiniste, régisseur, assistant réalisateur. En 90 j'ai réalisé mon premier court métrage "y'a les clés !" tourné à Biddaray et Saint-Jean-Pied-de-Port. Une belle expérience, prématurée mais enrichissante ! En 97, naît ma boite de production "Bianca Films" en association avec mon ami Pascal Lahmani. Tous deux avons réalisé des courts métrages et documentaires en alternance avec des projets télévisuels.

APP : "La tête ailleurs" est le scénario du roman de Laurent Graff "Voyages, voyages". Comment est né le désir de parler d'un homme qui plaque tout pour partir vers une destination inconnue, la tête pleine de rêves ?

FP : De 2000 à 2006, j'ai réalisé une série de six courts métrages d'après les nouvelles de l'écrivain américain Stephen Dixon. Celles-ci reliaient des personnages récurrents et portaient le nom de "la vie est une blague". Après de longs mois de recherche, j'ai découvert "Voyages, voyages" de Laurent Graff qui m'a intrigué autant qu'attiré. Un sacré défi que de raconter l'histoire de ce voyageur immobile, fantasque, drôle, mais aussi sur la réflexion profonde de la vie que nous vivons et celle dont nous rêvons.

APP : Réaliser un film sans tête d'affiche, c'est le difficile parcours du combattant !

FP : Oui, la tâche n'a pas été aisée, parce qu'un tel sujet et un casting de quasi inconnus, je savais les difficultés encourues ; surtout financières. Pour le reste, c'est un vrai luxe de pouvoir tourner avec une équipe qu'on a choisi. Le film s'est fait dans des conditions difficiles et j'en paie la facture, vu que sa sortie souffre d'un cruel manque médiatique malgré de bonnes critiques et des sélections en festivals comme ceux de Saint-Sébastien, Le Caire, Sao Paulo, La Rochelle, Cork...C'est dur de se faire une place entre Narnia et Audrey Tautou ! (rires). Heureusement que certains exploitants aiment le film comme Jean et Corinne du "Royal" à Biarritz, mais aussi dans d'autres villes de France.

APP : Pas de stars, mais un acteur fétiche et fidèle : Nicolas Abraham qui porte le film sur ses épaules...

FP : Ah ! Un ami de 25 ans ! Il a été de tous mes courts métrages même pour celui de l'école de cinéma. L'aventure cinématographique pour moi, c'est comme une liaison humaine, la nécessité de s'entourer d'amis. Avoir proposé le rôle à Nicolas, c'est en quelque sorte le résultat d'une belle et longue collaboration. Je suis ravi de constater que j'ai eu raison de lui faire confiance parce qu'il s'est vraiment investi dans ce personnage qui est à l'opposé de ce qu'il est dans la vie. j'espère de tout cœur qu'il se fera distinguer et que collaboration perdurera. Quant à l'actrice Jade Pahn-Gia, lors du casting, elle s'est imposée tout de suite, discrètement et de façon évidente.

FP 1

APP :Diriez-vous que votre film est une observation sur le temps qui passe, celle d'une vie fugitive, une comédie douce-amère ?

FP : On peut dire cela. Mais aussi celle d'une "comédie existentielle" doublée d'une réflexion sur la vie que nous menons. Comme on en connaît la fin, forcément cela lui confère une note douce-amère ! Comment occupons-nous notre existence ? Quelle importance accordons-nous à nos rêves ? Le rêve du voyage ne vaut-il pas le voyage en lui-même ? L'imagination entrave-t-elle l'action ? Est-ce si grave de ne pas réaliser ses rêves si nous avons "bien" rêvé ? Le personnage est un rêveur invétéré qui mène la vie qu'il s'est choisie, sans frustration, sans doute moins que beaucoup !.

APP : Avez-vous des projets sous le coude ?

FP : Ma compagnie réalise actuellement un court métrage d'animation que je produis. Également une écriture à quatre mains pour un long métrage que j'espère tourner dans le pays basque.

APP : Justement en parlant du Pays basque, quelques mots sur ce pays cher à votre cœur...

FP : On dit souvent qu'il faut voir les choses de loin, prendre du recul, pour savoir les apprécier. Je vous le confirme. Je reviens dès que l'occasion se présente, notamment à chaque vacances, parce que j'adore Biarritz, Sainte-Engrâce et de Pasaia à Mundaka. Mes enfants aiment ce pays et j'en suis fort content.

 

Article paru dans 'la semaine du Pays Basque' du 17 au 23 décembre 2010.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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