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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 22:21

Killer Queen… Mercury for ever !

 

killer queenKiller Queen, le seul groupe au monde à être homologué par les musiciens de Queen, en tournée depuis mai 2011 en France, sera le 12 août à 21h30 aux Arènes du Vieux Boucau pour rendre hommage au pape de la pop rock Freddie Mercury.

Les musiciens et leur leader Raffaele Lombardi, frères spirituels de l’artiste trop tôt disparu, se targuent d’incarner le mythique Queen dans le même souffle, en traduisant ses croyances, célébrant sa musique, extériorisant ses sentiments afin de communiquer au public leur vraie nature artistique, à travers la spontanéité, la passion et le plaisir d’interpréter leurs chansons. Killer Queen, qui depuis 1995, a toujours eu le respect minutieux envers l’univers musical du célèbre groupe grâce à son travail de rigueur et de légitimité. Toucher aux monuments et se les approprier reste toujours un pari risqué. Et le résultat est là ! Il est gagné parce qu’il fascine et réjouit. Killer Queen est un groupe de belles âmes créatrices de musiciens qui se sont tout simplement laissé guider par leur instinct. Un travail d’orfèvre qui ravit les amateurs de belles choses faites dans l’admiration et l’engouement. Avec les Killer Queen, laissez-vous happer au piège de l’harmonie des années pop rock, parce que leur concert offre d’excellents moments et un grand morceau de l’histoire de Queen et de son immortel virtuose Freddie Mercury. Cela vaut bien le déplacement pour un tel hommage, n’est-ce pas ?

 

Victoria Music présente en concert le groupe Killer Queen – 12 août à 21h30 – Arènes du Vieux Boucaulogo

Tarif unique : 20€

Réservations : Office du Tourisme : 05 58 48 30 70 ou 06 09 76 24 30.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 5 au 11 août 2011.

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 01:31

 

© Alicia Snicker.
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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 02:47

Alain-Pierre Pereira est un nom tout autant connu des lecteurs de ‘la Semaine du Pays basque’ que des acteurs du monde culturel. Chaque semaine vous trouvez sous sa signature, ses nombreux articles et son style, parfois si insolite, que j’adore ! C’est un confrère charmant, cultivé, attentionné que nous apprécions et que nous aimons tous, mais c’est aussi un garçon qui a eu un parcours hors du commun entre danse, théâtre et télévision. Entre joies et drames…

Dans cet été de « drôle de vie », j’avais envie de vous entrainer dans les confidences d’Alain-Pierre, un garçon de cœur, de tendresse et de grand talent…jeanphilippesegot

 

 

 

 

 

JPS : Ton enfance, c’est Alger. C’est un point commun avec beaucoup de gens qui vivent ici et qui, sont nés en Algérie. Quels sont les souvenirs les plus marquants de ton enfance et de ton pays qui, je le pense, reste toujours dans ton cœur et dans ta tête ?

APP : J’ai vécu malheureusement la guerre d’Algérie pendant sept ans puisque je suis né à Alger, et je ne suis parti qu’au moment de l’Indépendance en 1962. Cette guerre civile a perturbé les gens. Mais j’ai vécu au sein d’une famille unie avec une maman infirmière et un papa dans la mécanique de précision. Ils ne m’ont jamais bridé dans le sens où ils ont accepté que je fasse de la danse classique alors qu’à cette époque, c’était très mal vu pour un garçon de danser. C’était évidemment, réservé aux filles !

JPS : Est-ce que ça a été une cassure pour ta famille, le départ de l’Algérie ?

APP : Ça a été un drame pour toute la famille ! Suite à ça mes parents se sont séparés et cela a perturbé mes études… Et surtout l’art que j’affectionnais : la danse.

JPS : La danse, tu la découvres en Algérie ?

APP : Dès l’âge de six ans, il paraîtrait – je n’en ai plus le souvenir -  que quand j’entendais de la musique aux terrasses des cafés, je dansais. Maman a décidé de m’inscrire dans un cours de danse dès l’âge de six ans où Yvette Bella, partenaire de Serge Lifar, était mon professeur. Elle m’a donné encore plus la passion de danser mais malheureusement, l’indépendance m’a obligé à arrêter. En France, ça n’a pas été évident parce que les rapatriés étaient très mal vus. Mais même si j’ai du abandonner la danse, j’avais une autre passion, celle du théâtre…

JPS : La danse, tu aurais donc aimé en faire ton métier ?

APP : Oh oui j’aurais aimé ! Je l’ai reprise par la suite mais trop tard… C’est pour ça que j’ai bifurqué vers le modern jazz, dans l’école nationale de Rosella Higthower, et avec Suzy Laporte à Monte Carlo, une élève de la Compagnie du Marquis de Cuevas. Malheureusement, il a fallu que je cesse parce que j’avais pris de l’âge. Je me suis donc lancé dans le théâtre à Rouen dès l’âge de seize ans. J’ai présenté le concours d’entrée au Conservatoire Régional, en art dramatique, et j’ai été reçu. J’ai eu la chance de partager la classe de Jean Chevrin, en compagnie d’Anny Duperey.

JPS : C’est une passion qui naît comment ? C’est peut-être un peu moins évident que la danse quand on est enfant… Tu te rappelles de tes premiers souvenirs de théâtre, de ce qui a pu t’amener vers cet art ?

APP : Il y a deux raisons. La première est une passion pour la scène et la deuxième motivation, c’est que je suis le filleul de baptême de Paulette Dubost qui est la doyenne du cinéma français – elle a eu 100 ans au mois d’octobre 2010. Sans m’aider parce qu’elle disait que c’était un métier très dur, elle m’a toutefois fait découvrir les joies du théâtre et du cinéma.

JPS : Ce qui m’étonne c’est que quand on regarde ton CV, comme l’on dit, on voit que, probablement parce que tes parents te l’ont demandé ou parce qu’il a fallu que tu gagnes ta vie, tu t’es orienté vers le droit. C’est à mille lieues de la danse et du théâtre ?

