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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 00:59

Arthur Jugnot … à deux lits du délit : un régal adultérin !

 

Une véritable rafale théâtrale qui communique sa folie douce entre des éclats de rires ! « A deux lits du délit » fut un petit bijou la saison dernière au théâtre de la Michodière à paris, qui fut dirigé dans les années 70 par le couple mythique Yvonne Printemps et Pierre Fresnay. arthur-jugnot.jpg

Cette pièce nous donne l’occasion d’aller à la rencontre de personnages loufoques plongés dans des situations rocambolesques et jubilatoires. Confortablement calé dans son fauteuil, le spectateur s’unit très vite à ce quintet de jeunes comédiens à l’avenir prometteur, dont la tête d’affiche n’est autre que Arthur Jugnot, fils de … et mis en scène avec maestria par le boulimique de théâtre, Jean-Luc Moreau. Donc soyez les bienvenus à l’hôtel où s’y trouve quatre infidèles et un hôtelier intérimaire hors du commun ! Quelques heures avant de jouer au Palais des Congrès à Perpignan, Arthur Jugnot, comédien au caractère heureux et regard bleu acier a bien voulu se prêter à notre interview par téléphone.

 

APP : Bonjour Arthur. Heureux donc de cette tournée en France avec la comédie anglaise de Derek Benfield « A deux lits du délit » qui a fait les beaux soirs du Théâtre de la Michodière à Paris. Voici ma première question : Comment as-tu été choisi pour le rôle de ce gérant peu scrupuleux d’un hôtel isolé et libertin qui accueille deux couples adultères ?

AJ : Bonjour à toi également cher interviewer. Oui, très heureux. C’est à la demande du directeur du Théâtre de la Michodière qui m’avait vu jouer dans « Chat en Poche » du Feydau au Théâtre Saint-George et qui s’était dit qu’il y avait là l’éventuelle possibilité d’interpréter ce personnage de gérant par intérim peu scrupuleux et dépassé par les évènements. Il faut dire que cette comédie a été écrite pour des comédiens plus âgés. Après lecture faite, j’ai signé le contrat qui m’a lié à la Michodière pour une saison.

APP : Qu’est-ce qui t’a plu dans ce personnage ?

AJ : Son rythme soutenu et endiablé, car il possède une belle performance physique et une énergie communicative. D’un hôtelier par intérim qui a voulu rendre service à sa sœur, gérante de cet hôtel paumé, et qui essaie tant bien que mal de sauver la mise à deux couples adultérins. Il est à la fois sardonique, espiègle, mais surtout stressé par une situation qu’il ne maîtrise pas bien et qu’il doit gérer seul ou accompagné de… quelques billets de banque ! (rires).

APP : Quelques mots sur cette comédie ?

AJ : C’est du rocambolesque, une comédie qui possède ses coups au cœur et frémissements, ses quiproquos, ses portes qui claquent, ses histoires tirées par les cheveux, ses coups de théâtre à la pelle, ses chassés-croisés amoureux. Il ne faut surtout pas flairer une intrigue, parce qu’on comprend dès le départ comment cela va finir. Disons-le, on ne réfléchit pas, mais simplement on se tient les côtes et on muscle ses zygomatiques. Grâce également à mes partenaires qui sont très bons, nous formons ensemble une brigade déconneuse et heureuse de jouer.

APP : Est-ce facile de travailler sous la direction du metteur en scène Jean-Luc Moreau ?

AJ : Jean-Luc est un mec de grand talent, un boulimique de théâtre qui sait de quoi il parle. Véritable maître d’œuvre surtout pour une pièce telle que « A deux lits du délit » où tout n’est que déplacements continuels, des portes qui claquent et des quiproquos. Jean-Luc a également cette formidable et belle recherche dans son travail, parce que novateur. Sincèrement, c’est l’un des meilleurs metteurs en scène sur la place de Paris. Il est attentif, patient, il écoute ses comédiens et sait les mettre en confiance. C’est agréable de travailler avec lui. Et il est un bon directeur d’acteurs. Oui j’aimerai renouveler notre collaboration, car c’est du pur bonheur que de travailler sous sa direction !

