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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 19:36

Bullet Park

Entre causticité et vaudeville.

 

bulletpark.jpgBullet Park qui sera jouée sur la scène du Théâtre de Bayonne les 22 et 23 mai à 20h30, décrit avec mordant des gens qui ont dû apprendre à vivre ensemble et à fonder une nouvelle société. On suit avec indulgence les chaos intérieurs et les fêlures des personnages. Aucun cynisme, juste de la fragilité. Le Collectif Les Possédés explore les gouffres d’une société capitaliste, entre causticité et vaudeville d’une Amérique conservatrice. J’ai voulu en savoir un peu plus en interviewant l’un des comédiens : Daniel Clavel.

 

APP : En quelques mots Daniel Clavel, présentez-moi le Collectif Les Possédés, fondé en 2002 par Rodolphe Dana et Katja Hunsinger…

DC : Un Collectif qui a ce désir du travail à égalité avec une remise au centre de l’acteur, un désir de travailler sur l’intime, de prendre les personnages comme personnes en les rapprochant de nous, dans une économie modeste. Pas de gros décor, un rapport au public direct, les spectateurs transformés en témoins. Du jeu, du lien, des accidents, des surprises, le tout parfumé de beaucoup de présent. C’est ça notre Collectif et c’est difficile de le présenter sans nommer les acteurs qui le constituent, car nous sommes tous de cette aventure : Françoise Gazio, Katja Hunsiger, Emile Lafarge, Marie-Hélène Chavrial, Rodolphe Dana, Antoine Kahan, Nadir Legrand, Christophe Paou et moi-même.

APP : En 2004, 1ère mise en scène de Rodolphe Dana pour « Oncle Vania » de Tchekhov, puis pour la première fois, il adapte pour le théâtre « Bullet Park », d’après le roman de John Cheever, surnommé curieusement le « Tchekhov des banlieues ». Alors, hasard ou clin d’œil du passionné de l’auteur russe ?

DC : Un heureux hasard. Et ce qui fait le rapprochement, c’est le goût de Cheever pour une communauté, celle de la middle-class américaine comme Tchekhov affectionne cette bourgeoisie russe de fin de siècle. Le même ennui, la même inaptitude, la même quête de cette vie, le même désir de retrouver l’Eden Moscou, la jeunesse, le temps envolé pour Tchekhov, l’aventure des pionniers, le bonheur absolu, la sécurité pour les personnages de Cheever. Ils sont autant anthropologues de leur temps que magiciens de la fiction. C’est cela qui a provoqué l’envie de monter Bullet Park. Et la possibilité de découvrir un autre endroit de travail scénique. Plus de comédie, moins de naturalisme.

APP : Peut-on dire que le metteur en scène a donné plus de modernité au texte de l’auteur qui montre les fêlures de ses héros sans jamais les juger, mettant en avant leurs qualités, défauts et paradoxes ?

DC : Non, il n’a pas eu à être plus moderne que Cheever. Le monde qu’il décrit est celui dans lequel nous vivons avec le progrès de la technologie en plus. Cette quête américaine est devenue mondiale après-guerre et nous en payons aujourd’hui le prix fort. Le XXème siècle a été plein de violence, d’utopies, de désenchantement, de normativité, de progrès aussi, qu’ils soient philosophiques, techniques ou scientifiques. Un tsunami dans Disneyland en quelque sorte. Derrière la joliesse des banlieues, une vie tranquille, se cachait ou se cache encore des pulsions violentes qui agissent cachées par l’hypocrisie. A fermer les yeux et faire l’autruche, on s’expose à une désillusion cuisante. Et tout ça fait une matière théâtrale très riche, drôle et grinçante.

APP : Cette pièce oscille-t-elle entre drame et vaudeville ? Est-elle tendre, ironique, caustique ?

DC : Cheever est cruel avec ses personnages, car il ne les ménage pas, mais dans le même mouvement, il les rend attachants. Ils sont si perdus, si fragiles face aux risques de vivre, que nous ne pouvons pas les détester, les accabler. Nous sommes aussi constitués de certaines de leurs névroses, même s’ils semblent être d’un autre temps. Mais ce temps, c’est le nôtre, l’histoire va moins vite que l’on pense. Cet auteur n’est pas cynique, il est ironique, il ne s’absente pas de son sujet. Il ne regarde pas ses personnages avec arrogance et il ne les montre pas du doigt. Il est ironique, c’est-à-dire qu’il les aime encore, même s’il n’approuve pas tout ce qu’ils font.

APP : Quelques mots sur la mise en scène de Rodolphe Dana et sur le jeu de ses comédiens ?

DC : Le travail sur ce texte nous a permis de visiter d’autres formes de jeu. Le vaudeville notamment, c’est-à-dire, l’exagération des passions sur un plan plus comique. De pousser le jeu à la limite de la caricature. Qu’au fil de la pièce, les personnages apparaissent démunis, plus proches d’eux-mêmes, de leur être, pour ensuite retourner à leur vie protégée. Il a fallu pour les acteurs, travailler à cet endroit du jeu, entre sincérité et caricature, de trouver l’équilibre entre ces deux pans de l’art dramatique.

 

Le Collectif Les Possédés présente Bullet Park – 22 et 23 mai à 20h30 – Théâtre de Bayonne   2D7D2AC6-531E-45BD-B225-48AA9717A9CC[3]

Tarifs : 30, 27 et 18€

Réservations : 05 59 59 07 27

Dans le cadre des « Maimorables ».

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 17 au 23 mai 2013.

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 18:42

L’avare… ou l’école du mensonge.