APP : Dans l’éducation de l’époque, il fallait – comme maman disait – « Avoir une poire pour sa soif ». Elle a ajouté : « Je ne t’empêche pas de faire l’artiste mais au moins, aie un petit appoint si des fois tu ne faisais pas tout ce que tu veux dans le spectacle ». Comme je suis quelqu’un de très curieux, plus littéraire que versé dans les maths, j’ai bifurqué vers le droit.

JPS : Tu vas quitter le monde judiciaire définitivement en prenant le risque de faire le grand saut et d’essayer de vivre de ta passion. Tu vas alors sur la Côte d’Azur ?

APP : Je vais à Nice où j’ai la chance d’être pensionné au théâtre. En même temps je suis toujours les cours du Conservatoire Régional, dans la classe de Muriel Chaney qui a été l’une des plus jeunes pensionnaires de la Comédie Française. Elle avait côtoyé Albert Camus et elle m’a fait travailler ses textes. À ce moment là, j’ai fait la connaissance d’une compagnie française qui jouait régulièrement en Angleterre en langue française. On m’a proposé le Barbier de Séville, le comte Almaviva. Ensuite, j’ai décidé de partir à Paris.

JPS : Tu arrives à Paris. Le milieu est aussi difficile qu’aujourd’hui, il ne faut pas se leurrer… Tu vas chercher une activité complémentaire au théâtre. Tu rencontres un personnage très connu qui va t’aider et qui va être ton parrain dans la presse, c’est Pascal Sevran…

Pascal SevranAPP : En 1979, Pascal Sevran était grand reporter à Ici Paris. Il a découvert mes écrits et, subito presto, il m’a proposé de rentrer dans la grande maison et c’est comme ça que j’ai débuté le journalisme.

JPS : Comment définirais-tu le personnage ? Quel souvenir en gardes-tu ? Quels étaient ses qualités et ses défauts ?

APP : Contrairement à ce que l’on peut penser, c’était un homme loyal et généreux. Mais il avait ses têtes : on aime ou on n’aime pas ! Personnellement, je n’ai eu qu’à me louer de lui qui était très fantasque et très original. Ça me convenait… C’est quelqu’un qui m’a tendu la main et qui m’a permis d’avoir ma carte de presse parce que je n’ai pas fait d’école de journalisme. Je suis « journaliste sur le tas ».

JPS : À Ici Paris, tu vas t’occuper de quel type de rubriques et pourquoi vas-tu te retrouver très vite à la télévision ?

APP : La rubrique « people ». J’aimais bien cette ambiance et l’envers du décor. En parallèle, j’ai eu la chance de travailler pour Télérama, au service cinéma avec de grandes personnalités journalistiques come Jean-Luc Douin et Alain Raymond. Par la suite, ça m’a fait découvrir d’autres horizons. Avant la télévision, j’ai fait quelques théâtres de Paris pour proposer mes services pour le secrétariat et j’ai eu la chance d’être accepté au Théâtre des Nouveautés comme secrétaire général et au Palais Royal.

JPS : Qu’est-ce qu’un secrétaire général dans un théâtre parce beaucoup de gens ne doivent même pas savoir que ça existe ?

APP : Un secrétaire général, ça paraît pompeux mais c’est très utile parce que c’est la personne qui seconde l’administrateur. L’administrateur est plus en charge de la gestion, le secrétaire général est là pour recevoir les pièces de théâtre proposées par des auteurs, faire le courrier qui a trait au théâtre, établir les contrats, etc…

JPS : C’est dans ce contexte que tu vas rencontrer quelqu’un pour qui tu as beaucoup d’affection et qui n’est autre que Line Renaud…

LINE RENAUD APPAPP : Voilà, le 2 février 1981, mon patron me dit : « Vous qui avez fait de la danse, qui avez vaqué dans les temples du music-hall, vous allez être ravi parce que nous avons engagé Line Renaud ». Je ne connaissais Line Renaud qu’à travers ses revues, et ça a été tout de suite fusionnel. On s’est tout de suite adoptés et depuis nous sommes toujours restés en contact.

JPS : Là aussi, comment définis-tu sa personnalité ? Comment vois-tu cette femme ?

APP : J’ai eu la chance jusqu’à présent de rencontrer des êtres d’exception. Pour moi, Line est un être rare pour plusieurs choses, notamment parce qu’elle défendait la cause de la lutte contre le Sida. Et puis c’est une femme généreuse qui, malgré son succès, a toujours été très humble. J’adore ce genre de personnage. C’est vrai que nous avons été très complices, nous nous appelons très souvent et nous nous voyons quand elle vient sur la côte basque. Ça a été une vraie belle rencontre.

JPS : Après cette période dans les théâtres où on imagine que tu devais être content parce que c’était ton milieu – bien que cela puisse être répétitif, tu vas vers une nouvelle expérience… une émission dont tout le monde se souvient. C’est l’Académie des 9. Comment cela arrive ?

APP : À l’époque, mes QG étaient l’Alcazar, le Paradis Latin, le Moulin Rouge, le Lido, les Folies Bergères, avec une amie Norma Duval, qui a été meneuse de revue pendant quatre ans. Mais mon entrée dans le monde de la télévision est encore due à une rencontre merveilleuse, qui s’est faite par l’épouse du réalisateur jacques Samyn que j’avais connue au théâtre et qui écrivait. Elle m’a proposé de rencontrer son époux. On a flashé tout de suite. Il m’a fait rencontrer un autre réalisateur et la maison de production m’a engagé comme conseiller artistique. Conseiller artistique veut dire que j’étais responsable du plateau people : faire signer les contrats, suivre la personnalité pour l’émission de jeu, etc… par la suite, j’ai également été répétiteur et conseiller artistique pour les sitcoms d’AB Productions (les filles d’à côté, Hélène et les garçons, premiers baisers…).