APP : Une anecdote concernant la tournée ?

AJ : Oh ! Il y en a plusieurs, mais une que je retiens, celle d’une représentation où les portes du décor ont été impossibles à ouvrir. Tout en les réparant, nous jouions face au public qui était plié en deux de rire. Une soirée mémorable ! (rires).

APP : Quand on est fils de… le parcours est-il plus facile ou plus compliqué ? Et que pense papa de son fiston ?

AJ : Et si tu lui posais la question ? (rires). Pour certains certes, c’est rapide et simple, et pour d’autres, très compliqué. En ce qui me concerne, j’ai eu la chance que les professionnels se soient souvenus de moi sans que je fasse jouer ma filiation avec un acteur célèbre. Crois-moi porter ça n’est pas si facile, car il y a toujours cette pensée : oui, s’il est là, c’est parce qu’il est le fils de… Quelquefois aussi, cela peut-être l’accélérateur d’une carrière.

APP : Tu te partages entre cinéma, théâtre, télévision, mise en scène. Mais où va ta préférence ? Fais-tu toujours de la magie ?

AJ : Tout dépend des projets ou des propositions. Ces quatre disciplines me passionnent. L’idéal est de pouvoir les rassembler. Ce que je souhaite vivement, c’est de ne jamais rester inactif, car l’ennui me tue ! Quant à la magie, j’ai monté un grand spectacle cette année au Futuroscope de Poitiers. C’était très passionnant et drôle à faire.

APP : Avant de nous séparer tout en te remerciant, as-tu une devise sur ce métier et connais-tu le Pays basque comme le connaissait ton papa ?

AJ : Hélas non, un peu pour y être venu jouer, mais pas en vacances comme l’avait fait mon père pendant une dizaine d’années avec ses parents à Saint-Jean-de-Luz. Par contre, j’aime la cuisine basque, parce que j’aime manger gras (rires). Ah ! Votre fameux jambon de Bayonne, quel régal ! Je suis comme la majorité des français, j’aime la bonne bouffe ! Ma devise : « Quand tu ne sais pas, demande. Quand tu sais, partage ! » Partager, ça je vais le faire le 5 mars à la Gare du Midi avec le public basque.

 

Entractes-Organisations présente « A deux lits du délit » - 5 mars à 20h30 – Gare du Midi Biarritz Biarritz Gare du Midi

Tarifs : 45 et 50€

Réservations : 05 59 22 44 66 et www.entractes-organisations.com

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 2 au 8 mars 2012.

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 00:26

Jazz en Mars… pour tous les amoureux du jazz !

 

Créé en 2005 pour les amoureux du jazz, la ville de Tarnos propose pour la 7ème année consécutive son grand week-end du « Jazz en Mars » qui aura lieu du 9 au 11 mars. Ce festival a pour but de développer la culture d’une musique née de l’exil noir et aujourd’hui universelle à travers la formation et l’organisation. Jazz en Mars reste toujours fidèle à une programmation de qualité et éclectique, sachant allier dynamisme et passion au service des musiciens et mélomanes des Landes et du Pays basque. Depuis presque une décennie, il est le rendez-vous incontournable dans le paysage culturel de ville de Tarnos. La programmation cette année est suffisamment riche et variée et d’un niveau relevé et chaque amateur de jazz, que ses goûts soient classiques ou avant-gardistes, saura trouver des concerts qui le combleront. Sa mission est de contribuer à faire rayonner le jazz et la ville de Tarnos ainsi qu’à mettre en valeur ses artistes et souhaite à tous, amateurs de jazz, organisateurs et partenaires, de faire de cette nouvelle édition un grand succès qui assurera la pérennité de cet évènement majeur.

jazz-en-mars1.jpg 

Voici la programmation :

Vendredi 9 mars : Benny Green Piano Solo – Gospel Dream

Samedi 10 mars : Philippe Duchemin « Swing and Strings » - Dany Doriz Big Band/Manu Di Bango

Dimanche 11 mars : Michel Pastre Quartet – Slapscat

La ville de Tarnos vous souhaite un bon festival Jazz en Mars avec sa touche particulière, sa saveur, son identité, lui donnant ainsi sa couleur jazz.

