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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 18:54

Quadrille – François Berléand est un cocu de classe !

 

« Quadrille » de Sacha Guitry est une bulle de champagne d’excellence, mais aussi un chassé-croisé mondain, érotico-amoureux, d’une drôlerie irrésistible ou le comédien François Berléand mène la danse. La mise en scène de Bernard Murat restitue sans fausse note un monde gentiment démodé. Et il nous offre un casting de choix, qui distille avec une drôlerie évidente, les bons mots du maître du vaudeville. Rendez-vous donc à la Gare du Midi, le 29 janvier à 20 h 30 et découvrez l’entretien avec un « cocu de classe » !

 

quadrille-avec-francois-berleand-et-pascale-arbillot-les-7- "Dans ce rôle-là, Bernard Murat m'a libéré. Je crois même que c'est l'une des premières fois où je souris sur scène". François Berléand. Crédit photo : Emmanuelle Murat.


APP : Bonsoir François. Heureux et jubilatoire de reprendre en tournée le rôle créé par Sacha Guitry en 1937 dans « Quadrille » et de jouer ainsi le séducteur à 60 ans ?

FB : Absolument ! Car depuis le film de Chabrol « La fille coupée en deux », je n’ai jamais de proposition dans ce genre. C’est assez particulier de jouer un séducteur, mais ne l’oublions pas un cocu de classe ! (rires). Un amant jaloux et contrarié heureux jubilatoire, car je ne pensais pas que je pouvais interpréter du Guitry et que je n’avais pas la diction pour. Disons-le, le personnage Philippe de Moranes est très agréable à jouer. Cela me change des crapules, des malhonnêtes, des salopards que j’ai interprétés. Dans le fond je prends goût à jouer les séducteurs, enfin Berléand à 60 ans les joue ! (rires).

APP : Un chassé-croisé amoureux entre quatre partenaires. Quelques mots sur eux, sans oublier Bernard Murat le metteur en scène…

FB : Je commence tout d’abord par le deuxième homme de la pièce, les électeurs plus vrais que nature Vincent Vincentelli. Un comédien belge, d’origine corse, extraordinairement drôle et pétillant, qui a un charme ravageur, mais surtout il est beau à l’intérieur. C’est un réel plaisir que de partager les répliques avec lui sur scène. Ah ! Pascale Arbillot, c’est le véritable ressort comique de la pièce, une ravissante manipulatrice, plus une amoureuse qu’une intellectuelle. Son personnage délirant, très drôle, très poétique. Nous n’en connaissons bien pour avoir joué au cinéma, il y a un petit moment déjà dans « Le sourire des clones » et « Eddy ». C’est une actrice brillantissime que j’aime profondément. D’un humour absolument magnifique ! Florence Pernel que je connais bien pour avoir joué plusieurs fois avec elle, est belle et séduisante. À la fois classique mais avec une façon de jouer très moderne. Quant à Bernard Murat, une nouvelle fois il m’a fait confiance. Un metteur en scène avec lequel il faut aller à l’essentiel et le plus rapidement possible. Hélas, je suis quelqu’un d’assez lent, mais Bernard me connaît bien, il ne s’impatiente pas et heureusement, car je suis assez paranoïaque. Nous avons établi un modus vivendi, ainsi notre travail en commun n’a pas subi de désagrément.

APP : Voudriez-vous me donner deux ou trois raisons pour aller voir la pièce à la Gare du Midi le 29 janvier prochain ?

FB : Le texte et la langue de Guitry sont extraordinaires. Classique dans sa construction et ses bons mots à l’ancienne. Une pièce qui donne à réfléchir, donc elle vous rend intelligent (rires). « Quadrille » nous fait découvrir ce qu’est l’amour, les hommes, les femmes, l’enchantement et le désenchantement, la mauvaise foi, la bonne humeur. Au départ, c’est le mari, la femme et l’amant, mais moi je dis, le mari, la femme et les deux amants. Pour moi la pièce vous donne un neurone de plus !

APP : Selon vous, jouer une pièce joliment désuète du maître du vaudeville Guitry est-elle toujours d’actualité ?

FB : Oh ! Non, bien au contraire, Guitry reste unique en son genre toujours d’actualité avec ici ses personnages du cinéma et du monde de la presse. Son vaudeville est indémodable, Bernard Murat nous fait redécouvrir cet univers trépidant dans une mise en scène classique mais terriblement efficace qui retranscrit à merveille l’écriture de l’auteur. On est séduit par les répliques savoureuses et les bons mots dans un délicat dosage d’émotion et de comédie. On se laisse prendre au jeu des couples et des amants qui se font et se défont. Oui, « Quadrille » est à danser de joie sans modération ! (rires).

APP : Une belle carrière artistique que vous avez François, mais avec une reconnaissance tardive de vos pairs et du public ! Cela ne vous a-t-il pas laissé un certain goût d’amertume ?

FB : Non, au contraire, cela a été un moteur. Durant de nombreuses années j’ai pu faire du théâtre, vivre du théâtre, et dans des répertoires différents. Ce qui est bien quand la reconnaissance arrive, surtout celle de ses pairs, des professionnels du cinéma, de la télévision, c’est qu’on est conscient que tout cela ne tient qu’à un fil. Je ne sais pas ce qui aurait changé pour moi d’avoir été connu à 40 ans. Encore une fois, j’ai eu cette chance inouïe de ne pas trop connaître le chômage, car je n’ai jamais cessé de travailler, et quand je vois les rôles qu’on me propose aujourd’hui, comme celui du séducteur dans quadrille, je ne peux qu’être comblé. Je remercie le public de venir voir les comédiens qu’ils apprécient. Personnellement, je n’ai pas un public à moi. Certains ne me découvrent que depuis peu, alors que j’ai 40 ans de carrière derrière moi, et j’espère encore avoir 40 ans devant moi ! (rires).

APP : Avant de nous séparer cher François, je voudrais connaître les bonnes résolutions que vous avez prises au seuil de cette nouvelle année …

FB : Tout d’abord cher journaliste, j’ai arrêté de fumer voici quatre mois, et c’est un peu dur, mais je tiens le coup. Pas de bonnes résolutions, mais le grand désir de posséder une maison à Saint-Jean-de-Luz où je venais chez ma grand-mère en vacances. Oui, venir le plus souvent au Pays basque, une fort belle région. Pour la petite confidence, mes parents m’ont conçu à Socoa. J’ai aussi le souvenir attendrissant d’avoir fait des paquets de sables sur la plage de Saint-Jean avec mon amie Isabelle Huppert. C’est impérissable ! (rires).

 

APP : Je terminerai cet entretien avec François Berléand en citant Sacha Guitry : « à force de changer de femme, on finit par changer soi-même » et « au début d’une aventure, le cocu y est toujours pour quelque chose ».

 

Quadrille – le 29 janvier à 20 h 30 – Gare du Midi à Biarritz  gareBiarritz-e751c

Tarifs : de 38 à 50 €

Réservations : 05 59 22 44 66 et www. entractes-organisations.com

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 18 au 24 janvier 2013.


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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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