 

avare.jpgMolière, nous le savons, fut le plus grand farceur de son siècle. Ce qui stupéfia ses contemporains, c’est qu’il était profond, et c’est bien là son tour de force qui, aujourd’hui encore, nous laisse ébaubi. L’avare, sa plus farceuse des tragédies classiques, mêle le romanesque mouvementé et un mélodrame qui devrait mal tourner mais, qui pourtant, finit bien ! Le cupide Harpagon sera sur la scène de la Gare du Midi à Biarritz le 16 mai à 20h30. C’est Didier Lafaye, comédien du Grenier de Babouchka, qui lui prêtera ses traits, tout en gravité, mais aussi avec une joie rigolarde, nous offrant le meilleur de son interprétation dans cette comédie du défi ! Entretien avec l’interprète Moliéresque.

 

APP : Bonjour Didier Lafaye. Six comédiens ont interprété Harpagon, fameux et redoutable personnage de l’avare de Molière : C. Dullin, J. Vilar, M. Aumont (de la Comédie Française), M. Bouquet, R. Planchon et le plus récent D. Podalydes (de la Comédie Française). Donc un lourd héritage pour vous ?

DL : Quand on aborde un personnage comme Harpagon et la pièce de Molière l’avare, il faut avoir beaucoup d’humilité. Ne pas hésiter à lire et relire le texte, s’attacher à l’histoire et aux situations, cerner le caractère du personnage, ses enjeux, les sentiments et les émotions qui le traversent. Puis au fil d’un travail en commun avec son metteur en scène et ses partenaires, construire quelque chose qui vous soit personnel, en essayant de redécouvrir chaque jour, un angle et un aspect nouveau.

APP : Selon vous, cette pièce est-elle : une farce, une histoire d’amour absolu, une tragédie familiale ou un conte de fée ?

DL : Je serais tenté de vous dire : un peu tout cela à la fois… Une histoire d’amour et une tragédie familiale pendant cinq actes et deux couples de jeunes qui essaient de vaincre la tyrannie paternelle. Oui, une farce, car il y a beaucoup de coups de bâtons. Un conte de fée, car la fin est heureuse et tellement probable ! Certes, c’est une comédie qui regorge d’humanité.

APP : Le sieur Harpagon représente un père tyrannique et castrateur, qui tient les cordons de la bourse cupidement, contre lequel il faut se former, qu’il faut abattre… Personnellement, comment analysez-vous ce personnage de comédie ?

DL : Que vous avez bien cerné le bonhomme ! (rires). Mais moi le comédien, il ne faut pas que je le juge. Je dois tenter de comprendre, de sentir et restituer ce qui l’anime : ses passions, ses ressorts, les enjeux qui le déterminent. Sans jugement de valeur. Tenter de me « mettre à la place de » et quelque part, l’aimer et le défendre.

APP : Tout comédien n’échappe pas au traditionnel monologue de la « cassette ». Jean-Philippe Daguerre vous a-t-il proposé une autre option d’interprétation ? Quelques mots sur sa mise en scène ?

DL : Nous travaillons depuis longtemps ensemble, Jean-Philippe et moi, c’est entre nous une grande communauté de vues sur le théâtre, sur les comédiens, sur la mise en scène (je suis metteur en scène). Et bien sûr une grande complicité. Tout le spectacle est le résultat d’un échange continuel et permanent entre nous. En répétitions il propose une situation, une idée, un axe de travail sur lequel je rebondis (ou pas). Nous nous apportons l’un et l’autre un éclairage auquel l’autre n’avait pas forcément songé, mais qui le nourrit, ce qui permet au tandem metteur en scène/comédien d’avancer, d’aller plus loin ou ailleurs. Ce fameux « monologue » n’est pas apparu comme une montagne à escalader, mais comme une étape à franchir dans la continuité d’un travail en commun.

APP : Michel Bouquet a dit de Molière : « La beauté des personnages, c’est qu’ils peuvent avoir tous les vices du monde et toutes les caractéristiques de la méchanceté, ils résonnent en nous avec humanité ». Etes-vous d’accord avec sa définition ?

DL : C’est très juste, et c’est bien pourquoi on joue toujours Molière avec autant de bonheur. Il va au-delà d’une peinture de la nature humaine, il la met en action, il rend vivante et compréhensible. De citer Baudelaire : « L’art, c’est saisir l’éternel sous le transitoire ». C’est bien ce qu’a su faire Molière : saisir l’éternel.

APP : L’avarice rend-elle heureux ?

DL : L’avarice, comme la jalousie d’ailleurs, ne semble guère compatible avec le bonheur, certes. Mais pourquoi lui refuser ce que j’appellerais de grands moments d’intense plaisir à notre Harpagon ? D’ailleurs, en fin de compte, et en fin de pièce, il la retrouve sa chère cassette ! (rires). Alors, si « il faut imaginer Sisyphe heureux »… pourquoi pas Harpagon ?

 

*Sisyphe, fondateur de Corinthe, symbolise dans la mythologie grecque, la quête de liberté pour les uns et pour d’autres, la fidélité à soi-même.

 

Les Amis du Théâtre présentent « L’Avare de Molière » - 16 mai à 20h30 – Gare du Midi à Biarritz   gareBiarritz-e751c

Tarifs : de 8 à 30€

Réservations : 05 59 22 44 66 et Informations : 05 59 24 90 27

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 10 au 16 mai 2013.


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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 23:16

Les Maimorables 13… et sa riche palette d’artistes !