Image1JPS : J’ai vu aussi ton nom dans l’histoire du Crazy-Horse ?

APP : C’est encore une autre rencontre extraordinaire. Ma vie est basée sur les rencontres extraordinaires ! Je travaillais pour une émission qui s’appelait « Les affaires sont les affaires » pour Canal+, j’étais conseiller artistique, en charge de recruter des personnalités du spectacle, et une comédienne nous fait faux-bond. Il fallait trouver quelqu’un… Je lisais Paris Match et à l’époque, j’avais lu : le mariage de Lova Moor avec Alain Bernardin. Ça m’a fait tilt, je me suis dit : « Pourquoi pas une danseuse ? ». On a accepté de suite. Et Lova Moor a eu cette phrase merveilleuse : « Alain-Pierre je voudrais que tu me retires de ma cage dorée ». Elle voulait chanter, elle avait fait une maquette. Et puis elle m’a dit : « Il faut que je te présente mon époux, je suis sûre que vous allez bien vous entendre ». En deux temps, trois mouvements, Alain Bernardin m’a dit : « Ok, tu es mon attaché de presse et l’assistant de Lova Moor ». J’ai eu aussi la chance d’être le secrétaire particulier de Carole Bouquet, Alexandra Stewart, Maria Pacôme, Christian Vadim, Philippe De Broca…

JPS : Il y a quelque chose qui te poursuit – et on va y revenir avec le journal – c’est la presse parce qu’on peut dire que si tu as eu deux passions dans ton enfance, la danse et le théâtre, il y en a une troisième qui s’est collée : c’est l’écriture et la presse. Là, tu vas te lancer dans quelque chose de très difficile, c’est-à-dire un magazine sur la danse. Et on peut dire que c’est ce qui va faire, à un moment, que tout va craquer ?

APP : J’ai eu cette rencontre qui a été aussi extraordinaire mais qui a été aussi dévastatrice. Je rencontre un garçon qui m’a proposé de parler de la danse dans toutes ses formes, parce qu’il fréquentait à l’époque – c’est devenu par la suite sa femme – une danseuse du ballet national de Cuba. Pour lui faire plaisir et lui montrer qu’il s’y intéressait, il a eu l’idée de créer un magazine. J’ai dit OK, j’aime les challenges et donc je me suis entouré de danseurs des grands cabarets, à savoir aussi bien du classique que du modern jazz, et j’ai soumis l’idée. J’ai réalisé un concept entièrement et on a monté Ballet & Co. Encore des rencontres extraordinaires : Roland Petit qui a accepté d’être le parrain du magazine, ainsi que Brigitte Bardot. L’aventure a duré cinq ans.

JPS : Ça va être ensuite un changement de vie total. Tu vas quitter Paris et ce milieu. C’est un peu plus personnel mais je pense toujours à ceux qui nous lisent. Tu as traversé des moments très difficiles, tu ne savais plus trop où tu en étais…

APP : J’étais « au fond de la piscine » !

JPS : Comment on en revient ? Comment on tient quand on a tout perdu et qu’on se retrouve dans une belle région comme ici, mais que l’on pense n’avoir plus d’utilité ? Car ta vie ce sont des choses magnifiques qui se sont enchaînées et puis brusquement, il n’y a plus rien…

APP : Je suis bélier et donc très fonceur ! Je suis toujours d’une humeur optimiste malgré le désespoir, j’ai toujours été un battant. Auparavent je venais en vacance dans cette région où résidaient les parents de ma filleule. Quant j’ai été « au fond de la piscine », ils ont voulu me repêcher et me sortir la tête de l’eau. Ils m’ont proposé de venir ici où il y a la mer et comme je suis un enfant de la mer, j’ai accepté… Mais cela a été très dur, et j’ai fait une grave dépression qui m’a mené dans un hôpital. Mais je refusais de prendre le traitement.

JPS : Le conseil que tu donnes c’est qu’il faut prendre son traitement, qu’il faut le suivre ?

APP : Oui, il ne faut pas faire comme moi parce que c’est très dangereux ! J’ai eu aussi la chance d’avoir un entourage assez solide. J’ai eu aussi la chance de rencontrer deux ans avant que tout éclate, Christiane, ancienne missionnaire laïque chez Mère Theresa à Calcutta. Elle y avait vécu dix ans auprès des lépreux. Elle m’a pris en mains et m’a dit : « Tu vas te battre ! ». Et c’est ça aussi qui m’a forcé à accepter.

hubertdecaslou.jpgJPS : On va revenir à des choses plus joyeuses pour la conclusion de notre entretien, c’est une rencontre… Une de plus dans ta vie. Une rencontre inattendue… C’est celle de l’éditeur de ‘la Semaine du Pays basque’, Hubert de Caslou. Je crois que tu es rentré dans l’équipage de la Semaine en quelques minutes ?

APP : Comme je le dis souvent : Hubert de Caslou a été l’homme providentiel ! C’est lui qui m’a permis de rebondir dans ce milieu qui s’était éloigné de moi. J’étais resté cinq ans en stand by ! Et cette rencontre c’était un fait du hasard ! J’avais un rendez-vous qui n’avait pas eu lieu en temps et en heure et je suis allé dans un restaurant où Hubert de Caslou était venu déjeuner. Je l’ai entendu dire qu’il avait racheté le journal, j’ai pris ma chaise et je me suis installé à sa table. Il y a ce contact qui s’est fait et il m’a demandé de faire un topo sur le métier de journaliste. Deux jours après, il m’a dit : « Vous faites partie de l’équipe ! ». J’ai commencé en février 2009 dans la rubrique cinéma ; je faisais les critiques comme je le faisais pour l’Atalante bénévolement. Là j’étais rémunéré et je me levais le matin en me disant : « Voilà, je sais ce que je vais faire de ma peau, je vais dans une équipe sympathique de jeunes journalistes talentueux ». Ça s’est fait comme ça.

