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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 14:06

Mudejar ou l’héritage spirituel de la danse.

 

Le samedi 3 novembre à 20h30, au Jaï Alaï de Saint-Jean-de-Luz, la Scène Nationale de Bayonne Sud Aquitain présentera pour une première française, le spectacle du danseur et chorégraphe Miguel Angel Berna « Mudéjar ».*

Après le succès de son spectacle « Flamenco se ecribe con jota » accueilli triomphalement la saison dernière à la salle Lauga de Bayonne, l’incroyable danseur confirmera son talent de chorégraphe et le haut niveau de sa compagnie avec son spectacle puissant et passionné. Sur fond de mélodies ancestrales, les chorégraphies de « Mudéjar », interprétées avec une précision époustouflante, envoûteront sans nul doute le public !

Entretien avec un danseur chorégraphe d’une grande spiritualité qui nous éclaire sur son parcours et sa démarche artistique très singulière.

 

phpThumb.jpgAPP : Une petite présentation de toi Miguel Angel ?

MAB : Je suis un chorégraphe danseur très engagé dans son travail, et qui cherche à chaque instant à s’améliorer et à se perfectionner avec la farouche volonté d’offrir de la beauté à cette vie.

APP : Parle-nous de ta première et belle rencontre avec la danse…

MAB : Une rencontre qui n’a pas été un hasard, mais une envie. Je me souviens lorsque j’avais huit ans, j’ai dit à ma mère que l’école où j’étais scolarisé allait donner des cours de danse et que moi j’avais ce furieux désir de danser.

APP : Qu’as-tu voulu exprimer à travers ta chorégraphie « Mudéjar » ?

MAB : j’ai cherché dans l’histoire et dans l’art, les différentes cultures de la terre où je suis né. Je crois qu’il est bon de penser à l’universel. L’union nous rend plus forts, tandis que la séparation nous rend faibles.

APP : Pourquoi avoir choisi l’expression du croisement des cultures arabe, chrétienne et juive pour ce ballet ?

MAB : A une certaine époque dans l’histoire de l’humanité, différentes cultures créèrent, et cela malgré les difficultés rencontrées, un art et une belle philosophie de la vie avec un message de paix. C’est cela l’inspiration de « Mudéjar ».

APP : Tu as modernisé la « Jota ». Que penses-tu avoir apporté à cette danse ?

MAB : Il a été apporté tant un univers dansé que musical, qui vient dire que l’on peut voir non seulement un film et noir et blanc, mais également en couleur. Le noir et blanc représente la tradition et les couleurs, l’application de celles-ci à la société, et au moment historique que nous avons-nous-mêmes à vivre.

APP : Quels furent tes modèles durant tes années d’apprentissage de la danse ?

MAB : Je suis un autodidacte, même s’il est vrai que j’ai eu des référents comme Vicente Escudero, Antonio Gades ou Rafael de Cordoba, bien que l’important ne soit pas d’apprendre en imitant, mais par sa propre expérience. Nous avons tous en nous notre divinité, mais dans cette humanité, nous regardons plus vers l’extérieur que vers l’intérieur.

APP : Peut-on connaître tes projets ?

MAB : Mon projet est de savoir ce qu’il y a après cette vie, matérielle et éphémère, et pouvoir le partager avec les autres.

 

Miguel Angel Berna est un danseur chorégraphe qui nous fait battre le cœur, qui nous fouette le sang au rythme des castagnettes et nous méduse par son jeu de jambes. Il donne à son ballet « Mudéjar », ce mélange de syncrétisme, d’ardeur, de non conformisme, frappé par le charme garanti de l’unisson entre les danseurs et le public. Sa chorégraphie nous enlise dans l’ivresse, nourrissant notre âme et notre esprit, envahi par un océan fabuleux et qui nous hisse comme des êtres libres. C’est la passion de la terre et le ciel, la beauté, la convoitise, la volonté. « Mudéjar », c’est l’alliance de l’âme dans un seul et superbe élément : les castagnettes. « Mudéjar », c’est aussi de subsister…

 

Mudéjar – de et avec Miguel Angel Berna – samedi 3 novembre à 20h30 – Jaï Alaï de Saint-Jean-de-Luz 2D7D2AC6-531E-45BD-B225-48AA9717A9CC[3]

Tarifs : 30, 27 et 20€

Informations et réservations : 05 59 59 07 27 et www.snbsa.fr

 

*

Le Mudéjar (mudajjan), c’est le nom donné aux musulmans d’Espagne, devenus sujets des royaumes chrétiens après le XIème siècle, pendant la période de tolérance. Il est aussi un courant artistique très présent à Saragosse, Séville et Tolède, qui mélange l’art musulman, juif et chrétien.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 2 au 8 novembre 2012.