 

Un travail de longue haleine qui occupe toute une année. Les tâches se déclinent à l’infini et ne reposent parfois que sur les épaules de deux ou trois personnes pour donner une âme au Festival Les Maimorables. Des spectacles vivants en fête avec la 13ème édition ! Volontaristes et engagés, Les Maimorables sont résolument enracinés dans l’éducation populaire et le développement culturel. Un évènement qui trace sa route et draine un public chaque année un peu plus nombreux. Ce festival qui se veut un lieu d’échanges entre les artistes et le public aura lieu du 10 mai au 4 juin, entre Anglet/Bayonne/Boucau/Saint-Jean-de-Luz. Un festival unique qui rend visible les croisements féconds de l’art vivant ! Mathieu Vivier, Attaché aux Relations Publiques et Transfrontalières à la Scène Nationale de Bayonne Sud Aquitain s’est entretenu avec moi pour nous parler de la fête du Renouveau et le Temps du Dialogue des Maimorables.

 

APP : Alors Mathieu Vivier, je présume que l’organisation des Maimorables pour célébrer le renouveau et le temps du dialogue que la ville de Bayonne célèbre, s’apparente à une grosse machinerie dont aucun rouage ne peut être négligé ?

MV : Les Maimorables fonctionnent effectivement avec une grosse machine constituée de nombreux rouages. Sans l’implication de tous les partenaires socioculturels et des différents acteurs des quartiers des Hauts de Bayonne, cette manifestation ne parviendrait jamais à atteindre ses objectifs de démocratisation culturelle. Il faut en ce sens remercier l’Espace socioculturel municipal, les agents de la ville de Bayonne, Boucau, la MVC de Saint-Etienne ou encore les éducateurs de l’APSP, qui permet depuis plusieurs années la rencontre entre les habitants des quartiers, les spectacles proposés et la riche palette d’artistes !

APP : Qu’est-ce qui fait la spécificité cette année des Maimorables dont c’est la 13ème édition ?

MV : Avec sa 13ème édition, les Maimorables se sont inscrits durablement dans le paysage culturel de la ville. Ils créent un magnifique pont entre les deux rives de l’Adour, à Bayonne et à Boucau pour y favoriser la rencontre du public avec le spectacle vivant. Cette année, Bayonne célèbre le Renouveau et le Temps du Dialogue du quartier des Hauts de Bayonne. Cette floraison printanière de spectacles et de rendez-vous festifs (théâtre, musique, cirque, expos) y trouvera son apogée. Elle permettra le rendez-vous entre les artistes et les habitants des quartiers qui se sont investis pleinement. Je sais qu’ils ont à cœur de présenter le résultat de tous leurs efforts !

APP : Un festival très éclectique, donc quel regard portez-vous sur cet assortiment culturel ?

MV : C’est le choix des Maimorables avec des rendez-vous métissés, plus attractifs les uns des autres. Un festival incontournable sur le secteur Bayonne-Boucau-Anglet, qui anime les publics et déballe ça et là des spectacles bien authentiques et bien sentis. Une programmation chaque année plus variée et des prestations scéniques de haut vol. Son fil rouge culturel ne cesse de surprendre et de se régénérer. Plus que jamais, les Maimorables s’inscrivent dans la continuité, la force et la sensibilité artistique de la Scène Nationale de Bayonne Sud Aquitain, meneuse du jeu de ces différents arts en mouvement.

APP : Le jeune public sera-t-il gâté ? Y aura-t-il des prix doux, voire gratuits ?

MV : Le festival pense toujours aux plus petits et aux ados avec ses diverses animations, notamment la Parade de la Rive Droite, où les géants découvrent le centre ville de Bayonne à l’occasion des Journées du Chocolat. Ils seront accompagnés de danseurs, musiciens et artistes de cirque de différentes associations culturelles de la Rive Droite. Un goûter géant bien sûr est prévu à l’arrivée, place des Gascons. Les spectacles proposés en salle seront accessibles à « tarifs Maimorables ». Réduits pour les moins de 30 ans, allocataires du RSA, AAH ou de l’ASPA. Un grand nombre d’animations est gratuit, ce qui permet des rencontres uniques avec des artistes d’exception. Assurément, au cours des Maimorables, les spectacles se vivent souvent sans bourse délier !

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 10 au 16 mai 2013.

 

maimorables2.jpgShaolin Temple Defenders, dignes héritiers de la soul-funk des années 60-70 ©DR.

 

maimorables1.jpgLes géants découvrent le centre ville ©DR.

 

Un programme attrayant et attirant !

 

·         10 mai à 20h30 : Théâtre de la Nature Hauts de Bayonne : Shaolin Temple Defenders, et en première partie : Galsen Brothers et leur rythm’n’blues des années 60/70.

·         11 mai à 14h : départ Place de la Liberté Bayonne : La parade de la Rive Droite, les Géants (marionnettes) de la Rive Droite découvrent le centre ville de Bayonne à l’occasion des Journées du Chocolat. Ils seront entourés de danseurs, musiciens et artistes de cirque.

·         11 mai à 17h : Place des Gascons Bayonne : Cie Les Grandes Personnes présente : A la corde ; un spectacle qui raconte la vie d’Odilon, de sa naissance à sa mort, en évoquant la transmission des angoisses et des valeurs.

·         11 mai à 21h : Théâtre de la Nature Hauts de Bayonne : Yves Jamait, chanteur, guitariste, qui vient de publier son nouvel opus avec une écriture à nu qui s’ouvre sur des abimes de désillusion, des chansons qui sourient avec une larme à l’œil et des textes piqués justes et au cœur.

·         11 mai à 23h15 : Parking du Centre Aquatique Hauts de Bayonne : La Guinche ; après le feu d’artifice, deux coups de klaxon, un coup de frein à main, un accordéon, deux guitares, une contrebasse… que le bal commence !

·         15 mai à 20h30 : Théâtre de Bayonne : Patrice Caratini Jazz Ensemble Latrinidad ; un ensemble qui illustre musicalement la musique des caraïbes. Torride et irrésistible !