JPS : Aujourd’hui tu es devenu l’une des signatures de ce journal, qui est appréciée et très lue. Tu as un style particulier, et je te pousse souvent à aller plus loin en te disant : « J’adore quand tu es impertinent, quand tu fais des interviews qui sont un peu disjonctées ! ». Ce qui est fantastique c’est cette facilité qu’on tous les artistes de passage sur la Côte basque à te répondre et à te faire des confidences. On a l’impression que tout ce que tu as vécu avant te sert beaucoup aujourd’hui ?

APP : Je ne suis pas quelqu’un qui s’intéresse aux cancans, je préfère la vraie valeur de la personne qui est en face de moi : acteur, danseur, chanteur… C’est avant tout un être humain. Cela attire tout de suite l’interviewé qui sait que je ne vais pas parler des petites choses de la vie qui ne regardent personne. J’ai aussi cette chance d’avoir le contact facile, parce que je suis un ancien danseur et comédien et que je me mets à la place des personnes que j’interviewe.

JPS : Question rituelle de cette série : si c’était à refaire cette drôle de vie, est-ce que tu referais exactement la même chose ?

APP : Je ne referais pas les mêmes erreurs. J’étais un impulsif, je me considérais un peu comme l’homme pressé. Là, je ferais attention où je mets les pieds. Mais si c’était à refaire, je recommencerais cette vie un peu « dissolue », ce partage avec l’autre. J’ai été éduqué comme ça : donner aux autres, même sans recevoir. J’ai eu un beau parcours de vie.

JPS : Tu aimes donc ta drôle de vie Alain-Pierre ?

APP : Oui, même à soixante-trois ans, j’aime cette vie et jamais je ne m’en détacherai. Ce qui est fabuleux, c’est que j’ai des souvenirs intérieurs, et même s’il y a des moments de spleen, je me mets à voyager et à rêver en me disant : « Oui, j’ai eu la chance de rencontrer telle et telle personne ». Ce qui ne m’empêche pas d’aller voir ailleurs que dans le monde du spectacle. J’ai connu pas mal de personnes qui sont dans d’autres milieux professionnels et qui sont tout aussi attachantes et intéressantes. Je crois que si je devais résumer ma vie, je dirais : « Vive l’instant présent et l’impulsion au quart de tour ! ».

 

Interview réalisée par Jean-Philippe Ségot, journaliste à ‘la Semaine du Pays basque’.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 29 juillet au 4 août 2011.

 

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 23:22

Karen Cheryl

Une femme à la page

 

Karen Cheryl est l’animatrice de la grande soirée RFM 80 le 5 août prochain aux arènes de Dax.

Celle qui a entamé depuis plus d’une décennie une nouvelle carrière d’animatrice radio et télévision, s’est confiée à moi par téléphone.

 

karen-cheryl.jpgAPP : Bonjour Karen. C’est un plein temps d’animatrice TV, et la suprême joie de présenter l’évènement RFM 80 aux arènes de Dax. Donc une grande première et un grand trac ?

KC : Oui, et un immense bonheur. À Dax, ce sera la dernière hélas, après deux années à Bayonne, avec en exclusivité mondiale Samantha Fox et Sabrina qui en avaient sous leur t-shirt moulant (rires), ainsi qu’Emile et images, Jean-Luc Lahaye, Lio, Début de soirée, Jimmy Sommerville, François Feldman, pour n’en citer que quelques-uns car la liste est très longue. En guest-stars, l’extraordinaire Michael Gregorio et la troupe de la comédie musicale Dracula. On disposera de grands moyens, un hélico pour l’arrivée de Samantha Fox et Sabrina sur scène ! Et bien sûr, des surprises, encore des surprises. Dans le décor naturel des arènes de Dax. En un mot, un show de grande envergure. Pour moi, ce sera la grande fête de la musique.

APP : Et la chanson dans tout ça ? Peut-on envisager un come-back ?

KC : Mais cher copain, cela fait vingt ans que j’ai abandonné la chanson. Je ne suis pas du genre à faire de faux adieux. Ce fut une période heureuse, je fus extrêmement gâtée par le public, et heureuse d’avoir vendu entre 28 et 29 millions de disques et albums. Une fort belle histoire mais à présent, j’escalade d’autres collines. La radio sur Europe 1 pendant onze ans avec mon vrai patronyme Isabelle Morizet où j’interviewais des personnalités de tous bords m’a permis de faire ce que je voulais : ne plus être dans la lumière, mais mettre en lumière les autres.

APP : Donc une autre Karen plus glamour, car le temps n’a pas d’emprise sur toi…

KC : (rires) Mais quel flatteur tu fais ! Je suis tout simplement une femme bien dans sa génération, dans sa peau, qui n’hésite pas à se remettre en question, qui regarde loin devant elle et jamais en arrière. Surtout lorsqu’on a un fils de 16 ans, on est obligée d’être dans le coup ! Nous sommes très complices. Glamour non, mais je me sens belle à l’intérieur. Belle aussi pour plaire à mes deux hommes : à mon fils Oscar et à mon extraordinaire mari Jérôme.

APP : Peux-tu me donner une grande qualité, un petit défaut et un péché mignon ?

KC : (Karen éclate de rire). La sincérité, elle m’a joué pas mal de tours, mais je resterai moi-même, fidèle, honnête. Je veux vivre sans peur et dans la paix, dans l’amour et la tolérance. Le défaut, celui d’être inquiète et grave dans la vie. Contrairement à ce que je peux laisser paraître à la télévision, tonique et assurée. Il faut que je gagne en zen attitude. Quant au péché mignon, la lecture, je passe des heures dans les bonnes librairies, surtout celles de Saint-Germain-des-Prés.