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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 13:45

Ma colocataire est encore une garce… ou les nouvelles aventures du naïf amoureux.

 

images-copie-1.jpgLes galères se réitèrent pour Hubert Chataigneau, le naïf amoureux qui ira de déconvenues en surprises avec ses deux nouveaux colocataires. Méprises et coups de théâtre en rafale pour une autre version de « Ma colocataire est encore une garce », comédie actuelle et désopilante qui sera jouée le 9 novembre à 20h30 au Colisée à Biarritz. C’est hilarant à souhait, pour un spectacle qui se veut un boulevard musclé, avec un sacré tohu-bohu et rires en cascade. Un pièce qui a été écrite par Fabrice Blind en collaboration avec Michel Delgado et Nelly Marre à l’attention de tous les naïfs amoureux. Les répliques atteignent leur but et les réparties souvent croustilleuses. Dans ce spectacle style café-théâtre, la mise en scène parfaitement huilée de la talentueuse humoriste Anne Roumanoff, qui s’est lancée avec enthousiasme dans cette aventure, repose sur l’énergie, la personnalité et le bagout des trois comédiens qui dépotent la scène. Il y a la sexy et délicieuse garce Sasha, campée par Marie Pape, Luigi escroc peu futé, macho narcissique, plus bête que bellâtre interprété par l’irrésistible Sir John, et noblesse oblige, parce qu’on n’est mieux servi que par soi-même, Fabrice Blind dans le rôle du candide et débonnaire Hubert. « Ma colocataire est encore une garce », c’est du burlesque à souhait, avec un aplomb à toutes épreuves et des minauderies rigolotes. Bref, leur jeu de scène s’avère efficace ! Ce qui fait qu’on est toujours ravis d’avoir rendez-vous avec le bon théâtre boulevardier. phpThumb-copie-1.jpg

 

Ma colocataire est encore une garce – 9 novembre à 20h30 – Colisée Biarritz

Tarif unique : 20€

Réservations : 05 59 22 44 66 et à la caisse du Colisée une heure avant le spectacle.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 2 au 8 novembre 2012.


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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 13:41

Pourquoi pas nous… une fraternité de l’humour !

 

412078_264575776940194_264573636940408_708307_923624659_o.jpgFarid Amziane et Benoît Joubert, au détour de leur carrière solo, se sont rencontrés en première partie du spectacle de Michaël Gregorio. Et depuis une année, ces deux là ont su créer une fraternité de l’humour. Jean-Michel Dupont-Garcia, directeur du petit espace Luna Negra nous permettra de les découvrir dans leur premier spectacle « Pourquoi pas nous » où chacun sera à la fois moqueur et touchant, glissant sur le fil de la cocasserie. Deux frangins (dans le scénario) que tout oppose, mais qui n’ont qu’un seul point commun : leur mère. Ils nous entraînent dans un univers déjanté avec un plein d’énergie et s’engouffrent dans les moindres recoins de l’absurde en prenant des risques sans bouée, et qui arrivent à épousseter le quotidien et à écorcher la prose, pour rester dans un parler simple. Avec Farid et Benoît, on revient vers le naturel, on se vide la tête, et c’est de la franche rigolade. Une ode aux deux personnages qui errent en transportant, l’un dans son attaché-case et l’autre dans son baluchon, des bouts de leur vie. Deux histrions bien sympas qui jouent avec le public, gagnent à être connus. On sent la bonne humeur et la bonne volonté à évite le comique style chargeurs réunis. Le spectacle « Pourquoi pas nous », c’est un coup d’essai qui n’est pas un coup d’épée dans l’eau, mais presque un coup de maître ! Ils sont dans la lignée des humoristes en devenir, qui donnent à réfléchir au second degré et détendent au premier. Un duo au nom de l’esprit et de la dérision.