 

Festival Jazz en Mars – 9, 10 et 11 mars – Ville de Tarnos

 

Nous aurons l’occasion d’en parler plus longuement lors de la parution de notre journal le vendredi 9 mars prochain.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 2 au 8 mars 2012.

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 00:10

Rock The Ballet… bouleversement de la danse classique !

 rocktheballet.jpg

 

Rasta Thomas fut l’enfant prodige de la danse classique ayant dansé pour les grands chorégraphes classiques du monde. Invité par Entractes Productions le 8 mars à 20h30 à la Gare du Midi, il sera accompagné de ses Bad boys of Dance (les mauvais garçons de la danse) pour Rock The Ballet.

Ils offriront leur superbe masculinité mâtinée d’une touche féminine, exécutant des mouvements rythmés et langoureux, dans un torrent de charisme et d’énergie bluffant ! Et cassent ainsi la vision du ballet classique en y mettant une sauce rock. Mort le justaucorps et la jupe de tulle, vive les T-shirts et jeans qui n’empêchent en rien de faire entrechat, salto, écart, arabesque et jeté-battu. Au gré de prodigieuses créations scéniques, ils entretiennent l’ambiance explosive tout au long de la représentation. Rock The Ballet, un excellent alliage de musiques modernes et de néo classique. Une débauche de peps et de prouesses sportives, d’un esthétisme absolu, exécutés par d’incroyables danseurs sexy et athlétiques, aux individualités bien marquées, bousculant ainsi les limite de la danse ! Du classico contemporain qui s’adapte fort bien aux tubes planétaires de Queen, Prince, Kravitz, Coldplay, U2, et même Callas et Brel ! Cadences endiablées des classiques rock qui nous rappellent le grand Béjart qui était passé maître dans l’art de donner un second souffle à des standards musicaux. Du punchy qui fait la part belle au hip hop, tap dance, et capoeira. Un show qui réconcilie tous les amateurs de la danse. Sûr que la belle jeunesse et la frénésie de la troupe fera des ravages !

 

Rock The Ballet – 8 mars à 20h30 – Gare du Midi Biarritz Biarritz Gare du Midi

Tarifs : 50 et 45€

Réservations : 05 59 22 44 66 et www.entractes-production.com

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 2 au 8 mars 2012.

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 21:28

La Compania Nacional de Danza… la danse à l’honneur

 

José Martinez, l’ex étoile du Ballet de l’Opéra de Paris, a pris la direction de la célèbre Compania Nacional de Danza de Madrid, succédant à Nacho Duato qui fut pendant vingt ans directeur de la célèbre troupe.

Veut-on un symbole de changement conduit par le nouveau directeur ? En tous les cas, José Martinez, avec son talent multiforme, a réussi à bien mettre au point les thèmes suggérés de trois pièces réalisées par des moyens artistiques fort différents par toute une dynastie et une jeune garde de danseurs exceptionnels. Ils sont 30 au total, invités par Biarritz Culture, qui évolueront sur la scène de la Gare du Midi le 28 février à 20h30 et qui nous présenteront « Extremely Close », chorégraphié par Alenjandro Cerrudo sur une musique de Philipp Glass et Dustin Ohalloran, « In Transit », chorégraphie d’Annabelle Lopez Ochoa sur une musique de Scanner, Olafur Arnalds, Max Richter, The Durutti Column et Fennesz et « Walking Mad », chorégraphié par Johan Inger sur une musique de Maurice Ravel « Boléro », Arvo Pärt « Für Alina », c’est une ouverture voulue par le nouveau et fringant directeur de cette compagnie espagnole qui, par son style néo classique, brille depuis trois décennies sur les scènes internationales, pour faire de la danse pour toutes les danses ! danza.jpg