·         22 et 23 mai à 20h30 : Théâtre de Bayonne : Collectif Les Possédés Bullet Park ; on dépeint avec un humour noir, mais d’une tendresse sincère, des personnages ordinaires.

·         29 mai à 20h30 : Théâtre de Bayonne : Philippe Delbono Dopo la battaglia ; un chant libre, un voyage visionnaire, construit par fragments, en une forme d’ardents souvenirs des personnes chères qui ne sont plus.

·         30 mai à 20h30 : Chapiteau-Spectacle de Baroja Anglet : Just Friends Quintet ; des compositions originales et des standards revisités par de subtils arrangements. Dominique Burucoa et ses musiciens recherchent le swing dans la passion partagée du jazz.

·         4 juin à 20h30 : Théâtre de Bayonne : Cie Paul Les Oiseaux Chambres d’Hôtels ; trois pièces dans l’espace étouffant de chambres d’hôtel à Berlin, Vancouver et Hanoï.

·         18 et 19 mai à 20h30 : Jaï Alaï¨ à Saint-Jean-de-Luz : Festival andalou chant danse et musique.

 

·         Pour informations : www.lesmaimorables.com

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 20:48

Charles Ferré : un ténor atypique made in Hiriburu.

 

ferre-charles.jpgQui est-il ? Il s’appelle Charles Ferré, qui est un ténor qui affectionne le bel canto et qui y met tout son cœur et toute son âme pour valoriser cet art. Cet artiste lyrique atypique Made in Hiriburu, sera en concert le 11 mai à 21h à l’église de Saint-Pierre d’Irube en compagnie de la soprano Argitxu Esain et de la pianiste Véronique Grange. Rencontre avec un ténor aux épaules de rugbyman qui aime vocaliser les notes avec une extraordinaire virtuosité.

 

APP : Qui êtes-vous Charles Ferré ?

CF : Je suis un passionné de la voix qui en a fait son instrument de travail, puisque je suis ténor à l’Opéra de Toulouse depuis 1991. J’ai démarré mes études de chant à Pau dans les années 80, puis à Paris à l’Ecole Normale Supérieure de Musique.

APP : La voix est votre instrument de travail, quel est votre secret pour l’entretenir ?

CF : Il faut travailler dans le bon sens bien entendu, avec surtout des temps de repos et de sommeil qui sont importants pour régénérer les cordes vocales et le larynx.

APP : En 2009, vous avez interprété la Marseillaise au Stade de France lors de la rencontre France/Pays de Galles et avez chanté en duo avec Roberto Alagna aux Arènes de Bayonne en 2010. Quels souvenirs en gardez-vous ?

CF : Je suis très fier de ces deux évènements qui n’arrivent pas tous les jours ! (rires). Il y avait du stress, mais un stress positif qui vous rend heureux et qui vous donne de l’énergie. Il faut dire que je suis un ancien rugbyman. Quant à Roberto Alagna, c’est un ami puisque nous avons fait ensemble nos études lyriques à Paris et une partie de notre carrière. Ces deux évènements m’ont touché profondément.

APP : Quelques mots sur le groupe basque Tolosa Otxotea que vous avez créé en 1994 et Los Hermanos Sanchez. Des projets avec eux ?

CF : Je l’ai créé avec sept autres chanteurs professionnels du Capitole de Toulouse, afin de perpétuer le répertoire basque classique à quatre voix égales qui me tient à cœur depuis ma jeunesse à Bayonne. Cette même année, j’ai créé également le Trio espagnol avec Los Hermanos Sanchez ; en effet, mon père étant d’origine andalouse, je chantais très jeune le répertoire espagnol en famille. C’est donc tout naturellement que j’ai élaboré et développé avec les deux grands guitaristes Celedonio et Ramon Hermanos Sanchez. Deux projets à venir : un second CD avec Hermanos Sanchez pour la fin 2013 qui célèbrera nos 40 ans de carrière et un nouveau CD avec Tolosa Otxotea en 2014 pour fêter les 20 ans du groupe. Pour ma part, je prépare un CD classique avec piano qui devrait sortir cet été.

APP : Parlez-moi de votre concert du 11 mai à 21h à l’église de Saint-Pierre d’Irube que vous partagez avec la soprano Argitxu Esain…

CF : Argitxu Esain est diplômée des Conservatoires de Bayonne et de Rennes. Elle est entrée à l’Opéra de Toulouse en 2006. C’est une voix de soprano magnifique qui mérite d’être connue et reconnue au moins dans son Pays basque puisqu’elle est originaire de Ciboure. Nous serons accompagnés par une grande pianiste : Véronique Grange, qui a obtenu le 1er prix de piano et de musique de chambre des Conservatoires Supérieurs de Bordeaux et de Paris. Elle est professeur de piano et d’accompagnement du CRR et du Conservatoire Supérieur de Musique de Toulouse. Elle fut durant une quinzaine d’années pianiste d’orchestre sous la direction de Michel Plasson du Symphonique de Toulouse. Le 11 mai à l’église Saint-Pierre d’Irube, ce sera une belle programmation puisque j’interpréterai du Puccini : Tosca, La Bohême, Manon Lescaut. Bizet : Carmen. Saint-Saëns : Samson et Dalila. De la zarzuela (nom donné à l’opérette ou à l’opéra comique), une musique parfaitement délicieuse, tour à tour nostalgique et profonde, gaie et dansante. Des extraits de Pablo Sorozabal, de Salvador Luis de Luna. Des airs religieux de César Franck, Gounod. Des chants classiques napolitains et des airs basques. L’animation du concert sera assurée par un aficionado de l’opéra Henri Sapparrart qui me présente depuis 30 ans ! (rires).

