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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 01:05

Mathieu Pesqué… La référence folk !

 

Mon interview est consacrée au palois Mathieu Pesqué, jeune chanteur à la voix rauque et veloutée que je ne connais pas très bien, mais pour lequel j’ai eu un véritable coup de cœur lorsque je l’ai découvert en surfant sur Myspace. Cet auteur compositeur fidèle à la musique folk, mais qui balance aussi vers le blues, sera le 15 février à 21h à la Luna Negra où il ne manquera pas de capter les vibrations musicales. Amoureux des mots et du sens, il peint des émotions au quotidien qui vous cueillent dès la première écoute de son dernier album « Here & There », nous faisant naviguer sur le spleen. Des chansons écrites et chantées en anglais (sa langue privilégiée), dont mathieu-pesque.jpgl’interprétation prometteuse interpelle par son accentuation sans fard. Il nous offre sa palette complète qui saisit une petite part d’ombre nostalgique, soutenue par la guitare de Michel Foizon, celui qui accompagne aussi le talentueux Nico Wayne Toussaint et la sublime Gladys Amoros. Romantique inspiré, il s’impose comme la référence folk proche d’un Léonard Cohen, dont il reprend avec virtuosité « Alléluia » et d’un Neil Young. Et lorsqu’il gratte sur sa guitare, la métamorphose s’opère. De belles ballades pour une jolie rencontre.

 

APP : Qui es-tu Mathieu ?

MP : Je fus un ado musicien autodidacte qui a essayé de reproduire les solos de ses guitares de rock préférés Brian May du groupe Queen, Joe Perry d’Aerosmith. Puis à l’âge adulte, mes goûts ont évolué vers des musiques plus épurées, plus directes, sans artifice, le folk et le blues. Je participais à des jams sessions dans un café concert près de chez moi où grouillaient de fort bons musiciens. De ces rencontres, mon premier groupe, Railroads, est né, avec un répertoire blues standard. Puis j’ai accompagné les bluesmen Nico Wayne Toussaint et Frank Blackfield, en guitare solo, ce qui m’a permis de jouer régulièrement. Ma passion pour l’écriture et la compo m’a déterminé à enregistrer certaines de mes productions que l’on retrouve sur mon premier album « A Secret Garden ». En 2009, j’ai débuté une étroite collaboration avec l’harmoniciste chanteur Roll Pignault avec lequel je travaille toujours et ensemble nous avons fait des festivals de blues en France et à l’étranger. En 2010 sort mon deuxième album solo « Nightbirds », et en 2011 le troisième « Here & There » que je vais présenter à la Luna Negra.

APP : Alors parle-nous de celui-ci…

MP : Comme les précédents, « Here & There » a été enregistré dans le studio de la ferme familiale du Sud-Ouest. Des textes écrits en six mois, un peu partout, d’où son titre. Souvent j’écris les textes en même temps que la musique, et quelques-uns ont vu le jour sur un bout de papier ou sur une page vierge d’un livre embarqué lors d’un voyage en train. Je me suis beaucoup amusé à élargir mon univers avec des instrumentaux. Il y a même un morceau assez tribal « So long » dans lequel tout est parti d’un gimmick guitare sur lequel j’ai additionné les chœurs.

APP : Si j’utilise l’adjectif « romantique » pour te définir, notamment par rapport aux chansons que l’on peut trouver dans la tradition romantique du folk/blues anglais, te sens-tu appartenir à celle-ci ou bien cela te dérange ?

MP : Absolument pas, mais je n’appartiens pas à une musicologie particulière dans la mesure où lorsque j’écrivais mes premières chansons, je n’écoutais alors que du blues. Or mon style d’écriture est bien loin d’un vrai bluesman.

APP : Pourquoi chanter en anglais ?

MP : Si je chante en anglais, c’est parce que l’anglais sonne bien. J’aime cette langue depuis le collège. J’ai même pensé à l’enseigner. Pour moi le phrasé anglais est accordé et mélodieux. Plutôt étonnant de la part d’un français n’est-ce pas ? (rires).

APP : D’où te vient cette fraîcheur musicale et créative qui émane de tes chansons : l’expérience vécue, l’imagination féconde ?

MP : Merci pour le compliment. Curieusement j’écoute peu de musique. Les titres et les arrangements de mes morceaux viennent naturellement, mais je conçois que cela arrive de quelque part. En musique, je n’analyse rien, tout chez moi est intuitif, expansif, faisant en sorte que le chemin entre ma tête et ma guitare soit le plus direct possible.

APP : J’ai cru déceler l’influence de Neil Young, sa voix haut perchée discernable et sa guitare omniprésente. Suis-je dans la justesse ?

MP : Tu ne te trompes pas entièrement, bien que bizarrement ce n’est pas lui que j’écoute en priorité, bien qu’il ait une harmonie et une résonance fidèles à ce qu’il est. C’est l’un des plus grands folkeurs de notre époque ! J’aime l’atmosphère qui se dégage de ses albums, ses arrangements recherchés et le naturel de ses sonorités. Inconsciemment, oui, cela m’a quelque peu influencé.

APP : Tu as partagé la scène avec les bluesmen Nico Wayne Toussaint et Roll Pignault… quel souvenir gardes-tu d’eux ?

MP : Celui de deux êtres fantastiques tant sur le plan musical qu’humain. Nico très fraternel m’a permis d’interpréter quelques morceaux avec ses musiciens. Nous nous voyons régulièrement et je suis toujours impressionné par sa compétence et sa conviction. Et Roll, après quelques jams ensemble, nous sommes restés 8 ans sans nous voir. Un jour le téléphone a sonné, il me proposait d’être à ses côtés dans un café concert de Pau. Depuis nous sommes inséparables. En ce début d’année, on se produit en France et à l’étranger dans des festivals.

APP : Avant de nous séparer, que voudrais-tu nous dire ?

MP : Heureux de revenir à Bayonne le 15 février prochain au Caveau des Augustins, sur l’invitation de Jean-Michel de la Luna Negra. Ce concert fera connaître les chansons de mon dernier album en duo avec l’excellent guitariste Michel Foizon et une jolie surprise pour couronner le tout. Mais chut…

 

Mathieu Pesqué – 15 février à 21h à la Luna Negra Bayonne logo luna

Tarifs : 9 et 6€

Réservations : 05 59 25 78 05  ou www.lunanegra.fr

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 10 au 16 février 2012.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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