Il s’est entouré pour cette soirée unique de trois brillants chorégraphes dont Annabelle Lopez Ochoa, qui après une longue carrière en Belgique à la Royal Académie puis comme soliste au sein du Scapino Ballet de Rotterdam, décide en 2003 de s’appliquer à la chorégraphie, encouragée par une presse dithyrambique du monde professionnel après sa première création. Et l’on parle d’elle comme la brillante étoile de la danse. Son travail partout récompensé lui vaut d’être décrite comme « une véritable maestra de la chorégraphie ». Son ballet « In Transit » explore les sentiments qui habitent les personnes dans une salle d’attente. Vingt danseurs qui montrent dans un tourbillon leurs capacités et leurs faiblesses à communiquer dans cet espace clos partagé, représentant pour chacun un ailleurs ou un devenir.

Autre chorégraphe convoqué par Martinez, Johan Inger. Après une carrière remarquable au sein du Nederlands Dans Theater, dont il fut un interprète charismatique, il passe en 1995 de l’autre côté des coulisses en abordant la chorégraphie. Ses pièces récompensées par de nombreux prix lui valent d’être nommé directeur artistique du prestigieux Cullberg Ballet. Revenu à la maison mère, il est nommé chorégraphe associé du Nederland Dans Theater. Son « Walking Mad » est une reprise époustouflante du Boléro sur les partitions de Maurice Ravel et d’Arvo Part. Inspiré par la force et la théâtralité dans lesquelles le crescendo musical Boléro et la disposition des danseurs marchent à l’unisson. Un voyage circulaire dans la folie dans laquelle le personnage principal erre à travers un réel et un plan fictif, séparés par un mur symbolique. Une chorégraphie qui combine le corporel, le charnel et la musicalité dans la même mesure.

Enfin, Alejandro Cerrudo fut pensionnaire dans diverses compagnies comme le Ballet de Victor Ullate, le Stuttgart Ballet, le Nederlands Dans Theater et le Hubbard Street Dance Chicago dont il devient le chorégraphe résident en 2005. Ses chorégraphies remarquées sont reprises à travers le monde et lui valurent le prestigieux The Boomerang Fund for Artists en 2011. Son « Extremely Close » est une pièce pour huit danseurs qui laisse manifester la grande adresse et l’émouvante sensibilité du chorégraphe et il nous entraîne avec une belle harmonie vers un néo classique visuellement riche.

La Compania Nacional de Danza est emplie d’ardeur et de plaisir de danser, toute en puissance émotionnelle et en justesse. De la danse « émoi » qui crie « viva la danza ! ». L’essentiel de ces pièces dansées est la recherche d’une permutation chorégraphique du caractère des personnages et la mise en jeu des corps, autorisant des variations d’identité. La danse trouve toujours des moments magiques. Elle devient simple, humaine et nous touche par sa simplicité, une simplicité poétique qui donne le ton juste. Sans oublier ces jeunes danseurs pleins d’enthousiasme qui puisent à différentes sources la communication poétique et la sublimation expressive, faisant la part belle à la danse.

 

Biarritz Culture présente la Cie Nacional de Danza – Trois pièces dansées : Extremely Close, In Transit, Walking Mad – 28 février à 20h30 – Gare du Midi Biarritz

Tarifs : de 12 à 38€

Réservations : 05 59 22 44 66 ou www.biarritz-culture.com

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 24 février au 1er mars. 

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 15:28

 


TALAMANIAXENA

τ∂ Λιμ∂νι∂ Ξεν∂

© Alicia Snicker.

 

Ta Limania Xena : Chants de l’âme rebelle et fière !

