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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 17:35

Lucifer … tentateur des âmes !

 

Par quel mystère celui qui était le plus bel ange et le préféré de Dieu, qu’on disait porteur de lumière est-il devenu le Tentateur des âmes ? Et pour quelle fin ? Pour ceux qui connaissent le sujet sur les séraphins, ils auront décrypté que le dessein de Lucifer était d’éveiller le Mal sous toutes ses formes, afin de pousser les humains vers des choix.

Pour le mettre en éclat, le Malandain Ballet Biarritz, artisan de la beauté, accessible à toutes figures « balleresques », et pour ce temps fort consacré à l’actualité du Temps d’Aimer la Danse, le doué et chevronné chorégraphe Thierry Malandain nous présentera sa dernière création « Lucifer » dimanche 11 septembre à 21h Gare du Midi à Biarritz.

Pour résumer l’histoire : Lucifer, bel archange apprécié par Dieu décide de braver l’interdit. Il va sur terre à la rencontre des Hommes. Mais c’est une femme qui lui fera face, et dès cet instant naîtront des sentiments mystérieux. L’amour prend peu à peu possession des deux êtres laissant apparaître dans la chorégraphie le vertige et l’oubli de soi.

Thierry Malandain, Maître à danser depuis trois décennies, nous offre des chorégraphies estampées d’embrasement et de spontanéité où la distinction et la succulence se mêlent avec ferveur au dynamisme général. Tout est dans la nuance et la touchante émotion. Il impose et en impose, poursuivant sa visée avec constance. Son inusable technicité à la hauteur de son charisme lui confère toutes les audaces ! Puissant et léger, il donne bien le change, car, comme le démon, il sait se montrer convaincant pour mieux séduire et captiver ! Les mélomanes découvriront la primeur et le cachet de l’argument musical du compositeur Guillaume Connesson qui a su affiner les alliages, les équilibres et flatter la texture des 92 musiciens de l’orchestre de Pau Pays de Béarn sous la direction de Fayçal Karoui et les vingt danseurs du Malandain Ballet Biarritz. Le ballet « Lucifer », entre le céleste et le terrestre est une grâce et une respiration.

Mais j’ai voulu en savoir plus sur ce luciférien chorégraphe, talentueux en diable, en lui posant quelques questions sur sa dernière création.


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APP : Bonjour Thierry. Quelles ont été tes inspirations pour ton ballet Lucifer ?

TM : C’est le compositeur Guillaume Connesson qui en a écrit l’argument. Je suis resté fidèle à son propos tout en donnant une forme plus abstraite. Concernant le personnage de Lucifer, les sources sont abondantes. Depuis le Moyen Âge, la tradition populaire lui donne une connotation négative en l’assimilant à tort à Satan. Chez les grecs et les romains, Lucifer était le porteur de lumière aux premiers temps du Christianisme. Ce fut la même vertu attribuée à Jésus. Dans le ballet, l’archange est condamné non pas seulement pour avoir apporté la lumière, la connaissance à l’humanité, mais aussi pour avoir connu l’amour charnel. Comme Prométhée qui fut un modèle pour le Lucifer chrétien, il va subir la rancune céleste pour avoir cherché à instruire les Hommes. Ce qui est spirituel, c’est que tout tourne autour de la connaissance, car dans sa chute Lucifer perd l’émeraude qu’il portait sur son front. C’est dans cette pierre dit-on que fut taillé le Graal, vase sacré qui recueillit le sang du Christ. On connaît la suite avec la fameuse quête, cette quête de la connaissance entre ténèbres et lumière.

APP : Y-a-t-il une symbolique dans ta chorégraphie ?

TM : Oui, dans la mesure où j’ai traité le livret de manière abstraite où lumière et ténèbres sont définis par les costumes : des vestes argentées pour le monde céleste, noires après la chute de Lucifer. C’est en quelque sorte la face et l’envers de notre condition humaine, choisir entre le bien ou le mal. J’ai remplacé la couronne d’émeraude par une veste verte. À la fin du ballet, les danseurs sont presque nus comme Adam et Eve.

APP : Ton ballet met-il en opposition différents rythmes, espaces, atmosphères ? Peut-on considérer qu’il possède une énergie intense, constructive ou destructrice selon les forces qu’il rencontre ?

TM : Guillaume Connesson a composé une musique très dominante qui témoigne des différents épisodes en mettant en lumière diverses atmosphères.

APP : Justement, comment s’est fait la rencontre ? Quels ont été les moments forts ?

TM : C’est le chef d’orchestre Fayçal Karoui qui nous a présenté. Guillaume était depuis trois ans en résidence à l’orchestre de Pau pays de Béarn. Dans ce cadre, il se devait de composer une œuvre par saison. La dernière fut un ballet, car Fayçal apprécie beaucoup la danse. Il est d’ailleurs à ce titre, chef d’orchestre au New York City Ballet.

APP : Qu’est-ce qui t’a poussé à programmer le ballet volcanique « L’Amour Sorcier » et le sensuel « Boléro » de Ravel ?

TM : Il fallait tout simplement programmer une suite à ma création avec des ballets de mon répertoire pouvant être accompagnés par un orchestre composé de 92 musiciens.

APP : Avant de nous séparer, quel message souhaites-tu faire passer concernant ton ballet ?

TM : C’est difficile d’y répondre. Je pense d’abord que c’est un ballet qu’il faut voir plusieurs fois, car sous son apparente simplicité, il ne l’est pas, mais le sujet ne l’est pas davantage. La musique est très belle, mais comme toute musique nouvelle, il faut maintes écoutes pour se familiariser avec elle, car tout va très vite. Personnellement, j’aime l’épilogue lorsque les danseurs se passent la veste de Lucifer, comme si chacun avait la connaissance, la lumière au bout des doigts, mais que tout reste à apprendre…

 

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© Olivier Houeix.

 

En seconde partie de soirée, les danseurs interprèteront les deux autres pièces musicales et chorégraphiques de haute tenue L’Amour Sorcier, une ambiance gitane truffée d’ensorcellement et de croyance, les danseurs exalteront le feu de leurs émotions dans une gestuelle romantique aux notes flamenco sur un parterre de pétales couleur cendre. Puis le Boléro, musique sensuelle de Ravel, dans un univers clos où les danseurs sont résignés à l’obsession, à la répétition lancinante du thème orchestral. Enfer, prison, enfermement, jusqu’au final libératoire de ce lumineux boléro.

 

Biarritz Culture présente Trois pièces musicales et chorégraphiques : Lucifer, l’Amour Sorcier et le Boléro – Dimanche 11 septembre à 21h – Gare du Midi à Biarritz

Tarifs : de 12 à 38€

Réservations : 05 59 22 44 66 et 05 59 22 20 21 ou www.letempsdaimer.com

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 9 au 15 septembre 2011.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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commentaires

sophie gonzalbes 19/09/2011 01:42



Super ton blog Alain-Pierre, je t'y retrouve et ça me fait plaisir. J'adore les deux photos de toi "hier et aujourd'hui".



L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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