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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 23:26

 

"Le Refuge" ... Actrice lumineuse pour cinéaste brillant !

 

Terrasse du "Grand Hôtel" à Saint-Jean-de-Luz, face à la mer bleutée, sous un soleil radieux, Isabelle Carré, lumineuse actrice, et François Ozon, cinéaste brillant, reçoivent la presse.

Se prêtant de bonne grâce aux nombreuses questions (sans altérer la pétulance ni la fatigue de la future maman) ils se laissent aller aux confidences sur "Le Refuge" ( a obtenu le Grand Prix du Jury au Festival du Film à San Sebastian), présenté en avant-première au cinéma "Le Sélect", dont la sortie nationale est prévue le 27 janvier. Ce long métrage clôture la trilogie sur le deuil, cher à Ozon, après "Sous le sable" et "Le temps qui reste".

 

refuge 1

 

L'histoire :

Mousse et Louis (remarquable Melvil Poupaud, dont c'est le 2e opus avec le réalisateur après "le temps qui reste) ces beaux amants se noient dans la drogue ; puis l'overdose... Louis meurt !

Mousse survit ! Déphasée, elle s'enfuit de Paris, vers un refuge situé entre océan et nature, au Pays Basque. Quelques mois plus tard, Paul, frère de Louis (formidable Louis-Ronan Choisy, comédien néophyte, remarqué par le réalisateur lors de son concert, qui lui demande de composer la musique) la rejoint. Elle finira par se réconcilier avec elle-même, à des moments de tendresse et d'apaisement... . "Refuge" est le premier duo entre l'actrice et celui qui a pour devise : "femmes je vous aime !" François Ozon, comme il l'a prouvé pour Moreau, Huppert, Rampling, Deneuve... effrontées ou impétueuses, toujours glamour !

 

Belle actrice, toute en sensibilité, qui explique son rôle doux-amer, touchant portrait de femme qui cherche à se reconstruire : "J'étais enceinte de quelques mois, lorsque François m'a proposé d'être cette écorchée vive, qui, après la mort de son compagnon, apprend qu'elle est enceinte, et malgré son déni de grossesse, refuse d'avorter et part se réfugier près de l'océan, loin du tumulte. Quand je joue, j'aime prendre mon temps, mais pour ce film, j'étais toujours pressée. En même temps, il me restait la sensation très précise de mon personnage, du comment il était, du plaisir à le révéler, et j'étais à fleur de peau et souvent dans un état de fragilité. Ça n'était pas évident de marcher sur la plage exposée en plein vent, monter une dune quand on a 8kg en plus, cela m'a vite fatiguée du fait de mon état. Et je ne voulais surtout pas qu'il soit traité sous la forme d'un "documentaire de la femme enceinte, assise face à la mer." mais d'un être aux évidentes émotions, d'un travail d'actrice, pour cette vie qui ne me ressemble en rien. Ce tournage m'a fait découvrir une représentation d'intenses couleurs".

Son réalisateur : "La maternité est un thème que j'ai souvent inscrit dans ma filmographie, mais je n'avais jamais traité la grossesse en tant que telle, toujours suggérée, montrée d'un faux ventre, ou filmée après la naissance. J'ai demandé à Isabelle d'avoir de l'érotisme autour de ce ventre arrondi, qu'il soit bien visible, bien présent. Le filmer, le caresser, l'admirer, c'était ça l'enjeu. Par lui s'opère l'exploration, autour de lui se noue l'échange, mais aussi sur l'improbable rencontre. C'est la guérison émotionnelle après maintes violences et souffrances. C'est aussi ces manques, manque de drogue, d'amour, de l'autre".

refuge 2

Ce film soulève des problèmes de société, le fléau de la drogue chez la "jeunesse nantie", le déni de grossesse, la mort, l'enfantement. Êtres à la dérive, qui s'immergent dans des paradis artificiels, ayant un problème d'identité, qui n'ont rien à voir ensemble, fusionnant mentalement, soignant leur âme et leur cœur, et se révélant pour mieux retrouver leurs marques et leur liberté. Des sentiments humains aussi intenses que désespérés se créent entre eux. Petite anecdote : tourner en Normandie (province qu'il affectionne), Ozon le souhaitait, mais l'actrice (propriétaire à Saint-Jean-de-Luz, puisque tombée amoureuse de cette ambiance océanienne, où elle y passera la fin de sa grossesse et le début de sa maternité) et son assistant landais, l'ont convaincu de le faire au Pays Basque. Il fut conquis par le décor naturel, par ces heures magiques, comme l'aube, le coucher du soleil ou une nuit sur la plage, excepté... les jours de pluie ! Il avouera connaître Mimizan et Guéthary depuis des années. Refuge, c'est l'hymen entre une actrice devenue bankable grâce à la valeur de certains réalisateurs, se forgeant au fil des années, une fort belle renommée. Isabelle Carré (récompensée par 7 Césars et 1 Molière), c'est le charisme séraphique, le bain de jouvence pour grande enfant à maturité affichée ! D'un réalisateur aux œuvres très axées sur le caractère et les sentiments des êtres, où rien n'est surchargé. Qui a cette pudeur du jeu, empreinte d'une forme de desiderata et de jouissance, possédant un sens de la vérité devant sa caméra. Indéniable créateur d'un monde autour de ce cadre de vie, qui filme la perception avec tact et acuité !.

 

Article paru dans 'la semaine du Pays Basque' du 29 janvier au 4 février 2010.

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Published by alain-pierre-pereira-journal.over-blog.com - dans CINEMA : GROS PLAN SUR...
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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