 

Pourquoi pas nous – 2 et 3 novembre à 20h30 – Luna Negra Bayonne logo luna

Tarifs : 12, 9 et 6€

Réservations : 05 59 25 78 05 et www.lunanegra.fr

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 2 au 8 novembre 2012.


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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 00:44

Elise Archambault… une magnifique révélation !

 

25et261012EliseArchambault263110Que voilà une soprano à la voix étendue et au timbre vocal brillant. Elise Archambault, c’est une présence scénique remarquable et dotée d’une grande musicalité. Sa voix ronde est délicatement fruitée. Une technique bien conçue qu’il y aurait de quoi la faire accéder à de plus hautes sphères. On est frappé par sa qualité de style, son joli timbre et ses aigus sans la moindre acidité. Elle représente une ode à l’élégance et à la séduction. La Luna Negra lui offre sa petite scène pour son récital « Mes airs de Diva » le 26 octobre à 20h30. Sensible à l’art lyrique, je me devais de la rencontrer.

 

APP : Merci chère Elise de bien vouloir te présenter à nos lecteurs…

EA : Je suis heureuse de faire ce métier parce que la musique est au cœur de ma vie. J’aime aussi en parallèle me lancer dans d’autres activités comme la peinture, le piano, les voyages, mais également… le tricot !

(Après des études d’Histoire de l’Art à l’Université d’Aix-Marseille et de Paris La Sorbonne, Elise Archambault a décidé de se consacrer entièrement à l’art lyrique. En 2002, elle obtient le diplôme de l’Ecole Nationale de Musique de Mâcon, et la médaille d’or à l’unanimité avec félicitations du jury. Depuis elle se produit régulièrement en récitals).

APP : As-tu toujours rêvé d’être une cantatrice ?

EA : Oui et non. C’est par le biais de la musique classique et du chant à la chorale de mon collège que j’ai gardé l’émouvant souvenir du Requiem de Mozart où nous étions six cent choristes, salle Pleyel à Paris. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à travailler ma voix, mais sans pour autant vouloir devenir une cantatrice.

APP : Parle-nous de ta voix. As-tu des modèles ?

EA : Je connais bien ses tons, ses nuances et ses vibrations. Et paradoxalement, je ne contrôle pas tout. Qu’est-ce qui a rendu tel son si brillant et profond ? Pourquoi faut-il la travailler longtemps avant qu’elle ne s’ouvre et libère ses couleurs ? Grand mystère ! Plus que des modèles vocaux, des personnalités. J’ai beaucoup écouté Mirella Freni pendant ma formation mais j’apprécie la voix des grandes comme Renée Fleming, Elina Garanca, et celles moins connues qui me séduisent et m’émeuvent. Certes, hors cadre de ta question, je souhaite mentionner Xavier Toyas, pianiste et véritable compagnon de route depuis dix ans, qui connaît ma voix peut-être mieux que moi-même. J’apprécie grandement ses conseils musicaux.

APP : Quel sera ton univers musical sur la petite scène de la Luna Negra le 26 octobre ?

EA : Avec mon excellente pianiste Célia Quilichini, ce sera un répertoire qui me colle à la peau : Mozart bien sûr, mais aussi une mélodie espagnole de Granados qui est un merveilleux mélange de sensualité et d’innocence, quelques prières d’opéras de Verdi et Weber, et un air de l’opérette de Jacques Offenbach « La Périchole ». Célia interprètera un impromptu de Schubert et « Le Clair de Lune » de Debussy, en écho à « Ave Maria » de « l’Otello » de Verdi. Un programme tout à fait caractéristique, pas de thème, pas de chronologie, mais que du bonheur en veux-tu, en voilà.

APP : Quels sont les rôles que tu rêves d’interpréter ? Et quels sont les compositeurs qui t’attirent le plus ?

EA : Tous ceux que l’on voudra bien me proposer, comme Suzanne ou la comtesse dans Les Noces de Figaro de Mozart ou Anna ou Elvire dans Don Giovanni du même compositeur. Ce dont je rêve surtout, c’est de pouvoir me plonger dans un rôle et le vivre. Difficile de répondre à ta deuxième question, car il y en a beaucoup, mais je dirai Mozart, Massenet, Puccini, Messager, Offenbach. J’ai également du plaisir à écouter et à interpréter du Kurt Weill, Strauss et toute la musique espagnole De Falla, Granados, Obradors, tango et musique argentine avec Piazzola, Guastavino, Gardel.