 

Charles Ferré en concert à l’Eglise de Saint-Pierre d’Irube – 11 mai à 21h

Tarif unique : 10€

Réservations : Mairie de Saint-Pierre d’Irube : 05 59 44 15 27

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 3 au 9 mai 2013.

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 21:47

Star d’un jour… et de demain ?

 

gerardmestrot  ©MD.

Gérard Mestrot, un découvreur de talents, un révélateur de tendances !

 

Chanter dans sa salle de bains c’est bien, mais en sortir pour en faire profiter les autres, c’est encore mieux ! Parce que se confronter à un public permet d’avancer et de se faire une bonne idée de la réalité. C’est ce qu’offrira le Concours Régional du Pays basque « Star d’un Jour », dont c’est la 3ème édition et qui fait son petit bonhomme de chemin pour essaimer de nouveaux talents. Contrairement à certaines émissions télévisées comme « Star Ac », « Nouvelle Star » ou « The Voice », « Star d’un Jour » ne promet pas la lune, ni n’accorde de prix. Pour autant, cette manifestation musicale est une affaire sérieuse. Le seul jury qui tranchera pour les 13 finalistes : l’orchestre de Daniel Subrechicot et son fondateur. Pour en savoir plus, je suis allé à la rencontre de celui à l’origine du concept, un mec génial qui veut donner ses lettres de noblesse aux chanteurs amateurs : Gérard Mestrot.

 

APP : Alors Gérard, où en est Summer Musique ?

GM : C’est en pleine ébullition, car de nouvelles personnes arrivent pour travailler avec nous, ce qui ouvre plusieurs opportunités. La nouveauté sera, qu’à partir de septembre, un jeudi par mois aux Ecuries de Baroja, il y aura des concerts rock ou metal. Et dans un mois, on reprend « Star d’un Jour » dont se sera la 3ème édition. Malgré ses 24 ans d’existence, l’association Summer Musique garde toujours bon pied, bon œil ! (rires). Et toujours la volonté de donner la chance, à travers ses tremplins, aux groupes de musique amateurs qui assureront les premières parties d’artistes professionnels invités dans la région basque, comme en 2011 avec « Les Tambours du Bronx » et « Louis Bertignac ». Leur permettre d’accéder au professionnalisme, c’est ce qui est arrivé au guitariste Sébastien Hoog, toujours présent à nos tremplins, et qui plus tard, deviendra le guitariste et compositeur d’Isia Higelin, mais aussi de Barbara Carlotti, Daphné et Jeanne Cherhal.

APP : Où en est le projet des salles de spectacles à Anglet ?

GM : La salle de 800 places doit être opérationnelle en janvier 2014. Ce sera une autre grande salle du B.A.B. Le Théâtre de Bayonne n’a qu’à peu près 600 places. Celle de la Gare du Midi en a 1400 et l’Atabal presque 700. L’inauguration se fera autour du 17 janvier 2014. C’est une salle qui est attendue et souhaitée, car à part le sport, Anglet manquait de salle de cette envergure pour la culture. Et pas marrant pour les associations de spectacles, d’aller squatter la salle de sport de Saint Jean. Et alléluia, je suis heureux que cette salle existe en 2014. Et c’est bien que la ville d’Anglet laisse la porte ouverte à la culture. Et pour preuve, avoir accepté qu’une guitare électrique entre aux Ecuries de Baroja, avec des concerts rock et metal. Et avoir créé cette salle, c’est très intelligent de la part de la ville. L’association Summer Musique qui compte 800 adhérents remercie la municipalité pour cette belle réalisation et Jérôme Poties, directeur de la Culture d’Anglet, qui permet de brasser les cultures aux Ecuries de Baroja. Donc pour les groupes intéressés pour jouer aux Ecuries de Baroja, rendez-vous chez Betbeder Musique, 3 rue de Courlis à Bayonne et demandez Olivier Sentenac, lui-même musicien dans le groupe metal « Silent Opera » et un tribute  d’AC/DC. C’est sûr qu’il nous faut une grande liste de groupe pour aller titiller Jérôme Poties et lui demander plus de dates aux Ecuries de Baroja. On va l’embêter et il va se gratter la tête ! (rires). A signaler qu’aux Ecuries de Baroja aura lieu le concert TNT, tribut du groupe AC/DC le 16 mai à 20h30.

APP : Et on en vient donc à la 3ème édition de « Star d’un Jour », une création Summer Musique. En quelques mots, c’est quoi ?

GM : Mon idée est que toutes les personnes, de 7 à 77 ans, puisse avoir droit à son quart d’heure de gloire. Je veux que les lauréats retenus, puissent prendre plaisir à chanter sur une vraie scène avec un orchestre. Ce concours est ouvert à tous ceux qui chantent juste. « Star d’un Jour » permet de découvrir et de vivre une expérience scénique. En association avec la ville d’Anglet, Summer Musique leur en donnera la possibilité, en s’inscrivant dès ce moi de mai. Et, en juin, démarreront les auditions. Alors, si on adore chanter et qu’on le fait bien, pourquoi ne pas essayer de passer à la vitesse supérieure ? « Star d’un Jour » est un concours de chant, présenté en live avec un orchestre, celui de Daniel Subrechicot et ses quatre musiciens, qui les suivra jusqu’à la finale. Treize seront retenus. Contrairement à certaines émissions télévisées comme « The Voice », « Star Ac » ou « A la recherche de la Nouvelle Star », nous ne promettons ni la lune, ni un engagement sur une scène parisienne ou Zénith, ni de produire un CD. Pour autant, ce challenge reste quand même une affaire sérieuse et a pour vocation de faire découvrir de nouveaux talents. Le jury, c’est l’orchestre et moi-même. Alors, vous de la région du Pays basque, soyez les bienvenus pour vivre et faire vivre un grand moment musical. La finale donnera lieu à une grande soirée sur la grande scène de la nouvelle salle d’Anglet. Une scène qui sera éclairée et sonorisée par des professionnels, où les finalistes pourront faire vibrer le public présent. N’hésitez plus, tentez votre chance. Vous pouvez dès à présent déposer votre candidature en appelant au 06 28 61 37 27 de 14h à 16h uniquement ou en écrivant à summermusique@free.fr . Pour moi, ce qui comptera pour ceux qui ont eu la chance d’être retenus, c’est l’expérience de la scène qu’ils auront vécue ! Mais aussi un rendez-vous qui n’a d’autre ambition que d’être convivial et chaleureux !

