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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 19:53

La contrebasse : l’éloge des émotions.

 

cornillac_la_contrebasse.jpg« La contrebasse est l’instrument le plus gros, le plus puissant et le plus indispensable de l’orchestre, le plus beau aussi ! », dit le contrebassiste. Mais bientôt l’éloge pompeux laisse affleurer les frustrations et les rancœurs du musicien et de l’homme. Et peu à peu, la haine d’abord refoulée de cette encombrante compagne s’exprime, se déchaine et explose jusqu’à la folie… Ce soliloque émouvant et drôle de l’auteur du best-seller « Le parfum », a tenu l’affiche en Allemagne pendant plusieurs années, ainsi qu’en France avec le talentueux comédien disparu, Jacques Villeret qui l’avait interprété magistralement en 1991 et le jouant plusieurs centaines de fois. Et c’est le 30 avril à 20h30 que le public basque découvrira à la Gare du Midi, Clovis Cornillac sur scène. Ce grand comédien de théâtre, devenu un excellent acteur de cinéma, revient à ses premières amours. Et il servira haut la main le texte de l’auteur Patrick Süskind, tout en rendant un hommage, peut-être à contrario, à Jacques Villeret. Clovis Cornillac incarne ce personnage d’une autre façon, donnant une nouvelle vision au texte de Süskind. Un défi qu’il a voulu relever sans vouloir s’opposer à l’acteur disparu, et il a réussi à le faire, avec la complicité du metteur en scène Daniel Benoin. Mais la tâche ne fut pas aisée tant le texte semble marqué par l’interprétation qu’en avait fait son créateur, voilà plus de vingt ans. En relisant le texte de « La contrebasse », on s’aperçoit qu’il peut être réinterprété, repensé, traduit d’une autre manière ou envisagé sous un autre angle et sans doute oser une conception nouvelle. Le comédien Cornillac est magistral, parce qu’il nous fait découvrir avec brio, les dessous de la vie d’orchestre. Mais aussi celle d’un contrebassiste qui sombre lentement vers la solitude et la folie. En filant la métaphore musicale, on pourrait dire qu’il est le chef d’orchestre de sa propre interprétation. D’un texte difficile dont il en fait saisir toutes les nuances, il tient les spectateurs de bout en bout. Voilà un acteur qui a de la profondeur ! Sans oublier le décor à l’unisson de cet enfermement, plus symbolique que réaliste, qui nous amène, par son apparent dépouillement, à l’intérieur du monde mental du contrebassiste. Personnage attachant et cocasse, qui progressivement, va révéler un tout autre visage. Un homme pour le moins singulier, dévoré par la musique, secoué dans l’existence, victime d’un amour obsessionnel et fantasmagorique. Cette petite pièce plonge dans le cynisme et l’humour mordant. Et nous accompagnons le narrateur jusqu’à la chute dans une certaine folie où se révèlent tous les vices cachés de cet instrument encombrant. C’est une humanité blessée qui se dévoile, traversant la générosité et les faiblesses d’un homme, obligeant à regarder à l’intérieur de soi. « La contrebasse », c’est un moment soutenu, ponctué de passages « du rire aux larmes ».

 

Clovis Cornillac dans « La contrebasse » - 30 avril à 20h30 – Gare du Midi Biarritz  gareBiarritz-e751c

Tarifs : de 32 à 48€

Réservations : 05 59 22 44 66 et www.entractes-organisations.com

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 26 avril au 2 mai 2013.

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Published by alain-pierre-pereira - dans THEATRE
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commentaires

LMC 23/12/2016 10:03

Un spectacle que j'aurais adoré voir ! Malheureusement j'arrive trop tard...

L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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