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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 00:38

Tragédie : la belle âme d'un chorégraphe actuel.

 

Trage-udie-O-Dubois.-Photo-2-Franc--ois-Stemmer---copi.JPGL’auteur et chorégraphe de Tragédie, Olivier Dubois a cette qualité première de n’^être prosaïque dans ses choix ni dans ses créations. Son caractère et son excentricité le classe à part dans ce monde de la danse contemporaine française, souvent devenue académique et éteinte. Il s’est attaché avec ce ballet qu’il présentera dimanche 8 septembre à 21h à la Gare du Midi à Biarritz, à la formule simple et fondamentale qu’il mène jusqu’à son terme, sans se dérober.

Rencontre avec un danseur atypique qui signe-là une pièce manifeste, obsessionnelle et hypnotique.

 

APP : Olivier, avec Tragédie tu t’intéresses à la marche, au martellement, à la faille, mais aussi aux corps qui se déploient, se tordent, se développent. Alors en quelques mots, comment est né ce thème chorégraphique sur l’humanité ?

OD : Au départ, c’était pour moi le désir de donner une sensation du monde, d’approcher et d’explorer cette idée humaine… l’Humanité. A mon sens, il est impossible de montrer ce que pourrait ^être l’humanité, car sa conception est indépendante, autonome et responsable chez chacun d’entre nous, et de ce fait, son ressenti l’est aussi. Je tente donc dans Tragédie de permettre à chacun de se plonger dans son ressenti, et percevoir ! Ce ballet est le troisième volet d’une trilogie qui aborde l’humanité sous différents angles. Il y a eu Révolution créé au Festival d’Avignon en 2009 pour douze femmes, puis Rouge solo masculin en 2011, et enfin Tragédie créé en Avignon en 2012. C’est donc la conclusion.

APP : Peut-on penser que ce ballet soit une course vers la sortie, ou bien un exode ?

OD : Tragédie dans sa structure dramaturgique suit l’avancée du Chœur dans la tragédie grecque, à savoir du parados (marche) à l’exode (la course), en passant par deux épisodes, deux péripéties et la catharsis. Une course qui ouvre un espace sensoriel et émotionnel.

APP : Pour ce ballet, vas-tu toujours aussi loin dans l’obsession d’une écriture réglée ?

OD : Oui, je l’avoue, c’est une obsession. J’aime l’écriture qui d’abord nous cadenasse, puis nous libère. Tout comme une partition musicale, elle est un support qu’il faut suivre, respecter, pour ensuite la mordre, la transgresser et que l’œuvre surgisse. Trage-udie-O-Dubois---photo-9-Franc--ois-Stemmer.JPG

APP : Comment s’est fait le choix de tes dix huit danseurs qui s’exécutent entièrement nus ?

OD : J’avais une idée extrêmement précise de ce que le groupe de neuf femmes et neuf hommes devait raconter. En revanche, de quelles personnes il était composé, ça je ne le savais pas. J’ai surtout cherché la parole juste de ce groupe-là. Vraiment, j’ai fait l’alchimiste. J’ai cherché ce qui me semblait la plus juste pour Tragédie. J’ai surtout fait appel à eux en tant qu’^êtres humains. En les choisissant, l’essentiel pour moi était le désir, avoir envie d’eux et réciproquement. Savoir aussi comment les peaux se répondent. C’était un pari. Mais aujourd’hui je suis complètement satisfait de mon choix.

APP : Avec Tragédie souhaites-tu créer chez le spectateur un état d’hypnose, de transe ?

OD : Révolution, Tragédie et tout récemment Elégie, créés pour le Ballet National de Marseille, sont des pièces qui ont une révolution lente, voire très lente. Le temps est étiré, distendu, combiné à des segments de répétitions, d’échos, d’insistance, de récurrence. Ainsi, si tant est que l’on accepte de lâcher prise, ce tout vous plonge dans une hypnose, une ivresse ou encore une transe.

 

Cie Olivier Dubois – Tragédie – dimanche 8 septembre à 21h – Gare du Midi Biarritz

Tarifs : de 12 à 38€

Réservations : 05 59 22 44 66

Informations : 05 59 22 20 21 et www.letempsdaimer.com

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 6 au 12 septembre 2013.


Trage-udie--haut.-Olivier-Dubois.-Photo-8-Franc--ois-St.JPG gareBiarritz-e751c


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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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