APP : Ma dernière question : connais-tu le Pays basque ?

KC : Hélas, peu. Je me souviens d’un restaurant à Anglet, où j’ai dîné plusieurs fois, il s’appelait la Cucarracha. On y passait des soirées extraordinaires, où tout le monde chantait et dansait, c’était pour moi, la parisienne, un véritable carburant et une joie de vivre. Par contre, je sais que bientôt ce sera les fêtes de Bayonne. Il paraît que c’est du délire. Alors bonnes fêtes à tous. Et toi, cher Alain-Pierre, je te donne rendez-vous à Dax le 5 août.

 

RFM 80 – 5 août à 21h – Arènes de Daxarenes.jpg

Tarifs : 36€ debout en fosse, 39€ tribune (placement libre)

Réservations : aux points de vente habituels et via Prodevents : 05 59 25 70 88 ou direction@prodevents.org prodeventslogo

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 29 juillet au 4 août 2011.

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 21:10

Los Hermanos Sanchez … Magiciens des notes andalouses !

 

Los Hermanos Sanchez sera le 30 juillet à 21h30 au kiosque Sainte-Eugénie à Biarritz. Un duo d’excellence et le miel de la guitare flamenca qui a su séduire le public toujours plus nombreux, différent et comblé après leur passage. Des sonorités chaudes et émotionnelles qui appellent au voyage dans le cœur et l’âme de l’Andalousie. Une traversée dans l’univers vibrant de la musique latine qui laisse libre cours à la rêverie. Un récital marqué d’une exécution extraordinaire et originale qui en fait d’authentiques magiciens des notes andalouses et de grands interprètes de la scène flamenca. Les frères Celedonio et Ramon Sanchez, des musiciens d’exception que je me devais de rencontrer.

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APP : Buenos dias Celedonio et Ramon. Merci de vous présenter et de nous dire comment le style flamenco s’est intégré dans votre jeu musical et quel a été votre parcours « guitaristique »…

C : Nous sommes nés en Andalousie près de Séville et le flamenco a bercé notre enfance. Nous étions fascinés par la guitare. Moi, el niño Cele, je m’arrêtais de jouer quand notre voisin grattait sur sa belle guitare orangée Seguiriyas.

R : La fée guitare gentiment penchée sur notre berceau nous berçait sur des rythmes flamencos. Et c’est tout naturellement qu’après notre arrivée en France, après une parfaite formation à la guitare, le flamenco s’est imposé à nous parce que notre enfance s’est passée dans le cercle familial espagnol où tout s’exprime par la musique, où joies et peines de chaque jour jaillissent en coplas et cantares improvisés.

APP : Est-il vrai que pour la guitare flamenca, comme pour le swing manouche, il y a une technique particulière ?

R : Absolument, la guitare flamenca a une technique spécifique qui n’appartient qu’à elle comme alzapua, rasgueados, témolos flamencos, picados. Elle possède une grande richesse et mais également la difficulté, puisque toutes ces techniques viennent perfectionner cette classique que le jeu flamenco a déjà englobé.

C : Le flamenco se caractérise aussi par son flot de rythmes dont chacun a un langage propre et une structure distincte qui n’est pas facile à assimiler et qu’on appelle le compas. Mais il y en a d’autres, soit avec le pouce, soit avec la paume de la main ou encore avec ce que l’on appelle le golpe, ils font résonner la caisse. Le flamenco a extrêmement évolué sur le plan technique ; il est devenu véritablement instrumental. Le touché s’est raffiné pour atteindre une expression encore plus percutante.

APP : Depuis combien de temps existe votre duo ? Qui compose et qui écrit ? Parlez-moi également du ténor Charles Ferré, votre complice de toujours qui sera à vos côtés le 30 juillet à Biarritz…

C : Oh ! Mais depuis très longtemps. Ce duo c’est la passion de deux frères pour la musique flamenca. Une belle complicité de frères d’arme, frères de cœur et de sang. C’est Ramon qui compose, notamment la musique de nos deux CDs : Carabelas et Santa Cruz. Quant à notre ami de toujours Charles Ferré, brillantissime ténor du Capitole de Toulouse, il vient se joindre à nous pour certains concerts. Lui aussi a cette culture espagnole puisque de père andalou. Ensemble nous faisons le tour des grands succès de la musique espagnole et sud-américaine, comme en témoigne notre album Caminemos produit par Agorila.

APP : Quelles sont vos inspirations et quels sont les musiciens du flamenco dont vous vous sentez proches ? Quels sont les thèmes récurrents de votre musique ?

C : Notre jeunesse a été bercée par la guitare du grand maître Sabicas qui nous a quitté en 1990. Puis est arrivée l’immense Paco de Lucia et cela a été plus qu’une révélation, ce fut le choc passionnel et artistique car il a totalement révolutionné la guitare flamenca. Aujourd’hui le flamenco se joue différemment grâce à lui, et il a été le modèle et l’exemple à suivre. Dernièrement nous avons eu l’immense honneur de jouer ses compositions au Zénith de Pau, un grand moment dans notre carrière. Le flamenco est un art poétique qui exprime tous les sentiments de l’homme, tout ce qui touche à la nature humaine : l’amour, la joie, la peine, la passion, le désir… et la guitare est l’instrument le plus apte à exprimer tous ces états d’âme et cette mélancolie qui habite les andalous.

APP : Comment expliquez-vous que des musiciens qui font partie de la jeune génération s’intéressent au flamenco aujourd’hui ?

R : Tout simplement parce que le flamenco est un art universel qui fascine par sa richesse musicale, son pouvoir émotionnel et sa beauté.

APP : Le flamenco restera-t-il limité à la communauté espagnole ?