APP : Comment vit-on l’art lyrique dans le monde d’aujourd’hui ?

EA : Au risque de paraître banal, je dirais que le monde d’aujourd’hui a énormément besoin de se pencher sur la beauté, la poésie, l’émotion. Je crois fermement que la musique et la voix en particulier ont un pouvoir libérateur et apaisant.

APP : Quels sont tes projets pour 2013 ?

EA : J’espère une tournée avec le spectacle créé cette année « Ce que m’a dit la fée Tulipe ». La joie de faire plusieurs concerts avec un quatuor à cordes dirigé par Claire Perrotton sur un répertoire d’opéra. En récital également dans le sud ouest avec Lacommande, Arzacq et Castelnau de Levis. Tango and Co en projet en pays basque sud et La Périchole que je chanterai les 9, 10 et 11 novembre au Théâtre Saint Louis à Pau. Il est prévu également deux enregistrements, mais pour l’instant je ne peux en parler.

 

Mes Airs de Diva – Elise Archambault – Célia Quilichini – 25 et 26 octobre à 20h30 – Luna Negra Bayonne logo luna

Tarifs : 15, 12 et 8€

Réservations : 05 59 25 78 05 et www.lunanegra.fr

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 26 octobre au 1er novembre 2012.


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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 23:37

CARMEN

Du rouge passion au noir orage.

 

Image1-copie-20.jpgToujours à la recherche de nouveaux talents, Marie-Ange et Luis Miguel Lainz d’Opéra 2001 ont choisi de séduire les spectateurs par la qualité de leurs productions. Dans chacun des théâtres d’une tournée, une attention particulière est apportée afin que chacun des spectacles soit unique. Ils se sont fixés pour mission de faire vivre sur scène, les œuvres les plus célèbres du répertoire de l’opéra français et étranger, afin que les générations futures apprennent à les aimer et à les découvrir. C’est ça le théâtre vivant !

Le 8 novembre à 20h30, l’opéra de Bizet « Carmen » sera sur la scène de la Gare du Midi. J’ai interviewé les deux héros de cet opéra le plus joué dans le monde : Liliana Matteï et Juan Carlos Valls.

 

APP : Liliana, Juan Carlos, en quelques mots quels ont été vos parcours ?

LM : Etude du violon et du piano à six ans au Lycée Musical de Cluj. A l’université et à l’académie de musique de Cluj, ce fut le chant ainsi qu’u Luxembourg et à Vienne. 1997, chanteuse lyrique à la Staatsoper de Vienne. J’ai chanté Carmen pour la Compagnie Nationale d’Opéra de Mexico au Mexique, en Grèce à l’Opéra de Thessalonique, ainsi qu’Aïda à Munich, Gratz et Sanson et Dalila à l’Opéra de Bucarest.

JCV : Des études musicales dans ma ville natale de Montevideo, puis Buenos Aires au Théâtre Colon. Le perfectionnement en Italie avec le Maestro Vittorio Terranova. Premier rôle, Alfredo dans La Traviata au Théâtre Municipal de Santiago du Chili, Manon de Massenet à Bogota.

APP : Pourquoi avoir choisi l’opéra de Bizet ? Qu’est-ce qui t’a attiré dans l’approche des deux amants terribles ?

LM : Carmen est mon personnage préféré, tant vocalement que scéniquement. Très à l’aise dans sa psychologie et sa musicalité. J’ai toujours aimé les compositeurs français et ce rôle est exceptionnel. Ma voix s’y prête d’ailleurs très bien. C’est une histoire d’amour avec une intrigue actuelle et un argument rare pour l’époque.

JCV : Parce que c’est un rôle qui va crescendo vocalement depuis le premier acte, et qui correspond bien à mes possibilités vocales. Son histoire commence par un amour fou, continue par un conflit dans sa relation amoureuse, mais aussi avec lui-même. C’est intéressant de découvrir les facettes psychologiques de ce personnage. Très heureux d’être dans la peau de Don José.

APP : Pensez-vous que la subtilité de l’interprétation qui est demandée à un interprète lyrique diffère de celle d’un acteur ?