 

Des chants aux intonations emportées et vives entonnés dans les tavernes lorsque l’ouzo et le retsina ont réchauffé délicieusement les gosiers. Complaintes lointaines qui offrent un éventail de chansons sur fond grave, mais qui parlent de soleil, de plages inspirés par le rêve, dans une langue dont la source se perd dans la nuit des temps. Ces visages au teint frais ou ravinés, détenteurs de tant de souvenirs. Une musique troublée et fiévreuse prête à faire exploser le cœur au moindre clou planté ! Dénuement, exil, révolte et désespérance que seul l’amour ne pourrait effacer par sa vive lumière que s’il était heureux. Chants de l’âme rebelle et fière qui filent vers des univers factices, ces chants grecs qu’on appelle le « rebétiko », avec cette tristesse pudique qui voile les yeux des musiciens. Chaque rythme ou claquement des doigts ne revient que pour accentuer l’empreinte d’une suprême fatalité ! Un univers propre au groupe Ta Limania Xena qui sera à la Luna Negra le 25 février à 20h30, interprétant ici et maintenant cette musique, loin de son port d’attache. Entretien avec la contrebassiste et choriste Muriel Pelca.

 

APP : Bonjour Muriel. Merci de m’avoir accordé cette interview qui permettra à mes lecteurs de faire plus ample connaissance avec Ta Limania Xena. Tout d’abord, fais-nous une petite présentation de ce groupe, et pourquoi avoir adopté ce nom de scène ?

MP : Son histoire a commencé en 2005 avec la rencontre de musiciens amateurs ayant différents parcours dans des musiques traditionnelles, méditerranéennes, blakaniques, blues, réunis par une passion commune : la musique populaire de Grèce et le rebékito. Son nom de scène est venu d’une chanson emblématique d’un des principaux compositeurs de ce style de musique, Vassilis Tsitsanis, qui signifie « les ports de l’étranger » et qui parle de l’exil. Nous sommes un quatuor, dont un musicien grec originaire de Thessalonique, Tassos Tsitsivakos au bouzouki, baglama et chant, Colette Guilhem à l’accordéon et au chant, Pierre-Marie Blaja au bouzouki, au baglama et au chœur et moi-même à la contrebasse et au chœur.

APP : Comment procèdes-tu pour les adaptations des titres ?

MP : En écoutant divers enregistrements de cette musique ample et exceptionnelle à la croisée de l’Orient et l’Occident, dont beaucoup ont été faits vers les années 30 et que nous adaptons aux instruments et à notre sensibilité « d’Européens » vivant au XXIème siècle.

APP : Des musiques qui dérivent vers une quiétude toute orientale, vers le laika, le entchena et le folklore grec ?

MP : Oui, un mélange de toutes ces influences. Cette musique est née dans les années 30 lorsque la guerre éclate entre la Grèce et la Turquie et qui a forcé à l’exil la population grecque qui vivait en Turquie (principalement à Smyrne) depuis des générations. Ce que les Grecs appellent encore « la grande catastrophe » puisque ayant tout perdu, et qui se sont retrouvés dans la précarité et les bidonvilles. Des musiciens qui ont partagé leurs influences et qui ont composé des chansons reflétant leurs vies.

APP : En quelques mots l’univers de l’album Prin to Karama …

MP : En fait Prin To Karama est le titre d’une chanson de l’album. Une compilation de différents enregistrements depuis 2008. Un cd qui reproduit notre cheminement musical. Son nom est juste le nom du groupe Ta Limania Xena et que nous avons fait en auto-production.

APP : Comment t’es-tu intéressée au rebékito ?

MP : Tout simplement par nos parcours musicaux aux multiples influences. Mais aussi pour l’esprit libre de cette musique qui correspond bien à ce que nous ressentons dans la vie.

APP : On dit que cette musique est celle des gens simples pour des gens simples, un déséquilibre dans l’équilibre, une errance nocturne, une révolte…

MP : C’est avant tout une musique populaire. Le feu est parti d’un groupe de compagnons de fêtes, de tourments et de dérives, adoucis par le naguilé et la musique. Réfugiés de Smyrne ou venant du Pirée, ils ont composé des airs et des textes dans un langage aussi provocateur que poétique et qui expriment bien ce que vivait cette faune urbaine et non conformiste.

APP : Est-ce une partie importante pour toi que cette culture musicale grecque ?

MP : Bien sûr, par la richesse de toutes ces influences et l’apprentissage de la langue grecque qui est aussi importante que le latin dans les racines de la langue française.