C : Pas du tout et heureusement ! Le flamenco est en train de s’ouvrir et il intéresse tout le monde, il n’y a qu’à voir comment le public est réceptif lors de nos concerts. Nous pensons que cet art a encore un grand avenir devant lui. Sachez que son début officiel date de 1783 sans le moindre écrit au départ, par transmission orale, et qu’il vient d’être classé au patrimoine immatériel de l’humanité en novembre 2010.

APP : Quels sont les projets de Los Hermanos Sanchez ?

R et C : Quelques concerts d’été dans le sud de la France et notamment au Pays basque en compagnie de Charles Ferré le 30 juillet et le 17 août à Biarritz, le 6 août à l’église d’Arbonne, le 21 août aux jardins d’Arnaga à Cambo. Nous préparons également le Stage International 2011 de guitare flamenco en Pays basque qui aura lieu à Biarritz du 22 eu 25 octobre prochain avec un concert au Colisée le dimanche 23. Puis nous préparerons un nouvel album en 2012.

 

Los Hermanos Sanchez, c’est à la fois, l’eau, le feu et le sang : les dignes héritiers de la grande tradition flamenca espagnole. Tels des toreros dans l’arène ils conquièrent les spectateurs pour les emmener pas à pas dans un monde de lumière et de séduction. L’harmonie de deux guitares flamencas.

 

Los Hermanos Sanchez et Charles Ferré – 30 juillet à 21h30 – Kiosque de la place Sainte-Eugénie à Biarritz.

Renseignements pour le stage du 22 eu 25 octobre au : 05 59 …

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 29 juillet au 4 août 2011.

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 21:06

I Muvrini. La belle saga familiale !

 

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Les frères Jean-François et Alain Bernardini reviennent ce 4 août à la Gare du Midi à Biarritz. On se souvient de leur dernier concert dans la même salle. Depuis plusieurs années, le duo corse s’est entouré d’une formation aux contours polyphoniques corses qui progressivement s’est ouverte vers les musiques du monde et la variété. Connaissant leur longue et enrichissante histoire, on devait s’attendre à une belle réussite et la pleine justification d’un style très personnel. Cette histoire, c’est aussi la belle saga familiale avec leur paternel Jules dit Ghjullu, poète et musicien qui les a éduqués à l’art de la polyphonie. Tous deux ont rendu hommage à ce père exceptionnel avec leur premier disque Ti Ringrazianu. Parfois critiqués sur leur parcours, certains puristes de la musique traditionnelle corse les juge comme trop assimilés au système et au modèle artistique dominant. Mais I Muvrini n’en reste pas moins l’avocat de sa belle île de beauté dont il s’emploie à valoriser le patrimoine. On comprendra alors les contrastes parsemant son dernier opus Gioia, visiblement habité. Les corses parviennent à créer au fil d’explorations délicates, une couleur musicale éclectique et parfois même affranchie des étiquettes. Des différentes humeurs qui pourraient traverser un quotidien dont ce duo se veut le narrateur, créant ainsi le parfait vecteur pour des textes qui ont un sens. La qualité et la maturité de I Muvrini sont indéniables. Les frères Bernardini ont vraiment un style spécifique qui ne dilapide pas l’héritage corse, loin de là !

 

I Muvrini – 4 août à 21h – Gare du Midi à BiarritzBiarritz Gare du Midi

Tarifs : 40 à 50€

Réservations : 05 59 22 44 66  ou www.entracts-organisations.com

 

I Muvrini live Olympia (cd) juillet 2011.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 29 juillet au 4 août 2011.

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 20:49

Thé à la menthe ou t’es citron ? C’est ex…Ceylan !

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Dimanche 7 août 21h à la Gare du Midi à Biarritz, Patrick Haudecoeur et ses comédiens interprètent Thé à la menthe ou t’es citron ? C’est un vaudeville délicieusement archaïque qui met en scène des personnages d’acteurs affligeants à souhait. Avec sa pièce, l’auteur et interprète qui possède humilité et éclat (deux mamelles du talent), nous gratifie d’un robuste souffle de finesse et de drôlerie, donnant à ses interprètes tout loisir d’exister dans leur propre registre. Patrick Haudecoeur, c’est un excellent comédien comme on les aime, il sait tout faire et il fait tout bien. Il joue chaque minute avec dynamisme, dominant les mots et l’espace avec l’assurance d’un jongleur malicieux qui fait rire sans diverger de sa ligne comique. Il révèle son incroyable talent par de subtils détails et mimiques assortis d’une diction parfaite, et un ton irrésistiblement plaisant et désopilant. On peut dire que Thé à la menthe ou t’es citron ? est une pièce de boulevard de bonne facture, hune histoire vaudevillesque qui nous donne l’opportunité de passer de savoureux instants et surtout parce qu’on s’y distrait ! Cet auteur à succès récidive avec panache après ses autres œuvres Frou frou les bains et La valse des pingouins (pour laquelle la ravissante Sarah Giraudeau avait obtenu le Molière de la révélation féminine). Avec des partenaires qui jouent leur partition avec tant de générosité et de verve qu’à coup sûr ce Thé à la mente ou t’es citron ? est ex…Ceylan !

 

Thé à la mente ou t’es citron ? 7 août à 21h – Gare du Midi à Biarritz Biarritz Gare du Midi

Tarifs : 40 à 50€

Réservations : 05 59 22 44 66 et www.entracts-organisations.com

 

Molière de la meilleure pièce comique 2011.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 29 juillet au 4 août 2011.

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 22:42

Sueño Milonga

 

« Le tango était une danse exécutée dans les bordels »

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Sueño Milonga, formation qui interprète du tango argentin, sera en concert le 23 juillet au Kiosque de la place Sainte-Eugénie à Biarritz. Leurs spectacles sont une immersion dans l’univers envoûtant des quartiers ardents de Buenos Aires. Rencontre avec Michel Etchenique, l’hombre orquestra, qui tient le bandonéon au sein du groupe.

 

APP : Bonjour Michel Etchenique. Dites-nous comment est né Sueño Milonga ? Quels sont les musiciens qui forment votre ensemble et quel sera le programme ?