LM : L’interprétation lyrique doit être aussi exigeante que la théâtrale. Aujourd’hui, le côté scénique et le jeu de la comédie sont une part importante dans le monde de l’opéra. L’époque où il suffisait de bien chanter est révolue. A Vienne, le metteur en scène Jean-François Sivadier m’a fait comprendre qu’être une bonne comédienne est un aspect fondamental de notre art.

JCV : Théâtre et opéra sont deux disciplines différentes d’interprétation. Au théâtre, on peut jouer de façon naturelle car on utilise la parole. L’opéra, lui, c’est la communication par le chant. Ce n’est ni plus facile, ni plus difficile, c’est différent. Aujourd’hui il est important de bien jouer et de bien chanter. Cela me convient, car j’ai une veine d’acteur depuis l’enfance (rires).

APP : N’est-ce pas cliché de dire que le chant lyrique est lié à l’émotion ? N’est-ce pas plutôt la précision et la maîtrise technique vocale qui assurent la qualité de l’interprétation ?

LM : A mon avis, l’émotion est très importante. Certes, il faut posséder une technique vocale, mais si l’émotion n’est pas là, le spectateur le ressent et il ne le pardonne pas.

JCV : L’émotion est très importante, mais s’il n’y a pas derrière une bonne technique vocale, l’interprétation se perd. L’une est indissociable de l’autre.

APP : La mezzo-soprano se voit souvent confier des rôles sombres, voire cruels, par les compositeurs d’opéra. Carmen est-elle en accord avec ta propre sensibilité ?

LM : Ce n’est qu’une fiction. Carmen est mon défi, mon rêve, ma chance ! En vérité, tous les rôles à l’opéra possèdent un côté sombre, mais aussi un côté très humain auquel on peut toujours s’identifier. D’ajouter, qu’avec un peu plus de maturité, je parviendrai à chanter Azucena dans le Trouvère, un personnage pervers.

APP : Selon toi, comment vis-tu ton rôle d’artiste lyrique dans le monde actuel ? Est-ce difficile de l’exercer face aux nombreuses retransmissions sur grand écran, ce qui risque de tuer à petit feu le théâtre vivant ?

LM : Avec sérénité, une réelle foi. J’essaie d’exploiter tous les genres. Quant à la difficulté d’exercer ce métier, une projection sur grand écran, aussi excellente soit-elle, n’égalera jamais l’émotion sur une vraie scène. Quel avenir prépare-t-on aux générations futures ? Comment les jeunes chanteurs vont-ils se faire connaître et appréciés si on les compare à des enregistrements facilement manipulables. Je dis qu’actuellement le théâtre vivant est en danger et qu’on va l’étouffer rapidement si on ne réagit pas.

JCV : Chaque jour de travail, je me sens soutenu par quelque chose qui me dépasse. En ce qui concerne la place de la musique classique et de l’opéra à notre époque, je crois que moi-même, comme ceux de ma génération, nous sommes désireux d’agir sur ce merveilleux héritage avec toute la modernité qui nous anime.

APP : Des projets ? Et que peut-on vous souhaiter ?

LM : Je chanterai Aïda à l’Opéra de Timisoara en Roumanie, Traviata à l’Opéra de Monte-Carlo. Me souhaiter ? Chanter la Princesse d’Eboli de Don Carlo. Un rôle très difficile pour une mezzo-soprano.

JCV : Rigoletto et la Traviata à Bogota, Montevideo, Buenos Aires. Me souhaiter ? Edgardo dans Lucia Di Lammermoor.

 

Opéra 2001 présente « CARMEN » - 8 novembre à 20h30 – Gare du Midi Biarritz

Tarifs : de 34 à 55€

Réservations : 05 59 22 44 66 et www.entractes-organisations.com

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 26 octobre au 1er novembre 2012.


 

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 20:45

Trio Philippe Duchemin

Voyage au cœur du swing.

 

Sans titre 1-copie-2Les passionnés de jazz reconnaissent le talent de Philippe Duchemin qui accorde toute son attention au style Oscar Peterson, mais également pour la musique classique. Pour ce faire, il a composé un programme inédit et moderne, dans le mouvement et le tempo de beaux standards du jazz, appréciés par les férus jazzy, arrangés pour un trio jazz avec la complicité du Quatuor à Cordes « Atlantique ». Et donne ainsi de nouvelles nuances musicales.