APP : De quels compositeurs te sens-tu proche : Theodorakis, Dimitris Kokootas, Dimitris Mitropanos, Mélina Mercouri ?

MP : Tous ont été influencés par le rebékito. Censuré par la dictature, ce chant de l’âme rebelle et fière a cheminé de bouche à oreille jusqu’à nos jours porté par le bouzouki et le baglama, mélange brillant et inventif d’influences occidentales, orientales et balkaniques.

APP : Quelle est ta pensée par rapport aux évènements actuels en Grèce ?

MP : Le groupe poursuit son compagnonnage, interprétant ici et maintenant l’écho de cette musique et son esprit insoumis qui résonne toujours à l’heure de la mondialisation. Nous sommes solidaires des Grecs qui subissent une nouvelle dictature : celle de la finance ! Ils sont en quelque sorte le « laboratoire expérimental » de ce que peuvent supporter les autres peuples européens.

APP : Avant de nous séparer chère Muriel, quel serait ton mot de la fin ?

MP : Attention, le rebékito peut s’inviter dans les cœurs et y faire de longues et belles escales.

 

« O Grèce, sois toujours chaleur, musique, passion. Ne sois plus cette braise de la révolte ! Garde cette douce complainte dans le cœur des Grecs. Et toi Zorba le grec, danse ton sirtaki au son du bouzouki qui exorcisera la haine et la révolte et fera éclater le miroir du désespoir ! O Grèce, que ton chant est beau ! ».

 

Ta Limania Xena – 25 février à 20h30 – Luna Negra Bayonne

Tarifs : 11, 9 et 6€

Réservations : 05 59 25 78 05 ou www.lunanegra.fr

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 24 février au 1er mars 2012. logo luna

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 22:30

Che Malambô… Un aller simple pour la pampa !

 

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La Cie Heyoka Pampa Argentina composée de treize danseurs vous fera découvrir une singulière danse baptisée « Malambô » ou une chorégraphie évoquant les grandes veillées des gauchos dans la pampa argentine.

Ces hommes qui gardaient les troupeaux se retrouvaient au coeur des combats courtois cadencés par le martèlement du talon au sol (zapateados), rythmant l’allure avec les bombos (tambours) et faisant tourner les boleadores (lassos munis d’une boule de bois à leur extrémité) de façon vertigineuse. Telle une véritable horde sauvage frénétique, énigmatique qui exprime toute la virtuosité de treize mâles mi-hommes mi-chevaux et leur puissance peu commune, ils offrent dès leur premier souffle une danse physique et étourdissante à la fois. Ces gauchos venus de lointaines pampas exprimeront leurs traditions sur la scène de la Gare du Midi, samedi 25 février à 20h30. Che Malambô, c’est un ballet d’énergie pure où se manifestent toute la puissance et la maîtrise du Malambô, par ces hommes qui s’affrontent jusqu’à l’épuisement, dans un duel percutant et sacrément viril. C’est aussi une fête rythmique et alternative, sans retenue, sensuelle et d’une grande force à laquelle nous prient d’assister le chorégraphe Gilles Brinas et sa Cie. De la sueur, du souffle, de la sensualité et de l’énergie, c’est tout ça à la fois pour ce ballet. Une danse latina avec ses instants de joie teintée d’une légère griserie, remplie d’histoire, de racine et d’humanisation. Alors amateurs et curieux, vous êtes conviés à rêver et à vibrer devant ces artistes qui mêlent habileté, sensualité et performance. Mais aussi celui de prendre un aller simple pour la pampa !

 

Che Malambô – Gare du Midi – 25 février à 20h30

Tarifs : 45 et 50€

Réservations : 05 59 22 44 66 et www.entractes-organisations.com

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 17 au 23 février 2012.