 

Summer Musique présente dans le cadre des Scènes Musicales, TNT tribute du groupe AC/DC aux Ecuries de Baroja à Anglet le 16 mai à 20h30

Tarifs : Entrée gratuite

Réservation conseillée : 05 59 58 35 60

 

Star d’un Jour : candidature en mai : 06 28 61 37 27  de 14h à 16h uniquement ou summermusique@free.fr

 

Pour les groupes intéressés pour jouer aux Ecuries de Baroja à Anglet, rendez-vous chez Betbeder Musique, 3 rue de Courlis à Bayonne et demandez Olivier Sentenac.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 3 au 9 mai 2013.

baroja

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 22:40

Après son concert du 18 avril 2013 aux Ecuries de Baroja à Anglet, nous avons rencontré les chanteurs du groupe Silent Opera et leur manager, pour un moment privilégié où ils ont eu l'occasion de nous parler de leur musique...

Entretien.

 


SILENT OPERA CHANT INTERVIEW 2013

© Alicia Snicker.


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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 20:11

Comte de Bouderbala : la maestria du stand-up.

 

ComtedeBuderbala.jpg©DR. Comte de Bouderbala : saccades de rires qui rendent heureux durablement.

 

Peut-on rêver meilleur adoubement ? Bouffon royal génial et… complètement lucide, le Comte de Bouderbala est une référence pour la nouvelle génération d’auteurs-interprètes du « Stand-up contemporain ». Et de plus, brillant et prisé. Une véritable graine d’artiste qui sait faire dans la satire sociale. Le messire humoriste d’un nouveau genre qui bouscule facétieusement toutes les règles du one man show, sera à la Gare du Midi à Biarritz le 25 avril à 20h30.

Entretien.

 

APP : Comment toi, Comte de Bouderbala, l’artistocrasseur, figure du petit peuple, es-tu tombé dans l’escarcelle de l’humour ?

CB : L’humour a toujours été autour de moi, grâce à ma famille et au sport. J’ai la chance d’avoir de grands rigolos à mes cotés, dans des styles différents, frère, sœurs et parents très drôles, très piquants, tantes et oncles vanneurs chroniques. La chance d’avoir évolué dans le basket-ball, qui laisse une grande place à la culture de la « chambrette », que ce soit sur le terrain ou dans les vestiaires. Seulement, je ne savais pas comment monter sur scène, car trop timide. C’est grâce à l’enseignement de langues et du slam, que j’ai franchi le pas.

APP : A-t-il été chose aisée de sortir du chemin de banlieue pour atteindre celui du vedettariat ?

CB : Ahahah !!! Devenir une « vedette », c’est ringard ! Si l’on cherche le vedettariat, on fait fausse route, car éphémère. Mieux vaut faire une télé réalité ou un buzz sur internet, mais dans ce cas on risque la dépression, voire le suicide à terme, car c’est pesant. Perso, j’ai voulu faire un spectacle d’humour qui plaise aux gens sans les flouer sur la marchandise. Et l’avantage avec l’humour, c’est que, lorsque c’est drôle, ça ce voit et ça s’entend. Le public est rarement hypocrite et ne rit pas pour vos beaux yeux. J’en avais marre des one man shows d’escrocs à 40€, où tu ne riais que deux fois et demi, avec le goût amer de t’être fait carotté sur le spectacle ! Par ailleurs, je ne vois pas la banlieue comme une faiblesse, au contraire, je préfère penser « France dans le monde » que penser « banlieue en France », ça aide à renverser les barrières mentales et les préjugés que nous avons les uns vis-à-vis des autres.

APP : Ayant séjourné aux Etats-Unis, comment définis-tu l’humour américain en comparaison à l’humour français ?

CB : L’humour américain n’est pas si différent du nôtre, si ce n’est que là-bas ils ont beaucoup d’humoristes au m2 ; 100 000 comiques au km2, et 50 000 en France selon un sondage IPSOS. L’humour US se permet d’aller plus loin, car il n’a pas la même liberté d’expression et surtout pas la même histoire que nous, français, et donc pas les mêmes tabous. Il fait plus facilement des blagues sur la Seconde Guerre Mondiale, sur l’Occupation ou les guerres coloniales que nous. A contrario, il est frileux sur des sujets sensibles, comme les Indiens d’Amérique, l’esclavage ou le 11 septembre.

APP : Y-a-t-il des limites à l’humour ? Si oui, les fixes-tu ?

CB : Il ne devrait pas y avoir de limites. Mais chaque humoriste s’autocensure selon le mode de communication qu’il utilise ou selon sa peur de devoir se retrouver dans un tribunal à « raquer » 10.000€ en dommages et intérêts. Pour moi, on ne peut pas dire les mêmes choses si l’on est sur scène, en radio ou en télé, car la perception et le ressenti des vannes par le spectateur sont différents et peuvent être mal interprétés. Je me permets d’aller beaucoup plus loin sur certains sujets seulement sur scène, dans un espace clos et avec une certaine connivence avec le public, car autrement les personnes touchées, via les associations me tomberaient dessus !