Ils seront sur la scène de la salle Maurice Thorez à Tarnos le 3 novembre à 20h30.

De concert en concert, le Trio Philippe Duchemin (Christophe Le Van à la contrebasse, Philippe Le Van à la batterie et Philippe Duchemin au piano), prend de l’assurance et s’affirme. Encore plus confondant de musicalité, de swing communicatif et de joie de jouer. Les trois instruments côtoient « gaiemento » le sommet d’une virtuosité dont le feeling n’est jamais absent. Une clarté et une légèreté du jeu musical qui nous prouvent sa belle efficacité. Une certaine connivence à leur expression musicale donne une réelle envergure et l’on obtient un trio puissant qui capte avec maestria son public. Et pas d’ennui à l’écoute. Sa musique se nourrit d’escapades vers des pièces originales emportées par l’influence des compositeurs classiques tels que Bach, Chopin, ou Tchaïkovski, et l’on est littéralement soufflé par la diversité de ce trio Swing et Strings. Un swing omniprésent et libérateur pour un jazz chaleureux et festif. Le Trio Duchemin, c’est du sérieusement recommandable !

 

Le Trio Duchemin et le Quatuor Atlantique – Salle Maurice Thorez à Tarnos

Tarifs : 9 et 12€

Réservations : 05 59 64 49 40

 

CD « Swing et Blue » sous le label Black et Blue – Mars 2012.

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 26 octobre au 1er novembre 2012.



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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 20:08

Les Impro-Cibles caméléons

Viens voir les comédiens.

 

Image1-copie-19.jpgLes Caméléons voient le jour en 1998 à Dijon. L’origine de la compagnie est ancrée dans l’improvisation théâtrale, mais depuis 2007, elle explore avec succès et un égal bonheur, d’autres dimensions artistiques. Ces Impro-Cibles vont régaler le public de la Luna Negra les 9 et 10 novembre prochain dès 20h30. On risque avec eux de passer par toutes les couleurs, car leur humour est décalé, déjanté et parfois agrémenté d’une pointe de cynisme. Mais qu’on se rassure, c’est avant tout un spectacle d’improvisation théâtrale, où les comédiens travailleront sans filet, et c’est là toute leur habileté et leur maestria. Pour accomplir leur difficile besogne, ils s’appuieront sur le jeu visuel riche, une complicité à toute épreuve, un rythme soutenu, même entre les impros et une réelle prise de risque. Les spectateurs seront les instigateurs ou témoins des thèmes joués, joués dans un plaisir communicatif, sans concertation, ni temps de réflexion. 189763_165x245_.jpgIl s’agira là d’un spectacle pour tout public, à la fois interactif et humoristique, mélangeant théâtre d’improvisation et contes. Même les enfants pourront y mettre leur grain de sel. Et on compte sur eux, bons petits diables qui auront l’autorisation de se lâcher ces deux soirs-là. La glace est déjà rompue dès l’entrée dans la salle des comédiens, véritables homme-orchestre, qui n’ont peur de rien, même pas froid aux yeux, mais qui mouilleront leur chemise à cause du jeu au tac au tac mais sans grattage des méninges ! Avec les Caméléons, Impro-Cible n’est pas français !

 

Les Caméléons – Mission Impro-Cible – 9 et 10 novembre à 20h30 – Luna Negra Bayonne

Tarifs : 15, 12 et 8€

Réservations : 05 59 25 78 05 et www.lunanegra.fr

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 26 octobre au 1er novembre 2012.

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 20:03

Los Hermanos Sanchez – 28 octobre à 18h

Amour et passion andalous.

 

los-hermanos-sanchez-a-la-guitare-flamenca-c-dr_873119_490x.jpgLos Hermanos Sanchez, c’est le duo original de guitare flamenca. Des frères musiciens qui séduisent le public par leurs sonorités emportées et passionnelles, invitant au voyage dans le cœur et l’âme de l’Andalousie. Ils seront en concert au Colisée à Biarritz le dimanche 28 octobre à 18h dans le cadre du 29ème stage international de guitare.