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 22:08

Boucau :

 

Deux locaux sur scène

 

Le 17 février à 20h30, à l’invitation de la Scène Nationale de Bayonne Sud Aquitain, deux bayonnais, tous deux auteurs, compositeurs et interprètes, partageront la scène de la salle Paul Vaillant-Couturier de Boucau le temps d’une soirée. Fabien Duclerc séduira ses auditeurs avec sa voix, à l’émotion à fleur de gorge, et sa musique folk, aux volutes acoustiques zébrées d’étincelles électriques et nappées de cordes voluptueuses.

En première partie, Baptiste Daleman, chanteur globe-trotteur, transportera le public dans son univers pour un beau voyage en musique.

 

Renseignements et réservations : Théâtre de Bayonne –Scène Nationale : 05 59 99 07 27 et sur www.snbsa.fr/FabienDuclerc.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 17 au 23 février 2012. (rubrique Echos page 21).

 

 

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 21:41

La secrète obscénité de tous les jours… portrait d’hommes tragiques !

 

Vendredi 17 février à 21h, salle Maule Baïtha de Mauléon, il vous est proposé « La secrète obscénité de tous les jours » par les comédiens de l’Emetteur Cie, d’après l’œuvre de Antonio de la Parra, considérée comme l’une des figures de la nouvelle dramaturgie chilienne.

 

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L’argument :

Les idées préconçues et les raccourcis de deux hommes exhibitionnistes qui se disputent un banc public qui fait face à un collège de jeunes filles… Des pièces d’un puzzle qui s’emboîtent les unes après les autres devant nous. On y découvre deux personnages face à la peur, la gêne, la revendication, la colère et la confrontation. Et tout est dans le rapport qu’ils entretiennent et dans leur nudité, avec pour seul décor, un banc placé au milieu de la scène.

La secrète obscénité de tous les jours côtoie de bout en bout l’humour où les répliques oscillent entre douceur, fermeté et gravité, et une palette d’émotions. Deux personnages qui sont bien malgré eux frères d’une même situation qu’ils ont créée. Jaloux de leur droit visuel, de leur place sur le banc, ils cohabitent sans se comprendre. Et derrière la farce, il y a les fractures, les angoisses, avec en toile de fond, la dictature chilienne sous le régime Pinochet. Une pièce où l’on accède à la vie intérieure des deux héros, faite de contradictions, de tragique, un huis clos psychologique et un beau terrain de jeu pour les acteurs qui nous invitent à une réflexion sur ce que deviennent nos propres convictions dès lors que nous les affrontons au réel. Une mise en scène enlevée qui pousse ses pas vers la dérision !

 

La Secrète Obscénité de tous les jours – Emetteur Cie – 17 février à 21h – Salle Maule Baïtha à Mauléon

Tarifs : 12, 7 et 5€

Réservations et infos : Olivier Leliège : 06 28 05 08 75 et http://emetteurcompagnie.blogspot.com

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 17 au 23 février 2012.

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 21:23

MORIARTY… entre espoir et désespoir sur la route du succès !

 

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The Missing Room est le deuxième album de Moriarty, un sextuor qui démarre fort avec ses compos ludiques et innovantes, entre blues folk, country coriaces et sans faille, qui annoncent tout de suite la couleur ! L’harmonica est bien en place, guitares, piano, contrebasse et percussions sont subtiles et trempées : un vrai régal ! Un groupe qui monte en force, tant musicalement que par la voix de Rosemary Standley, enveloppante et chaude prenant des couleurs et des rondeurs exceptionnelles. Celle qui vous emporte, avec son timbre particulier, éraillé, magnifique. Disons que cet album marque un tournant infrangible dans la vie de Moriarty qui sera à la Gare du Midi samedi 18 février à 20h30. Leur nouveau CD enregistré comme si les musiciens avaient joué sur une grande route qui mène nulle part, simplement, sans prouesses techniques autres que la spontanéité. Cela donne un son quasi aérien, une légèreté brutale où l’on prend les chansons comme elles viennent, en pleine tronche, sans recul. L’émotion contenue dans nombre d’entre elles fait dresser l’oreille et l’on tombe sous la force et l’attrait de « I will do », « Beasty Jane », « How many tides », « Decat », « Mah Jong », et pour l’harmonica de Thomas dit Kid The Dark Line. Des musiciens qui ont une personnalité si hors normes et asymétrique qu’il est difficile de classer leur style, mais en les écoutant on est groggy ! Interview à cœur ouvert et authentique avec le contrebassiste Stephan, alias Zim Moriarty.