APP : De l’humour, ils ont dit : Jules Renard : « L’humoriste, c’est un homme de mauvaise humeur ». Jacques Brel : « L’humour est la forme la plus simple de la lucidité ». Kirk Douglas : « Si l’on est incapable de rire de soi, on risque de souffrir »… Toi, Comte des guenilles, laquelle de ces trois définitions t’interpelle ?

CB : Celle de Jacques Brel. Déjà, parce que j’admire l’artiste. Il avait raison, l’humour efficace, c’est parfois le simple fait de constater les choses de façon lucide et froide, sans artifice. C’est à ce moment-là qu’on se dit à tort, qu’on est différent de penser ce qu’on pense juste parce qu’on est victime du politiquement correct ambiant.

APP : On dit que l’humour est une arme redoutable, car il est à manier avec précaution. Ton sentiment ?

CB : L’humour permet de passer des messages de vérité avec plus de douceur qu’un discours politique, et donc de plaire aux puissants et aux moins puissants. Vu que la vie en société est un rapport de force continu, on peut avoir une majorité des gens avec soi ou l’inverse. Ensuite, ça dépend du type d’humour que l’on pratique, un humour offensif, inoffensif, inutile… Moi, j’aime l’humour offensif qui relie, qui rit des gens, mais avec les gens, qui tissent des liens les uns aux autres. Je considère le spectacle comme une soirée entre potes, mais qui ne se connaissent ni des lèvres ni des dents… oups, ni d’Eve ni d’Adam ! (rires).

APP : Est-il difficile de rire de soi-même ?

CB : Pour moi, c’est la base pour évoluer et s’améliorer. Après, ça dépend des caractères. On peut avoir un égo gonflé à l’hélium, s’envoler rapidement et oublier de se moquer de soi-même. Dans le métier, on appelle ça « prise de grosse tête » ou « prise de melon » ou simplement « l’embourgeoisement ». Pour éviter cela, je recommande une volée de tarte dans la gueule par série de cinq, administrées par un membre de sa famille qui se contrefiche du show business. Une méthode radicale, mais bien trop souvent oubliée ! (rires).

 

Le Comte de Bouderbala – 25 avril à 20h30 – Gare du Midi Biarritz   gareBiarritz-e751c

Tarif unique : 35€

Réservations : jusqu’au 25 avril : 05 64 11 09 59 et le jour même : 05 59 22 44 66

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 19 au 25 avril 2013.

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 00:45

Frères de sang, sobriété et efficacité exemplaires.

 

freres-de-sang.jpgDos à Deux, Frères de sang © Xavier Cantat.

 

Multiples rebondissements, quatre personnages bien cernés, répliques coupantes et tranchantes qui font mouche, le tout bien ficelé le temps d’une heure et demie de spectacle. Ce sont là de bons composants pour un théâtre visuel et gestuel empli d’émotions et de poésie. On peut être rebuté par ces clichés et ces règlements de compte entre famille, mais l’humour et la tendresse prennent le dessus et c’est ce que l’on demande à une bonne comédie. Arthur Ribeiro et André Cuti nous offrent leur création « Frères de Sang » une sobriété et une  efficacité exemplaires.

Entretien avec deux des quatre comédiens : Cécile Givernet et Matias Chebel qui seront sur la scène du Théâtre de Bayonne les 22 et 23 avril à 20h30.

 

APP : Comment s’est faite votre rencontre avec les auteurs et metteurs en scène de « Frères de Sang », Arthur Ribeiro et André Cuti ?

CG : Par le biais d’une audition pour la pièce « Fragments du désir » et parce que je connaissais leur travail depuis ce spectacle-là et une seconde audition pour « Frères de Sang ».

MC : Ma rencontre avec Arthur et André s’est faite en 2003 à la création de leur pièce «Fragments du désir » et depuis, je poursuis une étroite collaboration avec eux. Et je suis dans la distribution de « Frères de Sang ».

APP : Cécile, toi tu viens de la danse contemporaine et tu es aussi marionnettiste. Peut-on savoir comment tu as appris ton métier de comédienne et qu’est-ce qui t’a donné envie de l’être ?

CG : Plus danseuse, car l’univers théâtral n’était pas quelque chose que je recherchais, je parlais plus avec mon corps qu’avec ma voix. Ensuite mes études m’ont conduite auprès de Rui Frati du Théâtre de l’Opprimé où je joue et me forme au théâtre-forum. Puis toujours à suivre une formation au théâtre classique et contemporain dans la Cie La Strada et du langage corporel au Théâtre du Mouvement. Ensuite le rapport à l’objet dans des compagnies de marionnettes. « Frères de Sang » est ma première collaboration avec Arthur Ribeiro et André Cuti.

APP : Toi Matias tu viens également de l’univers de la danse, art que tu as exercé dans ta ville natale Buenos Aires. Mais également comédien ?

MC : Absolument, comédien entre autre, mais je précise dans une forme de théâtre très physique. Bien sûr ma principale activité avant ma rencontre avec Arthur Ribeiro et André Cuti, c’était la danse, mais aussi le chant, puisqu’entre 2007 et 2009, j’intègre la distribution originale de la version française de la comédie musicale « Le Roi Lion » à Paris, spectacle dont j’ai la fierté de dire, qu’il a été récompensé par trois Molière. Ensuite, je suis revenu à la source théâtrale grâce à mes formations dans différentes compagnies, tant à l’étranger qu’en France.

APP : Quel est votre rôle dans cette création récente qui date de mars 2013 ?

MC : Celui du troisième frère qui arrive le dernier dans les souvenirs, qui va révéler pas mal de secrets dans cette famille, qui va provoquer des réactions émotionnelles. Ce qui m’a attiré, c’est la continuité de ma collaboration avec cette compagnie depuis « Fragments du désir » et surtout d’explorer mon travail théâtral avec Arthur et André. Cette année, j’ai un rôle d’assistant à la mise en scène, ce qui me permettra de m’approcher de plus en plus de leur langage, de leur univers si particulier.