Ce sera pour Celedonio et Ramon Sanchez l’occasion de réunir une pléiade de guitaristes du 27 au 30 octobre à l’Auberge de Jeunesse de Biarritz, au stage de guitare flamenca en Côte basque qu’ils dirigent avec brio depuis sa création. Le thème central sera le Fandango (pas celui du Pays basque) considéré par les historiens du flamenco comme étant la source des rythmes andalous. Ce rythme originaire de Huelva, la province la plus cantaora de toute l’Andalousie, exprime la puissance, les sentiments, l’amour, passion et dévotion de l’âme andalouse. Le temps fort sera le passage sur scène des stagiaires qui joueront en première partie. Ce stage est organisé par l’association Académia del Arte Flamenco en collaboration avec les Affaires Culturelles de Biarritz. Los Hermanos Sanchez, c’est l’harmonie de deux guitares flamenca.

 

Los Hermanos Sanchez – 28 octobre à 18h – le Colisée à Biarritz

Tarifs : 15 et 10€ - gratuité pour les moins de 12 ans

Réservations et informations sur le stage : 06 15 07 86 46 ou www.hermanos-sanchez.com

 

A 21h tous se retrouveront à la cidrerie du fronton à Arbonne.

 

Article publié dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 26 octobre au 1er novembre 2012.

 

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 03:01

PHOTOS-2012-2-2551.JPG

© Alicia Snicker.

 

 


LARRY CROCKETT INTERVIEW VF

 

© Alicia Snicker. Prods



LARRY CROCKETT INTERVIEW ENGLISH VERSION 


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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 02:48

Duaurelanta… liaison musicale dangereusement belle !

 

2DuaurelantaPhotoDR135512.jpgPhilippe Milanta passe allègrement les caps musicaux et s’affirme comme l’un des musiciens français du jazz le plus intéressant et innovant, éloigné de tout carcan. Une marque déposée qui ne ressemble qu’à lui. C’est un musicien futuriste en raccord avec son horloge musicale et ses harmonies toujours d’actualité. Nourri de jazz classique, Philippe Milanta nous délivre une musique actuelle, vivante et mobile, accentuée par un réel savoir de l’arrangement, un sens du relief et de l’effet de surprise qui rendent l’écoute captivante. Il forme avec Aurélie Tropez, clarinettiste et saxophoniste, une liaison musicale dangereusement belle !

A l’occasion de leur passage à l’Auditorium de l’Ecole de Musique de Tarnos le 19 octobre, ils ont accepté de se prêter au jeu des questions/réponses.

 

APP : Philippe, merci de te dévoiler à nos internautes…

PM : Marseillais de naissance et parisien d’adoption depuis plus de vingt ans. Pianiste et organiste de jazz, également compositeur, arrangeur et chef d’orchestre. Toutes ces disciplines pour un seul homme ! (rires). J’ai créé Trio dans les années 80, Nonet en 91/94, Swing Reloaded 5 en 2005/2006 et Kcombo 6 en 2011. J’ai enregistré une quarantaine de cds dont six sous mon nom.

BDenis_20120217_0343.jpgAPP : Pourquoi le piano et la musique de jazz ? Une envie, une rencontre, une influence ?

PM : Une rencontre, une influence aussi, celle transmise par mes parents qui sont des inconditionnels de jazz. Mon père est un clarinettiste amateur qui se défend bien (rires), et ma mère avait toujours eu l’envie de jouer du piano. Donc c’est leur passion qui m’a animé. Dès mes six ans, cette ferveur est devenue mienne pour avoir assisté à de remarquables concerts de Duke Ellington, Errol Garner, Count Basie…

APP : Pour toi, un pianiste de jazz est-il plus libre que celui de musique classique ?

PM : Oui, parce qu’il est le compositeur de l’instant par l’improvisation, le choix mélodique et rythmique, également de l’harmonisation. Néanmoins celui en musique classique a une vraie liberté d’interprétation, avec toutefois la rigueur redoutable du texte à observer, d’où une technique impeccable. Pour autant, il n’y a pas à justifier les choix musicaux du texte du compositeur qu’il interprète alors que le pianiste de jazz, oui !

APP : Quel sera le programme musical que tu interprèteras le 19 octobre à l’Auditorium de l’Ecole de Musique de Tarnos ?

