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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 23:22

Laurent Gérard… Une bouffée de fraîcheur et d’humanité


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Le fantaisiste Laurent Gérard arrive avec son one-man show « Gérard comme le prénom » ou un clin d’œil qui évite toute confusion avec l’imitateur célèbre, mais qu’on ne manquera pas d’évoquer à la Luna Negra le 24 février à 20h30. Un « seul en scène » drôle et vif qui relate une histoire inattendue, une amusante histoire… sa propre histoire. Une écriture plaisante et aiguisée qui permet tous les aplombs, insolences et … vérités aussi, sur un ton polisson mais sans une once de vulgarité ! Rencontre avec l’artiste.


APP : Bonjour Laurent Gérard. Parlez-nous de votre spectacle « Gérard comme le prénom ».

LG : C’est un spectacle très intime et plaisant que je me suis offert pour mes 40 ans, parce que rompu de jouer le texte des autres. Neuf mois de gestation, mais l’accouchement n’a pas été douloureux ! (rires). Heureux aussi qu’il ait bonne presse. Seul sur scène, je raconte ma vie où défilent des personnages que j’ai croqués avec générosité ou … révolte ! Je parle d’identité, d’hommes qui se mentent, qui se cachent ou qui se laissent reclure dans des « rôles » qui ne leur appartiennent pas. Et je m’appelle Laurent Gérard et, bien sûr, il y a souvent confusion avec l’imitateur célèbre. J’assume cela en évoquant ce presque « patronyme » avec esprit et galéjade.

APP : Christophe Luthringer, le metteur en scène, met en scène… un metteur en scène ! Comment s’est passée votre relation théâtrale ?

LG : Etonné que je sois mis en scène ? (rires) Il était judicieux et important pour moi qu’il y ait un « œil » extérieur. Christophe est un metteur en scène formidable. Nous avons eu une première collaboration avec « Je t’avais dit, tu m’avais dit », un montage de textes de Jean Tardieu que j’ai joué trois cents fois. Chaque soir, on embarquait le public sur des montagnes russes ! Christophe qui me connaît humainement et professionnellement a auguré ce que je voulais traduire à travers mon spectacle. Il a tout de suite perçu ce désir très identitaire qui me ressemble, mais aussi celui d’entraîner les spectateurs dans « l’oubli de nous-mêmes ». Une flânerie imaginaire de découverte et d’émoi.

APP : Quel parcours singulier ! Réalisateur, comédien, musicien, danseur, chanteur. Dites-moi, c’est une formation à l’américaine que vous avez reçue ou tout simplement vous refusez de vous laisser enfermer dans une case ?

LG : De la même manière qu’un pianiste fait ses gammes, qu’un danseur travaille régulièrement à la barre, j’ai toujours pensé qu’un comédien devait développer son art en de multiples disciplines et j’essaie de les utiliser au mieux. Apprendre à bien placer sa voix, ressentir les émotions par les expressions corporelles ou vibrer lorsque vos doigts caressent les touches d’un piano est également essentiel. Quant à la réalisation de mon court métrage « Merci Mademoiselle », une expérience ineffaçable, récompensé par différents festivals. Je nourris aussi l’espoir d’écrire et réaliser un long métrage.

APP : Quels sont vos modèles artistiquement parlant ?

LG : Je suis tombé raide dingue en 1990 pour le one woman show de Valérie Lemercier. Véritable bombe de drôlerie, d’incarnation et d’audace. De l’admiration pour Alain Chabat, Florence Foresti, Sylvie Joly. Et pour la série anglaise « Little Britain », inconnue en France, complètement… « politically incorrect » et extravagante à souhait !

APP : On dit que vous possédez la voix nasale de Bernard Giraudeau, l’élocution précieuse hachée d’un Luchini et un petit côté Buster Keaton (acteur, réalisateur, producteur (1895-1966) surnommé « l’homme qui ne rit jamais », en contraste avec Charlie Chaplin). Flatté ou irrité ?

LG : Très flatté. C’est encourageant quand vous êtes un jeune comédien d’être comparé à des artistes talentueux et reconnus, comme le regretté Bernard Giraudeau qui lui aussi touchait à différentes formes d’expression artistique. Quant à Luchini, ça me poursuit depuis mes débuts ! Grâce à cette bonne élocution, je fais l’admiration des spectateurs âgés ! (rires). Ah ! Buster Keaton, quel génie ! Ce type était capable de prendre des risques insensés avec des cascades physiques souvent périlleuses et tout cela pour décrocher les rires ! Mais, je n’en suis pas là. Le journaliste qui a fait ce parallèle flatteur avait apprécié l’énergie physique que je déployais dans le spectacle « Je t’avais dit, tu m’avais dit ».

APP : Merci Laurent pour ce moment passé ensemble. Avant de nous séparer, je vous laisse le mot de la fin…

LG : Je me réjouis de présenter mon drôle de bébé aux spectateurs du Pays basque avant Paris le 1er avril. Non, ce n’est pas un poisson ! (rires). Les transporter dans mes univers qui les émouvront ou les apostropheront ou les questionneront sur eux-mêmes. Et surtout les faire rire !.

 

Gérard comme le prénom – 24 février à 20h30 – Luna Negra à Bayonne

Plein tarif : 14€ - Adhérent : 12€ - Chômeurs, étudiants, handicapés : 8€ logo luna

 

Article paru dans ‘la semaine du Pays Basque’ du 18 au 24 février 2011.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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