 

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"Zim" Moriarty lit "la Semaine du Pays basque" dans le hall de la Gare du Midi à Biarritz...


APP : Hello Zim. Alors qui sont Rosemary, Thomas, Charles, Arthur et Vincent du groupe Moriarty ?

Z : Bonjour à toi également. Six têtes d’une hydre schizophrène et bi-nationale ! (rires).

APP : Entrons dans le vif du sujet veux-tu… Qu’est-ce qui différencie votre 2ème album d’avec le 1er « Gee Whiz but this is a lonesome town ?

Z : Gee Whiz a été enfanté plus ou moins douloureusement dans le grenier d’une ferme près de la tombe de Merlin l’Enchanteur. C’est une collection de lettres perdues, histoires d’exils volontaires ou forcés, c’est un CD du matin. Quant à The Missing Room, lui a été enfanté sans douleur ou presque dans une grande caverne au fond d’une cour de Pigalle. Il représente une série de scènes échappées d’un film noir, dont les personnages sont prisonniers d’un mécanisme tragique et absurde. Lui, c’est un CD de nuit.

APP : Peut-on dire qu’avec ce deuxième opus Moriarty a acquis plus de maturité, que ses tonalités sont plus électriques, qu’il s’est éloigné des ballades d’antan ?

Z : Ses chansons restent des ballades, des histoires comme avant. On peut toujours les chanter avec une guitare acoustique, et un harmonica. Mais le son du groupe s’est hérissé sans doute à force de tourner de concerts en festivals et de se charger d’électricité statique. Alors est-ce une preuve de maturité ou d’immaturité salutaire … ?

APP : Penses-tu que le groupe a donné un second souffle à la musique folk en France ?

Z : Un souffle au cœur peut-être ! (rires).

APP : Serais-tu d’accord avec moi si je dis que vos chansons sont intemporelles et contemporaines ?

Z : Le temps est une illusion, donc tu as raison.

APP : Qu’a voulu accomplir Moriarty avec ce deuxième album ?

Z : Survivre à un naufrage. Construire un radeau de fortune. S’imposer des règles de survivance. Et naviguer à vue.

APP : Vos chansons sont du domaine du ressenti, des notes sur des choses complexes, le désert de la vie, l’espoir et le désespoir, une chambre qui n’existe pas… Pourquoi ces choix ?

Z : Les thèmes ne sont pas choisis, mais ils s’imposent. C’est ce qu’il reste lorsque la mémoire décante les expériences accumulées en trois ans sur les routes. Tout ce qui n’est pas résolu. Dans les hôtels au Japon et en Chine, il manque les chambres dont les numéros finissent par 4 et 9. Pourquoi ?

APP : Mais dans tout cela, quel serait le message d’espoir de Moriarty ?

Z : Chi vive sperando muore cantando (qui vit dans l’espoir meurt en chantant) qui est un proverbe italien.

 

Moriarty c’est la force brutale et sombre d’où émergent des compos à la fois vivantes et nostalgiques, nous cédant un folk concis, sobre et élaboré à la fois. On se laisse dériver allègrement sur des accords qui sonnent justes. Ca cogne en diable ! Certes, un concert marqué du sceau du talent, alors pourquoi ne pas … CD à la tentation ?

 

Moriarty – Gare du Midi – 18 février à 20h30 avec Maialen Errotabehere accompagnée de Philippe Albor et David Usabiaga. Biarritz Gare du Midi

Tarifs : 29,60 et 27,60€

Réservations : 05 59 22 44 66

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 17 au 23 février 2012.


© Alicia Snicker.



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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 00:58

Ce mercredi 9 février 2012

Mathieu Pesqué

a bien voulu nous parler de son univers...

 


Interview de mathieu pesqué 2012

© Alicia Snicker.

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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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