PM : Un répertoire que nous avons élaboré avec Aurélie Trompez pour notre Duraurelanta, avec des compositions personnels et des standards de jazz, tout ceci traité de la manière la plus personnelle qu’il soit.

APP : Quels sont les musiciens jazz, d’hier et d’aujourd’hui qui comptent pour toi ? Quelles ont été tes rencontres importantes dans ta carrière ?

PM : Comme ceux cités plus haut, mais aussi Ahmad Jamal, Paul Gonsalves, Al Grey notamment. Quant à mes rencontres, il y a Barney Kessell, Joe Newman, Harry « Sweets » Edison, la chanteuse Spanky Wilson, les musiciens qui m’accompagnent comme Pascal Chebel, Michel Denis, Bruno Rousselet, Aurélie Tropez, qui à mes yeux est une musicienne accomplie, dotée d’une grande sensibilité, d’un bon sens du timing et du swing que je désespérais de (re) trouver !

APP : Les projets de Philippe Milanta ?

PM : Un prochain enregistrement en duo avec Aurélie Tropez, en trio avec Bruno Rousselet et Julie Saury. Probablement un cd avec Kcombo 6 et les musiciens François Biensan, Aurélie Tropez, Nicolas Montier, Bruno Rousselet, Julie Saury. Et consacrer beaucoup de temps à travailler mon instrument comme je le voudrai !

 

APP : Aurélie Tropez, une petite présentation de toi ?

l.jpgAT : J’ai appris la clarinette à l’âge de huit ans dans le sud de la France. Plus tard, je faisais mes premiers pas dans le jazz. J’obtins une médaille d’or en saxophone classique, en formation musicale, et en musique de chambre au Conservatoire National de Nice, puis poursuivant mes études en jazz à Aix en Provence et à Paris avec André Villéger. Actuellement je vis en région parisienne. Je me produis en free lance en tant que clarinettiste et saxophoniste dans diverses formations, et notamment celle de Philippe Milanta et le Kcombo 6. J’ai joué en France et dans de nombreux pays européens.

APP : Racontes-nous un peu ton histoire avec les deux instruments que tu joues…

AT : La clarinette a commencé lorsque j’étais dans une école de musique dès mes huit ans, et à quinze ans, je me suis orientée vers le saxo « alto » classique pour me permettre d’entrer au conservatoire et passer des diplômes afin d’enseigner. Le saxo m’a appris la rigueur, la quête de la perfection, la régularité dans la technique de l’instrument, la justesse, l’écoute de l’autre… la clarinette jazz m’a permis de me produire sur scène, de m’affirmer en tant que musicienne et de faire de belles rencontres musicales. Une énorme chance que de gagner ma vie, aujourd’hui celle de pouvoir gagner ma vie en jouant du jazz.

APP : Les projets d’Aurélie Tropez ?

AT : Enregistrement de cd avec Philippe Milanta, Kcombo 6, Djangobop de Stan Laferrière et celui d’une musique brésilienne avec Christophe Davot. Et de toujours jouer la musique que j’aime.

 

Philippe Milanta et Aurélie Tropez – Duaurelanta – 19 octobre à 20h à l’Auditorium de l’Ecole de Musique de Tarnos

Tarifs : 12 et 9€

Réservations : 05 59 64 49 40

 

Article paru dans ‘la Semaine du Pays Basque’ du 19 au 25 octobre 2012.



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Published by alain-pierre-pereira - dans INTERVIEW
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alain-pierre pereira

 

Ma profession de journaliste culturel me permet de faire de belles rencontres artistiques dans diverses disciplines, et mes seules motivations sont spontanéité, probité, et sincérité. Mon but n'est pas de me montrer souple ou indulgent, et encore moins celui d'être virulent ou acrimonieux (sauf dans certains cas). Mes jugements seront rarement dans la négativité. Si je ne suis pas dans l'attrait ou la fascination, je préfère ne pas en parler ; pour la simple raison : le respect du travail apporté. Lucide que "toute création" signifie de mettre son énergie (car tout créateur au prime abord donne ce qu'il a de meilleur). En un mot, la seule raison de ce blog, est de vous faire partager mes coups de cœur, mes enthousiasmes, voire mon admiration et ma tendresse pour les artistes.

Alain-Pierre Pereira.

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