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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 20:51

Vincent Brisson … sa libre fantaisie théâtrale !

 

Sur la biographie de Vincent Brisson il est écrit qu’il est professeur de danse à l’école de Ballet Gillet-Lipszyc et au Centre de formation professionnel en danse à Biarritz. Qu’il est également intervenant sur des créations théâtrales en qualité de préparateur corporel et chorégraphe. Certes, il est connu aujourd’hui comme un homme de responsabilités et acteur majeur de sa Compagnie Place des Arts. Notre homme est jeune, la quarantaine à peine, et sa carrière institutionnelle a pris une belle vitesse de croisière.

vincent brissonCelle qui a démarré avec « Le Banc », « Mademoiselle » et un 3ème opus « Cabaret d’un Jour » qui sera présenté les 27 et 28 avril au Colisée à Biarritz. Vincent Brisson est avant tout un créateur viscéralement lié à la scène, qu’elle soit devant, derrière ou sur le côté, ne cessant de concevoir un théâtre d’émotion pure, inhabituel et surprenant, fait d’amour et de pulsions. Un théâtre qui explore les passions et qui laisse libre court à sa libre fantaisie théâtrale. Rencontre.

 

APP : Qu’est-ce « Cabaret d’un Jour » ?

VB : C’est l’histoire d’un jour dans un cabaret des années 50 où s’enchaîneront des chansons dans un parfait anachronisme. Cette pièce ne colle pas avec l’actualité, mais plutôt celle qui renvoie des idées qui sont propres à chacun des interprètes, variables dans toutes les époques, même si cela se passe dans un cabaret des années 50. J’ai laissé le champ libre à chaque artiste qui évoluera sur scène, racontant sa petite histoire en chanson.

APP : En quelques mots, quel est le fil conducteur de cette pièce ?

VB : Le temps des rencontres sur un jour, en ordre ou en désordre, dans un cabaret qui n’a aucun code, ni rites, mais où l’on vient raconter sa petite histoire ou simplement passer en curieux. C’est aussi l’exposition et l’évolution d’une mise en scène multiple sur des ouvres chantées uniquement, il n’y aura aucune chorégraphie. Une occasion pour moi de mettre en lumière des artistes avec leurs propres mentalités et cultures et révéler l’inouïe diversité. J’aime bien le théâtre d’images parce que le cinéma m’inspire davantage. Je me laisse aller aux émotions. Cabaret d’un Jour n’est pas une comédie musicale, mais du théâtre musical, et parce que j’aime le rythme des images, les mots et l’action. Cabaret d’un Jour est une idée partagée avec Yannick Sabarots.

APP : Quelles sont les difficultés à écrire une pièce aux multiples personnages ?

VB : Aucune, puisque pour le moment je n’ai rien écrit. C’est lorsque je vais me trouver face à mes interprètes que je construirai les liens et voir la mise en place. Là j’ai mes petites idées. La couleur du spectacle évoluera au fur et à mesure. Rémy Gachis, le directeur musical a fait un travail de recomposition de toutes les chansons, transportées à la tessiture de chacun. Pour l’instant, je suis dans le domaine du rêve… je cogite énormément avant d’enfanter (rires).

APP : Comment se passe la collaboration avec tes comédiens ? Es-tu exigeant ?

VB : Certains ne font pas forcément confiance en leur capacité de comédien, en leur aptitude d’expression théâtrale et physique. Dans le même temps ils sont souvent demandeurs d’une aide qui les fera avancer sur ce terrain. Ils ont pour guide la chanson qu’ils devront interpréter. Si j’arrive à les libérer de cette contrainte physique, je peux les libérer de l’angoisse d’être comédien. Certains disent qu’ils jouent mal et qu’on ne peut rien faire pour eux, qu’il faut les mettre là et les faire chanter, c’est tout. Paradoxalement, c’est à partir de ce moment là que je peux commencer à travailler. Penser que chacun ne joue pas de la même manière, que chacun a un style de jeu. Ce qui est passionnant, c’est de pouvoir inventer chaque fois avec eux une forme qui leur correspond et je les aide à interpréter la gestuelle. C’est finalement un travail propre à chacun, et ils sont vingt sur scène ! (rires). Mais moi j’aime ce travail là. Ils sont étonnants d’énergie. J’aime être énormément surpris par les artistes et ne refoule pas leurs maladresses, car la maladresse est toujours juste. Elle rend humain. J’essaie de me mettre le plus possible en état d’ouverture pour pouvoir choper tous les éléments extérieurs. Exigeant je le suis. Je veux un bel ouvrage.

APP : Tu es un auteur, chorégraphe, metteur en scène, professeur de danse… mais quelle est la discipline que tu affectionnes ?

VB : Auteur, je ne le suis pas, pour la simple et bonne raison que je ne sais pas écrire. Je penche plus vers la chorégraphie et la mise en scène. Deux disciplines pour lesquelles je suis très sensible.

APP : Quel regard portes-tu sur la situation actuelle de la culture en France ?

VB : Je dis que la France est un pays où la création est très vivante et que j’aimerais qu’y ait plus de qualité de travail, plus de temps, plus de moyens pour la réaliser. Aujourd’hui, à mon avis, on va beaucoup trop vite et je ne crois pas que ce soit du goût du théâtre qui est un art éphémère. Moi, je demande plus de soin, plus d’attention. J’aurais envie que les régions finissent par avoir de vrais moyens de création, qu’il y ait un peu plus de concertation nationale pour le théâtre. Nous possédons un vivier d’énergies. Heureusement qu’il existe des réseaux comme les scènes nationales qui permettent à des petites compagnies de se faire connaître, comme il s’est passé pour moi lors de ma deuxième pièce « Mademoiselle ». Plus de moyens pour financer les projets.

APP : Quels sont tes prochains projets ?

VB : Celui de monter un opéra déjà écrit ou une comédie musicale à l’américaine, c’est-à-dire en collaboration avec des créateurs américains qui viendraient travailler en France. J’apprécie leur façon de travailler. D’ailleurs je vais souvent à New York pour les rencontrer et prendre leurs conseils.

APP : Que nous dirais-tu avant de se séparer ?

VB : Tant qu’on est vivant concrétisons nos idées et les financer quel que soit nos moyens. Je me dis, j’ai une idée donc je l’applique même si je dois m’enfoncer financièrement sans pour autant me mettre en danger. Et rêver, encore et toujours.

 

Cabaret d’un Jour – 27 et 28 avril à 20h30 – Colisée à Biarritz

Tarif unique : 12€

Billetterie à la librairie Elkar au Petit Bayonne et à la Maison des Arts 3 av Victor Hugo à Biarritz.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 20 au 26 avril 2012.

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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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L'ECRITURE... MA PASSION

alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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