ME : Très jeune, j’ai été bercé par le tango argentin (ma grand-mère paternelle était Argentine et mon père, né à Ustaritz, a vécu deux années à Buenos Aires). À quatorze ans, j’ai étudié le bandonéon, puis j’ai joué dans les orchestres de Pedrito Percal et Jacques Boué. À ma retraite, avec mon ami André Dumoulin, j’ai créé un orchestre de tango argentin afin de faire connaître cette superbe musique dans le grand Sud-ouest. Ensuite quatre musiciens-professeurs du Conservatoire de Bayonne et de l’école de musique de Dax se sont ralliés. En 2005 naît Sueño Milonga. Les musiciens, Jean-Claude Pilarcksyk et Olivier Parrot au violon, Marin Bea à la contrebasse, André Dumoulin au piano, Claire Caup et moi-même au bandonéon. Notre programme sera un voyage musical au cœur de Buenos Aires avec les musiques des grands maîtres du tango comme Astor Piazzola, Anibal Troïlo, Osvaldo Publiese, Carlos Gardel et bien d’autres. Tangos, milongas et valses argentines se mêleront à la tonalité sensible du violon, l’émotion et la plainte du bandonéon, ce pour la plus grande joie des aficionados.

APP : En quoi le tango est-il une musique métisse et quelle est son origine ?

ME : Il est né vers 1880, sur les rives bourbeuses de Rio de la Plata, près des banlieues de Buenos Aires parmi le petit peuple des exclus et des miséreux de Montévidéo (Uruguay) à la fin du XIXème siècle où se trouvaient des descendants d’esclaves qui venaient des trafics avec le Brésil et l’Afrique. Certes, le tango est une musique métisse comme toutes les musiques traditionnelles et populaires d’Amérique latine, qui ont intégré les éléments amérindiens, africains et européens. Les Argentins disent que le tango vient des gauchos. Mais ce n’est pas si simple, car celui-ci a mis au moins deux siècles à s’implanter, c’est donc une construction historique.

APP : Paris a joué un rôle primordial dans l’histoire du tango argentin lui permettant de s’étendre au-delà des quartiers malfamés, ce qui, pour les exilés, faisait de la capitale française la ville jumelle de Buenos Aires…

ME : Oui, Paris a entretenu depuis près d’un siècle une véritable histoire d’amour avec le tango argentin. En 1910, des aristocrates argentins qui arrivaient à Paris pour y vivre étaient questionnés par les parisiens sur l’existence de cette danse. Ils se rappelaient en avoir entendu parler comme d’une danse provocante et sulfureuse, enrichie de figures lascives et de mouvements à connotations sexuelles, qui scandalisait la bonne société puritaine. Une danse exécutée dans les bordels, les rues, les cafés des quartiers malfamés et cosmopolites, mais aussi dans les ports où s’entassaient des familles d’immigrés. Donc, c’est bien cette ville de France qui va permettre au tango argentin de s’étendre au-delà des quartiers louches, à la Coupole ou au Latina. Plus tard sont nées des écoles où l’on a pratiqué ce qu’on appelait la danse de salon. C’est devenu une véritable « tangomanie » pendant et après les années folles.

APP : Après la chute de Juan Domingo Peron, le tango a vécu une longue période de disgrâce. Comment est-il perçu aujourd’hui en Argentine ? A-t-il retrouvé de l’éclat ?

ME : En effet, depuis la chute en 1955 du général Peron (qui en était un fidèle soutien), le tango a été concurrencé par la musique anglo-saxonne et boudé par la jeunesse argentine. Peu à peu, les orchestres ont disparu alors que dans les années 40, plusieurs centaines d’orchestres de tango tournaient à plein régime à travers toute l’Argentine avec une concentration d’activité importante à Buenos Aires. L’âge d’or du tango jusqu’en 1955. Puis la révolution « piazzolienne » se met alors en marche ! Astor Piazzola a redonné ses lettres de noblesse à cette musique populaire et a élevé celle-ci au niveau de la grande musique. Il nous a laissé une œuvre considérable, notamment son magnifique « Adios Nonino » écrit à la mort de son père. Aujourd’hui, grâce à lui et à d’excellents orchestres constitués par de jeunes musiciens férus du tango, tant en Argentine, qu’en Europe mais aussi en France, il regagné sa suprématie !

APP : La musique certes, mais pour la danse, assiste-t-on au même retour en grâce ?

ME : À mon avis, il y a une évolution, non dans les pas de danse, mais dans la manière de se les approprier. C’est avant tout une danse sociale, et bien plus qu’une danse des quartiers louches, mais celle de quartiers qui créent un lien. Le tango va vers le populaire plus que le spectaculaire, comme on peut le remarquer dans divers festivals. C’est un engouement, un intérêt pour les danses d’origines afro-américaines. Le tango est à la fois une musique, une chorégraphie et une littérature populaire. Il incarne admirablement ce que l’on appelle la culture urbaine.

 

Sueño Milonga – 23 juillet à 21h30 – Kiosque de la place Sainte-Eugénie à Biarritz.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 22 au 28 juillet 2011.

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 21:02

Los Hermanos Sanchez et Charles Ferré… magiciens des notes andalouses !

 

Los Hermanos Sanchez et Charles Ferré seront le 30 juillet à 21h30 au kiosque Sainte Eugénie à Biarritz.