CG : Celui de la mère de trois garçons, qui est submergée dans leur prise en charge. Qui est pleine d’amour et elle reste sans mot face à ces retrouvailles tendues, à la limite de l’implosion le jour de l’enterrement du père. Ce rôle m’offre une grande palette de jeu très agréable avec cette famille chaotique.

APP : Quelle sera votre actualité après « Frères de Sang » ?

MC : Avec la pièce, nous allons faire le Festival d’Avignon, puis nous la présenterons deux mois à Rio. Mais aussi des projets dans le domaine de la chanson, car cela me tient à cœur.

CG : J’aime effectivement m’inscrire dans les projets et surtout dans le désir des autres. Je me suis actuellement épanouie dans la compagnie Dos à Deux et surtout de servir la poésie d’Arthur et André. J’aime le langage de leurs histoires. Etre dans un cocooning théâtral. C’est la même actualité que Matias.

Compagnie Dos à Deux, « Frères de Sang » - 22 et 23 avril à 20h30 – Théâtre de Bayonne  2D7D2AC6-531E-45BD-B225-48AA9717A9CC[3]

Tarifs : 25, 22 et 15€

Réservations : 05 59 59 07 27 et www.snbsa.fr

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 19 au 25 avril 2013.

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 21:18

202993_yves-pujol-j-adore-toujours-ma-femme-lyon-02.jpgYves Pujol : il adore toujours sa femme !

 

Après avoir échoué cinq fois au concours de facteur stagiaire, le jeune Yves Pujol décide de s’affranchir en tant que comédien ! Non, pas un timbré, mais bien décidé à jouer la comédie, c’est son « facteur vital » ! Faut préciser qu’un humoriste n’est pas un androïde, mais un « facteur de différence », même s’il dit les mêmes répliques à la même heure tous les soirs ! D’ailleurs, il les dira quatre soirs de suite du 17 au 20 avril à 20h30 à la Luna Negra à Bayonne. Pujol, un nom à retenir et un bonhomme dont l’humour séduit toujours. Entretien.

 

 

 

APP : Yves, toi le ch’ti, où as-tu vraiment débuté ? Pourquoi résider à Toulon, alors que Pairs aide à booster une carrière ?

YP : Né à Lille par accident (mes parents pieds-noirs mutés dans le nord après l’indépendance de l’Algérie) et Toulonnais d’adoption, car cette ville m’a accueilli très jeune et c’est là que j’ai démarré ma carrière artistique.

APP : Alors parle-moi de ton spectacle « J’adore toujours ma femme » que tu joueras sur la scène de la Luna Negra du 17 au 20 avril. Est-ce la suite de « J’aime ma femme » ou tout simplement la même histoire, mais remaniée ?

YP : J’ai co écrit « J’adore toujours ma femme » avec George Wolinski. J’adore ma femme, je l’ai remanié et agrémenté de nouveaux sketchs, écrits entre autres avec Philippe Caverivière (auteur pour Nicolas Quanteloup).

APP : Et de ta rencontre avec l’histrion Patrick Sébastien qui t’a mis en mis en scène ?

YP : Lorsque j’ai débarqué à Paris, j’ai osé contacter Patrick Sébastien afin de lui montrer ce que je faisais. Mes sketchs lui ont plu, il m’a invité dans ses émissions télé, et de fil en aiguille, il a produit le spectacle. C’est un homme bien, un artiste avec un grand A, un home qui aime vraiment les amuseurs, et c’est pour cela que l’on découvre chez lui, de vrais talents.

APP : Etre en solo sur scène pour un humoriste, n’est-ce pas être un peu fildefériste ?

YP : Certes, ce n’est pas l’exercice, le plus facile, mais c’est celui qui me laisse le plus de liberté quant à l’écriture, la mise en scène et tous les autres choix artistiques que l’on est amené à faire sur scène et hors de scène. On peut faire prendre au spectacle le chemin que l’on souhaite sans perturber un éventuel partenaire.

APP : Faire rire pour toi, c’est combattre une certaine timidité ou bien c’est tout simplement dans les gènes ?

YP : Je pense qu’un humoriste est un être qui a une nature comique et c’est pour lui un besoin de déclencher le rire chez les autres, parce que c’est vital pour lui.

APP : As-tu réussi à concilier ton métier d’humoriste avec celui de chanteur, d’auteur, d’imitateur ?

YP : Je suis chanteur depuis vingt ans d’un groupe toulonnais qui s’appelle « Aïoli », et c’est avec un grand plaisir que l’été je retrouve mes compères pour une tournée… mondiales (rires) dans le Var. J’ai également chanté dans des opérettes à Toulon.

APP : Que peut-on te souhaiter pour l’avenir ?

YP : Continuer le plus longtemps possible à me produire sur scène, faire découvrir mes spectacles et surtout faire rire les gens. Crois-moi, ça me suffit pour « bien vivre » et « vivre bien », selon comme on l’entend !

 

Yves Pujol dans ‘J’adore toujours ma femme’ – 17 au 20 avril à 20h30 – Luna Negra Bayonne

Tarifs : 15, 12 et 8€

Réservations : 05 59 25 78 05 et www.lunanegra.fr

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 12 au 18 avril 2013.

 


 

 

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 15:19

Le 13 avril à 21h au Caveau des Augustins à Bayonne aura lieu le concert de Cel3. Entretien avec Kristof Duguet.

 

Cel3 INTERVIEW 2013 CAVEAU

 

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© Mathieu Delaunay.

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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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