Avec les frères Sanchez, c’est l’ivresse à l’état pur et le miel de la guitare flamenca ! Ils ont su saisir la recette pour séduire le public toujours plus nombreux et différent, manifestement comblé après leur passage. On goûte aux sonorités chaudes et émotionnelles qui nous font voyage dans l’âme et le cœur de l’Andalousie. Tel un passage dans loshermanossanchez.jpgl’espace sonore de musique latine et originale qui fait d’eux d’authentiques magiciens des notes et assurément de grands interprètes de la scène flamenca. Leur approche sensible liée à une technique particulière, donne à leurs compositions un caractère sensitif et enflammé, traçant résolument leur sillon qui les mène droit vers les grands maîtres de la flamenca. C’est de l’instrumental au touché peaufiné d’année en année qui atteint une expression encore plus percutante. Une maîtrise parfaite de la guitare, une perception du jeu, une passion de vaincre la tiédeur pour faire passer le souffle sacré ! Si l’on risque le côté « lyrisme », Los Hermanos Sanchez seraient à la fois, l’eau, le feu et le sang, faisant d’eux les héritiers de la grande tradition flamenca espagnole. Des toreros dans l’arène qui conquièrent les spectateurs pour les emmener pas à pas dans un monde de lumière et de rêve. L’harmonie de deux guitares flamencas accompagnera la puissante voix du talentueux ténor Charles Ferré.

 

Los Hermanos Sanchez et Charles Ferré – 30 juillet à 21h30 – Kiosque Sainte-Eugénie à Biarritz.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 22 au 28 juillet 2011.

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 23:07

Roland Petit : impétueux chorégraphe !

 

Disparu à 87 ans dimanche 10, Roland Petit était venu à Biarritz en 1996 pour le festival « Le Temps d’Aimer la Danse ». Son Arlésienne sera programmée les 28 et 29 octobre 2011 à la Gare du Midi à Biarritz.

 

« Quand Roland Petit créait un ballet, tous pardonnaient son exigence, son perfectionnisme, sa grande rigueur, parce que fascinés par cette figure emblématique de la danse, ce génie doté d’un charisme, d’un tempérament exceptionnel et d’une indiscutable franchise. Le magnétisme et la séduction étaient ses principes primordiaux dans sa relation avec ses danseurs. Entre eux s’alliaient élégance, style, synchronisme et mystère. Une permutation totale, Roland Petit demeurera dans notre mémoire ce chorégraphe prolifique et obligeant. Un être lumineux, grand concepteur de plus d’un demi-siècle de chorégraphie, un arachnéen dans l’âme et toujours là au moment où l’on ne s’y attend pas. Un amoureux fou de la danse classique, mais aussi des plumes, strass et paillètes parce que l’époux de la divine Zizi Jeanmaire son égérie. Façonneur de vitalité et d’étreinte, il chérissait la fraternité et la confiance, marquant de son empreinte déliée et originale la danse d’après-guerre. Enfant chouchou de l’Opéra (où il fit de brillantes études), il devient sous l’occupation ce prince de la danse pour « Les Soirées de la danse » aux côtés de la regrettée et grande étoile Janine Charrat. Adulé ou réprouvé, il restait toujours le battant, l’impétueux ! Année 1945, entouré d’auteurs lyriques et chorégraphiques confirmés, il crée « Les Forains » sur une musique de Saugret et « Le Jeune Homme et la Mort » de Cocteau (1946). Ses œuvres (plus d’une centaine) sous l’influence de sa fièvre passionnelle, s’enrichissent d’un ton nouveau, d’une poésie qui s’attache aux regards circonstanciels, aux valeurs spirituelles et intuitives. Son art néoclassique, il doit à son maître Serge Lifar. Comme il le soulignait : « l’inspiration, c’est une accumulation de feeling, d’affection, de curiosité, de vie au quotidien. C’est comme un mille-feuille, où tout se superpose, partition de musique, réflexion, danseurs et personnalités. ». Pour lui un chorégraphe est celui qui se nourrit des apports de la danse moderne, qui retient les mouvements et non leurs motivations, préférant les plus frappants. Oui, il était ce véritable modéliste des pas, des mouvements de l’instant, un enthousiaste qui suggère les effluves d’un réel altruisme pour son Art. Mais aussi tous les miracles d’une alchimie qu’il puise dans les abysses de son imaginaire, soumis aux ardeurs de ses élans. Il confiait qu’un « chorégraphe, sans être un magicien, doit toujours avoir un lapin qui sort de son chapeau. Que les ballets d’hier devaient toujours être magiques et étonner aujourd’hui. ». Le sien était le Lac des Cygnes. Il veillait jalousement sur ses danseurs, et lorsqu’ils n’étaient pas performants, il les laissait tomber, mais en douceur, comme une chatte envers ses chatons. Parlant de ses créations, il disait : « Je n’aime pas l’adjectif instinctif car trop triste. Je préfère imagination, goût de l’aventure et … solide santé parce que l’on rencontre beaucoup de chemins escarpés avant d’atteindre la clairière accueillante. Posséder aussi le sens théâtral, la séduction, l’hypnose et la réelle connivence avec le public. ». En 1972, le Ballet de Marseille est né par son vœu émis auprès de Gaston Deferre alors maire de Marseille, et ce n’est qu’au début de l’année 1981 que le Président de la République Valéry Giscard d’Estaing lui accorde le label « national ». Cette Compagnie restera pour la France un véritable patrimoine culturel et artistique et, au fil des tournées dans le monde, l’ambassadrice de la culture française. Grâce à Roland Petit, Marseille sera l’une des capitales de la danse.

Dimanche 10 juillet, le monde de la danse est en deuil. J’ai connu Roland Petit en 1997 parce qu’il était le parrain du mensuel de la danse « Ballet & Co » dont j’étais le concepteur et directeur de la rédaction. Ma pensée émue et affective va vers Zizi Jeanmaire et sa fille Valentine. Pour sûr qu’en guise d’adieu, chaussons de satin blanc et demi-pointes pirouetteront sur le cœur de ce maître à danser, celui qui a su… allumer les étoiles ! ».

 

Alain-Pierre Pereira.

 

Article hommage paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 15 au 21 juillet 2011.

 

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Images extraites du magazine Ballet & Co consultable sur la page d'accueil...


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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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